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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 16:49

ukraine-poutine-jeu-echecs1.jpgAinsi donc, l'histoire semble ne jamais vouloir se terminer. À l'aune de l'affaire ukrainienne, comment ne pas rire des propos de Francis Fukuyama qui nous annonçait la fin de l'histoire dans les années 90 au moment même où la Russie semblait rejoindre le club des démocraties libérales d'occident. Emmanuel Todd lui-même s'était assez largement moqué de cette pensée même s'il avait finalement rejoint l'idée en mettant un sens de l'histoire mue par la hausse progressive du niveau scolaire comme moteur. Cette hausse du niveau scolaire devait d'après Todd faire converger en partie des nations en faisant augmenter l'individualisme et l'attachement aux libertés individuelles. C'était dans « Après l'Empire ». Œuvre majeure de Todd, mais au combien fausse sur bien des plans. Todd n'avait ainsi pas prévu que l'Europe occidentale s'effondrerait à son tour dans le maelström du libéralisme total. Le déclin de l'empire concernait finalement aussi la vielle Europe. Alors que Todd voyait à l'époque se confronter la puissance en déclin des USA avec une Europe qui l'aurait en quelque sorte remplacée. Au final, ce que Todd ne pensait pas qu'il adviendrait est finalement arrivé. On peut aujourd'hui vraisemblablement décrire l'occident comme un système oligarchique inégalitaire et violent déclenchant de multiples conflits à travers le monde pour maintenir ses prétentions et ses équilibres internes. Les USA loin de s'être affaiblis ont au contraire totalement pris le contrôle du continent européen par l'entremise de leur machine de corruption. Le fait est que la France, jadis nation indépendante, s'est aujourd'hui muée en sous-fifre des USA. Et la mutation est totale puisque l'alignement géopolitique s'est même aggravé avec le remplacement de Sarkozy l'américain par Hollande encore plus atlantiste.

 

Cette mutation qui voit l'UE se transformer en extension du pouvoir impérial US n'est cependant pas une grosse surprise pour quiconque s'est un peu intéressé à l'histoire de la construction européenne. Mais il est tout de même surprenant de voir à quel point les pays de l'UE sont attachés à l'abandon total de toute forme de souveraineté. Les élites européennes se comportent comme si finalement il était infiniment plus intéressant pour elles de n'avoir aucun pouvoir que d'exercer celui-ci. Todd voyait l'attraction du modèle inégalitaire américain des élites du monde comme un des effets du blocage des niveaux scolaires des strates supérieures. Les élites scolaires bloquées à environ 20 à 30 % de la population réintroduisant la notion d'inégalité là où l'instruction de base généralisée avait laissé une société plutôt égalitaire. De fait, l’Amérique des années 2000 était devenue le champion de l'inégalité dont le modèle se devait d'être imité non pour son succès économique très relatif, mais pour ses capacités inégalitaires. Dans cette perspective la France et sa doctrine républicaine égalitaire ne pouvaient qu'être rejetées par des élites, y compris les siennes. Si l'explication est séduisante et répond en partie à l'étrange orientation inégalitaire des peuples avancée où partout se dégrade la démocratie, cela n'explique cependant pas pourquoi on assiste à une décomposition du pouvoir politique plus qu'à un retour à l'ancien régime. Et c'est l'opposition avec la Russie qui démontre en partie cette décomposition.

 

La décadence d'homoéconomicus, le jouisseur immédiat et collectivement irresponsable

 

Je dois admettre que le lien entre accroissement du niveau scolaire et hausse de l'individualisme m'a toujours paru peu fiable même s'il s'agit d'une des bases de la théorie toddienne. J'ai toujours plus vu l'individualisme comme l'axiome des civilisations d'occidents que comme le résultat de la hausse du niveau scolaire. De fait, il ne me semble pas que la hausse du niveau scolaire ait réellement entamé le nationalisme nippon. Pas plus qu'il ne semble le faire en Corée du Sud pays au niveau scolaire extrêmement élevé et bien peu individualiste. Je ne parlerai pas de la Chine où l'ombre d'un abaissement du niveau de nationalisme n'est même pas visible malgré une prodigieuse ascension du niveau scolaire. De fait, il me semble que beaucoup de peuple et de pays semblent résistants à la décadence libérale occidentale, des pays où pourtant la transition démographique et scolaire est tout aussi avancée que chez nous. Il y a bien sûr l'explication des structures familiale, mais cela ne me convainc pas plus de l'automatisme qu'il y aurait supposément entre hausse du niveau scolaire et hausse de l'individualisme. Je vois bien plus l'effet culturel de l'influence des modes de consommation. Sans parler de l'effet à long terme de la pensée cartésienne elle-même, qui segmente et compartimente la réalité dans l'esprit des individus. Comme le disait Keynes, il ne faut jamais sous-estimer les effets des idées même anodines à long terme, elles peuvent restructurer des sociétés entières à l'image du christianisme sous l'Empire romain. Le libéralisme mène sa propre vie et ne voir dans la domination de cette idéologie que le simple effet de la hausse des niveaux scolaire ne me semble pas vraiment pertinent. De toute façon, le fait est que, quelle que soit l'origine de l'explosion de l'individualisme celui-ci a bel et bien un effet politique et macroéconomique en occident.

 

J'ai souvent parlé sur ce blog des effets néfastes sur le plan macro-économique. Le principal problème étant l'incapacité des individus à penser la société comme un mécanisme collectif dans lequel chacun est à la fois bénéficiaire et créateurs du bien commun. L'individualisme pousse au contraire la population à se comporter comme si toutes ses propres actions, ses propres gains, n'étaient dues qu'à son propre travail et à son propre talent. L'une des conséquences est la multiplication des discours poujadistes traitant tel ou tel groupe responsable de tous les maux des fonctionnaires, aux immigrés, en passant par les jeunes, les vieux, les femmes, etc. L'individu occidental sait bien mettre en valeur ses propres mérites, mais ignore parfaitement ce qu'il doit aux autres. L'on pourrait ici rapprocher ce comportement économique lié à la culture libérale, des comportements sur le plan affectif. Tout comme l'individu libéral devient irresponsable sur le plan social et économique, il le devient également d'un point de vue familial. Préférant son propre plaisir à l'effort de se plier à l'exigence que nécessite la vie collective. L'instabilité des familles modernes est un exemple frappant de cette évolution culturel. Du célibat généralisé aux divorces multiples, en passant par les enfants rois qui manquent singulièrement d'autorité parentale. L'individu roi du monde occidental moderne n'en finit pas d'avoir des conséquences collectives désastreuses. On peut parler ici d'une culture littéralement mortifère puisqu'elle détruit la capacité même de la société à transmettre les valeurs qui lui permet de se perpétuer. On juge souvent la France comme un avion sans pilote, mais c'est également le cas de tous les grands pays d'occident y compris l'Allemagne. Mais l'origine de ce phénomène n'est pas dans le capital, ou la corruption, c'est confondre à mon sens les symptômes du mal et sa cause. C'est lié essentiellement à la culture profondément individualiste qui pétrit notre population et nos élites.

 

La Russie révélatrice de la faiblesse occidentale

 

On pourrait presque dire de l'occident qu'il est aujourd'hui une civilisation en perdition, un bateau ivre qui navigue au milieu des flots sans savoir où il va. Cette réalité est l'arrivée à complétude d'une culture qui nie toute forme de relation collective et de lien social. Une civilisation qui depuis deux siècles n'a cessé de rire et de dénigrer toute forme de contrainte s'appliquant à l'individu. Bien évidemment, cette culture libérale a mis du temps pour chasser les anciennes formes de pensée. L'esprit de groupe résultant de la foi religieuse, nationale, et autre, a longtemps empêché l'arrivée à complétude du projet libérale. Et l'homoéconomicus ne fut longtemps qu'une élucubration fantasmagorique. Mais force est de constater que nous arrivons finalement au bout de la course et que la culture libérale a maintenant réellement triomphé de toutes ces résistances. L'individu est tout, la société n'est rien, tel est le nouveau credo. Malheureusement, les premiers effets semblent confirmer la non-viabilité de cette nouvelle culture occidentale. La crise économique est l'apparence matérielle de cette crise mentale qui détruit nos sociétés, tous comme l'adulation de l'inégalité. Mais c'est sur le plan géopolitique que l'individualisme occidental semble bien donné toute sa force autodestructrice.

 

L'affaire ukrainienne a ceci de particulier qu'elle se trouve à la croisée de plusieurs champs de crise à la fois. D'une part la crise économique de l'Europe de l'Ouest qui n'en finit pas de pratiquer des politiques économiques contraire au bon sens collectif le plus élémentaire. S'affairant à piller encore plus les pays les plus faibles selon le principe inverser de la solidarité qui doit d'abord aider le plus faible. Ainsi l'UE qui porte le boulet incommensurable d'une monnaie absurde et idéologique, ajoutent à sa peine les effets délétères d'une pratique qui consiste à détruire les plus faibles plutôt que de les aider à s'en sortir. On voit en Grèce et en Espagne les étranges effets de la solidarité par le pillage généralisé. Ce comportement ne choque pourtant personne en haut lieu et pourtant aider les pays en appauvrissant leur population au nom de critères abstraits est un oxymore évident. Mais nos technocrates sont à l'image de leur comportement hautement individualiste, pour eux les pauvres sont pauvres parce qu'ils le méritent. Et les riches ne le sont que par leur talent. Il s'agit là d'un des piliers de la culture libérale après tout. Pourquoi s'étonner de sa résultante collective ? C'est en partie l'aide empoisonnée de l'UE qui produit ses effets secondaires en Ukraine. L'affaiblissement de la position de l'occident dans ce pays et le partage de sa population sur l'orientation ou non vers l'occident, tient en grande partie à l'échec constant des politiques économiques de l'Ouest et à sa vision libérale de l'économie. Une partie des Ukrainiens a probablement peur d'être « aidée » par l'UE comme les Grecs l'ont été. On ne saurait leur en vouloir d'hésiter à prendre les potions amères de l'occident qui transforme des pays développés en pays du tiers monde. En ce sens, il est encore étonnant de voir des Ukrainiens vouloir rentrer dans l'UE. Tout comme il est étonnant de voir encore d'autres peuples vouloir adhérer à ce glacis macroéconomique.

 

L'autre champ de crise de l'Ukraine est la contrainte énergétique. Nous le savons, les énergies fossiles s'épuisent. Il s'agit là même de la grande contrainte qui va peser sur les affaires du monde pour les 20 prochaines années. Or il se trouve que si l'Ukraine n'a pas de ressource elle est cependant le passage obligé du gaz russe. L'interdépendance évidente des intérêts de l’Europe de l'Ouest avec la Russie est niée par un raisonnement en tranche saucissonnée. Les individualistes dirigeants l'Europe oubliant ce léger détail dans leur grande inconséquence à provoquer l'ogre Russe. Et les menaces économiques sont juste risibles, la coupure de gaz aurait des effets bien plus immédiats que les rétorsions économiques européennes. D'autant que la Russie pourra toujours s'appuyer sur la seule superpuissance industrielle réelle à savoir la Chine. Le manque de responsabilité sur les questions énergétique est d'ailleurs largement démonstratif du peu d'intérêt que porte nos élites sur le futur collectif de leur nation. Y a-t-il seulement une personne dans nos ministères pour se demander comment fonctionneront nos armées sans pétrole ? Sur ces questions comme sur toutes les autres c'est l'intérêt individuel qui prime. On parlera d'écologie pour sauver la planète parce que ça plait au public. On dira stupidement que l'on va arrêter le nucléaire même si c'est totalement irresponsable, mais ça plait à la presse. Et on ignorera totalement les alternatives réelles, parce que tout le monde s'en fiche. Sur les questions énergétiques comme sur l'écologie, le discours public est rétréci au simple dictat de la communication et de l'intérêt personnel des élites individualistes d'occident.

 

Enfin dernier champ de crise, le champ culturel. Nous avons affaire à un véritable choc de culture entre la Russie et l'occident. Un choc qui va bien au-delà de la simple altercation géopolitique. Après tout des altercations il y en a toujours et il y en aura encore. Mais ici ce choc est caractérisé par l'absence totale de réflexion collective de la partie occidentale qu'elle soit européenne ou américaine. On a eu l'impression que les Russes étaient seuls. Littéralement. L'occident passant son temps a lancé des menaces sans queue ni tête pendant que la Russie fit une démonstration de force physique. Il se trouve que par un étrange concours de circonstances la vieille Russie est aujourd'hui le dernier bastion en Europe de la grande politique, celle que nous pratiquions nous même il y a quelques décennies seulement. Une politique qui peut bien évidemment être critiquée, fausse, et cynique, mais une politique cohérente et pensée. En face de cela l'occident semble n'agir sans aucune espèce d'intelligence, sans la moindre parcelle de pensée collective. Cela vaut également pour les USA, la puissance droguée à l'impression monétaire et dont l'économie est un casino géant vivant à crédit vis-à-vis de l'extérieur. Les Occidentaux font maintenant de la géopolitique comme ils font de l'économie, par un amoncellement de mesures incohérentes dont le seul fil directeur est l'intérêt à court terme des dirigeants politiques eux-mêmes.

 

On comprend dès lors pourquoi Poutine dérange. Angela Merkel a eu cette étrange réflexion en disant du président russe qu'il vivait dans un autre monde. Qu'il avait perdu tous sens des réalités, mais de quelle réalité parle telle la chancelière allemande ? De cette réalité qui fait que l'Allemagne détruit commercialement ses voisins et qu'elle organise sa propre extinction démographique sans que cela ne semble le moins du monde inquiéter les élites du pays ? Une Allemagne qui fait une course à l'excédent commercial sans se soucier des conséquences macroéconomiques ? On se demande effectivement dans quel monde vivent les élites d'occident. Et effectivement, voir un dirigeant agir pour d'autres considérations que sa propre réélection et pour son image médiatique doit avoir de quoi choquer un esprit purement libéral et individualiste. En fait la Russie vient de donner un choc du réel à nos élites. Elles semblent entrapercevoir le déclin des sociétés dans lesquelles elles vivent sans vraiment comprendre qu'elles en sont responsables. Mais rassurons-nous, elles auront vite fait de retourner à leurs occupations si importantes du mariage gay aux atermoiements sur l’archaïsme du système social français. D'ailleurs, la commission européenne vient de mettre sous surveillance la France. Elle dépense trop et ne fait pas assez d'efforts pour résoudre ses grands déséquilibres. À quand la potion grecque pour la France ? En attendant, la Russie continuera à améliorer sa situation économique et à faire de la grande politique pendant que nos élites continueront à détruire leur nation pour sauver leurs postes politiques et leur petit intérêt particuliers. Rira bien qui rira le dernier. Avec de la chance dans quelques années les chars russes iront jusqu'à Paris et il n'y aura vraisemblablement plus grand monde pour s'y opposer.

 

 

 

 

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 16:45

Flag_of_Europe.svg.pngLes élections municipale et européenne approchant les Français sont encore appelées à légitimer un pouvoir dont on sait pertinemment qu'il n'a plus aucune influence réelle sur les événements en cours.Les politiciens français n'ayant cessé, depuis quarante ans, de déplacer tous les leviers de pouvoir vers des lieux le plus éloignés possible de l'influence des électeurs et des citoyens. L'illusion démocratique aura cependant duré plus d'une génération. Et l'on peut dire sans trop se tromper que la démocratie française est morte dans l'opinion publique en 2005 avec la non-prise en compte du rejet du TCE par les élites politiques du pays. Depuis lors, nous faisons tous semblant de vivre en démocratie. On parle toujours de journaux et non d'organisme de propagande. On parle d'intérêt général là ou il n'y a qu'un amoncellement d'intérêts mafieux. On parle encore de débats lorsque l'on invite que des gens qui sont d'accord sur tous et surtout de la nécessité de ne rien changer au non de l'intérêt supérieur de la rente et de la finance. Le président Sarkozy puis Hollande ont fait semblant de réformer le système bancaire, comme ils ont fait semblant de lutter contre le chômage et la misère qui s'étend. Tout comme Montebourg fait semblant de lutter pour l'industrie du pays. La novlangue qui sert aujourd'hui de verbiage à nos élites aurait d'ailleurs de quoi éblouir ce pauvre Orwell. La réalité dépassant largement la fiction.

 

Au fur et à mesure, les Français semblent cependant enfin se rendre compte que leur démocratie n'est plus qu'une coquille vide. Enfin pour les moins dépolitisés d'entre eux. Une voiture qui s'élance à deux cents kilomètres-heure sur l'autoroute avec un mur en face et un conducteur qui s’échine à régler l'orientation du rétroviseur au lieu de freiner des quatre fers. Et au milieu de cette désespérance collective, l'on continue à appeler les gens à voter pour des pouvoirs fantoches. C'est dans ce contexte que l'on trouve de plus en plus de gens pour prôner l'abstention. C'est ainsi que la gauche la moins bête, celle du MPEP dirigé par Jaques Nikonoff, prône l'abstention massive aux prochaines élections européennes. Tout comme Emmanuel Todd qui appelait lui aussi dans Marianne à l'abstention aux Européennes pour délégitimer ces élections. Soit. Mais devrait-on ici rappeler que le parlement européen n'a guère de pouvoir ? La dernière affaire des OGM où la commission a contredit de force l'avis de ce parlement fantoche ayant largement démontré où se situer le pouvoir. Je ne vois pas en quoi délégitimer l'Europe antidémocratique pourra en quoi que ce soit changer les choses. Les élites se fichent de l'avis du peuple et la commission européenne n'est que l'incarnation de la vague oligarchique qui traverse tout l'occident. Par ailleurs d'un point de vue purement pragmatique je constate que l'abstentionnisme aux USA n'a guère fait progresser la démocratie locale et les intérêts des plus pauvres. Je pense même que nos élites n'attendent que ça pour revenir au suffrage censitaire et à l'abrogation du suffrage universel qui les embête tant.

 

Bref loin de nous sortir de l'ornière de la dérive ploutocratique et oligarchique de l'occident l'abstention ne fait qu'accentuer les choses. D'ailleurs, une bonne part du problème de nos sociétés tient au faible intérêt de nos citoyens vis-à-vis de la politique. Que ce soit sur internet ou dans la vie quotidienne, peut-on réellement affirmer que nos citoyens remplissent leur rôle? Ils sont où les révolutionnaires potentiels et les activistes du changement démocratique ? Je revois ces pauvres militants du FG sur la place de la Comédie dans ma pauvre ville de Montpellier s’affairant à distribuer des tracts sur le traité transatlantique avec des passants qui n'en avait tout simplement rien à foutre pour parler crûment. Ils me firent pitié et pourtant je ne porte guère dans mon cœur le parti de Jean Luc Mélenchon dont la béatitude européiste schizophrène est emblématique de la génération politique issue de l'époque Mitterrand. Le fait est que le désintérêt pour la politique n'est pas uniquement le fait de quarante ans de n'importe quoi macro-économique. En vérité, je crois que l'on inverse la cause et l'effet. C'est plutôt le désintérêt pour la chose publique et la politique qui a conduit la France et l'occident à avoir des dirigeants de plus en plus médiocre et corrompu. De cette simple intuition, j'en déduis que l'absentéisme n'est pas seulement dû au fait que nos votes n'ont plus d'influence. Mais que l'individu idéologiquement libéral ne s’intéresse plus à la destinée collective. L'on se renferme de plus en plus dans nos jardins privés où la vie se résume à soi et à ses proches. Ce qui correspond au comportement de l'homoéconomicus qui n'agit que dans son intérêt propre. Même si cela conduit la civilisation au désastre. C'est une victoire libérale à la Pyrrhus en quelque sorte.

 

L'inéluctable chemin de l’extrémisme

 

De ce fait, il me semble éminemment dangereux de décourager les quelques citoyens qui se comportent encore comme tel prônant l'abstention volontaire. Alors que nous aurions tellement besoin qu'ils se multiplient, qu'ils fassent éloge de la cause commune de la nation et de l'intérêt général. Prenant acte de l'inutilité du vote alors que devons-nous faire si ce n'est favoriser les groupes politiques, les partis et les hommes qui tranchent d'avec la consanguinité intellectuelle qui s'est emparée de notre pays ? J'écarte ici la révolution. En effet comment peut-on espérer une révolution avec un peuple qui traîne déjà des pattes pour voter et s'intéresser à autre chose qu'à la consommation et aux faits divers ? Tout juste aura-t-on des mouvements de violence sporadique qui n'accouchera d'aucune forme d'action politique . Une révolution dans un pays aussi dépolitisé fera vraisemblablement plus de mal que de bien. Les idées les plus simplistes pouvant intéressées rapidement dans le discours public pour peu qu'il corresponde à un fantasme un tant soit peu populaire. C'est plutôt par le réveil de l'intérêt pour la politique que l'action doit se faire. Et pour cela il faut réintroduire le lien qui tient l'individu dans le collectif. Il faut rappeler des idées qui pourtant devraient être des évidences. Que l'individu n'est rien par lui même. Que le choix collectif est le seul qui en soit réellement un. Car nous avons en réalité bien peu de liberté. Nous sommes contraints par la nature, par les lois de la physique, par le temps, par nos liens familiaux. La vie politique est la seule chose dans laquelle nous pouvons choisir librement les contraintes. C'est la politique qui fait de nous des individus libres par les choix que nous faisons collectivement.

 

Pour ce faire, nous devons faire bouger les lignes et pour ce faire, avoir un esprit pragmatique qui s'occupe de toujours faire reculer l'ennemie. En l’occurrence l'ennemie c'est le pouvoir libéral et oligarchique qui s'emploie à dépolitiser la masse. Qui fait pleuvoir sur elle un torrent de propagande en lui faisant croire que rien n'est possible, que tout est inéluctable, que la politique est une chose trop sérieuse pour être confié aux citoyens. Face à cela nous sommes trop peu nombreux et trop faibles pour faire la fine bouche sur nos alliés. Et de ce fait loin de rejeter le FN nous devrions au contraire l'utiliser comme il a été utilisé par le pouvoir pour discréditer la nation. L'on peut sans nul doute regretter que nous en soyons aujourd'hui réduits à cela, mais le fait est que le FN est aujourd'hui le seul parti dont la masse est suffisante pour faire trembler le pouvoir et bousculer en partie les fondations du néolibéralisme européiste. Il faut à mon sens pour toutes les élections avoir une règle simple, et c'est en tous cas la mienne. Il faut faire barrage au front antinational. Ce front antinational est composé de toute force politique, économique ou autre, prônant l'UE,l'euro, le libre-échange ou le laissez-faire économique. Je décide personnellement de voter pour tous parti ou groupe rejetant ces idées, quelles que soient les idées défendues par ailleurs par ce parti politique. De fait, il s'agit ici d'une lutte à mort, et tout manquement, tout recule, pour des écueils moraux ou idéologiques, ne feront que renforcer le camp d'en face. Il n'est plus temps aujourd'hui de tergiverser. Alors que l'oligarchie européenne produit misère et amoncellement de crimes, il n'est plus temps de discuter sur le sexe des anges. Le général de Gaulle n'avait pas fait la fine bouche à Londres faisant alliance avec des royalistes, des communistes ou des nationalistes pur jus.

 

 

Il existe des moments dans la vie où l'on sait pertinemment ce qu'il ne faut pas faire. Et ce qu'il ne faut pas faire aujourd'hui, c'est permettre la continuation de l'ignoble. Permettre la destruction de millions de vies au nom d'une idéologie absurde. La Grèce meurt, l'Espagne s'enfonce, l'Italie boit la tasse et la France coule. L'UE met le feu partout pour éviter que son évidente folie collective ne paraisse trop évidente. La voilà maintenant qui met le feu en Ukraine pour le plus grand plaisir de l'empire américain qui veut se débarrasser de la dernière grande puissance européenne autonome. Quitte à provoquer une guerre dont nul ne sait sur quoi elle déboucherait. Les USA font en Europe ce qu'ils ont fait en Amérique du Sud et au Moyen-Orient, ils se débarrassent des régimes qui les gênent de façon plus voyante qu'à l'époque de mai 68. Ils ne se contentent plus de soudoyer les régimes et corrompre les élites, ils vont carrément provoquer des conflits militaires au cœur du continent. Il est plus que temps de sortir de l'UE et de rompre avec les USA. Et si l'on doit s'allier au FN pour cela, alors tant pis. Votez donc aux prochaines élections, l'abstention serait un crime. Mais votez contre le Front antinational, faisons barrage à l’extrémisme des élites.   

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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 16:27

 Cette question peut sembler saugrenue à quiconque observerait que ce n'est pas un gouvernement de droite qui dirige, mais bien un gouvernement de gauche. C'est que les étiquettes droite gauche continuent malheureusement à servir d’aiguillon à toute réflexion politique en France. Avec la sempiternelle question qui revient sur la table « Mais cette politique est-elle de gauche ? » Avec en arrière-plan, l'idée que la gauche c'est la raison progressiste, et que la droite c'est l'irrationnel conservateur. Même notre pauvre Emmanuel Todd ne cesse de ramener toutes ses réflexions à la question droite-gauche. Quoi qu'il en soit en matière d'éducation la gauche ne saurait historiquement se faire l'avocate de la privatisation de l'éducation nationale. L'instruction pour tous étant théoriquement l'un des mamelons du progressisme moderne. Du moins, c'est ce que la charte définissant ce qu'est une politique de gauche stipule. On pourrait ici se moquer gentiment d'un tel présupposé en rappelant que l'église et le christianisme ne furent pas les derniers à défendre l'éducation et que bon nombre d'élèves et de penseurs de la gauche furent formés par des hommes d'Église, mais peu importe. Dans l'imaginaire actuel l'éducation c'est un truc de gauche. À droite c'est Sarkozy la quintessence de la débilité anti-éducative.

 

Cependant le problème c'est que la population française depuis quelques décennies semble de plus en plus préférer l'éducation du secteur privé à celle du secteur public. C'est un phénomène qui était passablement courant dans les pays anglo-saxons, mais qui semble connaître une véritable force dans notre pays. Ainsi dans mon humble ville de Montpellier bon nombre d'établissements privés catholiques sont obligés de sélectionner leurs élèves dès le primaire faute de place pour répondre à l'ensemble de la demande. Alors que dans le même temps des établissements publics se vident et sont en sous-effectifs surtout au niveau du collège qui est un moment crucial pour l'évolution des élèves.

 

education-publicprive.jpg

Source latribune.fr

 

 

Je ne parlerais pas ici de l'explosion de l'enseignement du type acadomia, ou d'autres services sortant du cadre de l'école a proprement parlé. Bien qu'il s'agisse là d'un phénomène, qui en dit long sur l'évolution actuelle de la société à ce niveau. Le fait est que les Français semblent de moins en moins satisfaits de l'éducation nationale et que loin des discours de comptoirs sur le statut des profs, les parents français détournent volontairement leurs chérubins de l'enseignement public. Dès lors même si la gauche se dit pour l'enseignement public, et qu'elle est théoriquement volontariste sur le sujet. La privatisation se fait de facto par le comportement des parents. Si demain la majorité de la population décide de mettre ses enfants dans le privé, la notion même d'éducation nationale deviendra caduque. À cela l'on pourrait cependant objecter que les programmes restent entre les mains du ministère de l'Éducation et que la plupart des établissements privés sont sous contrat les enseignants étant en fait payés et formés par l'état. En réalité, seule la gestion est privée dans ce système.

 

Une privatisation par résignation

 

Cependant même si le raisonnement précédent peut rassurer en se disant que même les établissements privés sont en partie publics, l'on devrait tout de même s'inquiéter devant cette déconvenue. Je suis toujours étonné devant l'inlassable pratique consistant notamment à gauche à nier un problème pour éviter d'avoir à s'y frotter. Cette peur du réel, on la retrouve dans de nombreux domaines comme l'économie, l'immigration, l'Europe, etc. À chaque fois la gauche botte en touche laissant le champ libre parfois aux pires crétins que l'on puisse imaginer. Cette fuite vers le privé semble conforter l'idée que l'enseignement public est un échec. À savoir qu'il est incapable d'instruire correctement les élèves qui s'y soumettent. Et cette idée d'une baisse du niveau que Todd ou d'autres penseurs rejetteraient en parlant de démagogie vient pourtant d'être à nouveau démontrée dans une étude récente sur le niveau des élèves de collège en histoire et géographie. L'étude en question a été relayé, pas seulement par la presse de droite habituée à haïr tout ce qui est public, mais aussi par les médias de gauche comme Le Monde. Entre les comparatifs internationaux tous mauvais pour la France et les études comparatives nationales, le doute n'est plus vraiment permis, à moins d'être d'une mauvaise foi sans bornes.

 

Cette étude n'est pas la première, elles se sont accumulées depuis plus d'une décennie. Certains enseignants ont même fait leur beurre et leur succès sur ce déclin à l'image de Jean-Paul Brighelli ou de Natacha Polony. Il ne faut donc pas voir dans cette évolution un mécanisme produit par le « c'était mieux avant » illusoire issue de la psyché d'un peuple vieillissant, mais bien d'une certaine réalité. Si les pouvoirs publics ne prennent pas acte de cette réalité qu'ils continuent à la fuir comme ils le font depuis trente ans sur bien d'autres sujets. Nous assisterons dans les décennies qui viennent à une privatisation par la résignation des parents qui se tourneront de plus en plus vers l'enseignement privé. Un enseignement privé qui d'ailleurs ne sera pas meilleur pour autant contrairement aux idées reçues. Il est ainsi facile de faire du chiffre sur plan des résultats scolaires lorsque l'on ne reçoit que les meilleurs élèves.

echec-soclaire.png

 

Un déclin aux origines multiples

 

Bien évidemment certains professionnels des idées reçues vont nous ressortir les éternels problèmes de moyens. Je vais être très clair là dessus, les moyens l'éducation nationale les a déjà. Nous n'avons absolument pas à rougir en terme de budget éducatif, sauf pour l'enseignement supérieur. Il suffit de regarder l'évolution du nombre d'élèves par classe ou la part du budget de l'éducation nationale par rapport à d'autres pays pour voir que l'argumentation budgétaire ne tient pas la route.

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Les graphiques proviennent du site de l'éducation nationales et sont consultables ici

 

On remarquera également que les pays de l'Est largement moins bien dotés que nous obtiennent des résultats scolaires souvent meilleurs, sans parler des pays asiatiques. L'on pourrait ici éventuellement soulever le problème migratoire, qui n'est sans doute pas pour rien dans le phénomène. Ce n'est, en effet, pas faire insulte à l'intelligence que de souligner qu'avoir une part importante de population originaire de pays à faible niveau scolaire signifie inéluctablement avoir des cultures familiales moins riches sur le plan éducatif. Car une bonne part de l'éducation se fait à la maison. L'on sait qu'un enfant issu d'une famille favoriser aura un langage plus riche qu'un enfant issu d'une famille à faible niveau scolaire. L'éducation peut pallier en partie à cela, mais elle ne peut pas inverser complètement cette inégalité. En tout cas pas sur une seule génération. Le retard scolaire des enfants d'origine immigre en trop forte proportion, fait donc dès lors baisser le niveau moyen du pays. Les études de l'éducation nationale évitant soigneusement ce sujet explosif préférant mettre en avant le fait que le niveau se dégrade plus dans les lieux dits « défavorisé ». Bien sûr, on ne parle pas de la Creuse ou de la Lozère. L'absence d'immigration dans des pays comme le Japon, la Corée ou la République tchèque faciliterait leur score sur le plan scolaire, comparativement à des pays comme la France, la Grande-Bretagne, ou aux USA. C'est une hypothèse tout à fait valable, mais le tabou fondamental sur l'immigration empêche d'avoir des chiffres sérieux sur la question. Faute de chiffre nous ne pouvons donc conclure sur cette hypothèse.

 

La dernière hypothèse plus philosophique serait un désintérêt général pour l'instruction. Un phénomène qui peut se mesurer par la baisse des ventes de livre et par la grande appétence de notre population pour la facilité intellectuelle. J'en avais déjà un peu parlé dans ce texte. L'esprit utilitariste de l'époque actuelle réduit même l'instruction à un moyen d'obtenir un diplôme et un travail. Naguère nous instruisions les enfants pour en faire des citoyens capables de faire vivre la démocratie en votant, les diplômes étant là pour parachever un parcours d'effort et de passion pour les plus hauts niveaux. Aujourd'hui les diplômes ne sont plus vus que comme un vulgaire permis de conduire, rien de plus. Pour avoir enseigné quelque temps dans le domaine scientifique. Une question des élèves revenait sans cesse : « À quoi ça sert ? » Nul curiosité, ou intérêt autre que la visée de l'obtention des précieux sésames et des notes. En côtoyant des enseignants dans le supérieur, on remarque les mêmes propos tenus pourtant par des élèves censées avoir un intérêt certain pour leurs matières. Mais est-ce vraiment surprenant qu'une société à ce point matérialiste, et éconocentrique produise des individus à son image ? Car après tout, ces élèves, ne sont-ils pas mieux adaptés que nous, pauvres idéalistes à cette société individualiste et libérale. L'intérêt général, les sciences, les arts, l'histoire autant de choses inutiles pour le monde libéral et utilitariste. Au fond en accusant l'éducation nationale de tout les maux, les français ne se défaussent-ils pas leur propre responsabilité ?

 

Il est ainsi plus aisé de faire croire que tout arrive par la force des choses, par le marché, par l'état, par l'Europe. Nous oublions tout de même facilement à quel point notre peuple a été complice en mettant au pouvoir les dirigeants qui nous ont conduits au désastre. Nos dirigeants n'arrivent tout de même pas par hasard au pouvoir. Et les Français peuvent continuer à déplorer le peu de succès des chaînes de télévision moins bêtes comme Arte, cela ne sert à rien s'ils continuent à regarder TF1. La passivité de la population est en réalité mère de tous les vices. Les Français critiquent, mais ne font rien pour que les choses changent. C'est probablement aussi le cas dans le domaine éducatif. L'on pourra toujours crier sur les toits à quel point l'éducation nationale ne fait plus son boulot. Quand des enfants arrivent en classe sans même connaître les rudiments de la politesse et du savoir-vivre et qu'ils ne portent aucun intérêt au savoir, ce n'est guère la faute de l'éducation nationale.

 


 

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 22:53

 

Jose-Manuel-Barroso-460x288.jpgCe qu'il y a de beau avec les médias, c'est que vous êtes certains qu'à chaque envolée lyrique d'un homme politique, ou d'une personne connue, ayant l’outrecuidance d'un peu violer la pensée dominante, vous aurez droit à toute une embardée de réactions idiotes visant à cacher le fond des propos. Il en est ainsi des propos tenus récemment par notre pauvre Arnaud Montebourg, qui, toujours enfermé dans le paquebot PS, regarde l'iceberg électoral s'approcher en pensant à son capitaine dansant sur le pont. C'est que la stratégie de Montebourg est un véritable fiasco, si l'on peut lui imputer une stratégie. Reprenant fièrement la méthode Chevènement, le Montebourg s'est persuadé que pour changer le PS mieux valait être présent au gouvernement. Et puis soyons honnêtes, le pouvoir peut griser un homme aussi facilement qu'une jolie femme,et peut-être même plus. Il a voulu être ministre dans un gouvernement dont il connaissait pertinemment les orientations libérales. Et plus que la plupart de ses collègues, il était parfaitement au fait de l'inéluctable catastrophe que représente le libre-échange et peut-être même l'euro. Je ne peux vraiment pas le plaindre en le voyant devenir une victime des séides du libéralisme européiste borné.

 

En effet le voilà maintenant sacrifié pour l'Europe, il a osé dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. À savoir que la honte du Portugal, José Manuel Barroso, dit « Jojo l'enclume », le seul mafieux à pouvoir couler sans poids supplémentaire au fond d'un lac serait responsable du vote FN en France. José vient donc de s'en prendre à Arnaud en réaction à sa terrible agression verbale. Il s'agit effectivement d'une hypothèse tout à fait fantasmagorique que celle d'un lien entre la poussée du FN et les politiques menées par la mafi... la commission européenne dont José est le parai..président. En effet, la commission européenne n'est pas responsable des traités que les élites, notamment socialistes, n'ont eus de cesse de signer depuis trente ans. C'est donc tout à fait normal que le Barosso renvoie à Montebourg ses politesses. Le fait est que l'Europe est une construction des états européens et que son pouvoir est l'émanation des choix qui ont été faits par nos gouvernements successifs. Je me souviens encore que le PS a bien accompagné l'UMP pour voter le TCE à Versailles alors qu'il avait été rejeté par la majorité des Français.

 

Le parti socialiste aurait-il perdu la foi ?

 

Cette petite affaire somme toute insignifiante, marque toutefois les esprits en ce sens que l'on sent que certains au PS sentent la sentence qui se prépare sur le plan électoral. J'aurai bien évidemment préféré qu'ils s'inquiètent pour l'avenir du pays. Mais connaissant la masse de parvenues qui squattent les partis politiques dominants, il n'y a guère de doute sur le fait que la majeure partie de leurs inquiétudes proviennent plutôt de leurs hantises électorales. Voici donc nos apparatchiks du PS pris entre deux feux . D'un côté leur électorat de plus en plus exaspéré devant l'attitude du gouvernement, dont ils ne voient guère la différence d'avec le précédent. Pour preuve, même les médias de la gauche bobo parisienne commencent à se poser des questions. C'est en tout cas ce que m'a fait remarquer le dernier texte de mon collègue Joeliqueur qui soulignait le changement de regard sur la chaîne Canal+ . Montrant le Groland se moquer du gouvernement de droite actuel. Ne regardant plus les médias français, notamment télévisuels, je ne m'amuserai pas à généraliser cette apparente lucidité. Cependant, il est par contre probable que dans la population de « gauche » la colère s'accumule. Cette pression populaire qui aspire à des politiques diamétralement opposées à celles menées par les socialistes s'oppose bien entendu aux aspirations de la commission européenne.

 

Une commission européenne qui, rappelons-le, n'est pas élue par les citoyens dont elle est sensée défendre les intérêts. Et qui dans la pratique oriente plus souvent ses choix en fonction de l'idéologie dominante libérale et des groupes d'intérêt des multinationales qu'en fonction de la volonté des peuples dont elle se fout éperdument, son mandat la protégeant de toute attaque populaire. L'UE est construite pour passer au-dessus des peuples et le pauvre Montebourg ne semble s'en rendre compte qu'aujourd'hui. Il n'est jamais trop tard, peut-être rejoindra-t-il bientôt la horde croissante des eurosceptiques ? En tout cas pour l'intelligentsia européiste il a passé le cap, c'est désormais un réactionnaire, facho, un immonde souverainiste. Un membre patenté du FN, car, tout ce qui se rapproche de près ou de loin de la critique du libéralisme, du libre-échange et de l'Europe est forcément un mariniste qui s'ignore.C'est en tout cas le sous-entendu des propos de Barroso qui confirment, si je puis dire par l’absurde, ceux de Montebourg. Car comme ne pas faire grimper le FN à des sommets lorsque l'on confond protectionnisme et nationalisme. L'on notera que la pauvre Barroso issue de l'école maoïste n'a jamais dû lire certains penseurs libéraux comme Adam Smith qui eux aussi prônait la protection commerciale en cas d'agression commerciale extérieure. Mais c'est vrai que Barroso n'est pas libéral, il est juste corrompu par son milieu social. Il était maoïste hier, libéral aujourd'hui, et peut-être chinois demain.

 

On voit bien que l'école trotskiste et maoïste a bien formé nos petits champions du libéralisme dogmatique actuel. Démagogie et amalgame étant la marque de fabrique de ces écoles de la non-pensée et du raccourci rhétorique. À moins que ce ne soit Goebbles qui les ait, inspiré le plus. L'homme pour qui la répétition d'un mensonge finissait toujours par devenir la vérité. Leur idéologie étant en fait relativement proche de celle des nazis qui réduisaient déjà tout ordre politique au questionnement de l'optimalisé économique. On gazait les handicapés parce qu'ils étaient inutiles à l'économie du pays. Tout comme Barosso extermine les Grecques ou les Espagnols parce qu'ils sont inutiles. Bien sûr, l'extermination est plus lente, mais tout aussi efficace. Le plus drôle c'est qu'ils exterminent en pensant être de bonne foi. Les nazis n'avaient pas cette chance. Cependant à force d'user de la comparaison d'avec l'extrême droite il ne faudrait tout de même pas que les populations finissent par comprendre qu'elle est déjà au pouvoir. Car oui, j'ose le dire, l'extrême droite est déjà au pouvoir. Le fascisme c'était le pouvoir autocratique des riches, tout comme la commission européenne est aujourd'hui le pouvoir des riches et des multinationales.

 

En fait ne faudrait-il pas user de leurs propres méthodes pour nous imposer ? User nous aussi de l'amalgame puisqu'ils aiment tant s'en servir. Et franchement nous serions aussi proches de la réalité en définitive qu’eux le sont du mensonge. Quant à Montebourg comme je l'avais déjà écrit il doit quitter ce gouvernement. À la rigueur qu'il fasse sécession sur un coup d'éclat en quittant le PS et en formant un groupe contestataire prônant le protectionnisme à gauche. Il faut impérativement qu'il se dissocie du PS s'il veut préparer l'après-Europe qui de toute façon finira de grès ou de force par arriver. À moins qu'il croie encore dans les vertus européennes? J'ose espérer si c'est le cas que cette aventure l'aura au moins dépucelé sur cette question.

 

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 16:40

 

1_lecws.jpgLa société actuelle est pétrie de l'idée de raison, de science, et d'avancées techniques. Elle est persuadée d'être gouvernée par la raison et la sagesse de la science et de la pensée rationnelle. C'est ainsi que la plupart de nos concitoyens imaginent leur société et leur propre comportement. Notre régime politique lui-même, la démocratie se prévalant de l'idée de raison et de choix fondé sur la confrontation rationnelle d'argument et de preuves.  Nous allons dans l'espace, nous utilisons des ordinateurs. Notre environnement toujours plus technique donne ainsi à penser qu'effectivement la raison a triomphé et l'irrationnel a disparu. Et pourtant l'on voit se multiplier un peu partout en occident des mouvements et des comportements bien loin de l'image de l'homme rationnel que les penseurs des lumières ont vue pour l'avenir de l'humanité. Sans parler de la multiplication des sectes, du retour des croyances irrationnelles traditionnelles. L'on voit même nos élites s'enfermer dans des dogmes qui n'ont rien à envier à la sainte Bible. Comment en effet décrire autrement qu'en terme de croyance la construction européenne, l'euro ou le libéralisme ? Et que dire de l'astrologie, du feng shui, des psychologues de salon ou de la mode du coaching ?

 

L'impossibilité du dialogue et l'obstination dans la répétition d'actions erronée et dénuée de toute preuve matérielle devraient pourtant, si nous étions vraiment rationnelles, invalider toute forme de politique. Aussi logique en apparence soit-elle. Et pourtant rien ne change en politique comme ailleurs ? Jacques Ellul nous avait pourtant prévenus. L’homme rationnel libre et raisonné ne concerne qu'une microminorité. La société dite rationnelle a en faite remplacé les anciennes croyances par une multiplication de nouvelle toutes plus farfelues les unes que les autres. Des croyances nouvelles qui, une fois installées, auront bien du mal à être délogées, même par les plus brillants des rationalistes. Il ne s'agit pas ici de discourir sur le caractère bon ou mauvais de ces croyances nouvelles, mais plutôt d'en discerner les effets calamiteux pour notre société. Et ainsi de mieux comprendre pourquoi nous avons autant de mal à sortir du cadre économique dans lequel notre pauvre s'est enfermée.

 

Le retour de la métaphysique pure

 

Deux textes récents ont inspiré mon présent texte. Le premier le plus court c'est un extrait d'une discussion entre Emmanuel Todd et Pascal Boniface que j'ai lu sur le site de Bertrand Du Gai Declin. Boniface demande à Todd ce qu'il pense de l'acceptation du mensonge chez les intellectuels français. UN fait qui est une évidence lorsque l'on voit que des hommes comme Attali, Minc et beaucoup d'autres continuent à faire la une des médias malgré leurs incroyables échecs intellectuels. Le fait, d'ailleurs, que le libéralisme économique ne soit toujours pas mis en cause malgré la crise est une incroyable preuve du caractère peu scientifique de l'économie vue à la télévision. Et Todd à une réponse assez incroyable à opposer à cela, il parle en effet d'un délitement de la honte du mensonge. Une baisse de sérieux qui serait imputable selon lui aux changements de mœurs produit par mai 68. Là où l'Ancien Monde d'origine chrétienne craignait la honte de l'erreur et du mensonge, le nouveau n'aurait plus aucun tabou à ce sujet. Un changement de mentalité qui rendrait en quelque sorte la vertu caduque.

 

Le plus étrange dans la réaction de Todd c'est le caractère bénin qu'il donne à ce phénomène alors qu'il est pour moi d'une gravité extrême. Comment en effet un scientifique peut-il traiter avec autant d'indulgence une orientation du comportement culturel qui signerait simplement la mort de la pensée scientifique ? Comment faire de la science sans la rigueur qui tient lieu d'aiguillon et qui permet de juger le vrai du faux par le jugement intraitable du fait quantifiable. Où irait donc la physique ou la biologie si par intérêt les scientifiques s'amusaient à changer les données qu'il mesure au grès de leurs envies pour valider des théories fausses, mais lucratives pour eux même ? On voit ici d'ailleurs que l'esprit de l'homoéconomicus est en contradiction complète avec la pensée scientifique. Puisque l'homoéconmicus libéral n'a comme seule orientation de ses actions que son intérêt économique . Si mentir sur des données scientifiques lui permet de faire du profit alors selon le raisonnement libéral, l'homoéconomicus mentira. Heureusement, tous les scientifiques ne sont pas encore empoisonnés par le virus de l'utilitarisme éconocentrique. Objectivement ce que décrit Todd avec tant de légèreté n'est rien d'autre qu'une dégénérescence extrêmement grave. Un phénomène susceptible de mettre simplement fin à la société telle que nous la connaissons. C'est d'ailleurs un phénomène qui nourrit le second que je décris par la suite.

 

Le deuxième texte plus long et tout aussi inquiétant est un interview sur Ragemag de Gérald Bronner et qui confirme d'une certaine manière le discours précédent, mais en étant plus généraliste. Et s'attachant à décrire les phénomènes de retour à l'esprit religieux qui caractérise les modernes. Il dit très justement que les individus modernes ont des croyances moins fortes, mais également moins cohérentes que les anciens. Les individus modernes ayant été influencés par l'esprit de doute lié à la raison, ils croient moyennement à leurs nouvelles religions. Et pour être en quelque sorte plus sûrs de ne pas se tromper, ils mélangent différents types de croyances parfois contradictoires pour former une explication du monde qui leur est propre. Ce manque de cohérence entraînerait une moindre appétence pour la violence et l’intolérance que ce que l’orthodoxie religieuse classique pouvait produire.

 

Il poursuit son propos intelligent ainsi :« J’ai travaillé en immersion dans une secte pendant un an : les gens qui adhéraient à cette secte n’étaient ni des idiots ni des fous, ni fragiles psychologiquement – ça, c’est l’explication journalistique du phénomène sectaire, voire du phénomène terroriste. Statistiquement, le terroriste qui passe à l’acte n’est pas le pauvre qui manque d’éducation, il a plutôt un niveau d’étude supérieur à la moyenne nationale de son pays et vient de classe moyenne voire supérieure. » C'est un phénomène que l'on connaissait notamment lorsque l'on s'intéresse au terrorisme islamiste qui est plus souvent le fruit de personne d'un bon niveau d'éducation que le contraire. Cela confirme également qu'il va enfin falloir réapprendre à distinguer le savoir de la sagesse. Avoir des connaissances ne fait pas de vous un sage, rappelons que la plupart des dirigeants nazis avaient un très haut niveau de formation. Et que l'Allemagne de l'époque qui est réellement devenue folle était le pays au niveau scolaire et scientifique le plus élevé de la planète.

 

Bronner continue son propos et s'attaque très justement au nihilisme actuel qui découlerait selon lui de l'enseignement excessif du doute. La multiplication des croyances complotistes que l'on voit fleurir sur le Web à l'image du succès d'Alain Soral découlerait de l’incapacité des individus modernes et éduqués à faire confiance. Si le doute est nécessaire, il n'est en effet pas suffisant pour construire une analyse. Or il est impossible pour un être humain d'être spécialiste en tout, de sorte qu'à un moment donné il faut savoir faire confiance. Si l'on se met à douter de tout, tout le temps plus rien n’est possible et l'on tombe dans le nihilisme. L'auteur met ici le doigt sur quelque chose d'important à mon sens et qui caractérise la phase actuelle de notre société. Cela explique notamment pourquoi il est si facile de critiquer le pouvoir, les Français n'hésitant pas à rejeter leurs dirigeants respectifs. De la même manière, les citoyens français sont prêts à rejeter complètement l'information officielle. Mais en même temps cela explique pourquoi il est si difficile pour d'autres personnalités et parti politiques à l'image de Dupont Aignan et de son mouvement de convaincre la population. Celle-ci ne rejette pas les dirigeants parce qu'elle comprend les problématiques économiques, mais parce qu'elle amalgame globalement les spécialistes et les politiques dans un tout à rejeter. Il sera bien difficile de rompre ce nihilisme, je le crains. C'est le fameux tous pourris. On pourrait se demander en ce sens si finalement le FN n'est pas l'expression politique de ce nihilisme, plus qu'un parti qui représenterait une prise de conscience populaire des problèmes macroéconomiques liés à l'euro ou au libre-échange, il serait le parti de la paranoïa collective. D'ailleurs, les propos de Bronner expliquent eux aussi pourquoi les Français peuvent à la fois vouloir le protectionnisme et en même temps continuer à vouloir garder l'euro. Là où l'explication sociologique et marxiste est impuissante, le doute excessif de la population s'avère être une explication plus pertinente.

 

Tout aussi intéressant est son propos sur le rejet des scientifiques qui est perceptible à travers la haine irrationnelle du nucléaire ou d'autres technologies.

« Plus inquiétant, il y a une défiance vis-à-vis de l’expertise scientifique. Sur certains sujets, pas sur tous ! D’ailleurs, plus nos concitoyens ont l’impression de savoir, plus ils se méfient de la parole de l’expert. Sur les neurosciences par exemple, ils déclarent ne pas savoir grand chose, donc ils ont confiance. En revanche, sur d’autres sujets où ils ont l’impression de savoir – OGM, nucléaire –, sur lesquels on a un déluge d’informations contradictoires, ils se méfient beaucoup. En 2005, 49 % de nos concitoyens déclaraient que vivre à côté d’une antenne-relais était cancérigène, contrairement à l’orthodoxie de la science qui n’a jamais démontré cela. En 2010 : 69 %. Un bond de 20 points. Il se passe quelque chose. »

À cela d'ailleurs, l'auteur rajoute que l'on est plus méfiant lorsque l'on est un peu instruit que lorsque l'on ne l'est pas du tout. C'est quelque chose que René Descartes avait lui même en son temps signalé . À savoir que les hommes les plus dangereux dans une société ne sont pas les ignorants qui du fait de leur ignorance font confiance, mais bien les demi-savants qui croient savoir. Et comme disait Pascal : « Le monde juge bien des choses, car il est dans l'ignorance naturelle, qui est le vrai siège de l'homme. Les sciences ont deux extrémités qui se touchent. La première est la pure ignorance naturelle où se trouvent tous les hommes en naissant. L'autre extrémité est celle où arrivent les grandes âmes, qui, ayant parcouru tout ce que les hommes peuvent savoir, trouvent qu'ils ne savent rien, et se rencontrent en cette même ignorance d'où ils étaient partis ; mais c'est une ignorance savante qui se connaît. Ceux d'entre deux, qui sont sortis de l'ignorance naturelle, et n'ont pu arriver à l'autre, ont quelque teinture de cette science suffisante, et font les entendus. Ceux-là troublent le monde, et jugent mal de tout. Le peuple et les habiles composent le train du monde ; ceux-là le méprisent et sont méprisés. Ils jugent mal de toutes choses, et le monde en juge bien.  ».

 

La croyance est un mal nécessaire.

 

  Cependant, la croyance reste quelque chose d'indispensable à la pensée humaine. Nous sommes tous persuadés de choses qui sont fausses, mais qui comblent en fait l'image que nous nous faisons de la société et de la vie en générale. Comme il nous est impossible par nous même d'atteindre une connaissance infinie, seule manière qu'il y aurait pour être parfaitement rationnel. Nous sommes obligés de nous fier à des connaissances externes, et à des croyances collectives parfois fondées, parfois non. Le problème c'est que la multiplication des croyances incohérentes va rendre de plus en plus difficile la gestion collective de nos sociétés. Là où la république, la nation, ou le christianisme donnaient une cohérence collective, les croyances modernes divisent en d'infinies chapelles les mœurs et la population. Comme je l'ai dit souvent on voit bien que nous sommes dirigés aujourd'hui par des croyances collectives extrêmement dommageables pour la société française. Le libéralisme lui-même, parce qu'il prend l'apparence de la raison, s'est établi en fait comme une religion, de la même manière que le marxisme autrefois. En un sens l'euro, l'UE ou la mondialisation sont véritablement les fruits de ce retour de l'irrationnel dans la vie quotidienne de nos concitoyens. Loin d'avoir libéré l'homme de ses emprises, la chute des croyances traditionnelles l'a enfermé dans des cadres encore plus dangereux pour sa survie à long terme.

 

  Plus grave, toute façon nouvelle d'analyser ou de voir le monde peut ainsi passer du statut d'hypothèse scientifique ou intellectuelle à celui de religion dogmatique. Les climatologues eux-mêmes en sont prisonniers, il est ainsi bien difficile aujourd'hui de convaincre la population que la température globale de la planète stagne depuis 1998 contrairement aux affirmations des idéologues du réchauffisme. Dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres la raison a été remplacée par la passion et l'irrationnel. Et au-dessus de cela viennent se greffer l’hypocrisie la malhonnêteté et la corruption que décrit Todd. Tout cela me fait de plus en plus penser à l'hypothèse du chaos qui avait été émise par ce bon vieux Isaac Asimov dans ses œuvres de SF. Il définissait le chaos comme le résultat d'un changement trop rapide d'organisation sociologique et technologique. Une rapidité qui rendait les gens fous, et les conduisait à des comportements collectifs irrationnels. Keynes lui-même se méfiait des changements trop rapides, sur le plan sociologique. Il pensait que la société aurait bien du mal à s'adapter à des évolutions trop rapides. Nous détruirions ainsi trop vite les anciennes structures sociales, sans avoir le temps de les remplacer par de nouvelles. Nous vivons peut-être ce phénomène. Il ne reste qu'à espérer que cela ne se terminera pas comme dans les œuvres d'Asimov...

 

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 15:41

586163 la-maire-de-montpellier-helene-mandroux-d-presente-lN'est-il pas étrange en ces temps de crise et de dégradation constante de la situation des Français de voir la gauche s'obstiner à braquer la population sur des affaires essentiellement mineures et sans intérêt pour le pays ? S'obstiner ainsi à s’émouvoir des pauvres petits homosexuels qui seraient abominablement mal traités dans notre société. C'est du moins ce qu'affirment certaines associations peu représentative des dits homosexuels, mais diablement intéressée par l'intérêt à promouvoir leurs propres appétences. Comme dans le cas des célèbres associations communautaristes du CRIF,CRAN au Femen en passant par toutes les sectes écologistes, les associations homosexuelles ne représentent en fait qu'elles-mêmes et leurs membres. Mais comme elles sont infiltrées dans les masses médias, leurs représentations se trouvent disproportionné par rapport à leur poids réel. Ainsi donc dans les médias le CRIF représente « tous » les juifs, le CRAN « tous les noirs » et les associations gay et lesbiennes tous les homosexuels. Bien que ces mouvements, essentiellement de « gauche », ou présentés comme tel, se prévalent des valeurs de la démocratie et de la république, ils en sont pourtant à l'opposé complet. Ils n'existent pour la plupart que pour leurs propres comptes. Et même s'ils partent pour certains de bonnes intentions, ils finissent toujours par finir en ordre sectaire tirant la couverture à eux et oubliant les libertés individuelles.

 

Car la république ne reconnaît pas les communautés, elle reconnaît les individus, libres d'agir à leur guise dans le cadre de la loi et de l’intérêt général. La république des communautés rêvées par certains n'est rien d'autre qu'un retour à l'ancien régime à une époque où chacun restait à sa place dans « sa » communauté. Le communautarisme c'est que le nouvel habillage de la société de caste de l'ancien régime. Il est étrange de voir cette régression mentale être produite par la gauche française, même si l'on sent ici toute l'influence néfaste de la domination culturelle du monde anglo-saxon. Le terme d'ailleurs employé n'est-il pas gay? Un mot anglais symbole de la soi-disant ouverture au monde. Une ouverture qui n'est en fait qu'une colonisation culturelle de domination. Et le plus étrange c'est que la gauche ne se rend même pas compte qu'elle construit une société à l'opposé de l'image qu'elle se fait de son idéal théorique. Car loin de libérer l'être humain des contraintes collectives primitives, le communautarisme l'y enferme. La gauche essentialise par exemple le fait d'être un immigré ou un homosexuel. Au point de les enfermer dans des archétypes nouveaux, plus soft en apparence que les anciens, mais au combien plus nocif. Plus nocif, car l'on ne peut se libérer de la liberté, si je puis me permettre cette tautologie. Le plus asservi des esclaves est bien celui qui se croit libre, mais qui ne l'est pas. Au demeurant, l'asservissement mental aux communautés est bien dans l'air du temps. Puisque le citoyen s'est déjà asservi au libre-échange, à l'euro, à l'UE, autant finir le travaille en s'autoasservissant à des groupuscules communautaires. Ainsi donc, l'homosexuel doit participer à la Gaypride, être favorable au mariage gay et s'habiller comme clown. Finalement, la Gaypride, cela vaut bien la Bourqa.

 

 

« Je baise donc je suis »le credo de l'homme moderne ou le cache-sexe de l'abandon économique ?

 

Hier donc se tenait à Montpellier la fameuse fête symbole par son propre nom du caractère acculturé des participants. Elle était évidemment symbolique puisque c'est dans cette même ville que l'on « révolutionna » récemment la vieille France avec le fameux mariage homosexuel. Les gens réellement progressistes s'étonneront peut-être du fait que l'on fasse du mariage, héritier du christianisme, un cheval de bataille pour la libération des mœurs. Hier l'on se battait à bon escient pour l'égalité des droits entre les enfants bâtards et les enfants légitimes en conchiant le mariage. Et pourtant aujourd'hui on adule cette institution . On oubliera également la question hautement discutable de l'adoption des homosexuels qui pose celle de la marchandisation du corps des femmes. Car ce n'est pas faire montre de trop de phobies que d'affirmer que les couples homos sont naturellement stérile. Et que donc leur possibilité d'enfanter se voit contrainte par un apport externe. Un apport qui dans notre société hautement inégalitaire et passablement décadente sur le plan des tabous liés à l'argent pourrait prendre l'allure de trafic d'être humain et de mères porteuses achetés. Car là est bien la question morale fondamentale que les défenseurs du mariage pseudo-progressiste oublient d'analyser. Mais les gauchistes ne sont pas à un paradoxe près, la cohérence et le sujet de leurs questionnements n'étant là généralement que pour cacher des visées moins « fun ». Les gauchistes ne s'intéressent plus aux questions sociales ou aux inégalités économiques. Et c'est peut-être pour cela que ce problème n'est finalement pas abordé. Ils ont renoncé à agir pour l'égalité économique, il se masturbe donc sur les questions sociétales.

 

En fait, il est même exemplaire que ce soit dans une ville aussi inégalitaire et américanisée que Montpellier que cette affaire s'est passée. Car derrière les façades toutes neuves construites avec l'argent-dette de la ville se cache une réalité bien moins festive. Chômage, misère, racisme, violence, Montpellier n'est pas du tout à l'image qu'elle donne. Pour y avoir vécu depuis ma naissance, je peux vous affirmer que l'on y vivait bien mieux il y a vingt ans. La croissance de la ville est essentiellement le fruit de la bulle immobilière soigneusement entretenu par les apparatchiks locaux. Le copinage et la corruption y feraient rougir les Marseillais et les Montpelliérains choisissent avec parcimonie les endroits qu'il faut éviter pour ne pas finir éviscéré sur un trottoir. Je ne parlerais pas des innombrables SDF et RMIstes qui peuplent la ville, mais c'est vrai que la misère est moins pénible au soleil comme disait l'autre. En voyant la gaypride, on pouvait croiser au passage de plusieurs hommes dormant à même le sol sans que cela n'émeuve outre mesure les révoltés du sexe libre et non faussé. On a les révoltés que l'on mérite, les pauvres, ça fait tache surtout quand ils sont hétéros et blancs.

 

Comme tous les socialistes Helène Mandroux et toute sa clique, cache la réalité avec tout un appareil festif. On multiplie ainsi dans les budgets de la ville les dépenses cache-misère. Des dépenses superfétatoires pour éblouir les visiteurs pendant que des quartiers entiers tombent en ruine. Comme à Saint-Pétersbourg on refait les façades où il y a beaucoup de trafic et le tramway, ailleurs on évite d'y penser. On construit des mairies à 130millions d'euros quand l'ancienne était parfaitement fonctionnelle. On multiplie les grands travaux en oubliant au passage l'absence quasi totale d'industrie sur place. L'argent dépensé partant ailleurs et ne laissant derrière lui que des dettes. Montpellier est comme Paris une énorme bulle économique qui ne produit rien, si ce n'est de l’esbroufe et de la valeur immobilière. Quand l'effondrement du secteur aura frappé la ville de se retrouvera bien dépourvue. Avec un taux de chômage à 19%, une industrie ne représente même pas 4% de l'activité, parler de dynamisme est risible. À la rigueur il s'agit d'une croissance expansive et non qualitative. Montpellier c'est des étudiants qui partent, le tourisme, le vignoble et rien d'autre. Il est vrai que dans une France à l'agonie post-industrielle la ville peut sembler dynamique, mais que le franc dévalue, que le protectionnisme revienne et d'autres villes lui raviront le caractère dynamique.

 

Quoi qu'il en soit il faut bien avouer que le mensonge du PS montpelliérain marche à merveille. Les habitants même de la ville ne se rendant pas compte de la médiocrité locale, un peu à l'image de nos collègues barcelonais de l'autre côté des Pyrénées. Et qui s'émerveillait jusqu'alors du dynamisme espagnol et particulièrement catalan. La crise est passée, et la réalité a rattrapé les fantasmes. Il n'y avait rien derrière la croissance espagnole des années 2000. Il n'y a rien derrière le dynamisme montpelliérain, mais dans les deux cas l'homo festivus s'amuse.

 

taux-de-chomage-montepllier.png

Taux de chômage à Montpellier, magnifique non? 

 

Camambert-montp.png

On admire la répartition des actifs à montpellier 

 

 

 

Budget Montepllier

 Enfin on remarque le taux d'endettement extrêmement important de la ville de Montpellier qui a un ratio dépense de fonctionnement/remboursement du capital proche des 100% ! source

 

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 21:50

 

bridgelogoGWObelow_large.jpgS'il reste encore heureusement quelques Français pour être choqué par l'idée d'imposer l'anglais comme langue d'enseignement à l'université. La plupart des arguments les plus populaires engagés à l'encontre de cette évolution me semblent inopportuns, et même contre-productifs par certains aspects. Car cette envie d'anglais de nos élites est beaucoup plus qu'un simple problème linguistique. C'est même plus grave encore qu'une simple affaire d'intérêt national. La volonté d'imposer l'anglais comme langue dans le supérieur est un acte guerre contre la démocratie. C'est un phénomène qui est la conséquence du caractère postdémocratique de notre société. C'est la preuve terminale de la réussite du coup d'État des riches sur l'appareil d'administratif français. Cette orientation politique est un mélange de croyance absurde, de haine de la France, le tout cachant une lutte des classes qui ne dit pas sont nom.

 

La langue est aussi une arme de domination sociale.

 

La langue a toujours, été un moyen de communication, mais aussi un véhicule de différenciation sociale. On rappellera au passage que jusqu'au début du vingtième siècle la langue française n'était pas si universellement accepter sur notre territoire. La francisation étant en fait un phénomène récent. On a tous quelques proches, grands-parents ou arrières grands-parents parlant un patois local. Ma grand-mère parlait l'occitan par exemple. Les régionalismes linguistiques sont encore assez présents, même si l'on surestime leurs degrés d'homogénéité locaux à leur grande époque. Les langues régionales ayant elles-mêmes leurs propres multitudes de patois alternatifs. L'acceptation universelle de la langue française sur notre sol, si elle fut un traumatisme pour certains, a aussi eu comme effet un plein développement de la démocratie. Mais si cette universalité linguistique s'est faite en accompagnant la démocratie, et en la nourrissant, l'égalité linguistique accompagnant le principe d'égalité de droit. Il ne faut pas oublier que ce fut par la volonté publique que cette égalité fut produite. L'état a imposé la langue française et l'instruction, et ce fut une violence inouïe parfois que d'imposer ce choix collectif. Il y avait derrière la volonté d'unifier la langue la volonté très démocratique d'égalité. C'est d'ailleurs pour cette même raison que les nations d'Europe dans leur phase ascendante du 15e au 19e siècle enterrèrent petit à petit l'ancienne langue universelle impériale à savoir le latin. Celle-ci n'étant parlée que par les élites et la noblesse, elle caractérisait le régime féodal et inégalitaire. Le latin était encore d'ailleurs jusqu'à peu, un signe distinctif des élites leur permettant de se différencier de la plèbe.

 

Mais comme vous le savez certainement si vous êtes des gens avisés, la démocratie et son esprit ne sont plus aujourd'hui que des vestiges en décrépitude en occident. La dérive inégalitaire des élites occidentales sous la poussée inégalitaire de l'enseignement supérieur a façonné une nouvelle noblesse. Une noblesse à diplôme qui se croit supérieure, mais qui est encore obligée d'accepter les règles de la démocratie et de l'égalité de l'ancien système. On ne peut pas aujourd'hui dire que l'on est supérieur, qu'on est l'élite, surtout en France. Notre nation est en effet caractérisé par un socle idéologique égalitaire fruit de ses structures familiales qui empêchent de voir directement ce type d'affirmation. En France l'esprit inégalitaire doit prendre des chemins détournés pour s'affirmer. C'est ici que la langue anglaise prend tout son rôle. Pour les élites françaises, l'anglais est le nouveau moyen de se distinguer du reste de la population, c'est le nouveau latin. Elle est même le moyen de s'identifier à la sphère de l'élite anglo-saxonne considérée par les ploutocrates français comme l’élite suprême à laquelle on rêve d'appartenir.

 

On remarquera au passage que comme l'avait montré Bourdieu l'introduction des langues étrangères est aussi un bon moyen d'introduire des distinctions de classe sociale dans les concours et les cursus universitaires. Les gens des classes aisés pouvant plus facilement former leur progéniture aux langues étrangères grâce à leurs revenus. En effet , plus vous êtes riches et plus il est facile de partir à l'étranger et de se former à la maîtrise d'une langue. L'introduction de l'anglais comme nécessité dans les hautes sphères de l'éducation a donc deux buts. L'un est de favoriser la distinction de classe avec comme but ultime pour l'élite française de se fondre dans l'élite anglo-saxonne. La deuxième est de favoriser sa propre descendance et de scier l'échelle sociale qui la sépare des gueux. L'anglais obligatoire ne faisant que préfigurer la privatisation totale de l'enseignement qui se produit à petits pas en France. On remarquera au passage que dans des pays où l'inégalité de classe est apparente, ou plus facilement assumée dans des pays comme l'Allemagne ou le Japon. L'anglais n'est pas aussi favorisé. Le Japon est par exemple médiocre en langue anglaise ce qui ne va pas sans poser quelques problèmes aux entreprises nippones. Il suffit de voir baragouiner le PDG de Nintendo dans ses vidéos de présentation en anglais pour s'en rendre compte. Cela n’empêche pourtant pas ce pays de briller au niveau de la créativité ou de la science. Comme l'avait bien vue Emmanuel Todd les pays de famille souche s'adaptent parfaitement à l'idéologie inégalitaire qui monte. Au Japon l'éducation est totalement inégalitaire par exemple, car elle est complètement privatisée. À Todai, la grande université de Tokyo, vous ne croiserez que des enfants de bourgeois. Les patois locaux au Japon ont même été conservés. Les accents de certaines régions renvoyant à votre infériorité sociale.

 

En France les élites deviennent schizophrènes, car elles sont prisonnières du passé égalitaire du pays. La haine de la langue française et la volonté d'imposer l'anglais en haut ne sont que l'une des multiples conséquences de cette schizophrénie. La haine de la langue française traduit ainsi la haine de l'égalité et de la démocratie. Cela explique aussi l'encouragement du recul du français dans les zones à forte immigration, en effet dans ces endroits on ne favorise pas l'anglais, mais le patois local si je puis dire. Les élites françaises ont enfermé les immigrés dans leur propre culture pour la même raison qu'ils veulent que les étudiants abandonnent le français. C'est à cause de leur esprit inégalitaire contraire aux principes historiques de notre nation.

 

 

L'anglais la langue universelle est un anachronisme.

 

La crise économique actuelle est en grande partie le fruit des politiques et de l'idéologie produite par le monde anglo-saxon. Des idéologies qui ont malheureusement empoisonné notre pays. Mais ce qui ressort de la crise actuelle c'est l'incroyable recul économique scientifique et intellectuel du monde anglo-saxon que seul Hollywood par sa main mise de l'appareil médiatique impérial parvient à cacher. Or la domination de l'anglais est le fruit de la domination économique et scientifique anglo-saxonne qui remonte aux défaites napoléoniennes. Il n'y a donc aucune chance pour la langue anglaise continue à dominer au siècle prochain comme il le fit jusqu'à maintenant. C'est d'autant plus vrai que l'anglais recul y compris aux USA qui connaissent une contre-colonisation de la part du Mexique. La Californie parlera l'espagnol à la fin de ce siècle, c'est pourtant le cœur culturel de l'empire américain. Le déclin scientifique il est palpable dans les centres de recherche US eux-mêmes qui sont obligés d'importer des personnes qualifiées les locaux ne faisant plus d'études scientifiques. Entre la désindustrialisation et l'effondrement culturel interne, il faut être incroyablement lobotomisé pour parier sur une continuation de la domination de la langue anglaise dans le siècle qui vient. La multiplication de brevet ne peut cacher le vide interne de la nation US qui n'investit plus dans ses hommes. Les multinationales de ce pays faisant de plus en plus appel à une externalisation des laboratoires de recherche en Europe et en Asie. Il faudrait au contraire réfléchir à former des jeunes aux langues asiatiques, zone du monde où la science sera la plus dynamique au 21e siècle. Le mandarin, le japonais, le coréen, ou le Russe seront plus utiles à notre main d’œuvre scientifique demain que l'anglais.

 

L'imposition de l'anglais est contraire à la logique de la spécialisation

 

Enfin, précisons que le plus curieux dans cette affaire est que la généralisation de l'anglais comme langue d'enseignement à l'université est contraire à la logique toute libérale de la spécialisation. En effet si ce gouvernement de traître est indubitablement libéral sur ses politiques économiques, il n'en reste pas moins totalement incohérent si l'on analyse cette imposition linguistique sous l'angle de cette même pensée libérale. Car s'il existe une idée inintéressante dans le libéralisme c'est bien celle de la spécialisation. Cette idée de la spécialisation comme moteur du progrès en terme d'efficacité est un des piliers de la pensée libérale. Elle peut s'exprimer simplement. Collectivement un groupe à tout intérêt à voir chaque individu membre se spécialiser dans le métier qu'il sait le mieux pratiquer de façon à ce que le groupe dans son ensemble bénéficie de son expérience spécialiser. Très tôt dans les civilisations nous avons eu des corps de métiers. Il vaut mieux qu'un homme se spécialise dans la pêche et l'autre dans la poterie plutôt que les deux fassent les deux métiers en même temps, c'est plus efficace. Le fordisme a bien évidemment poussé ce concept à son maximum avec l'efficacité que l'on sait. Et l'on sait par expérience que plus des entreprises grossissent et font des gains de productivité, et plus elles sont composées de spécialistes de plus en plus pointus sur leur domaine de prédilection. C'est la même chose dans les domaines scientifiques ou dans les administrations. La mondialisation elle-même est vendue comme un mécanisme de gain collectif à l'échelle du monde grâce à la spécialisation de chaque pays. Argument hautement discutable étant donné que les nations ne jouent pas vraiment le jeu du libre-échange. Mais passons, ce n'est pas le sujet.

 

Or là que nous présente ce gouvernement socio-libéral ? Une politique visant à faire de votre doctorant en physique, en math ou en biologie un spécialiste d'une langue qui n'est pas sa langue maternelle. Car effectivement si pour lire une notice ou un romand à l'eau de rose un anglais de niveau globish suffit , comprendre des concepts complexes demande un niveau élevé en anglais. S'il y a des gens qui étudient des langues et qui font même des thèses dans cette orientation, c'est bien parce que c'est un vrai métier que celui de traduire. Comment demander à un futur physicien ou à un ingénieur en mécanique de maîtriser une langue à ce niveau? C’est ridicule. Où alors nos élites sous-entendent-elles que le métier de traducteur tout le monde peut le faire sans prérequis ? On peut se poser la question suivante. Est-il plus important de la part d'un mathématicien de maîtriser son domaine, à savoir les mathématiques ou l'anglais ? Et encore on sait que les maths sont devenues si complexes que les mathématiciens ont maintenant leurs propres domaines de spécialisation. On dit d'ailleurs communément que le dernier mathématicien ayant eu une connaissance globale de son domaine fut Henri Poincaré qui est pourtant mort en 1912. Et voilà que l'on va leur remplir le cerveau d'un langage supplémentaire qu'ils ne maîtriseront d'ailleurs jamais aussi bien que les locuteurs naturels de cette langue.

 

De plus, étant donné qu'un locuteur natif d'une langue aura toujours l'ascendant sur un locuteur externe, cela favorise de facto ce dernier. C'est d'ailleurs l'un des problèmes du milieu de la programmation où l'anglais prédomine. Quiconque à déjà programmer en C++ ou en Java, pour ne citer que ces deux langages de programmation, sait que c'est l'anglais qui prédomine. Parce que l'état n'a rien fait pour favoriser le français dans les années 80-90, on a défavorisé nos ouailles dans le domaine de l'informatique. Au Japon les programmeurs travaillent dans leur langue maternelle ce qui favorise naturellement les programmeurs locaux. On l'oublie trop souvent, la langue est aussi une forme de protection commerciale. Et les Français à trop s'amouracher de langues étrangères parce que ça fait bien finissent par s'autodétruire. Loin de favoriser l'anglais, nous devrions au contraire penser à lutter contre lui partout. En commençant par interdire les anglicismes à la télévision et dans les lieux de travail. On peut également penser à réduire les coûts de traduction en les détaxant par exemple, voir en les subventionnant. Pour ce qui est des thèses des doctorants, laissons des professionnels de la traduction s'en charger , que nos étudiants se concentrent sur leur art plutôt que de les laisser perdre leur temps précieux à travailler dans une langue qui n'est pas la leur. Ce sera beaucoup plus économique et efficace comme le veut le principe de la division du travail.

 

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 00:18

 

 

Marketing.jpgHonni par certains, adulé par d'autres qui la considèrent comme un art à part entière. La publicité fait partie de nos vies et façonne une grande partie de notre comportement de consommateur voire même de citoyen. Et cela d'une façon insidieuse et constante. Mais la publicité a ceci de paradoxal qu'elle est à la fois l'une des pires monstruosités enfantées par l'économie moderne et l'un de ses principaux piliers. S'il me prend maintenant l'envie de vous parler de la publicité, c'est qu'elle et son « esprit » sont en partie responsables du délitement de la politique au sens large. Le marketing et ses méthodes, ont ainsi influencé, non seulement nos façons de consommer, mais également la façon dont les hommes publics agissent. Le marketing empoisonne également la gestion des entreprises et les choix stratégiques des grands groupes. On préfère maintenant faire de grandes campagnes publicitaires plutôt que d'investir dans la recherche et le développement. Car peu importe la qualité intrinsèque d'un produit si c'est essentiellement la campagne de pub qui fait le succès. Ce qui n'était au départ qu'une activité mineure visant à faire connaître de nouveaux produits est devenu au fil du temps une nouvelle manière de concevoir les produits. L'esprit marketing à tout envahi y compris le langage et les rapports humains, faisant du mensonge et de l'exagération constante une façon normale de s'exprimer. Il suffit de revoir les campagnes politiques de la dernière présidentielle pour se convaincre du caractère essentiellement marketing de la communication politicienne moderne. Le capitalisme pulsionnel cher à Bernard Stiegler s'est ainsi imposé par le truchement du marketing moderne.

 

Court passage de Bernard Stiegler où il explique les effets de la consommation moderne sur le comportement des individus dans nos sociétés. Avec des pauvres dans une détresse bien plus grande encore que dans les pays pauvres. Car ils sont privés de toute autonomie, et de tout savoir-faire rendant possible cette autonomie. 

 

 

 

L'individu et la consommation

 

pyramide_maslow.gifBon nombre d'économistes y compris Keynes ont considéré la consommation comme un mécanisme répondant à un besoin personnel intrinsèquement lié à notre nature. Bien évidemment très tôt on a différencié les besoins vitaux des besoins sociologiquement construits. Avec la faim, la soif, la sécurité physique comme besoins primaires. Et, en haut de la pyramide, on retrouve les besoins sociologiquement construits. Ce que le psychologue Maslow appelait le besoin de s'accomplir. Cette hiérarchisation est toutefois critiquable, car des études ont montré que les besoins sociologiquement construits peuvent avoir autant d'importance pour les individus que les besoins primaires. On aura ici en tête l'exemple sidérant de cet adolescent chinois ayant vendu l'un de ses reins pour avoir un iPhone. La fameuse pyramide des besoins est tout de même quelque chose d'assez intuitif et elle reste extrêmement enseignée dans les écoles de marketing. Disons qu'elle correspond à une psyché relativement rationnelle. Peut-être un peu trop pour les animaux sociaux que nous sommes.

 

Quoi qu'il en soit les économistes, notamment libéraux, ont toujours considéré le besoin comme descendant directement des orientations naturelles des individus. Et cela même s'ils admettaient que ces besoins pouvaient être sociologiquement construits et donc influencés par le groupe. On retrouve cela notamment chez l'économiste Veblen qui a donné son nom à l'effet Veblen qui considère que chez les individus la hausse d'un prix peut produire une hausse de consommation par effet de mimétisme social. Je consomme un produit cher pour appartenir à une classe sociale supérieure. L'exemple des produits Apple pouvant probablement démontrer cet effet Veblen. Cette thèse contredit l'idée toute libérale que la hausse d'un prix produit automatiquement une baisse de consommation et vis versa. Là où l'effet Veblen est probablement le plus fort c'est dans le secteur immobilier. C'est notablement vrai dans la France actuelle qui voit se produire un regroupement spatial socialement centré. On achète un logement cher pour que les jeunes aillent dans les bonnes écoles et aient plus de chance d'être sociologiquement bien placés. Avoir une bonne école dans un quartier étant un moyen de faire grimper le prix local du m². Et cela même en risquant la banqueroute familiale pour cause de surendettement à cause d'un logement largement au-dessus des moyens de paiements familiaux. Tout ceci nous éloigne tout de même assez largement de l'individu rationnel et calculateur de nos chers libéraux. Ou du moins calculateur au sens purement économique du terme.

 

Cependant à l'époque de Veblen la publicité était balbutiante et l'idée que l'on puisse influencer cette consommation sociologiquement construite n'était pas vraiment imaginable. Chez les libéraux notamment est toujours restée inscrite l'idée d'un individu fort et rationnel, base de toute la théorie échafaudée. Et les libéraux ont toujours beaucoup de mal à admettre que l'individu n’est pas rationnel. Tous juste acceptent-ils l'idée qu'il est mal renseigné avec les théories de l'information asymétriques. Cela faisait d'ailleurs rire John Kenneth Galbraith qui expliquait longuement dans ses œuvres que l'on en apprenait plus sur le comportement humain dans les études marketing que dans l'enseignement économique classique où l'individu passe son temps à optimiser les mouvements de son portefeuille. En effet, admettre que la demande des consommateurs est construite, qu'elle ne découle pas simplement d'un besoin naturel, mais qu'elle résulte d'une manipulation de masse. C'est enterrer définitivement d'idéal libéral. C'est admettre que la différence entre le capitalisme et le communisme est en réalité beaucoup plus floue que ce que certains ont cru. Et qu'en réalité il n'y a entre les deux régimes qu'une différence de maître et de qualité de domination. Le capitalisme d'essence publicitaire étant au final une dictature bien plus efficace que le communisme. Surtout si l'on admet que le marketing est comme poisson dans l'eau dans le régime démocratique qu'il empoisonne avec une redoutable efficacité grâce aux médias de masse.

 

Au final admettre l'efficacité du marketing sur la demande et sur l'orientation du public c'est finalement admettre la faiblesse des individus. Et donc in fine reconnaître l’échec de la pensée libéral, un échec non seulement économique, mais également politique. Car admettre les effets du marketing sur les idées ou le comportement collectif des individus c'est en quelque sorte rendre caducs les fondements rationaliste et individualiste sur lesquels sont fondées nos structures politiques d'essence libérale. Si les individus votent pour ce que les médias masse, les multinationales auxquels ils appartiennent, alors la démocratie c'est qu'un vain mot. Rappelons que celle-ci est théoriquement le fruit de choix rationnel et individuel de chacun.

 

 

La collectivisation des désirs, un besoin structurel

 

Le marketing et la publicité sont apparus dans leur forme moderne au début du 20e siècle. On peut sans conteste dire que c'est le neveu de Sigmund Freud, Edward Bernays, qui est à l’origine de la méthodologie marketing et de la publicité. Lui qui eut l'idée extraordinairement malsaine d'user du mouvement féministe des suffragettes pour favoriser l'image du tabagisme chez les femmes. Cette « prouesse » a garanti l'avenir des méthodes marketing dans une économie transformer par la production de masse et le fordisme. À quoi aurait bien pu servir une production de masse si à celle-ci n'avait point correspondu une consommation de masse concomitante? Nous n'en voudrons pas à Bernays, dans le sens où le marketing était en fait devenu une nécessité ontologique de la production de masse. Car nous en revenons ici au vieux dilemme de la productivité croissante et du chômage à consommation constante. Plus la productivité du travail augmente et moins de travail est nécessaire à la production d'une même quantité de bien.

 

De cette inexpugnable logique était d'ailleurs née l'idée horrifique de Keynes que les vertus traditionnelles, celle de la frugalité notamment, n'en étaient plus dans une société à gain de productivité croissant. Que la frugalité dans une société à haut niveau de productivité provoquait chômage et misère par sa constante consommation. L'on peut hurler à l'horreur en voyant une tonne d'imbéciles se jeter sur les dernières consoles de jeu vidéo ou les derniers vêtements soldés. Il ne faut pas oublier pourtant que cette consommation débridée est le fruit intrinsèque de la hausse de la productivité. Ignorer cette contradiction entre vice et vertu moderne et ancienne c'est ne pas comprendre toute la tragédie du monde moderne. Un monde qui sait intérieurement que la consommation délirante ne mène à rien, mais que les fameuses vertus acétiques le mèneraient à la ruine de tous. Certains rêvent évidemment de sortir de la quadrature du cercle par la réduction du temps de travail et la réorientation de nos modèles économiques. Mais il faut à mon sens bien rappeler que le marketing et la consommation de masse qui lui est associée ne sont pas là par hasard. Leur usage relève d'une nécessité. Que les nations soient frappées d'une subite crise de vertus acétique et les vertueux consommateurs se transformeront en vertueux chômeurs, puis en cadavres. On fait à l'heure actuelle en Europe un parfait exemple de vertueux suicidaires, même si la consommation baisse ici pour d'autres raisons que le retour aux vertus d’antan.

 

L'uniformisation des désirs

 

internetHS.jpgSi nous voulons mettre fin à cette mécanique infernale peut-être faudrait-il d'abord analyser l'origine du problème plutôt que de jacasser inlassablement comme les casseurs de pubs à quel point la pub c'est le mal (ces groupuscules sont très présents dans ma bonne ville de Montpellier) . Hurler à la vertu n'aidera pas à mettre fin à la publicité. Pas plus que hurler à la justice sociale n'améliorera le sort des pauvres tant que l'on ne remet pas en cause l'Europe et la mondialisation à l'image de nos amis gauchistes. Si le marketing est une arme aussi importante pour les modes de production modernes, c'est qu'il permet de rationaliser les processus de production de masse en garantissant un niveau de vente suffisant pour rentabiliser les investissements. Le marketing découle d'un besoin de prévision et d'une rationalité collective de la part des entreprises. Vouloir remettre en cause la publicité c'est remettre en cause les modes de production qui lui sont associés, mais remettre en cause les modes de production moderne c'est aussi remettre en cause le niveau de vie moderne. Les gens qui prônent cette direction, la décroissance, oublient généralement de présenter les effets légèrement néfastes d'une telle orientation économique. L’Espagne ou la Grèce qui sont actuellement objectivement en décroissance un peu à l’insu de leur plein grès ne voient pas la diminution de leur pauvre. Au contraire, on assiste à une dégradation spectaculaire des conditions de vie, en attendant le retour de la peste et du choléra. Et j'ai quelques doutes sur l'amélioration du moral local étant donné que la natalité déjà famélique se met à baisser rapidement.

 

Plutôt que de condamner des milliards d'individus à mort en voulant voir s'effondrer le monde moderne, ne devrions-nous pas plutôt organiser sa transformation en changeant les règles et les méthodes de production telles qu'elles ont été établies au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Car seul un changement d'organisation dans la production nous permettrait de nous passer de la publicité. Par changement je n'entends pas ici un abandon du progrès technique bien au contraire, je pense que nous devons l'accélérer, car les vieux modèles n'ont que trop tardé. Je reviendrais dans un prochain texte sur cette question, notamment en revenant sur l'innovation de l'économie participative grâce aux réseaux sociaux et internet qui connaît un véritable boum et qui pourrait constituer l’ébauche d'une alternative crédible. En permettant une nouvelle relation entre la production et la consommation tout en éliminant le besoin de structurer une demande massive par l'intermédiaire du marketing.

 

 

 

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 22:20

france-nouvelle-france-12.jpgL'américanophilie délirante des journaux français mainstream pour employer l'anglicisme courant est repartie. Comme tous les quatre ans les journaux amé..français se passionnent pour ce qui semble être devenue l'élection la plus importante en France. Il faudrait comptabiliser, mais on peut se demander si les journaux de notre pays ne donnent pas plus d'importance maintenant à l'élection américaine qu'à la nôtre. Même un blog souverainiste comme celui de mon collègue Pinsolle donne une place prépondérante à l'élection américaine qui devient un incontournable de la politique "sérieuse". Mais cette histoire de passion électorale en dit plus long finalement sur le degré de décadence atteint par la France que tous les grands discours. Cela peut d'ailleurs sembler paradoxal puisqu'il faut tout de même savoir que comme à mère britannique l’Amérique déteste profondément la nation française et son peuple. Cette haine s'applique même à ses lointains descendants. La récente affaire québécoise qui a vite été enterrée par les médias français, et pour cause, montrant la haine viscérale que notre nation produit chez ces peuples anglo-saxons. Il faut dire que l'on ne profitera pas de cette affaire en France pour rappeler les massacres et la brutalité des Anglo-saxons à l'égard des descendants français d’Amérique. Cela ferait tache dans l’histoire officielle de l'impérium, mais ne dit-on pas que ce sont les vainqueurs qui réécrivent l'histoire à leur avantage ? En cela il est certain que les Britanniques et leur descendant ont bien été les vainqueurs. Le nombre de crimes perpétrer par le monde anglo-saxon au cours des siècles dépasse pourtant l'entendement. Et l’Amérique en bonne fille a dépassé son aïeul à bien des égards sur ce plan.



 Pourtant les Français pourraient être assez fiers de ce que fut la Nouvelle-France et de ce qu'elle aurait pu devenir si quelques barbares venues des îles britanniques n'avaient jamais voulu fouler leurs pieds sur ces terres. Il est certain du reste que le sort des Indiens n'eut pas été le même. Car les Français contrairement à ce qu'affirment les haineux de notre nation ont été bien moins violents avec leurs autochtones que leurs cousins européens. Les Français d’Amérique ayant eu des relations de bons voisinages avec les peuples amérindiens que ce soit les Hurons, les Algonquins, ou les Inuites. Ces peuples ont d'ailleurs vécu durement l'effondrement de la Nouvelle-France, car c'est bien sous le joug des Anglais que leur destin fut sellé. On pourrait citer aussi le sort des Amérindiens de Guyane qui est très différent de celui de leurs cousins vivant au Brésil ou ailleurs en Amérique du Sud. Non, la France n'a pas qu'une histoire d'horreur et de Pétainisme comme essaient de nous faire croire les agents de l'empire américain à l'image du Bogdanoff de la philosophie Bernard Henri Lévy. Mais les Français ont la mémoire courte maintenant. Tout lobotomisés qu'ils sont par la machine propagandiste américaine. Les médias « français » en viendraient même à vouloir faire fêter aux Français la défaite de Trafalgar. Un peuple en est-il encore un lorsqu'il se met à fêter ses propres défaites et la victoire de ses ennemis ? Que peut-on devenir lorsque l'on ignore tout de son propre génie historique ? Les Français glorifient des peuples brutaux et ignorent la sagesse de leurs ancêtres. Goebbels avait raison. Un mensonge répété finit toujours par devenir la vérité, il en va de même pour les vérités historiques.

 

La francophobie ordinaire chez les peuples anglo-saxons c'est une vieille histoire comme nous le rappelle Bertrand sur son blog.

 

 

 

 

Une élection sans intérêt pour un peuple sans intérêt


 

La vérité c'est que les USA ne sont qu'une puissance virtuelle, et ce depuis longtemps. Pour reprendre les thèses de dedefensa le système américain a fini par gober sa propre narration ce qui finit par le tuer. L'empire américain est en déclin depuis très longtemps, ou plutôt les fondements originels de sa puissance ont disparu depuis très longtemps. À savoir sa domination technique et industrielle. Certes l'on peut citer ces fameux centres de recherche qui font la fierté de l'Oncle Sam, mais immédiatement remarquer deux choses. Les chercheurs véritablement américains y sont rares. On y croise surtout des Asiatiques et des Européens expatriés, et les effets de cette prétendue avancée techniques sont absents du bilan commercial des USA. Au final, on peut même se demander en analysant la balance commerciale US si les technologies américaines essentiellement produites à l'extérieur ne creusent pas le déficit commercial. Apple a combien d’employés aux USA et en Chine ?

 

Les USA sont une nation qui sous-investit depuis très longtemps et cela se ressent sur l'évolution de la productivité réelle du pays. Il ne suffit pas d'avoir quelques laboratoires de pointe pour jouer les grandes puissances. Encore faut-il que cela se traduise par des effets palpables sur la productivité réelle du pays et sur l'investissement industriel. Or on ne voit rien de la sorte dans les statistiques américaines comme le montre bien l'excellent blog criseusa. Le verdict des statistiques est formel. La supériorité technique américaine est une chimère. La science américaine fait ses petits à l'étranger taux de profit et externalisation oblige. Pour prendre un exemple emblématique dans le domaine de la science de pointe la grande université de Berkley a récemment voulu faire des accélérateurs de particules miniaturisés. Une technologie qui permettrait de réduire considérablement les coûts de la recherche fondamentale sur le comportement des particules. Et bien cette célèbre université a commandé son matériel de point et ses lasers en France. C'est l'entreprise Thales Optronic qui leur a fabriqué leur outil de recherche le laser Bella. Mais c'est sûr, les scientifiques en France ne servent à rien comme l'affirmait un clown de l'UMP.

 

Comme l'avait si bien expliqué Todd dans son « Après l'empire ». Les USA dominent aujourd'hui par leur consommation et leur capacité à faire croître leurs déficits commerciaux. Pas par leur inventivité ou leur prétendue créativité qui n'est que rarement le fruit de leur propre système éducatif d'ailleurs. C'est en rendant les puissances exportatrices dépendantes de leur demande intérieure qu'ils dominent. On l'a vu lors de la récession américaine récente, la Chine, l'Allemagne ou le Japon ont eu des sueurs froides. La retombée actuelle de l'économie virtuelle des USA va refaire vivre à ces pays cet effondrement commercial qui leur fait si peur. Évidemment cet étrange empire de la consommation tient par des ficelles qui n'ont rien avoir avec celles des empires d'autre fois et qui était fondées sur la puissance industrielle et militaire. Le fondement de la puissance américaine est la culture narrative, la domination spirituelle, si l'on peut appliquer ce terme à la sous-culture commerciale américaine. C'est cette fascination qui maintient l'artifice de l'empire, ça et le rôle du dollar dans le domaine du change mondial.

 

La grande hantise de l'élite des USA est en fait de se voir coupé du reste du monde. Que deviendraient donc les rapports de forces sociaux aux USA si d'un seul coup ce pays ne pouvait plus importer à bon marché les produits qu'il consomme ? Il ne faut guère réfléchir pour voir que la structure ultra-inégalitaire américaine est essentiellement le fruit de la domination US sur le reste du monde. Ce fut d'ailleurs depuis le début le véritable but de la domination américaine. Comme souvent les histoires impériales sont le fruit de rapports de forces locaux. Le maintien d'une domination locale devant son salut à l'extériorisation de la violence interne au groupe. Pour maintenir leur niveau de vie délirant et éviter trop d'égalité, les élites américaines ont dû marginaliser le prolétariat américain. Mais cela ne fut possible que grâce à l'immense armée de pauvres située en dehors des frontières de l’Amérique. On peut d'ailleurs voir la conquête américaine et l'élargissement de ses frontières comme une nécessité à la survie même de l'inégalité interne de la société US. Cantonné à ses frontières la mécanique liée à l'augmentation de la productivité était un moteur d'égalisation du niveau de vie. Pour maintenir la croissance à productivité croissante, il fallait augmenter les salaires et créer une classe moyenne.

 

Keynes a montré depuis longtemps qu'une société démographiquement stable, et connaissant une croissance de la productivité, était obligée, pour maintenir le plein emploi, d'égaliser le niveau de vie. Cela à cause de la plus grande propension des pauvres à consommer une large part de leur revenu. La concentration des richesses conduisant au contraire à une trop forte épargne et à la surproduction. À l'image de ce qui se passe aujourd'hui en Chine. La mondialisation, ou plutôt l'américanisation de la planète était la seule porte de sortie pour l'élite américaine. Le seul moyen d'échapper à une égalisation progressive des niveaux de vie qu'elle exècre. Une égalisation qui avait commencé à l'époque de Roosvelt qui avait fini par atteindre des limites intolérables pour l'élite à la fin des années 60. Pour maintenir une croissance sans égalitarisation, il fallait se débarrasser des salariés américains, les abaisser, les rendre inutiles. Le libre-échange et le rôle de consommateur de dernier ressort ne furent que des moyens pour rendre l'inégalité possible. Évidemment, les conditions historiques ont également permis à ce délire d'exister. Sans la Seconde Guerre mondiale et la mise en place de l'étalon dollar les USA n'auraient jamais tenu ce rôle. Au final, on peut affirmer qu’eu égard à la situation des USA, aucun changement d'aucune sorte ne peut advenir par le biais des élections. Que ce soit le candidat démocrate ou républicain dans les deux cas nous aurons des impérialistes qui devront gérer les contradictions de l'empire avec tout ce que cela implique de violence et d'irrespect pour les autres peuples. Les USA se battront jusqu'au bout pour maintenir leur privilège monétaire. Il en va probablement de la survie même de leur nation en tant qu'entité unie. Il est donc étrange que les Français jugent cette élection comme vitale pour eux. Il est donc probable que cette passion pour les USA est plus liée à l'imprégnation de la culture américaine dans notre pays, plutôt que le résultat d' un intérêt réel.

 

 

Il faut désaméricaniser la France

 

Mais pour sortir de cette domination, il n'y a nul besoin d'être une grande puissance ou d'être un pays énorme comme l'on fait croire les européistes. Pas besoin de devenir nous même un empire pour mettre fin à l'empire. On remarquera d'ailleurs que plus l'Europe est unie, et plus elle est américanisée. Loin d'amoindrir l'influence américaine, l'Europe l'a démultiplié. On n’a jamais autant été américain que depuis que nous sommes tous européens... Retrouver une nation qui fonctionne demandera donc au préalable à la France de redevenir une nation ce qui bien évidemment revient à sortir de l'UE sans autre forme de procès. Évidemment, cette étape est politiquement très difficile eu égard à l'endoctrinement général qui s'est abattu sur notre peuple depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais c'est une étape essentielle. La deuxième étape consiste à désaméricaniser le peuple de France. Désaméricaniser, comme on a jadis dénazifié l'Allemagne. Je dois avouer que peu de gens parlent de cette nécessité tant on confond culture moderne et sous-culture américaine. Les gens deviennent même aveugles à ce qui pourtant devrait leur crever les yeux. Du communautarisme à la malbouffe en passant par les séries débiles , les films à gros budget sans scénario, et au simplisme historique autant de choses qui ne sont pas le fruit de la modernité, mais bien de l'américanisation.

 

La France est particulièrement atteinte par ce mal. D'autres peuples modernes à l'image du Japon ont pourtant réussi à éviter cette acculturation. En France, cette acculturation a au contraire été accompagnée et soutenue par l'élite. L'admiration sans borne pour les USA est un mal qui traverse d'ailleurs tous les courants de la vie politique française. Toute critique des USA étant qualifiée au mieux de jalousie au pire d'antiaméricanisme primaire. Mais ce qui est primaire c'est bien l'admiration inlassable même devant l'évidence d'une décadence sans fin. L'Amérique est la cause de la mort de l'occident, c'est bien parce que le cœur européen s'est mis à battre au rythme de celui de l'Amérique que le continent a décliné comme jamais au paravent. L'Europe imitant l'Amérique c'est un peu comme si les Grecs avaient imité les Romains dans l'antiquité et non l'inverse. Pour retrouver un avenir, il faudra à nouveau nous réapproprier notre identité, ce n'est pas un combat secondaire, c'est un combat central. C'est dans les têtes que les Français sont dominés, c'est dans leurs têtes qu'il faut les libérer.

 

 


Je dois dire que même si n'approuve guère le comportement sectaire de son groupe l'UPR, François Asselineau est pour l'instant l'un des seuls hommes politiques à prendre au sérieux cette question de domination culturelle. On peut ne pas être d'accord avec les politiques peu subtiles qu'il donne comme moyen d'action, mais le bon constat est là.

 


 

François Asselineau sur la déaméricanisation de la France.

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 22:19

 

rip.jpgTodd nous a encore fait une de ses fracassantes déclarations dont il a le secret en déclarant dans un interview dans l'Express "Hollande peut devenir le Roosevelt français". J'ai cru tout d'abord à une plaisanterie, mais non, il semble sérieux. J'avais jusqu'ici mal compris les raisons qui poussaient Todd à appeler à voter pour Françoise Hollande. Cela semble s'éclairer ici. Il fait le pari d'un retour à la raison après crise à l'image de Roosevelt qui était effectivement un modéré lorsqu'il est monté au pouvoir et il s'est radicalisé par la force des choses au cours des années 30. Enfin dans l'histoire il ne faut pas oublier que les réformes de Roosevelt ont été largement insuffisantes, les politiques de relances étant alors bien trop timorées pour relancer durablement l'activité économique. C'est donc surtout l'effort de guerre qui mit fin à la grande dépression des années 30. On ne sait pas comment auraient évolué les choses si la guerre n'avait pas eu lieu.  Enfin, on le saura bientôt puisque l'humanité a pris le même chemin qu'alors et que contrairement à l'époque il n'y a pas vraiment de raison pour qu'une guerre entre grandes puissances puisse avoir lieu. Nous connaitrons bientôt l'évolution du même mécanisme d'autodestruction du capitalisme par la mondialisation sans la rupture militaire. Tout du moins, il faut l'espérer.

 

Le comparatif historique a également une autre contrainte, c'est qu'au moment du New Deal les USA étaient en surproduction, ils n'ont pas eu à lutter à la fois contre une désindustrialisation accélérée et contre une baisse de la demande ce qui est le cas aujourd'hui. Les USA de Roosevelt taxaient à 50% en moyenne les importations de sorte que Roosevelt n'eut à affronter que la question de la relance de la demande intérieure sans se soucier des rapports commerciaux avec l'étranger. Le problème est nettement plus ardu et moins simpliste aujourd'hui . Les dirigeants doivent à la fois faire une politique de relocalisation des activités et faire une politique contra-cyclique. De fait pour faire une bonne politique économique à l'heure actuelle en France il faut avoir une véritable compréhension des contraintes et des enjeux. Qualité que je ne vois absolument pas apparaître au sein du PS. Le seul haut membre du PS à avoir un début de réflexion de ce genre étant Montebourg. Et il est encore loin d'avoir vraiment pris en compte tous les tenants et les aboutissants. En montant au pouvoir, celui-ci fera des politiques tout aussi déséquilibrés que celles de l'UMP. En supposant encore que le PS est de bonne foi ce dont je doute largement. L'histoire récente de ce parti ayant déjà montré sa vraie nature.

 

On le remarque d'ailleurs déjà dans le programme du PS, la proposition visant à mettre à 75% les impôts des plus aisés relevant de la démagogie pure et simple en régime de libre circulation des capitaux. Cela ne fera qu'accélérer le départ des capitaux comme c'est le cas depuis que le PS des années 80 a ouvert les frontières du capital et des marchandises. On constate d'ailleurs qu'historiquement c'est bien l'incapacité de compréhension du PS et sa haine des frontières qui ont discrédité les politiques de relance en France tout comme les hausses d'impôts. Une grande part de la paralysie intellectuelle de la France actuelle venant directement des effets du tournant de la rigueur de 1983 lui-même étant le fruit d'une politique de relance non appuyée sur des barrières douanières et des dévaluations. L'acharnement de la gauche à faire des politiques incohérentes est pourtant palpable depuis déjà bien longtemps. Ce n'est pas l’accession au pouvoir qui y changera quelque chose. Au contraire je crains que la gauche une fois au pouvoir ne fasse bien pire encore que l'actuel clown qui nous sert de président.

 

Même dans le parti pseudo-révolutionnaires de Mélenchon on veut juste changer l'Europe. Les frontières étant toujours considérées comme des grossièretés de droite, et l'Europe comme étant une avancée indépassable. Si l'extrême gauche est dans cet état que peut-on donc espérer du PS ? Par quel miracle assisterions-nous à une mutation au moment de la sacralisation de ce parti de notables ? Roosevelt nous dit Todd ? Et pourquoi pas Pétain ? Parce que le positivisme c'est bien gentil, mais il faut aussi parfois regarder les choses en face. En Grèce ce sont des socialistes qui ont fait des horreurs. Aux USA Obama aussi on le présentait comme un Roosevelt 2, on a vu le résultat. C'est que Roosevelt avait aussi un autre avantage par rapport à ses successeurs, c'était un homme né au 19e siècle tout comme De Gaulle. Ils ont été à la charnière entre le monde d'avant, celui où la raison guidait en partie l'occident, une époque où il fallait démontrer pour être en parti pris au sérieux. Une époque où l'écrit dominait encore largement à l'inverse de notre époque où c'est l'image qui domine. Cette différence crée des conditions politiques très différentes de celles de l'entre-deux guerre.

 

Le temps des sophistes et des démagogues

 

En effet, notre époque est bien différente de celle de Roosevelt ou De Gaulle et pas seulement pour la question de la taille du terrain de jeu du capital ou du niveau technologique, même si cela a son importance. Ces deux hommes n'auraient jamais accédé au pouvoir à notre époque. Les médias audiovisuels ayant largement perverti les rapports démocratiques et les débats. Nous vivons le temps de la domination du sophisme, et sa domination est liée à la nature des médias dominants. La télévision dont j'ai souvent parlé sur ce blog casse complètement le rapport entre la réflexion et la politique. La télévision et les médias imposent les débats tout comme les priorités des politiques. Je trouve d'ailleurs toujours aussi curieux que Todd ne parle jamais de la question médiatique. Il critique à juste titre l'obsession du présent et du superficiel qui domine dans les médias, mais semble ignorer parfaitement les effets sur les politiques et les citoyens. Les politiques sont pourtant souvent faites pour plaire aux médias et non pour répondre aux intérêts supérieurs de la nation. Et pour cause les hommes politiques qui ne se plient pas aux contraintes médiatiques ont peu de chance d'être élus.

 

Aujourd'hui la démagogie dans les médias consiste à vouloir sortir de l'euro ou à monétiser la dette. D'un point de vue rationnel, c'est pourtant l'inverse. C'est vouloir rembourser la dette telle qu'elle est, ou rester dans la zone euro en régime de libre-échange qui est démagogique. Pour expliquer cela, il faudrait des relais dans les médias nous permettant d'avoir du temps pour exprimer ces évidences factuelles aux Français, seulement du temps ces thèses n'en auront jamais. Elles sont donc réduites au silence tout comme les hommes politiques qui les mettent trop à l'avant, ou alors elles s'expriment en des lieux à l'audience lilliputienne. L'amour des médias et particulièrement de la télévision pour les évidences sans questionnement par faute de temps est à l'origine du conservatisme terrifiant dont fait preuve ce soi-disant lieu de débat. Quand on comprend cela, on voit bien qu'il y a peu de chance pour que nous ayons un réel changement en France en Europe ou aux USA dans les années qui viennent, et ce quel que soit le degré de souffrance de la population. En effet pour se révolter encore faudrait-il que les Français comprennent d'où viennent leurs problèmes. C'est mal parti puisque ces mêmes Français qui semblent lucides sur la question du libre-échange deviennent aveugles dès qu'on leur parle de l'euro. Et il ne faut malheureusement pas compter sur les médias pour leur ouvrir des portes de sortie intellectuelles.

 

La France : une nation malade de son universalisme

 

La gauche est prête à sacrifier son peuple sur l’autel de ses croyances et de sa bonne morale. On dit souvent de la France qu'elle est une idée, oui et non. La France c'est avant tout les Français, soit une population qui habite un certain lieu de l'espace de cette petite planète sur laquelle nous vivons. Une population qui a constitué un peuple au fur et à mesure que le temps est passé. Des guerres des révoltes des rois puis des présidents ont constitué la France par de petites strates donnant aux populations qui vivent ici un langage commun et une ambition commune. Par définition, l'espace français est celui sur lequel le peuple de France décide seul de son avenir de ses lois et de sa façon de vivre. Pour unifier cette nation effectivement disparate à l'origine comme aiment à le rappeler les intellectuels de gauche il a fallu aussi beaucoup de violence. De cela les mêmes intellectuels en parlent moins. La France avait aussi son atout anthropologique égalitariste qui l'a mené à produire ou à favoriser des doctrines universalistes. Doctrine qui ont permis de créer le ciment collectif nécessaire à établissement de la nation française malgré les diversités locales.

 

Cependant si l'universalisme était un avantage pour unifier un petit empire, ce même universalisme semble aujourd'hui produire de la dislocation. Les Français étant prêts à nier leurs propres intérêts et identités pourvu qu'ils fassent partie d'un nouvel universalisme. Peu importe d'ailleurs la nature de cet universalisme qu'il soit communiste, libéral, américain , russe, chinois ou musulman, il fera l'affaire tant qu'il est universel. La seule chose qui compte c'est l'égalité totale de toute l'humanité. En rétrécissant, la France a perdu sa possibilité d'étendre son universel, elle préfère donc s'abandonner à l'universel des autres ou ce qu'elle conçoit comme l'universel des autres. On comprend mieux ici l'abandon par la gauche de l'héritage révolutionnaire français au profit de celui de l'Union soviétique après guerre, ou encore la passion des libéraux français pour le libéralisme économique crétin du monde anglo-saxon (surtout américain), alors même que le libéralisme français fut nettement moins con pour parler crument. On voit pourquoi l'Allemagne recommence à fasciner les élites du pays. Elle est puissante donc elle peut imposer le nouvel universalisme. Ce qui est étrange quand on sait que les Allemands sont tout sauf des universalistes.

 

Il faut le reconnaître, les Français aiment plus l'égalité que leur propre nation, au point qu'ils sont peut-être aujourd'hui prêts à détruire celle-ci pour faire partie d'un grand néant autocratique, l'Union européenne. L'histoire n'est pas encore écrite bien évidemment et il est possible que la France puisse se ressaisir, mais il faut aussi envisager l'hypothèse que celle-ci soit touchée dans son cœur profond. Que ce qui a permis sa création est aujourd'hui ce qui provoque sa chute. Il en va d'ailleurs de même pour les USA, l'autre nation « idée », mais pour d'autres raisons. En ce cas la France n'est plus sauvable et elle se disloquera dans le siècle qui vient. À titre personnel je ne suis pas prêt à vendre mon pays pour des « valeurs » ou des idéologies, aussi sympathiques soient-elles. Et c'est ce qui me différencie d'un idéologue de gauche ou de droite. D'ailleurs pour moi aucune idéologie ou mode de vie n'est universel, seules la raison, les mathématiques et les sciences le sont. Les modes de vie, les façons de s'organiser sont par nature des constructions arbitraires, vendre les nôtres comme les seuls possibles ou les meilleures pour l'humanité entière est faire preuve d'une incroyable vanité. La France se sauvera le jour où elle acceptera d'être ce qu'elle est, à sa façon, sans que sa façon d'être ne soit l'idéal du monde entier. Elle doit redevenir humble tout simplement.

 

 

 

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