Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 22:10

  J'aime beaucoup Frédéric Lordon, sa qualité d'expression, sa précision intellectuelle et son panache sont toujours un réel plaisir  à écouter. Il est vrai également que je partage en grande partie les conclusions et les raisonnements de ce trublion de l'économie. Il est d'ailleurs l'un des seuls économistes à bien démontrer que le libre-échange est en réalité une vue de l'esprit et que le choix qui nous est offert n'est pas entre le libre-échange et le protectionnisme, mais entre différentes formes de protectionnisme. Cependant, il y a des aspects qui m'énervent chez lui comme chez Todd ou d'autres penseurs de gauche c'est justement cette obsession étrange pour le terme "De gauche". Et en écoutant l'émission suivante, à environ 12 minutes Lordon déclare qu'il n'y a que deux candidats qui veulent sortir du cadre, à savoir le cadre du libre-échange et de la financiarisation :  Mélenchon et Montebourg.... Je reste sans voix devant ce déni de réalité ou cette politique de l'autruche de la part d'un homme pourtant clairvoyant. Il faut bien avouer tout de même que l'émission en question fût tournée en pleine fête de l'Huma et devant Daniel Marmet.  Lordon a peut-être eu peur de dire que quelques candidats de droite avaient le même point de vue que lui sur ces questions là.

 

 

 

 Je veux bien ici lui accorder le bénéfice du doute, mais cette réaction est tout de même révélatrice d'un blocage mental chez les gens de "Gauche". Car tout de même, si vous avez les mêmes opinions sur des sujets clefs, et que le programme est proche de vos idées pourquoi s'interdire de voter pour la personne en question à cause d'une affaire d'étiquette. Et d'ailleurs dans ces conditions que veulent donc dire ces étiquettes. Lordon lui-même a déclaré au préalable dans l'émission que les clivages réels n'étaient pas le clivage droite gauche. Peut-être serait-il temps de conclure que ce clivage n'a tout simplement aucun sens.

 

Gauche, droite  des mots sans aucun sens.

 

Lordon n'est pas le seul à faire comme si seule la gauche était capable de rompre avec la mondialisation économique. Lordon n'est même pas le plus atteint puisque c'est notre champion démographe Emmanuel Todd qui est probablement le plus grand acrobate du genre. Après son étrange vote oui au TCE le voilà qui appelle à voter pour François Hollande. Mais enfin vouloir mettre fin au règne du nain justifie-t-il le fait de remplacer celui-ci par des nains de stature légèrement moins ridicule ? Elles sont où les grandes envolées lyriques de celui qui traite carrément l’Europe d'euro-fascisme comme il l'a fait récemment chez Taddéï ? D'un côté on fait le révolutionnaire. Et de l'autre on appelle à voter pour un centriste mou pro-européen ? Elle est où la cohérence le monsieur de gauche ?

 

 

 Le concept d'euro fascisme selon Todd. Avec de tels propos il appelle à voter Hollande....

 

Mais cette posture on la retrouve chez monsieur tout le monde, il suffit de lire les différents commentaires sur les vidéos de Dupont Aignant. J'avoue avoir beaucoup de mal à comprendre ces types qui font des commentaires du type « je suis entièrement d'accord avec vous, mais comme je suis de gauche. Je voterai socialiste ». Y a-t-il un label à obtenir, une espèce de certificat de gauche ? Une appellation d'origine contrôlée peut-être ? Et si c'est le cas quel est l'organisme de validation qui a le pouvoir tout puissant de dire si vous êtes de gauche ou de droite ? Comme je l'avais dit il y a quelques années sur le blog de mon collègue RST. La gauche n'aime pas les frontières géographiques, elle préfère les frontières idéologiques. Le problème c'est que cela pervertit fortement le fonctionnement de la démocratie.

Le plus drôle dans cette affaire c'est que les quelques hommes politiques de gauche euro-critique et démondialisateurs sont extrêmement timorés sur ces questions au contraire d'un Dupont Aignan par exemple. Montebourg est quand même rentré au bercail, histoire d'avoir un siège plus tard, une fuite à la Chevènement en quelque sorte. Quant à Mélenchon son passé européiste ne cesse de le rattraper lui qui appelle à une autre Europe et qui fait croire qu'il va faire plier l'Allemagne avec ses petits bras costauds. Mélenchon est en fait ici très franchouillard, voire nationaliste, puisqu’il veut que l'Allemagne s'aligne sur nos intérêts. La position d'un Dupont Aignan est finalement plus respectueuse de l'indépendance et de la liberté des peuples. Il dit simplement que le ménage franco-allemand est un échec et qu'il vaut mieux entériner cet échec par une monnaie commune ou par un retour aux monnaies nationales. Finalement le plus à gauche des deux n'est pas forcément celui qu'on croit. Les termes droite gauche sont à mon sens des résidus du passé qui n'ont guère de sens dans une démocratie. Si celle-ci était bien faite d'ailleurs, il n'y aurait tout simplement pas de partis politiques et les gens voteraient en fonction des sujets et des propositions faites et non en fonction d'étiquettes artificielles.

 

Emmanuel Todd aime en ce moment employer des termes psychiatriques pour qualifier le comportement de nos élites, non sans raison. Il les traite de fous. Lordon a d'ailleurs fait la même remarque dans l'émission de Marmet. Mais leur comportement à eux, comment faut-il le qualifier ? Ils continuent à utiliser la même grille de lecture politique alors même que tout prouve qu'elle ne correspond en rien à leur grille d'analyse économique. Comment pourrait-on qualifier deux personnes votant volontairement pour des hommes politiques dont on sait pertinemment qu'ils ont des opinions contraires ou aux minimum fortement divergentes ? Comment des hommes si vifs d'esprit peuvent-ils devenir si naïfs dès que l'on passe à la politique pratique ? Ne sont-ils pas quelque part à l'image des dirigeants fous qu'ils critiquent sans arrêt ?

 

 

 Attention. Le discours ci-dessus est tenu par un homme de droite. Si jamais vous êtes de gauche (étonnant, ce blog est tenu par un type de droite), ne vous penchez pas. Et surtout, ne regardez pas cette vidéo seul, en cas d'évanouissement il faut à tout prix qu'une personne moins sensible que vous (plutôt de droite) puisse intervenir pour appeler les secours. Le blog le bondosage décline toute responsabilité devant d'éventuelles morts subites ou toute autre maladie incapacitante résultant du visionnage de cette immonde vidéo de droite. 

 

 

Partager cet article
Repost0
20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 11:47

Franz-Olivier Giesbert nous l'a dit face à un auteur inquiet pour l'avenir de la France, "Je suis citoyen du monde". Cette formule revient souvent dans les expressions de nos élites apatrides pour justifier en réalité leur manque total de solidarité avec le reste du pays. On n’imagine pourtant pas à quel point l'expression citoyen du monde est un oxymore, un non-sens, une formule creuse qui cache une vacuité totale des individus qui s'en font les défenseurs. Il sont nombreux pourtant nos cosmopolites à défendre la citoyenneté mondiale, l'absence de frontière, le maelström commercial planétaire. En se déclarant citoyen du monde, on se donne bonne conscience à peu de frais. Une bonne conscience bien utile à qui veut encore se regarder dans la glace en s'enrichissant de façon totalement délirante de la misère de son propre peuple. Le citoyen du monde François Hollande ne vient-il pas d'ailleurs par ses propos très éclairants au journal le Guardian de dire tout haut ce que les citoyens du monde pensent tout bas? À savoir que seuls comptent leurs petits intérêts économiques et que le reste du monde en réalité ils s'en fichent.



Car le citoyen du monde est un citoyen sans obligation, de la même manière qu'il n'a pas de limite dans sa géographie, il n'a pas de limite dans son égoïsme et son cynisme. Il promet monts et merveilles, solidarité et générosité, mais il s'avère bien pingre lorsqu'il faut passer à la pratique. Le citoyen du monde préfère les donations aux impôts, il préfère le pauvre du lointain au pauvre qui gît sous sa fenêtre. Il est vrai aussi que donner peu à celui du lointain permet de faire bonne figure lors des diners, alors que payer ses impôts ne fait pas de vous un héros de la lutte contre la misère, alors que c'est pourtant bien plus efficace. Il court de paradis fiscal en paradis fiscal, met sa progéniture à l'abri des conséquences des politiques qu'il prône et n'a pourtant de cesse de fustiger les petits qui demandent qu'on les défende un peu. Défendre l'intérêt de ceux qui ne peuvent passer leur vie à faire la Bohême c'est être fasciste, nazi, ringard, franchoulliard, lepéniste etc.. Employer le terme citoyen pour définir des personnes au comportement inverse de celui d'un citoyen voila bien une preuve de la dérive orwellienne de notre société.



Un citoyen a des droits et des DEVOIRS

 

Mais avant de commencer à parler de nos cosmopolites de salon dont les élites du PS sont probablement les échantillons les plus représentatifs, peut-être devrions-nous nous atteler à rappeler rapidement ce qu'est un citoyen ou tout du moins ce qu'il devrait être. Le citoyen n'est pas une formule qui décrit simplement les habitants d'un pays, porter une nationalité quelconque ne fait pas véritablement de vous un citoyen de ce pays. La citoyenneté est profondément corrélée à la relation intime que l'individu ressent vis-à-vis de la société qui le porte. Le citoyen n'est pas un consommateur, un travailleur ou un épargnant. Il est bien au-dessus de cela. Le citoyen c'est un individu libre, dans le sens où son opinion politique est le fruit d'une réflexion qui lui est propre. Car oui le citoyen fait de la POLITIQUE, il n'est pas forcément dans un parti, il n'est pas forcément élu, mais il s'intéresse à la vie politique de son pays. Tel est l'exigence de la citoyenneté dans une nation qui se veut démocratique. La démocratie est aussi une culture et une façon d'être pas uniquement un système avec un parlement ou des contre-pouvoirs théoriques. Elle nécessite un minimum d'implication de la part de la population du pays sous peine de péricliter comme c'est le cas en France et en Europe à l'heure actuelle.



Pour le citoyen la politique coule en lui comme le sang qui lui permet de vivre, et pour cause le citoyen sait parfaitement que l'individu seul n'est rien. Que la seule véritable liberté est celle de choisir nos lois et les règles qui s'imposent à chacun de nous. Les sociétés humaines ne pouvant vivre sans règles, la vraie liberté consiste à influencer celle-ci par la politique. Le premier devoir du citoyen est donc de faire de la politique et de s'intéresser à l'intérêt général et pas seulement au devenir de sa propre personne. La société pseudo-libérale actuelle qui consiste à supprimer au maximum les contraintes collectives est en réalité une infâme autocratie qui permet à un petit nombre de personnes d'orienter les lois suivant leurs convenances et leurs propres intérêts.



On constatera que logiquement il n'y a des citoyens que là où il y a des états, c'est à dire des représentations de l'autorité par laquelle peut s'exercer la politique. Car s'il peut y avoir des sociétés avec des états, mais sans citoyens et sans démocratie, il ne peut pas y avoir de démocratie sans état. En effet, par quel moyen la prise de décision collective des citoyens pourrait-elle s'exercer s'il n'y a pas d'état pour appliquer des politiques ? On voit ici le gros problème du concept de citoyen du monde, le monde n'ayant pas d'état on voit mal comment le citoyen du monde pourrait exercer son droit politique. A Moins bien évidemment de vider de sa substance politique la notion de citoyen, ce que font en réalité nos idéologues de la mondialisation heureuse en se proclamant citoyen du monde.



On le voit donc la citoyenneté est profondément corrélée à une nation. Car c'est dans un espace politique bien délimité que l'on peut définir un état et donc construire un processus démocratique seul à même de faire vivre des citoyens ensemble. La deuxième condition de la citoyenneté est celle de l'égalité. Car il n'y a de débat véritable qu'entre égaux. Mais cette égalité ne concerne pas le statut social. C'est une égalité devant l'expression chaque citoyen. Chacun d'eux ayant théoriquement les mêmes droits, quel que soit le niveau de richesse. Petite remarque en passant. Il est étrange d'entendre des gens soi-disant de gauche justifier le droit de vote des étrangers par le fait qu'ils payent l'impôt sur le revenu. On pourrait croire qu'à gauche on pense de plus en plus que la citoyenneté est proportionnelle à votre revenu. Si l'on suit leur concept qui veut que l'on ait la citoyenneté parce que l'on paie les impôts alors il faudrait tout de suite supprimer le droit de vote à la moitié des Français qui ne sont pas imposables. Ce type de régime on a déjà connu çà en France. On appelait cela le suffrage censitaire. La gauche européïste et mondialiste n'y serait probablement pas opposée eu égard à ses dérives de plus en plus ouvertement antidémocratiques. On l'a vu sur le TCE. C’est la même chose actuellement avec les MES où le PS rejoint l'UMP en faisant croire qu'elle n'en fait rien.



La citoyenneté ne s'acquiert donc pas par le niveau de richesse. Mais la condition d'égalité concerne surtout le niveau d'information et la maîtrise des sujets concernés par les débats publics. On voit que cette condition présuppose un niveau relativement élevé de culture générale dans la population. On rejoindra ici les thèses de Todd, la démocratie nécessite un certain niveau scolaire moyen de la population pour être réalisable. Elle nécessite aussi une presse libre et un véritable attachement à la liberté d'expression. Là encore la France actuelle est en mauvaise posture, entre un niveau scolaire qui baisse, une presse totalement inféodée à des petits seigneurs milliardaires, et enfin un amour inquiétant pour les débats interdits à cause de la violation de la doxa officielle, ce pays a pris la route vers le despotisme. Enfin la condition d'égalité signifie également que le citoyen minoritaire, celui dont l'opinion est défaite aux élections et dans le débat public, accepte cette défaite. Mais il n'accepte cette défaite que parce qu'il a un attachement au pays dans lequel il vit.



On en vient ici à la question de la nationalité, il faut impérativement que le citoyen se sente comme appartenant au pays dans lequel il vit sous peine de transformer rapidement la démocratie en guerre civile sans fin. De fait, la démocratie n'est concevable que dans un milieu où quelque chose lie les citoyens entre eux. Un lien suffisamment fort pour qu'ils fassent abstraction de leurs divisions d'opinion. La culture commune, la langue, l'histoire collective sont autant de choses qui rassemblent et qui rendent bien peu réalistes les ambitions de ceux qui veulent créer des citoyens dans des zones plus larges que celles des nations historiques. Il ne faut pas oublier que le ciment de nos nations est le fruit de lourds conflits et d'horreurs. Vouloir créer une nationalité européenne nécessiterait probablement d'en passer par des épreuves qui avec le progrès technique actuel pourrait être fatal à la population du continent. Doit-on souhaiter une guerre civile en Europe pour créer le citoyen européen ? Si tel est le rêve des europhiles, c'est qu'ils sont encore plus fous que l'on aurait pu le penser.

 



Le cosmopolite, le citoyen du monde

Les cosmopolites je ne suis pas le seul à les critiquer, cette critique est plus vieille qu'on le croit. Il a toujours existé des individus pour qui leur propre personne passe avant toute autre considération. L'internationalisme vu dans le sens de la suppression des frontières et des nations est un sophisme qui cache de plus en plus mal les intérêts réels qu'il défend. Dans la tête du cosmopolite, il n'a en réalité jamais été question de défendre l'intérêt de l'étranger, mais d'user de l'intérêt de l'étranger lorsqu'il coïncide avec l’intérêt du cosmopolite. De fait, lorsque François Hollande condamne le protectionnisme français en prétendant défendre les intérêts des travailleurs chinois il ne fait que défendre les intérêts de sa classe sociale pour user de termes marxistes. Car en réalité c'est l'existence de marchés extérieurs ouverts qui permettent à la Chine de croître sans avoir à augmenter sa demande intérieur et donc les salaires. En réalité, le libre-échange empêche l'évolution sociale des pays en voie de développement et les rend esclaves de la demande extérieure américaine et européenne. Les poussant même à soutenir l'endettement de ces pays à cause de la menace de l'effondrement du commerce mondial.

 

 

 

Ensuite, le cosmopolite dit aimer le monde et détester les frontières, mais c'est uniquement parce que cette absence de frontière permet au cosmopolite d'échapper à l'autorité de son état et par là même d'échapper à la réciprocité de l'échange. Le cosmopolite doit souvent sa prospérité à la société d'où il vient et qui l'a nourri et éduqué. Par la fuite de sa personne, il agit en égoïste et insulte le peuple qui l'a protégé jusque-là. L'individu ne se fait pas tout seul, il est le produit d'un investissement collectif, lorsque cet individu rompt avec la société qui lui a donné naissance, il fait un acte de trahison. Car il ne rend pas ce qu'il a reçu par l'impôt et la solidarité nationale. Il nuit ainsi à la prolongation de sa société de naissance. Il ne participe pas à l'effort de la nation pour se perpétuer. Si tous les pays du monde fonctionnaient uniquement avec des cosmopolites de cette trempe l’humanité s'éteindrait en deux générations.

 

Enfin le citoyen du monde ne fait pas de politique. La politique ne l'intéresse pas, car pour lui seul l'argent et la logique de l'intérêt mènent le monde. Certes il parlera à loisir de la communauté mondiale, de la solidarité nord-sud, de co-développement, de la planète qui souffre, de sa contribution au développement des associations caritatives en tout genre. Mais la politique avec un grand P non. C'est que le cosmopolite reste bien évasif sur les solutions à proposer concrètement pour sauver les pauvres... C'est que sa vie à lui est si douce que vraisemblablement il est très content du monde tel qu'il tourne et qu'au fond que rien ne change est son vrai désir. Le cosmopolite est un hyper-conservateur. Un type qui jouit sans entrave et qui se fiche des conséquences pour le reste de la population qu'elle soit de son pays ou des autres. Dans ces conditions, il n'est guère étonnant de ne voir que des libéraux ou des marxistes verbeux chez les citoyens du monde. Comme il est probable que notre prochain président comme l'actuel locataire de l'Élysée soit encore un cosmopolite. Souhaitons qu'enfin nos compatriotes finissent par comprendre que ceux qui ne parlent que du monde de l'Europe et jamais de la France et de ses intérêts ne sont que des cyniques qui usent de la naïveté de nos concitoyens pour leur vendre des politiques contraires à leurs intérêts réels.

 

 

Partager cet article
Repost0
28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 21:09

 

Stigler.jpegLes récents déboires du candidat Nicolas Dupont Aignan sur Canal+ comme le rapporte mon collègue RST, nous rappellent les nombreuses critiques que ce média a pu essuyer depuis trente ans sans que jamais il n'y ait eu de mesures prises à son encontre. Comme le dit Michel Desmurget spécialiste des neurosciences et auteur de « TV Lobotomie » les pouvoirs publics n'ont eu de cesse de combattre le cancer provoqué par les cigarettes, mais ne font rien contre les dégâts mesurés scientifiquement que produit la télévision. Des dégâts qui sont pourtant incommensurables si l'on se fit aux très nombreuses études sur cette question. Car si la télévision est un lieu de pouvoir et de déformation de l'information, Canal+ nous en faisant une brillante démonstration, il est prouvé aujourd’hui qu'elle occasionne de graves dégâts cérébraux allant jusqu'à augmenter très fortement les risques d’Alzheimer chez les personnes âgées et l'échec scolaire pour les plus jeunes. La télévision et ses représentants, si prompts à parler du danger d'internet et des autres médias qui la menace, sont nettement moins loquaces lorsqu'il s'agit d'aborder les méfaits bien réels que leur média nourricier produit.

 

Je posais dans mon précédent texte la question de l'avenir de notre démocratie ou de sa réalité. S'il est un poison à mon avis fatal au régime démocratique par élection de représentants interposés, c'est  bien celui de la masse média et de la télévision en particulier. Je ne parlerai pas ici des problèmes de santé et de l'influence néfaste de la télévision sur l'intelligence humaine.  Michel Desmurget en parle bien mieux que moi et s'appuie sur de nombreuses études pour étayer ses propos. On remarquera d'ailleurs que lorsque l'on parle de l'échec scolaire ou de la baisse du niveau des élèves on accuse très souvent l'éducation nationale et l'on évite soigneusement de parler de la surexposition des jeunes vis-à-vis de la télévision et de ses effets sur leur devenir intellectuel. Or nous avons là peut-être la vraie réponse à la question de la dégradation des conditions de l'éducation et du niveau des élèves. Car la France contrairement à une idée reçue n'est pas la seule à s'inquiéter du niveau scolaire de ses enfants comme nous l'apprend cet article. Les mêmes questions sont posées aux USA, au Japon  ou en Allemagne or nos pays ont des systèmes éducatifs très différents. La chute du niveau scolaire aux USA a aussi coïncidé avec la démocratisation de la télévision dans les années 60. Il est tout de même étonnant que seuls les programmes scolaires ou les profs soient mis en question. Mais on voit bien qu'à cause de son poids sur la formation des esprits il est peu probable que l'on questionne un jour l’existence de la télévision dans le débat public et pour cause le débat public c'est la télévision qui le fabrique. Et c'est bien pour cela que nous sommes dans une civilisation télévisuelle.



La télévision, le citoyen et la politique



Nous la savons tous, pour être élu dans notre pays il faut être capable de toucher un maximum de citoyens. Malheureusement pour nous, pour y arriver, il faut au préalable en passer par les seuls médias capables d'influencer un maximum de personne en un minimum de temps. Et même si internet progresse et augmente son influence force   est de constater que c'est toujours l'espace télévisuel qui domine l'opinion publique. La télévision fait toujours l'opinion publique et il faudra de nombreuses décennies et plusieurs générations pour que les nouveaux médias moins pyramidaux et largement plus démocratiques puissent renverser cet état de fait. Il y a trop de générations éduquées par la télévision pour que la simple apparition de nouveaux médias puisse d'un seul coup casser le monopole de la pensée. D'ailleurs en un sens la pensée unique est essentiellement le fruit de la télévision. Il est dommage d'ailleurs qu'Emmanuel Todd n'ait jamais inclus dans ses réflexions anthropologiques les effets de la télévision même s'il s'est amusé il y a quelques années à proposer la nationalisation de TF1. Un remède bien insuffisant face à la catastrophe que représente ce média. La télévision est par nature l'ennemie de la réflexion et de l'esprit critique, c'est une machine à inhiber le cogito cher à Frédéric Lordon. La télévision a en fait plusieurs limites qui lui interdisent la réflexion et la transmission réelle de l'information. En premier elle manque toujours de temps, c'est d'autant plus vrai maintenant que le marché s’est emparé d'elle. Et quand je dis emparé cela ne signifie pas que cette réalité puisse se résoudre par une simple nationalisation. En effet le marché s'est emparé culturellement de la télévision en ce sens que ceux qui font la télévision sont entièrement façonnés par l'idéologie de l'audimat et de la course à l'audience. Il s'agit d'une réalité que la simple nationalisation ne pourra pas résoudre. On le voit d'ailleurs très bien aujourd'hui puisque la télévision publique n'est guère meilleure que la télévision privée. Le manque de temps et la course à l'audience sont les deux seules mamelles de la télévision et c'est une chose qui sera bien difficile à changer. Je ne fais ici que reprendre les analyses de Pierre Bourdieu qui ne disait pas autre chose sur le fonctionnement du petit univers télévisuel. Croire qu'il peut ressortir quelque chose d'intelligent d'un média presser et approximatif revient à croire aux contes de fées.



Le deuxième inconvénient de la télévision c'est sa nature asymétrique. Car dans l'information qui y est diffusée, il n'y a pas d’interactivité entre le spectateur et le producteur d'information. Cette asymétrie est caractéristique de tous les médias depuis l'invention du livre, seul internet semble rompre cette asymétrie. Cependant, la télévision à cause du coût de production lié à ses contraintes techniques n'a pas permis l'apparition d'une vaste quantité de chaines de poids équivalent qui pourrait permettre un certain pluralisme comme on n'a pu le connaître dans la presse écrite. De fait, elle constitue un élément de pouvoir considérable et elle est capable de modifier la représentation de la réalité chez une part extrêmement importante de la population. Encore une fois, internet est loin de pouvoir rivaliser avec la force de frappe des grandes chaines de télé, c'est un fait. À cette réalité se conjugue la dévitalisation politique chez nos concitoyens résultant de l'accroissement des difficultés économiques lié aux politiques néolibéraux et à l'individualisme croissant qui conduit nos concitoyens à se renfermer sur eux même.



Les historiens du futur mettront peut-être la télévision comme le phénomène déclencheur du déclin de la civilisation occidentale. Mais même si elle n'est pas responsable de tout elle a un rôle indéniable dans la décrépitude du débat public. On le voit à l'heure actuelle où des candidats, coresponsables idéologiquement de la crise, peuvent se présenter impunément à l’élection comme des alternatives alors qu'ils sont de parfait clone idéologique de Sarkozy. C’est vrai autant pour un Bayrou que pour un Hollande. Comme je l'avais écrit il y a presque un an Hollande sera le candidat parfait pour faire une grande purge libérale. Il est d'ailleurs possible que la France ne se relève jamais de ce quinquennat. Mais nos concitoyens n'ont pas conscience de cette réalité, car à la télévision seule reste les postures et les grandes envolées lyriques. On peut dire tout, et son contraire, sans que cela ne se voie. La télévision au centre du débat public c'est l'assurance de la domination des sophistes. Raisonnement boiteux et postures morales résumant les débats qui oublient l'essentiel, à savoir les propositions concrètes. Le « Pourquoi ?» et le « Comment ?» sont oubliés, au profit de la démagogie la plus puante. Seule la nature télévisuelle permet de masquer la réelle substance des discours. Au demeurant les candidats les plus démagogues à l'heure actuelle dans le débat public ne sont pas ceux qui prônent la sortie de l'euro ou la répudiation de la dette comme laissent entendre les soldats du petit écran, mais bien au contraire ceux qui chantent la rigueur et le remboursement d'une dette aux origines absurdes.



Faut-il interdire la télévision ?

 

Voilà une proposition-choc n'est-ce pas ? Une atteinte immense à la liberté individuelle. Le libéralisme simpliste qui tient lieu d'idéologie en carton à nos concitoyens se réduisant à penser toute limite collective uniquement comme des atteintes à la liberté . Et ce, alors qu'elles en sont bien souvent les meilleures garanties. Il ne viendrait à l'idée de personne aujourd'hui de légaliser les produits toxiques comme l'amiante en arguant qu'il s'agit d'une atteinte à la liberté, c'est pourtant exactement ce type de réaction que l'on provoque lorsque l'on parle d'interdiction ou de limitation dans des secteurs moins directement dangereux. La télévision est un poison pour l'esprit, une machine à détruire la démocratie, une saloperie qui dégrade les facultés cognitives des plus jeunes, mais son existence ne devrait pas être remise en question ? Si l'on croit au débat démocratique alors cette question doit pouvoir être posée. La télévision en tant qu'instrument démocratique est un échec total, elle permet à quelques citoyens très riches de produire la totalité de l'information selon leurs propres intérêts. La télévision détruit les familles et les relations entre les parents et les enfants. Il est en plus démontré aujourd'hui qu'elle fait exploser la délinquance et qu'elle surexpose les jeunes aux questions sexuelles à un âge trop précoce pour eux. De fait au nom de la salubrité publique nous devrions en tant que citoyens réclamer son interdiction pure et simple. Les gens qui voudront s'informer pourront toujours lire des journaux ou aller sur internet des médias où la pluralité est tout de même nettement plus présente. Des médias où le temps que l'on octroie à l'information permet de réellement s'informer et non de se faire endoctriner par nos émotions.

 

 

 

*Dans cette vidéo on appréciera la remarque de Christine Laborde qui nous dit qu'elle ne peut pas interdire la diffusion de chaine pour les tout petits diffusée par certains bouquets, car c'est une atteinte à la libre circulation des traités européens!!!

 

Partager cet article
Repost0
14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 20:12

imagesC'est la question que se posait le roi Théoden dans l’œuvre de Tolkien et adapté au cinéma par Peter Jackson "Les deux tours". Le roi se posait cette question alors qu'une immense armée était prête à déferler sur son peuple frêle et mal armé pour la bataille. Face à une fatalité, la lucidité revient et l'on se demande quels évènements ont alors pu conduire à un tel désastre. Malheureusement, c'est bien souvent trop tard que les hommes pensent à nouveau à leur situation et réfléchissent à leur réalité. Une réalité qui les a amenés là où ils en sont, c'est à dire dans une situation périlleuse voir dramatique. Cette question du roi Théoden est donc tout à fait appropriée pour la situation actuelle de la France. À un moment où celle-ci est d'ailleurs en train de se chercher un nouveau roi, et cela alors que les prétendants n'émoustillent guère les papilles électorales de nos concitoyens. On ne saurait trop les en blâmer d'ailleurs. Entre un président sortant d'une médiocrité effarante. Un opposant dont les idées n'ont guère plus que l'épaisseur d'un cheveu pour se distinguer de celles qui guident les actuels dépositaires du pouvoir régalien. Quand aux outsiders ils ne brillent guère plus, entre un Bayrou qui fait semblant d'être une alternative et un FN qui reste un repoussoir absolu pour la population  et qui sera incapable de rassembler au deuxième tour , on peut d'ores et déjà se demander à quoi peuvent servir ces élections. On peut d'ailleurs certainement se demander si ce n'est pas en définitive la démocratie telle que nous l'avons conçu qui nous a conduits au désastre actuel. Le sujet est tabou tant les modernes sont persuadés que leur réalité est la seule possible, mais les faits parlent d'eux même. La vitesse à laquelle l'occident et la civilisation occidentale dans son ensemble a coulé est tout simplement spectaculaire. Il n'y a pas de précédent en terme de rapidité d'agonie. En l'espace de deux générations, l'occident aura réussi à perdre toutes ses cartes et toute l'avance qu'il avait eues par rapport au reste du monde. Au point d'être dépassé par des régimes fort peu démocratiques, et ayant un moteur culturel  différent.  On pourrait donc effectivement se demander comme nous en sommes arrivés là. À un point tel de décrépitude que les états nations des vieilles sociétés occidentales se disloquent. Et qu'ils décident de détruire leur propre pouvoir en le confiant à des corporations privées et à des régimes supranationaux. Le marché domine l'occident parce que les états lui confient en quelque sorte les affaires publiques.  



La démocratie électorale entre mythe et réalité



S'il est une chose encore plus tabou que le protectionnisme ou le doute sur les bienfaits de l'immigration, c'est bien la mise en question de la démocratie. Ce régime politique qui en définitive n'a jamais duré très longtemps dans l'histoire et qui n'a représenté qu'une fraction minuscule de temps longs de l'histoire humaine est pourtant devenu un régime indiscutable et indiscuté. Même les dirigeants du FN que l'on présente comme des fascistes se disent démocrates et attachés à la République française. On pourra préciser tout de même que démocratie et république ne vont pas forcément de pair, tout comme monarchie et démocrate ne sont pas forcément opposées. Le diable étant toujours dans les nuances et dans la précision. Évidemment pour ce qui est de la France la république se conjugue avec la démocratie puisque l'évolution de l'une s'est faite en compagnie de l'autre. D'où la confusion des deux termes, les élites françaises vont même encore plus loin dans la confusion puisque certains font fusionner l'identité française avec la république. J'ose personnellement le dire, la France existait avant la république, défendre la France peut également se faire contre la république si ce régime nous conduit au désastre. C'est pour cette raison que personnellement je ne suis pas républicain, je défends l'intérêt du peuple français en tant que tel et je ne confonds pas notre régime politique avec la substance qui doit être défendu. Il est possible par contre que la défense d'un régime politique qui ne fonctionne manifestement pas conduise à la mort le peuple de France.



Je ne suis bien évidemment pas là pour défendre la mise en place d'une nouvelle monarchie absolue. Celle qu'a connue la France est morte et enterrée. Et les mœurs ou les coutumes qui l'ont portée pendant mille ans ont disparu. Or un régime politique efficace doit correspondre un temps soit à peu à la disposition culturelle du peuple qu'il est censé servir. La monarchie fonctionnait tant que durait l'esprit d'honneur pour reprendre les thèses de Montesquieu . Une fois les valeurs anciennes éteintes au plus haut niveau de l'état, le régime était condamné. Il en va probablement de même avec la République française actuelle qui met à sa tête les pires des hommes que le pays produit. La démonstration en a été faite avec les propos lourds de sens de ce pauvre Copé qui ne juge de la qualité des hommes en regard de leur avarice. S'il est un sens au mot vice, Copé en fait ici la plus parfaite définition (1). En un sens, Copé répond avec quelques années d’intervalle à la célèbre formule de Jacques Séguéla sur les montres Rolex et la vie ratée. Pour que la république arrive à mettre à sa tête de tels personnages, c'est que le processus de sélection est profondément bancal à moins de considérer effectivement tel un Jorion (2) que la qualité des personnes est directement proportionnelle à la somme qu'ils reçoivent comme traitement à la fin du mois. La vérité c'est que l'argent n'attire qu'un seul type de personne, les avares et les individualistes. La question est de savoir si l'appât du gain comme seul stimuli fait de bons politiques. Cela fait de bons commerciaux certes, mais l'on sait que l'appât du gain fait de mauvais chercheurs ou médecins. Et à fortiori c'est probablement bien pire dans une profession qui a pour but la défense de l'intérêt général. On voit mal comme un parvenu égoïste ira défendre l'intérêt d'un pays dont il se fiche.



C'est pourtant bien ce type de personnage que la puissance publique met au pouvoir en France depuis trente ans. Et c'est exactement la même chose aux USA ou en Grande-Bretagne pour ne citer que les deux autres vieilles démocraties en pleine décrépitude. Pour en revenir à notre question sur la démocratie il faut bien voir que ce que nous appelons la démocratie n'est qu'une forme possible de ce régime politique et probablement pas la meilleure qui plus est. En effet notre régime pourrait être qualifié de démocratie à explosion pour faire un parallèle mécanique. Dans le sens où elle consiste à prendre une photo de l'envie électorale une fois par une période variable suivant les régimes en place. Une fois ce choix des élus fait, le peuple n'a strictement plus rien à dire sur son propre destin. Et d'ailleurs si on lui demande son avis c'est en général que l'on s'efforce de lui imposer une décision grâce à la machine de propagande, que l'on ose appelé le journalisme en France ou aux USA. Et si par malheur le peuple rejette tout de même les propositions, on lui passera par dessus avec des justifications toute plus tordues les unes que les autres comme on l'a vue en France en 2005 avec le rejet du TCE. Cette élection aura au moins eu le mérite de montrer toutes les limites de la démocratie à l'occidentale, et j'espère mes concitoyens de moins en moins dupes sur la marchandise frelatée que l'on essaie de leur faire avaler depuis deux siècles. Un jour ou l'autre il va bien falloir l'admettre, la démocratie électorale occidentale est en fait bien peu démocratique. Elle n'a fonctionné que tant que d'autres éléments culturels issus de la société traditionnelle l'encadraient. Des éléments comme le patriotisme, la croyance religieuse, les mœurs classiques, l'honneur, etc. Et d'ailleurs les grands moments de l'histoire de France de ces deux derniers siècles ne furent jamais vraiment le fruit du système électoral. Pour ne prendre exemple que sur le Général de Gaulle qui pourrait croire que ce dernier aurait pu monter à la tête de l'état grâce aux règles classiques de la démocratie électorale ? Un régime où l'art de se faire élire est en contradiction avec l'art de diriger. Le Général n'aurait jamais été élu en temps normal. Et les médiocres de son époque auraient continué à diriger le pays.



En fin de compte, c'est la paix qui révèle les tares de nos régimes politiques. Car jusqu'alors les conflits et les tensions en Europe pouvaient perturber les fonctionnements politiques intérieurs et permettre à des personnalités atypiques et non-politiciennes de monter au pouvoir. Des personnalités emmenant avec elles une honnêteté et un désintéressement qui manque particulièrement aux professionnels du sophisme politicien. De fait la paix en Europe fera tomber la pseudodémocratie avec plus d'efficacité que tous les Hitler de l'histoire. Et nous sommes probablement dans cette crise au moment de vérité historique puisque l'aristocratie au pouvoir cache de moins en moins la vérité sur l'organisation de la société et les intérêts privés qu'elle défend. L'Europe n'est en définitive que la continuation en plus grande des corporations politiques qui dirigent nos peuples depuis deux siècles. La disparition du patriotisme et des restes de sentiment national chez les élites traduisant la fin définitive de l'Ancien Monde et le début d'un nouveau. En définitive, la démocratie électorale n'aura été démocratique que le temps que les anciennes croyances se perdent pour permettre à une nouvelle aristocratie de diriger grâce à des croyances nouvelles. L'Europe, le libéralisme ou l'écologie délirante autant de nouveaux socles religieux et idéologiques au pouvoir technocratique dans lequel ce dernier cherche sa légitimée nouvelle qui n'est pas encore totale. En effet, il y a encore des gens qui croient réellement que les élites ont un jour voulu donner le pouvoir au plus grand nombre, alors qu’elles ont juste cherché à faire semblant. Le régime ne fonctionne que tant que les gens y croient, la faiblesse du nouveau régime en Europe c'est qu'il est de plus en plus transparent et montre facilement les intérêts qu'il défend.



Vers un nouveau régime politique ?



Ne nous leurrons pas, la crise n'est que partiellement économique. L'économie n'est que la surface des choses, la révélation d'un pourrissement. Elle est le fruit de plus de trente de mauvaise politique, une mauvaise politique dont il était facile de comprendre où elle menait, mais qui était le fruit d'un comportement politique de type clientéliste, corporatiste et individualiste. Le mode de sélection que nous utilisons favorise la corruption et l'esprit de clan au détriment de l'intérêt général et du désintéressement personnel. La politique est devenue un métier, un gagne-pain et l'abnégation a disparu. Si la théorie de Copé était vraie, nous devrions pourtant avoir les meilleurs hommes politiques de l'histoire puisqu'il est avéré qu'ils sont les mieux payés. Il nous faut donc changer radicalement la façon dont nous choisissons nos dirigeants, puisque des dirigeants il nous faut bien avoir. La question est de savoir par quoi remplacer le régime actuel, les options ne manquent pas. Il est cependant vrai aussi que pour ce faire il faut également un peuple motivé à changer le régime. Il semble que le temps en France ne soit pas venu pour la révolution. Ceux qui espèrent pour cette génération un changement d'orientation risque d'en faire l'amère expérience. Et je crois de moins en moins à la révolution par les urnes d'ailleurs. Il faudra une longue décadence de plusieurs décennies pour que le régime vienne à tomber. Ou peut-être un choc extérieur comme ce fut souvent le cas dans l'histoire de France.



Cependant, quoi mettre en place ? À titre personnel je plaide pour une séparation totale du pouvoir économique et du pouvoir politique. Et pour se faire quoi de mieux que la stochocratie, tout du moins une introduction du hasard dans une présélection des élites ? On n’a rien trouvé de mieux que le hasard pour éliminer l'arbitraire et la corruption. Il est de toute façon évident que quel que soit le nouveau régime, il ne durera pas éternellement. En ce cas, le meilleur des régimes est peut-être finalement celui que l'on peut faire tomber le plus aisément. Il est certain en tous cas que la démocratie à l'occidentale a vécu. Et que peu de gens sont encore totalement dupes sur sa réalité. C'est notamment dans les pays non occidentaux que les critiques sont les plus acerbes à raison. Que de guerres déclenchées au nom de la démocratie ! Et de voir l'aristocratie occidentale imposer à ses peuples un servage par dette interposée. Alors qu'elle défend dans le verbe des valeurs qui sont contraires à ses actes, ce doit être particulièrement irritant. Rassurons nous sur ce point dans peu de temps l'Europe et les USA finiront bien par donner leur véritable nom à leurs régimes respectif. Dès lors on pourra laisser enfin la démocratie reposer en paix et reprendre sa place comme relique du passé à moins de la réinventer pour les temps nouveaux.

 

1-« Tu comprends, si on n’a ici que des gens qui se contentent de 5000 euros par mois, on n’aura que des minables » Jean François Copé©

2- Le « grand » Jorion avait ainsi affirmé il y a quelques années sur son incroyable blog (c'est de l'ironie) que si les régulateurs de la finance étaient moins performants que ceux des banques et des traders c'était simplement parce que les meilleurs allaient là où l'argent coule à flot. Ces propos m'ont profondément heurté, car je pensais bêtement que Jorion était un anthropologue à l'origine et que ce genre de propos de comptoir fréquent chez les pseudo-intellectuels libéraux n'aurait jamais été prononcé par quelqu'un qui devrait bien connaître à la réalité humaine.

Partager cet article
Repost0
10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 18:51

RTEmagicC Kepler22 b NASA Ames JPL Caltech txdam26149 5fd85 Une ambiance de fin du monde domine aujourd'hui l'occident. Je dis l'occident parce que les stupidités européennes ont tendance à faire oublier que de l'autre côté de l'atlantique la situation est tout aussi dramatique. On pourra d'ailleurs ajouter rapidement les pays asiatiques à ce pessimisme puisque la Chine, pour ne citer qu'elle, ne pourra pas longtemps cacher la dégringolade industrielle qui pointe chez elle à cause de la contraction de la demande en Europe et aux USA. Cet état de fait produit une vague de pessimisme sans précédent en occident, et l'impression, en réalité totalement fausse, que nous serions sur le point de voir se produire un effondrement du même type que celui de Rome. Sur cette espèce de pessimisme général naissent et fleurissent des vagues d'idéologies stupides et rétrogrades adorant le passé ou nous implorant de revenir à l'Ancien Monde pour sauver le nôtre. On pourrait cataloguer les écologistes les plus extrémistes dans cette catégorie d'ailleurs. Paradoxalement l'innovation, la science, et la compréhension de notre monde ne cessent pourtant de s'accroitre. La semaine dernière on a découvert rien de moins qu'une autre terre orbitant dans un autre système solaire. Une planète dont les températures sont tout à fait compatibles avec la vie telle que nous la connaissons. Cette planète s'ajoute ainsi aux deux autres déjà découvertes. Cette nouvelle qui aurait fait la une des journaux et enflammé les imaginations autrefois est pourtant restée dans la rubrique faits-divers sans importance.

 

Je pourrais citer aussi les nombreuses découvertes scientifiques dans le domaine de la biologie où l'on commence à comprendre  que la physique quantique pourrait jouer un rôle dans la complexité du vivant. Ce qui donne naissance à une nouvelle discipline la biologie quantique. Ou encore ces multiples découvertes dans le domaine de la production d'énergie qui sont souvent cachées aux yeux du grand public par l'habituelle croyance selon laquelle il n'y aurait d'autre salut pour nous que les éoliennes ridicules et les panneaux solaires à rendement médiocre. Comme je l'avais dit d'ailleurs sur ce blog. Le débat sur le nucléaire en France est complètement faussé par l'idée qu'il n'y aurait qu'une seule sorte de nucléaire. Et que le débat se réduirait en fait à être pour ou contre la fission de l'uranium. La vérité est pourtant infiniment plus complexe que cela. Mais le procès de la modernité technique qui est tenue pour responsable de tous nos maux ne fait pas dans le détail. Au final, on peut se demander si la technique n'a pas bon dos. De la même manière que certains lui imputent le chômage de masse ou la dégradation de l'environnement la modernité technique est coupable de dégrader nos vies et de détruire nos modes de vies. Les humains finissent donc par imputer à la technique vue comme élément extérieur à leur propre identité toutes les tares dont ils semblent affublés ainsi que tous les malheurs du monde. Notre monde actuel est quelque part le parfait miroir du 19e siècle, son image inversée. Jadis la technique pouvait tout, aujourd'hui elle est coupable de tout. Dans les deux cas, il s'agit en réalité d'un fétichisme qui ne dit pas son nom, car la technique n'est en réalité coupable que des usages qu'en font les hommes. À nulle autre époque, le progrès n'a été à ce point dénigré ou vénéré. Le vide de croyance collective a fait des hommes modernes des êtres incapables de penser à leur action autrement qu'en extériorisant leurs propres responsabilités. Ils ne peuvent rien et ne sont responsables de rien, c'est toujours l'extérieur qui impose l'action, jamais les choix individuels ou collectifs. Dans ce contexte la technique et la modernité sont des coupables faciles, et suffisamment floues pour n'accuser personne en particulier.



Ce comportement peut paraître étrange à une époque où l'on glorifie l'individu et son sens de la responsabilité. Nous vivons pourtant réellement dans un monde où les politiques pensent n'avoir jamais le choix. Un monde où les citoyens votent par dépit quand ils votent, et toujours en dehors de leurs propres convictions réelles. On le voit aujourd'hui en France puisque nous allons reconduire les mêmes politiques au pouvoir que ceux qui dirigent le pays depuis trente ans à tour de rôle. Les mêmes politiques que ceux qui n'ont jamais réussi quoi que ce soit une fois au pouvoir. Il semble d'ailleurs que ce comportement étrange touche les personnes les plus éclairées puisque même Emmanuel Todd, que j'apprécie beaucoup par ailleurs, nous fait l'apologie d'un PS qui est pourtant totalement responsable de la crise avec son cousin de droite l'UMP. Car la crise de l'euro c'est aussi la crise de la gauche des années 80-90 que je sache. Un monde où même les criminels ont toujours des excuses. Bref nous vivons dans une société où personne n'est jamais responsable de rien et où la responsabilité incombe toujours à un extérieur. Un monde d'enfants en quelque sorte. Dans ce contexte la science et la technique servent d'exutoire parfait à tous ceux qui ne souhaitent pas trop se poser de question quant à leur propre comportement. Le chômage c'est la faute aux robots, pas aux politiques menées. La crise c'est la faute aux marchés, à la bourse, aux agences de notation, pas aux politiciens et à l'idéologie qui les guide depuis trente ans. La crise de l'euro c'est la faute aux Grecques aux Allemands, aux Français aux Américains. Ce n'est certainement pas la faute aux imbéciles qui ont construit cette monnaie invraisemblable. Ces derniers continuent d'ailleurs de donner leur avis sur tout à l'image de Delors ou de ce pauvre Giscard d'Estain.

 

Cette crise n'est pourtant pas une fatalité



Au final, la recherche de coupable extérieur est devenue une espèce de sport pratiqué partout et le comportement de nos dirigeants ne fait que représenter un phénomène plus vaste de déresponsabilisation des individus face à la collectivité. La vérité est que cette crise n'est pas une crise à proprement parlé, économique. C'est une crise des élites, des politiques et de l'esprit citoyen. Une crise du sens collectif qui fait cruellement défaut à la tête de l'état, c'est à dire dans un lieu où il est impératif qu'il y est le sens de l'état et de l'intérêt national. Les élites sont malheureusement à l'image du reste de la population, individualistes et solitaires. Il ne suffirait pourtant pas de grand-chose pour redresser la situation qui n'a en réalité rien de dramatique. Le pays n'est pas en guerre, il n'y a pas d'épidémie ou de catastrophe. Il y a juste des politiques complètement inappropriées et des citoyens trop centrés sur leur propre vie sans voir qu'elle est influencée par un extérieur où ils devraient jouer un rôle.



La crise est donc le fruit de nos modes de vie et de pensée. C'est une crise de l'esprit et de la façon dont nous vivons nos propres vies. Dans ce contexte les riches, comme les appels Todd, ont de l'influence puisque les citoyens sont absents et ne prennent plus part à l'acte politique. Nous avons d'une part des professionnels qui font de la politique comme on vend des yaourts ou des voitures. Et de l'autre côté des riches et des puissants qui comme le reste de la population sont de parfaits individualistes, mais qui pèsent grâce à leur poids économique et leurs relations personnelles. Cela illustre parfaitement les propos de Montesquieu pour qui lorsque manquait l'esprit patriotique, la république n'était plus qu'une dépouille et le bien public devenait l'affaire de quelques particuliers. Nous y sommes effectivement.



Donc au final la crise n'est pas grave, car sa genèse n'est pas le fruit d'une quelconque force extérieur à notre propre capacité de résolution. Nous ne sommes pas impuissants face à la crise parce qu'elle est insoluble ou parce qu'elle est incompréhensible. Elle était en réalité prévisible et tout à fait compréhensible à quiconque usait d'autres outils intellectuels que ceux des économistes du café du commerce télévisuel. Nous sommes impuissants face à elle parce que nous avons renoncé à l'acte collectif. Parce que nous avons brisé les liens qui nous unissaient en tant que peuple et nation et que nous avons oublié à quel point notre vie était régie par des choix collectifs. Nous avons laissé à d'autres le soin de choisir les priorités et les orientations de la collectivité. Si un homme renonce à sa propre liberté et cède celle-ci volontairement à un autre homme et devient ainsi esclave de son propre chef. Qui doit-on blâmer ? Le maître ou l'esclave ?



 La crise se résoudra d'elle-même le jour où les peuples d'Europe redeviendront des peuples justement. Et qu'ils cesseront de donner à d'autres le soin de décider pour eux de ce qui est bien ou mal. Que les peuples cessent donc de chérir les causes de leurs malheurs et leur situation s’arrangera d'elle-même. Les peuples ne sont dominés que parce qu'ils ne font rien pour ne pas l'être. La mondialisation est un non-projet. C'est le contraire d'une politique. C'est la volonté de faire disparaître tout corps politique, toute forme de volonté collective en laissant une masse informe et sans direction particulière choisir pour nous. Il en va de même pour l'UE qui n'est qu'une bureaucratie apolitique qui dirige avec des règles obscures et non des choix politiques. Ces deux phénomènes modernes ne sont en fait que le reflet de l'absence de politique du monde moderne. Un monde où les citoyens n'existent plus. Que les citoyens se réapproprient la politique et ces monstres disparaitront instantanément. La dette, l'inflation, les marchés ne sont des problèmes que pour les peuples qui n'existent pas en tant que peuple. Un peu de courage collectif et l'avenir sera brillant. 

 

 

 

*L'image d'introduction représente la comparaison de la taille de Kepler 22b avec les planètes internes du Système solaire. Sont montrées aussi les zones d'habitabilités du Soleil et de Kepler 22. © Nasa/Ames/JPL-Caltech

Partager cet article
Repost0
20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 19:32

 

images.jpegLe moins que l'on puisse dire, c'est que la prochaine élection présidentielle ne se présente pas dans des conditions classiques. En effet, la crise perdure et s'aggrave et l'euro continue son agonie. Les conditions électorales sont en fait extrêmement différentes de ce qu'elles étaient en 2007. Je me souviens encore à cette époque que rares étaient ceux à souligner le danger que représentait la monnaie unique pour les nations d’Europe, ou encore de l’inéluctable crise qui allait frapper les économies occidentales, dont les déséquilibres commerciaux ne cessaient de croître. Lors de la dernière élection présidentielle je n'avais pas de blog, mais je discutais souvent avec notre collègue blogueur Malakine aujourd'hui silencieux. J'espère tout de même qu'il écrira au sujet de la prochaine élection. De fait à l'époque même sur le blog horizon je me sentais un peu seul sur le plan de la critique de l'euro ou sur la question du protectionnisme. Je prônais déjà à l'époque le protectionnisme national puisque je n'ai jamais compris comment un protectionnisme européen pourrait être mis en place étant donné les divergences d'intérêt dans la zone euro. Il y eut ensuite cette étrange élection de 2007 où un incompétent inculte et une folle (pour reprendre les termes de Malakine) se sont retrouvés au deuxième tour de l'élection présidentielle.

 

Étrangement, près de cinq ans après, tout a changé dans les conditions économiques et idéologiques. Le libéralisme n'est plus crédible, le discours protectionniste est de plus en plus assumé par la population, on voit même la critique de l'euro se renforcer. Mais dans le même temps nous allons nous retrouver à nouveau avec deux clowns au deuxième tour de la prochaine présidentielle. IL faut bien l'avouer l'élection est verrouillée. Encore une fois, voilà la France prête à perdre à nouveau cinq ans en mettant au pouvoir les bourreaux qui l'ont pourtant conduit à la crise qu'elle connait aujourd'hui. En cas de victoire socialiste, il est même probable que la souffrance du peuple augmente encore d'un cran étant donné que les sbires pseudosocialiste de la gauche dite de gouvernement sont certainement les libéraux les plus orthodoxes qui existent dans ce pauvre pays. Rappelons tout de même que les socialistes sont ceux qui ont mis en place la libéralisation du système bancaire. Ce sont les plus fervents défenseurs du libre-échange qui pour eux est une preuve de solidarité avec le tiers-monde. Alors oui il y a eu Montebourg, mais le bougre est rentré rapidement à la niche, une fois le spectacle électoral des primaires terminées. Ce n'est pas encore cette fois qu'il y aura une réelle rupture. D'aucuns affirmeront comme à chaque fois qu'il vaut mieux tenter de faire changer le PS plutôt que de permettre au nain d'être réélu en 2012. Mais je crois personnellement que s'associer avec son opposé est le plus sûr moyen de ne jamais être crédible. Encore une fois où en serait la vraie gauche française aujourd’hui si elle avait accepté la rupture en 2005 après le TCE pour préparer 2007 avec le succès que l'on sait ? Nous aurions aujourd'hui une véritable alternative crédible aux yeux des électeurs. La démocratie ce n'est pas le consensus moue, c'est au contraire l'affrontement. Un affrontement certes civilisé, mais effectif entre des intérêts souvent en totale opposition.



Croire ainsi que l'on pourrait faire converger les intérêts aussi contradictoires de la France rentière avec ceux de la France du labeur relève tous simplement de l'escroquerie intellectuelle. À un moment ou à un autre il faudra trancher. Et jusqu'à preuve du contraire le PS comme l'UMP ont choisi leur camp et c'est celui des intérêts de la rente. D'ailleurs, à n'en pas douter, et comme je l'avais affirmé dans un autre texte. Il est probable que le parti politique le plus capable de faire la grande purge libérale dont rêvent tous les adorateurs français du modèle thatchérien est le PS. À l'image de ce qui se passe à l'heure actuelle en Espagne les élites se battent pour savoir qui fera la purge la plus sévère au nom de l'Europe qui va tous nous sauver. En Europe ce sont bien les gouvernements socialistes qui mettent avec le plus de conviction les purges en pratique. Il ne fait guère de doute qu'il en ira de même avec la France.



Que se passera-t-il après l'élection



S'il est encore trop tôt pour affirmer que François Hollande sera le prochain dirigeant français, il n'y a en revanche guère de doute sur le fait que c'est encore un apparatchik du système qui montera au pouvoir. De fait la France passera forcément par la case purge et vidange. Reste cependant à savoir si la France a encore des restes d'esprit démocratique pour que la population puisse réagir. Nul doute que les dirigeants du système pousseront la population à bout comme cela s'est passé dans d'autres pays ou même à d'autres époques en France.



À titre personnel je l'ai déjà dit, la purge en France mettra probablement fin à la zone euro, car la France est le pilier principal des exportations allemandes. Puisque l'on ne peut compter sur des dirigeants éclairés pour nous sortir du libre-échange et de l'euro ce sont les contraintes et les événements qui pousseront vers cet inévitable dénouement. Une fois l'élection présidentielle passée, l'oligarchie du pays soufflera, se réjouissant de l'esprit raisonnable des Français qui auront encore une fois reconduit leurs bourreaux au pouvoir. Ils se sentiront alors pousser des ailes d'autant que le futur président pourra peut-être compter sur l’épouvantail FN au second tour pour s'assoir sur le trône avec un score de niveau stalinien. Une fois « légitimés » par les élections, nous aurons un grand discours sur la nécessité de réduire la dette produite par les gabegies de l'état et de leurs prédécesseurs dont ils partagent pourtant 100% des réflexions économiques. On assistera alors dans toute la France à des coupes sombres comme on n’en a pas vu depuis plusieurs générations. Évidemment cette politique aura comme effet principal d'aggraver la contraction de la demande intérieur, et elle produira une explosion des faillites dans le secteur privé. Les socialistes comme leurs collègues de droite n'ayant toujours pas compris que désendetter l'état en période de contraction économique, revient en fait à transférer les difficultés vers le secteur privé. C'est en réalité un immense jeu de vase communicant. Le problème provenant comme vous le savez du libre-échange et des salaires trop faibles pour absorber la production.



Nous aurons alors droit au deuxième effet celui de la crise en Allemagne. Ce pays ne pourra pas supporter la perte de son principal lieu d'exportation. Les élites allemandes tout aussi aveugles que leurs homologues françaises décideront de rompre avec l'euro par chauvinisme plus que par raison. La fin de l'euro sera donc probablement le produit de l'absurdité même des objectifs politiques qui lui ont donné naissance. L'euro est né pour casser les systèmes sociaux et favoriser la rente, et c'est bien parce que le piège de l'euro a fonctionné qu'il est aujourd'hui condamné. On peut cependant se demander quelle sera la réaction de notre futur président lorsque l'Allemagne sortira de l'euro. Et cela alors même qu'il sera devenu un parjure pour les Français au nom de la sauvegarde de l'euro et de la note AAA de la dette française. En vérité, le résultat de la prochaine élection française de 2012 n'a guère d'intérêt, on connait déjà les futurs vainqueurs. La vraie question c'est qu'elle sera la réaction de l'intelligentsia française lorsque fin 2012 début 2013 l’Allemagne fera rupture. Une élite qui n'a jamais réfléchi par elle même et qui n'a jamais eu comme attitude que la copie sur le voisin supposé toujours supérieur à ces minables Français. On peut toujours espérer un renversement qui mettrait fin à la domination de la pensée unique en France, mais j'y crois de moins en moins. Le plus probable est qu'une fois l'effondrement de l'euro entamé, les élites françaises se jetteront au cou d'une autre puissance faisant de notre pays une nouvelle république bannière. Je vois bien nos élites demander l'aide de la Chine contre la vente d'une partie de Paris au nom de la « raison » . Jamais nos élites n'ont été aussi ressemblantes qu'au portrait que le général faisait de la bourgeoisie pendant la guerre .



« Vos journalistes ont en commun avec la bourgeoisie française d'avoir perdu tout sentiment de fierté nationale. Pour pouvoir continuer à dîner en ville, la bourgeoisie accepterait n'importe quel abaissement de la nation. Déjà en 40, elle était derrière Pétain, car il lui permettait de continuer à dîner en ville malgré le désastre national. Quel émerveillement! Pétain était un grand homme. Pas besoin d'austérité ni d'effort! Pétain avait trouvé l'arrangement. Tout allait se combiner à merveille avec les Allemands. Les bonnes affaires allaient reprendre. »

« En réalité, il y a deux bourgeoisies. La bourgeoisie d'argent, celle qui lit Le Figaro, et la bourgeoisie intellectuelle, qui lit Le Monde. Les deux font la paire. Elles s'entendent pour se partager le pouvoir. »

Alain Peyrefitte: C'était de Gaulle , Editions de Fallois/Fayard, 1994.

 

Partager cet article
Repost0
6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 17:36

Nicolas Dupont Aignan était l'invité de Zemmour et Naulleau lors de leur dernière émission sur Paris Première. À l'occasion de cette émission je me suis aperçu du manque de clarté de la part de NDA sur la question de l'inflation. Ainsi que de quelques oublis de sa part sur la question du protectionnisme. Oublis et erreurs qui ont permis à Éric Zemmour d'aligner ses idées reçues sur les questions monétaires, il a fait de multiples erreurs qui n'ont pas été perçues sur le moment par NDA. Erreurs qui auraient pu justement permettre au candidat de rebondir plus fortement qu'il ne l'a fait.

 

 

 

1- L'inflation 

 

Tout d'abord, Éric Zemmour sans trop s'en rendre compte a ingurgité les analyses économiques libérales que par ailleurs il semble rejeté. En effet il pense intrinsèquement que l'augmentation monétaire est inflationniste, c'est pourtant totalement faux. L'augmentation de la masse monétaire est une condition intrinsèque de la croissance économique et de la croissance de l'activité et des échanges. Il faut bien comprendre que l'accroissement de l'activité ne doit pas être empêché par une stupide stagnation de la masse monétaire. Cette leçon provient directement de l'époque de l'entre-deux guerre, une période où les politiques essayaient de maintenir artificiellement un étalon or qui n'avait plus de sens dans un monde où la croissance de la productivité, de la population et des échanges entraînait ipso facto la nécessité de l'augmentation de la masse monétaire. Si Keynes disait de l'or qu'il était une relique barbare, c'est en premier lieu parce que sa relative stabilité quantitative faisait de lui une piètre monnaie pour accompagner des sociétés en croissance technique et démographique.

 

L'inflation n'apparait en réalité que lorsque l'augmentation de la masse monétaire est supérieure aux capacités de production d'une nation. Dans un pays où le chômage est massif et où les capacités de production sont sous-employées, le risque inflationniste est nul. Il suffit de voir la situation japonaise pour s'en convaincre. C'est d'autant plus vrai que les pays occidentaux ont cassé le salariat avec le libre-échange condamnant ainsi définitivement toute hausse des salaires et de l'inflation. Dans le régime actuel, il est d'ailleurs bon de noter que la hausse de la masse monétaire excessive de ces vingt dernières années s'est traduite non pas par une inflation galopante, mais par une explosion du prix des actifs et des bourses. La vraie inflation de notre temps étant celle de l'immobilier et des intérêts ponctionnés par la rente financière et foncière.

 

Ensuite, l'inflation n'est plus un problème pour un pays qui indexe ses salaires sur l'inflation, dans ce cas-là l'inflation est même un fabuleux outil pour rééquilibrer les revenues entre le capital et le travail. De cela, malheureusement, NDA n'a pas parlé. Ce qui compte ce n'est pas l'inflation des prix, c'est l'évolution du pouvoir d'achat. En Argentine l'inflation est très forte, mais les salaires suivent. Quant à la fuite des capitaux, elle se résoudra simplement par le retour au contrôle des frontières des capitaux qui de toute façon doit accompagner le retour d'une économie plus autosuffisante.

 

2- Le protectionnisme

 

Deuxième point qui aurait dû être abordé par NDA, mais qu'il n'a pas encore compris. C’est que le véritable avantage du protectionnisme n'est pas dans sa capacité à relancer la croissance économique. En réalité, Zemmour a attaqué là où ça fait mal en soulevant la question des rétorsions commerciales que les pays comme la Chine ne manqueront pas de mettre en place une fois que la France redeviendra protectionniste. Le problème de NDA c'est qu'il est à mis chemin de son parcours de réflexion sur le libre-échange. Le but du protectionnisme actuel n'est pas de permettre à la France de relancer sa croissance par les exportations. C'est impossible dans le contexte actuel, car il n'y a plus de demandeur en dernier ressort. L'économie US est exsangue et même avec un fort protectionnisme nous ne serons jamais compétitifs à l'extérieur face à la Chine qui pompera toute la demande mondiale.

 

  En fait le vrai intérêt du protectionnisme, c'est qu'il rend possible une politique keynésienne de la relance de la demande intérieure, soit par la hausse des salaires, soit par la hausse des investissements, ou les deux à la fois. Le protectionnisme ou la dévaluation seule ne suffiront pas à relancer l'activité eu égard aux conditions macroéconomiques actuelles de la planète. C'est un point essentiel qui manque cruellement à NDA et qui pourtant lui permettrait de se différencier fortement de Marine Lepen. Il faut proposer en plus de la dévaluation et du protectionnisme une politique massive de relance. Avec d'une part, un plan d'investissement dans l'industrie visant à reconstruire une base industrielle forte, et d'autre part, un plan visant à augmenter les salaires de façon significative pour permettre aux entreprises locales de trouver des débouchés pour réduire le taux de chômage. On peut même trouver combien il faudrait pour que la France retrouve le plein emploi en partant du taux de croissance nécessaire pour revenir au plein emploi. L'épargne en France représente environ 15% des revenus, ce qui fait que le coefficient du multiplicateur keynésien en France, en supposant l'économie protégée de l'extérieur, est de  1/0.15=6.67 . Ce qui veut dire qu'une injection monétaire produira un accroissement du PIB 6.67 fois plus important que l'argent injecté au départ dans le circuit économique. En supposant que pour obtenir le plein emploi il nous faut une croissance d'au moins 5% par an pendant quatre ans. En prenant le PIB français de 1850 milliards d'euros, cela veut dire une  augmentation annuelle de 92.5 milliards par an. Pour obtenir une telle augmentation en prenant en compte le multiplicateur keynésien il faudrait environ 92.5/6.67= 13.67milliards d'euros. Il faudrait donc injecter tous les ans environ 14 milliards d'euros pour obtenir une croissance de 5% et résorber le chômage en quelques années.

 

 Il s'agit ici de création monétaire pure même si théoriquement une dette supplémentaire peut avoir le même effet. Ce raisonnement n'est valable évidemment que si auparavant la France a remis des frontières aux marchandises et dévalué en partie sa monnaie. Il est bien dommage que Dupont Aignan ne parle pas plus de la nécessité d'un plan de relance visant au plein emploi. Car dans le contexte actuel il est fou de croire que nous pourrons relancer la machine seulement avec la dévaluation ou le protectionnisme, ce sont des outils nécessaires, mais non suffisants pour atteindre l'objectif suprême qu'est le redressement économique et moral de notre pays. Et cela, ses adversaires politiques le savent. 14 Milliards d'euros c'est n'est pas grand-chose si on compare cela aux milliards gaspillés pour sauver les banques de façon totalement contreproductive. Ces milliards auraient été mille fois plus utiles dans l'industrie, la recherche ou la hausse des salaires. D'ailleurs, les banques auraient obligatoirement bénéficié indirectement d'un plan de relance de la demande intérieure puisque l'activité économique aurait augmenté et donc leurs bénéfices avec. À l'inverse les multiples plans de rigueurs actuels ne font que diminuer la croissance et ont des effets dépressifs qui vont conduire l'UE à la dépression. Ce n'est qu'une fois revenu à un chômage inférieur à 2% que l'on devra réellement s'inquiéter d'une éventuelle inflation excessive.

 

Partager cet article
Repost0
27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 21:35

  EU1900COLONIALIS001.jpgEt bien comme prévu un nouveau plan de sauvetage vient d'être mis en place. Alors cette fois on purge une partie de la dette grecque, reconnaissant ainsi l'impossibilité de remboursement. Cependant, nos élites oublient toujours l'essentiel à savoir la santé économique du pays lui-même. Les dirigeants européens actuels montrent ainsi tout le désintérêt qu'elles ont pour l'économie réelle de leurs pays respectifs tant leurs yeux restent rivés sur les cours de bourse et les notes des titres de dette. Non que cela soit sans importance, tout du moins pour les titres de dettes, mais ils oublient que l'essentiel est ailleurs. C'est la croissance, le taux de chômage ou encore la balance des paiements qui devraient primer sur tout le reste. Or toutes les politiques actuelles ne visent qu'à rétablir des indicateurs pour la plupart secondaires, voire totalement inutiles comme la bourse. Oui, la bourse n'a aucune espèce d'importance pour l'économie réelle, c'est d'autant plus vrai dans le cas français que cela fait longtemps que les multinationales françaises ne font plus d'emploi en France. Qu'elles coulent ou non n'a en fait plus vraiment d'importance pour le pays puisque les usines et les profits ont déjà été délocalisés.  

 

Mais ce qui devrait tout de même un petit peu titiller les oreilles de nos dirigeants ce sont les interventions de nos principaux concurrents commerciaux pour venir "aider" les Européens en "sauvant" l'euro. Ainsi la Chine ou encore les USA s'inquiètent-ils du sort de la monnaie unique. Mais est-ce qu'ils s'inquiètent du sort de ce schmilblick monétaire dans l'intérêt des Européens ou dans leurs propres intérêts? Poser la question c'est évidemment déjà y répondre. Si les USA ou la Chine veulent à tout prix sauver l'euro, c'est avant tout parce que la monnaie unique a démoli la compétitivité des Européens. Et qu'elle a fait de l'Europe un marché que se partagent les autres puissances du monde. Étrangement, on pourrait tout à fait refaire le célèbre dessin que j'ai mis en illustration en remplaçant la victime chinoise par l'actuelle Europe. Les USA, la Chine et les autres grandes puissances émergentes se partageant ce qui fut jadis un grand continent. Au demeurant, cette situation démontre à postériori que ce sont bien les effondrements et les faiblesses internes des civilisations qui ont en partie produit le colonialisme. En effet, les Européens sont à leur tour colonisés à cause de leurs propres stupidités économiques et de l'égoïsme de leurs classes dirigeantes. De la même manière que l’Afrique se fait à nouveau coloniser par l'Asie cette fois simplement parce que les pouvoirs locaux préfèrent importer plutôt que développer une industrie locale. On retrouve le même processus, les peuples sans cohérence et dirigés par des intérêts particuliers finissent sous la coupe de puissances étrangères.

 

Les USA et la Chine au chevet de l'euro

 

On a souvent raconté à nos concitoyens que l'euro s'était fait pour contrer le dollar comme monnaie internationale. S'il est vrai que certains pouvaient en effet espérer une telle chose, il faut bien comprendre qu'en aucun cas une monnaie, quel que soit son poids, ne peut pas à l'heure actuelle remplacer le dollar, pas même le Yuan chinois. Le rôle du dollar est devenu une convention sur laquelle repose toute l'architecture de l'après-guerre. À l'origine ce choix était justifié par le poids des USA dans le commerce et l'économie mondiale. Mais même si ce poids s'est fortement amoindri, le fait est que les habitudes et les multiples dettes et commerces se font en dollars par la force des conventions. Le dollar c'est comme Windows, c'est nul, c'est lent, c'est cher, mais comme tout le monde l'utilise vous êtes obligé de l'avoir sur votre ordinateur si vous voulez avoir accès à la plupart des logiciels qui sortent. Alors il existe des Mac, des Linux, mais tout le monde sait que cela ne fera jamais tomber Windows qui domine par convention. Pour la monnaie américaine, c'est la même chose. La seule chose qui puisse la faire tomber c'est un accord entre les grandes régions du monde pour ne plus utiliser le dollar comme monnaie de réserve et d'échange, nous sommes encore loin d'une telle action collective. Et même un effondrement du dollar pourrait ne pas mettre fin à ce rôle.

 

Mais alors pourquoi les USA interviennent-ils pour sauver la monnaie unique ? Déjà en soi le fait que les USA souhaitent sauver la monnaie unique montre que celle-ci ne représente pas la moindre menace pour leur propre domination monétaire. L'Euro est d'ailleurs en partie une création des USA qui ont toujours appuyé les initiatives visant à unifier le continent. S'ils tiennent tant à l'unité européenne, c'est parce qu'ils savent bien qu'en réalité cette unité n'est qu'une façade, et que cela neutralise les puissances nationales du continent la France et l'Allemagne en l’occurrence. En réalité plus l'Europe s'unifie, moins elle est dynamique économiquement, et moins elle est audible à l'échelle mondiale. La lourdeur technocratique et les divergences d'intérêts paralysant totalement l'action du continent « uni » . Ces divisions facilitent en fait l'influence des puissances extérieures qui jouent alors sur les divisions des Européens forcés de vivre ensemble à cause de l'UE et de l'euro. L'UE a en fait le même rôle que l'ancien COMECON soviétique qui imposait une « solidarité » économique, mais qui permettait surtout à la Russie de contrôler ses satellites. C'est la même chose avec l'UE sauf que les USA restent en dehors de ce gros machin.

 

Cependant, il y a un autre joueur qui vient de comprendre comment fonctionne l'UE. Un joueur qui a compris comment utiliser la bureaucratie non élue et hautement corruptible à son avantage. Il s'agit bien sûr de la Chine. Celle-ci ne s'intéresse guère au fait de contrôler un continent qu'elle estime à juste titre comme probablement décadent et en déclin. Cependant, l'Europe est pour l'instant encore un grand marché d'exportation qui permet de se passer un petit peu du marché US. Les Chinois veulent y écraser la concurrence et s'accaparer la totalité du marché, comme ils le font partout où ils vont, même en Afrique. Ce faisant, avoir une seule monnaie en face d'eux leur facilite énormément la tâche d'autant plus qu'ils ont arrimé leur monnaie au dollar, un dollar qui n'est pas près de remonter face à l'euro. En effet, il leur serait beaucoup plus difficile d'ajuster leur monnaie s'il y avait le franc, le mark, ou la lire en face. Chaque nation européenne ajustant suivant son intérêt sa monnaie au taux de change chinois. La taille du marché européen et de sa monnaie loin d'être des avantages sont en fait des inconvénients. Par exemple, on voit bien que la Suède qui est un petit pays a une monnaie qui s'ajuste. La couronne suédoise a été ainsi dévaluée de 30% pendant la crise ce qui n'est pas étranger à la croissance actuelle du pays. Mais la Chine qui a vu la Suède dévaluer sa monnaie s'est-elle empressée de réagir pour retrouver de forts excédents avec ce pays ? Eh bien non, car la Suède est trop petite pour qu'il soit intéressant pour les chinois de coller à la monnaie de ce pays.

quotes

Evolution du taux de change de la couronne Suédoise. En juin 2008 il fallait 9.4 courrone pour obtenir un euro, en février 2009 il en fallait 11.4. Une dévaluation qui a permis de relancer les exportations locales. 

 

En fait, dans la mondialisation actuelle mieux vaut avoir une petite monnaie et un petit marché que l'inverse. Car les petites nations sont plus libres que les grosses de leurs politiques monétaires. De fait si la France seule dévaluée, il n'est pas certain que la Chine réagirait, le marché français étant quantité négligeable à l'échelle mondiale. Contrairement à ce que nous bassinent les monétaristes européens, la grande taille d'une monnaie et d'un marché n'est pas forcément un avantage, et lorsque l'on regarde la situation des USA on peut se demander si ce n'est pas l'inverse en fait. L'autre intérêt des Chinois au maintien de l'euro en dehors de l'impact sur leur compétitivité en Europe c'est que l'euro leur permet une diversification de leurs réserves monétaires . Cependant, il faut espérer les Chinois finiront par comprendre que ce tas d'excédents commerciaux ne leur servent strictement à rien. Certes, ils vont jouer les gros bras en Europe, mais on ne voit guère ce qu'y gagnent les salariés chinois. Et lorsque leurs clients feront faillite et que le chômage explosera dans l'empire du Milieu, ce n'est pas vers les Européens qu'ira la vindicte populaire chinoise, mais bien vers leurs élites qui auront fait n'importe quoi des devises si chèrement accumulées du peuple chinois.

 

Au final, on voit bien que si le monde entier veut sauver l'euro ce n'est certainement pas pour sauver les Européens. Nous ne vivons pas dans un monde de copains solidaire, la mondialisation c'est la guerre. Une guerre qui a pris la forme de l'économie, mais qui peut encore plus efficacement que les bombardements rayer des civilisations entières de la carte. L'Empire ottoman est tombé en grande partie à cause du libre-échange. La puissante Espagne de Charles Quint fut réduite à néant par l'industrie française, Hollandaise, et Britannique, qui pompèrent les richesses du Nouveau Monde à travers leurs excédents commerciaux avec la superpuissance de l'époque. En se focalisant uniquement sur la dette et sur la sauvegarde d'un système qui en réalité doit être purgé les élites européennes mettent le continent en grand danger. Ce n'est pas simplement notre richesse que nous allons perdre, mais nos libertés en tant que citoyens, et en tant que peuple. Des puissances étrangères viendront demain nous dire comment vivre et organiser nos sociétés simplement parce que nous serons devenus dépendants d'elles par la stupidité de nos dirigeants. Le plan de sauvetage annoncé n'en est pas un, c'est un cas manifeste de haute trahison.

 

Remarque:

 Il y a tout de même quelques américains honnêtes. Krugman a ainsi déclaré que la meilleur chose qui puisse arriver aux Européens c'est l'effondrement de l'euro. 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 21:45

images.jpegLes primaires socialistes n'auront finalement pas eu les effets escomptés par certains alternatifs. Certes, le score d'Arnaud Montebourg fut relativement élevé eu égard aux prévisions qui avaient été faites. Cependant, il est tout à fait évident que cette surprise ne changera pas vraiment la ligne du parti, le choix pour les socialistes se résumait au final à l'affrontement entre deux candidats tout aussi libéraux l'un que l'autre. La victoire de Hollande ne faisant que confirme le peu qu'il y a à attendre du PS. Il semble d'ailleurs que Montebourg se soit résigné à faire un choix, celui de Hollande montrant ainsi qu'il n'est probablement pas prêt à entrer en rupture avec son parti. Pourtant cette rupture devrait être évidente pour toute personne ayant un brin d'honnêteté intellectuelle. En effet, comment continuer à parler de démondialisation tout en restant membre d'un parti ouvertement libéral et libre-échangiste ? Et pire que cela. En appelant à voter pour Hollande et en faisant ainsi croire qu'il y aurait un réel choix à faire, en dehors d'un choix de personnalité. Montebourg trahit ici en partie ses électeurs. À la suite de Nicolas Dupont Aignan, on ne peut que l'inviter à prendre ses responsabilités de citoyen et d'homme politique en quittant le PS purement et simplement.  



hollande sarkozyFrançois Hollande c'est tout de même le personnage qui a affirmé devant Emmanuel Todd à la télévision que son rôle n'était pas de défendre les intérêts des Français. Cachant derrière une fausse solidarité avec le tiers-monde un absolu désintérêt pour l'évolution de la qualité de vie de ses compatriotes. C'est le même François Hollande qui trouve normal le fait que l'état emprunte sur les marchés financiers et qui trouve que l'inflation c'est le mal absolu. François Hollande n'est ainsi pas vraiment éloigné d'un Alain Minc ou d'un Madelin. Mais est-ce si surprenant? Ils viennent tous du même milieu. On se rappelle encore la photographie où Hollande et Sarkozy étaient assis côte à côte tels deux vieux amis. C'est aussi le même Hollande qui trouve normales les délocalisations au nom du développement de la Chine, comme si cette dernière avait besoin de notre pauvre marché de 60 millions de personnes pour vendre ses produits. Un vrai socialiste ne devrait-il pas plutôt demander au chinois d'augmenter les salaires de leurs ouvriers plutôt que de demander aux plus pauvres des Français d'aller au chômage pour que les Chinois travaillent?

 

 

Un PS prisonnier de sa classe sociale

 

En vérité, le PS n'est qu'un parti de notables bien installés, un fervent représentant de la classe moyenne aisée pleine de bons sentiments tant que la crise, le chômage et l'immigration restent des problèmes éloignés de ses préoccupations quotidiennes. Un véritable repère de cosmopolites comme les décrivait si bien Jean Jacques Rousseau par sa célèbre phrase « Défiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher au loin dans leurs livres des devoirs qu'ils dédaignent de remplir autour d'eux ». Heureusement pour nous le PS a une base électorale qui ne peut que se rétrécir avec la crise. C'est d'ailleurs un phénomène qui se cumule avec le vieillissement, lui aussi inéluctable, de l'électorat PS. Le gros des électeurs français ne voit plus le chômage et la mondialisation comme des choses bénéfiques ou lointaines. Le sondage sur le protectionnisme que nous avions vu il y a quelque temps avait d'ailleurs montré le décalage monstrueux qu'il peut y avoir aujourd'hui entre les aspirations réelles de la population et les propositions faites par les partis politiques. Et ce n'est pas le score de Montebourg qui changera quelque chose à cette situation. En effet on pourrait très bien dire du score de Montebourg qu'il montre le déclin accéléré des alternatifs au sein du PS et la victoire absolue de l'establishment. Les primaires ayant été ouvertes à tout le monde, on peut aussi s'inquiéter du fait que même les alternatifs extérieurs aux PS ne sont pas allés voter. Probablement parce qu'ils pensent impossible le changement dans ce parti de notables. Et l'on peut toujours rêver à une plus grande influence de l'aile gauche du parti, le fait est qu'elle ne pèse pas grand-chose et qu'elle est plutôt sur le déclin. À dire vrai le PS tout comme son cousin libéral de droite l'UMP sont des partis qui bénéficient du conservatisme électoral que produit la domination médiatique sur le paysage politique français depuis quarante ans.

 

Une domination médiatique dont on n’a guère de peine à imaginer qu'elle est nuisible vis-à-vis du fonctionnement de la démocratie. Je l'ai dit à de nombreuses reprises sur ce blog que la démocratie a des conditions pour fonctionner à peu près correctement. Et cela en supposant que le système d'élection des représentants puisse être considéré comme réellement démocratique. Mais il s'agit ici d'un autre débat. En premier lieu, il faut que les citoyens octroient du temps à la chose politique et à la vie de la cité. Cela suppose un certain sens du civisme et une réelle implication dans la vie politique du pays ne serait ce qu'en suivant une peut les débats et les différents courants d'idées qui traversent le champ électoral. On le voit dans une société où la vie est de plus en plus difficile, une société où le maigre temps libre que l'on a se concentre essentiellement sur le divertissement et la consommation de masse. La qualité des idées politiques que se font nos citoyens ne peut être qu'en baisse. Autre point, une démocratie nécessite une totale information des citoyens sur les sujets importants , or, l'inféodation de notre système d'information rend cet objectif totalement hors de portée. On peut donc légitimement se dire qu'entre la sous-information des électeurs et la passivité de ces derniers il y a peu de chance pour que de réelles alternatives se fassent jour dans notre pays. On le voit d'ailleurs aussi en Espagne ou en Grèce où malgré la crise, l'euro reste génial, et l'Europe une condition essentielle de la prospérité. Alors même que tout démontre le contraire.

 

L'évolution se fera probablement sans les politiques

 

De fait, la situation nationale reste et restera encore longtemps bloquée, car politiquement il est tout simplement impossible aux idées alternatives de monter au pouvoir. Nous allons vers un lent pourrissement social et politique. Et peut-être à plus long terme vers des dislocations territoriales, celles-ci ont d'ailleurs déjà commencé puisque l'éclatement sociologique et maintenant ethnique et religieux fait de plus en plus ressembler la France à une future Yougoslavie. Puisque le centre du pouvoir n'agit plus en France où ailleurs en Europe ce sont les évènements qui vont décider à la place des politiques. On a beaucoup dit que l'éclatement de l'euro était une certitude, c'est sous-estimer en fait quelque peu le conservatisme et le vieillissement des sociétés européennes. Le fait est que rien ne se passe et que l'euro pourrait très bien continuer à exister tout en poussant le continent vers une misère totale. Après tout le franc CFA est tout aussi aberrant que l'euro d'un point de vue monétaire. Pourtant les nations africaines continuent à l'utiliser, probablement les élites locales ne voient elles dans une devise forte que les avantages à court terme pour leurs propres besoins en ignorant totalement le développement de la production locale. Il en va de même en France et en Europe puisque maintenant les élites montrent un désintérêt total pour le chômage de masse, la précarité et la baisse du niveau de vie local tant qu'elles peuvent acheter tout ce dont elles ont besoin pour maintenir leur train de vie.



Cependant, nous atteignons ici les limites de ce qui est prévisible en réalité, c'est notre tempérament en général qui nous dicte la vision de l'avenir, les faits ne pouvant nous éclairer. Nous nous laissons souvent aveugler par nos propres désirs, moi y compris. Il faudrait effectivement que l'Europe passe à la monnaie commune ou que la France sorte de l'euro. Il faudrait que nos élites mettent en place des protections douanières et rétablissent une véritable concurrence entre « égaux », sans quoi celle-ci se résume à un massacre. Mais pour faire cela, il faudrait déjà que des politiques portant ce message arrivent au pouvoir, or, rien ne se passe. L'élection de 2012 est partie pour être une répétition de 2007 avec Hollande dans le rôle de Sarkozy. Certains comme mon collègue blogueur Laurent Pinsolle y voient comme les prémisses d'un futur réveil des Français. Ces derniers voyant comment le PS lui aussi plongera le pays dans l'austérité, ils finiront bien par se tourner vers les alternatives. Certes pourquoi pas? Mais franchement depuis combien de temps l'austérité est-elle pratiquée en France? Déjà en 1984 on parlait d'austérité. Est-ce que pour autant les électeurs on mit des gens au pouvoir en réaction à cela? On peut véritablement se demander aujourd'hui si les urnes sont une solution. Le système électoral est totalement bloqué. On peut faire l'apologie de De Gaulle en 58 sauf que ce dernier avait une image derrière lui et qu'il y avait le contexte de la guerre d'Algérie pour le porter au pouvoir en dehors du système politique français classique. Sans ces conditions, les ploutocrates d'alors se seraient maintenus au pouvoir. Il est peut-être temps de reconnaître que c'est notre système pseudodémocratique qui est en cause au-delà de la simple question des personnes. Notre régime politique empêche toute transformation des politiques économiques, il est ultra conservateur. D'une façon probablement bien plus efficace que tous les régimes dictatoriaux, car dans ce système les gens pensent influencer par leur vote le système politique alors qu'en fait rien ne se passe. On peut encore espérer cependant que nos voisins et particulièrement l'Allemagne mettent eux-mêmes fin à l'euro et sauvent par inadvertance la société française prisonnière de ses rigidités politiques internes.





 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 22:51

 

2975347245_1_3_ktchJ2I3.gifAprès la crise on nous ressort les bonnes vieilles ficelles de l'institutionnalisation d'un régime économique. Les élites européennes étant friandes de règles. Règles qu'elles devront rompre à loisir. La future règle d'or n'est en réalité que la continuité d'une forme de pensée libérale qui tend à vouloir exclure l'économie du champ du politique alors qu'elle en est en vérité la plus parfaite incarnation. Car les libéraux n'en reviennent pas, ils persistent à vouloir faire croire que l'économie peut se résumer à un choix rationnel mû par un simple calcul comptable capable de prévoir  toutes les évolutions sur des siècles et des siècles. Cette règle d'or, comme jadis les critères de Maastricht, n'a en fait qu'un seul but. Celui d'empêcher toute politique économique publique et de limiter autant que possible l'intrusion du politique dans les questions économiques. Nous avons ici une illustration de la thèse de Naomi Klein sur la stratégie du choc qui veut que les chocs et les crises économiques servent de prétexte à l'aggravation des politiques qui ont justement mené au désastre susnommé. Loin d'avoir compris le sens de la crise, les bureaucrates néolibéraux ont ainsi profité de la crise pour accroitre encore leurs capacités de nuisance.

 

On remarquera au passage que personne chez les plus hauts responsables n'a souligné le fait que les déficits budgétaires étaient essentiellement le fruit du laissez-faire en matière de politique économique et fiscale. Et que si la règle d'or avait été appliquée au moment de la crise bancaire nous aurions eu affaire à une gigantesque panique boursière comme le monde n'en a pas connu depuis 1929. En clair, les dirigeants français et européens ont conclu qu'il fallait empêcher les états de s'endetter alors même que ce sont eux qui ont fait flamber la dette au nom de la sauvegarde des banques. Et quand je dis eux, je veux dire exactement les mêmes personnes qui aujourd'hui prônent la règle d'or. On comprendra ici bien sûr que la règle d'or ne s'applique en fait qu'aux dépenses inutiles pour ceux d'en haut, surtout n'endettons pas l'état pour construire des hôpitaux ou pour moderniser la production électrique. Il ne faudrait pas endetter l'état pour faire des choses utiles pour tout le monde. Par contre, l'endetter pour sauver la rente, le capital, l'euro et la monnaie forte là c'est normal. Car, voyez-vous, il y a fort à parier que si le système bancaire flanchait à nouveau, et cela ne saurait rester une hypothèse très longtemps d'ailleurs, la règle d'or serait d'un seul coup oubliée. Tous comme le furent les contraintes de Maastricht toutes passées à la trappe dès qu'il fallut sauver les copains de la faillite. En fait, cette fameuse règle d'or est la représentation comptable de la dérive féodale du continent européen et de la France en particulier. La maxime de La Fontaine n'a jamais eu si bonne application que dans les temps présents. De néolibéralisme nous ne devrions plus parler, mais bien plus de néoféodalisme. Car telle est la nouvelle Europe, dure avec les faibles et faibles avec les forts. Là où la justice consistait autrefois à rétablir par le droit, la loi et la politique l'égalité que la nature n'avait pas produite, les néoféodalistes s'échinent eux à aggraver les inégalités. La loi et la politique consistent désormais à graver dans le marbre les injustices naturelles, voir même à les répandre et à les multiplier.

 

Les règles budgétaires sont une insulte à la liberté démocratique et au bon sens

 

 

D'autre part, nous remarquerons également que la question des déséquilibres des comptes publics oublie en partie que l'accroissement des dettes est essentiellement le fait des intérêts. Comme l'a noté très justement A-J Holbecq sur le site postjorion, les budgets calculés sans les services de la dette se sont avérés relativement équilibrés ces dernières décennies. Mais cet oubli de la nature même de la dette est curieux. Que ce soit par sa justification momentanée, nous avions vu que la dette augmentait surtout avec la surélévation de notre monnaie, le franc fort a doublé notre dette dans les années 90. Ou que ce soit par l'oubli du questionnement sur l'origine idéologique de l'emprunt public sur les marchés financiers. Ces questions sur l'origine de la dette et le poids que celle-ci produit sur les budgets annuels ne sont jamais posées. Probablement parce que comme le disait Descartes un problème bien posé est un problème à moitié résolu. Donc le fait d'ignorer cette question permet de détourner le débat public de l'essentiel. Tout comme le FN permet d'éviter de poser des questions sur le protectionnisme ou l'immigration en résumant tout à un débat entre racisme et non-racisme. L'obsession de l'équilibre budgétaire permet de mettre entre parenthèses la question de l'origine de la dette alors que ce sont ces intéréts qui déséquilibre le plus les budgets annuels.

 

soldes-budgets-apu-en-pourcents-pib.png

 

Car la dette publique française dont nous payons aujourd'hui les intérêts exorbitants n'est pas et n'a jamais été le fruit d'un gaspillage des dépenses publiques. La dette provient essentiellement de la privatisation de l'instrument monétaire qui oblige les états occidentaux à emprunter avec intérêt sur les marchés ce qu'ils pourraient emprunter à leurs banques centrales à taux nul. Du libre-échange généralisé qui a détruit en partie les bases industrielles des pays avancés, et qui en réduisant les rentrées fiscales a obligé les états à emprunter. Et si les états ne l'avaient pas fait, le monde serait rentré en dépression dès les années 80. Et enfin ces dettes sont dues aussi à des délires monétaires. Que ce soit la politique des taux délirants aux USA sous Regan pour renforcer le dollar ce qui coula l'industrie US. Ou que ce soit la politique du franc et de l'euro fort en Europe. Ces politiques sont bien les vrais responsables de la hausse de la dette et du coût qu'elles engendrent à long terme. Cela dépasse très largement les déficits de la sécu ou les quelques dépenses excessives ici ou là. Bien évidemment, la dette est aussi un bon moyen pour justifier des politiques qui n'ont aucun sens puisqu'elles punissent en fait des populations qui subissent déjà tous les effets des politiques délirantes précédemment cités. De plus, la règle d'or est en fait une atteinte manifeste au choix démocratique et impose une politique économique dans une constitution. On rappellera au passage que le seul régime à avoir eu une politique économique dans sa constitution en plus de l'UE fut l'URSS.

Pourquoi faire une règle sur les budgets publics et pas sur les balances des paiements?  

 

Denier point sur cette règle d'or qui devrait plutôt s'appeler l'arnaque en or. L'origine de la crise économique que nous subissons n'est pas véritablement due au niveau des dettes publiques ou des déficits. Les marchés d'ailleurs l'ont bien compris puisqu'ils se méfient aujourd'hui de la zone euro et des PIGS malgré les énormes économies que les états annoncent et font par des compressions massives de la demande intérieure. Ce qui inquiète c'est la fameuse compétitivité. Terme mal choisi en réalité. On doit plutôt parler des déséquilibres commerciaux qui sont à l'origine en grande partie de l'endettement des nations. Lorsqu'un pays connait un déficit commercial, il voit sa masse monétaire se réduire, un peu comme un seau d'eau dans lequel on ferait un trou voit son niveau d'eau baisser. On comprendra bien que la dette ou l'émission monétaire consiste en fait à rajouter de l'eau dans le sceau sans boucher le trou pour maintenir le niveau. Car ce trou produit une moindre activité économique et oblige au passage le pays à produire de la dette extérieure pour se procurer les marchandises importées. C'est d'autant plus vrai que le jeu monétaire mondial est fortement truqué, et que le régime des changes flottants ne flotte en réalité pas tant que cela. Beaucoup de pays se retrouvant avec des monnaies dont les taux ne correspondent absolument pas à leur situation commerciale. Les Asiatiques ont des monnaies largement sous-évaluées, en occident c'est l'inverse.

 

Il est donc curieux lorsque l'on s'interroge sur la règle d'or que personne en plus haut lieu n'ait émis l'idée d'établir une règle d'or commerciale empêchant les déficits de la balance des paiements. Déficits qui sont pourtant les vrais responsables de la faillite des nations. Comment donc, expliquer un tel oubli? C'est que pour appliquer une telle règle il faudrait nécessairement rompre avec le libre-échange, et le régime des changes flottants qui ont fait tant d'heureux dans les bourses européennes et américaines. Là encore, nous avons une expression de ce néoféodalisme qui oblige à poser certaines questions dans le débat public uniquement si cela va dans l'intérêt des puissants et non dans celui de l'intérêt général. Car une telle règle, qui avait été imaginée par Keynes pour son Bancor et qui était présente dans la charte de La Havane, obligerait à questionner un peu l'ordre économique mondial qui favorise la rente au détriment du travail. Que deviendraient donc les intermédiaires et les financiers si d'un seul coup ils ne pouvaient plus jouer sur les différentiels salariaux pour maintenir leurs rendements ? Un homme politique désireux d'affronter la doxa néoféodaliste actuelle devrait à mon avis émettre l'hypothèse d'une règle d'or sur le commerce extérieur. Elle dirait ceci: « Chaque nation doit préserver sur une période de trois ans en moyenne un équilibre de la balance des paiements. En cas de déficit, un pays pourrait recourir à une dévaluation ou à une politique de protection commerciale face aux pays en excédent . Les pays excédentaires seraient invités à accroitre leurs demandes intérieures. Et si cela s'avérait impossible ou sans effet, a accepté les limitations que les pays en déficit seraient alors obligés de prendre à leur encontre.» Voilà une règle d'or qui s'attaquerait au nœud gordien de la crise mondiale actuelle. Si nos élites aiment les règles, donnons-leur donc en une qui est utile. À mon humble avis il y a fort à parier que cette règle-là serait rapidement étouffée par les médias et la commission européenne. Elle remettrait en cause trop d'intérêts bien installés. Et elle nuirait fortement à la doxa libérale qui n'aime la nature et les règles que si elle favorise les milieux qui lui sont les plus proches.

 

Partager cet article
Repost0