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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 20:27

    Alain Minc le grand penseur libéral des années 90, le conseillé des princes, toujours en activité, malgré l'amoncellement d'erreurs dont sa carrière est remplie. Alain Minc auteur le plus prolifique de la pensée fast-food qui se réduit à quelques slogans qui passent bien à la télévision. Il est probablement "l'intellectuel" le plus représentatif de son époque et de sa classe sociale, avec son  alter ego Jacques Attali, qu'il n'est plus besoin de présenter. Alain Minc l'homme qui n'aimes pas son pays et qui le dit depuis des années dans ses divers livre, lui préférant la totalité de la planète forcement plus "moderne" plus adapté à la mondialisation. Il se trouve qu'il fut un temps où j'aimais bien Alain Minc, du temps de ma jeunesse où je croyais que la France devait devenir libérale, parce que tel était mon credo à l'époque. Oui en 1997, lorsque sortie de livre d'Alain Minc "la mondialisation heureuse", j'étais un libéral figurez vous. Cela risque d'étonner mes lecteurs actuels et pourtant c'est la vérité, je ne jurais alors que par Minc et Madelin.

 

      Mais j'avais deux excuses à cela, d'une part j'étais jeune, en première année d'IUT, ayant passé mon bac en 96, et pas dans les domaines économiques. En fait je ne connaissais alors pas grand chose à se domaine lui préférant les sciences et techniques. Pour comprendre un peu ces choses en tant que citoyen sérieux, qui veux bien voter en toute connaissance de cause, je lisais l'Express, Capital, Challenge. Malheureusement quand on a aucune connaissance dans le domaine économique, il est plutôt  facile de se faire manipuler par les slogans et les idées reçues de ce type de magasines.On fais confiance mais elle était bien mal placée en l'occurrence, et ce n'est que plus tard que je l'ai réalisé. Mais j'avais tout de même déjà mon patriotisme, même si ce dernier prenais des apparences libérales, et c'est là ma deuxième excuse en définitive. Car c'est ce patriotisme qui ma finalement fait changé d'avis, parce que pour moi l'économie a toujours été au service du peuple et de la nation et non l'inverse. Il a suffit que mon esprit découvre que les politiques, que je défendais, agissait à l'inverse des intérêts de mon pays pour que je change immédiatement d'orientation  Keynes et Todd furent mes sauveurs. Comme dit le proverbe il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, même si  à mon humble avis l'on devrait  modifier ce dernier en disant " il n'y a que les imbéciles et les salauds qui ne changent pas d'avis". Car Minc lui n'a pas changé, si ce n'est en apparence, l'âge commençant à peser sur ces épaules. Et s'il n'a pas changé ce n'est pas parce qu'il est un imbécile, mais bien parce qu'il défend des intérêts particuliers, lui qui ose dire aujourd'hui  que l'Europe est un paradis. On se demande bien pour qui c'est un paradis, pour les salariés certainement pas, mais pour les rentiers, oui c'est le paradis, du moins jusqu'à ce que la forteresse s'effondre sous le poids de ses contradictions.

 

 Ce pauvre Minc s'est-il seulement demandé ce qu'était devenue ces ouvriers de Vilevorde dont il se moquait dans son livre "La mondialisation heureuse". Livre dans lequel il faisait passer des décisions politiques pour des "lois" de l'économie, nous présentant la mondialisation comme un fatalité sans autre origine que la divine providence. La mondialisation était là, point, surtout pas de question c'est comme çà. Et puis c'est bien parce que cela contraint l'état à dégraisser et ses ouvriers à être plus productif ou à aller coucher sous les ponts mais çà on s'en fout. Il ne le disait pas ainsi mais cela transparaissait dans ces propos. Et c'est d'ailleurs toujours le cas lorsqu'on l'écoute parler en face de NDA dans le débat vidéo que j'ai mis à la suite de ce texte.

 

  Dans son torchon de l'époque, il y avait même une partie qui définissait clairement l'économie comme une science naturelle: "Les lois de la gravitation économique" tel était le nom d'un  chapitre de ce livre. Mais quelle hypocrisie que de dire de la mondialisation qu'elle était inéluctable qu'elle malhonnêteté quant on y pense. Ayant le livre pousiéreux, que j'avais acheté, à l'époque sous les yeux, je peux vous le certifier, il n'y a dedans aucune démonstration d'aucune sorte. Juste un alignement de poncifs libéraux qui n'ont pas à être démontré puisque probablement "tout le monde sait que".  Mais je ne peux résister à vous donner une partie de la conclusion de ce vieux  livre, une conclusion  qui a elle seule démontre l'échec des penseurs libéraux de cette époque :

 

"Jusqu'à présent, une économie pouvais jouer à cache cache avec la mondialisation. Ce sera de plus en plus difficile. La vraie révolution viendra, plus vite encore, de l'avènement de l'euro. D'un coté, il nous protégera des excès de la globalisation et rouvrira à l'Europe une marge d'autonomie; de l'autre, il nous contraindra à une modernisation forcée. Ce n'est pas la dynamique des idées qui nous rendra libéraux, de droite ou de gauche. Celles-ci ne précèderont pas, mais suivront, la mutation, à marche accélérée, que nous vivrons au coeur de la zone euro. Vous, les hommes d'Etat, deviendrez les notaires de cette transformation, à défaut d'avoir su en être les acteurs, mais, sauf pour la classe politique, l'essentiel n'est pas là. La France, comme souvent, aura eu de la chance. Sans l'euro, mal à l'aise devant la mondialisation, elle aurait sans doute connu le déclin. Grace à l'euro, l'histoire, cette providence des peuples, lui permettra une fois de plus de tenir son rang; la grâce française n'a donc pas disparu...."

 

    Je ne peux que rire en lisant cela, tant d'erreurs sur le long terme en si peu de mots c'est spectaculaire. A la plac e d'Alain Minc je me cacherai au fin fond d'un trou en Lozère, là où il n'y aurait personne pour se moquer de moi.  Il n'y a qu'une seule chose de vrai dans ses propos, c'est que Minc avait très bien compris que l'euro était le moyen le plus sûr d'imposer le libéralisme en France. Le seul problème c'est que loin d'amener à la prospérité comme il le pensait, ces idées ont ruiné la France et le continent, les chiffres que j'ai donné dans mon texte précédent en sont d'ailleurs la preuve. Et il ne fait aucune marche en arrière, aucune introspection rien, il continue à débiter les mêmes conneries indéfiniment dans ses livres et sur les plateaux de télévision.  Quand aux modèles qu'il donnait en exemple à l'époque, ils flanchent tous de la Grande-Bretagne de Tony Blair, aux USA. Les états libéraux n'ont vécu que grâce à l'endettement de plus en plus élevés qu'ils soient privés ou publics, et aujourd'hui c'est la faillite. Ces états produisaient de la croissance en alimentant des bulles et des accroissement virtuels de leur PIB, pendant que leur vrai richesse, elle, s'échappait au rythme des usines délocalisées. Mais cela Minc ne l'a pas vue, il ne voyait que sa seule lubie défaire l'état providence qu'il croyait ennemie de la prospérité, enfin, surtout de sa prospérité et de celle de ses amis rentiers.   Minc veut un état alléger mais qu'il démissionne donc,  et qu'il foute le camp de ce pays, lui et ses idées grotesques,  là nous en ferions des économies.  

 

 

Le débat entre Nicolas Dupont Aignan et Alain Minc 

 

 

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 20:50

Notre bien mal aimé président essaie comme à son habitude de manger à tout les râteliers en adaptant ses discours aux personnes qui l'écoutent, se présentant en même temps comme le président en lutte contre le communautarisme tout en nourrissant ce dernier par la flatterie communautaire du dîner du Crif, au discours sur les racines chrétiennes de la France en passant par les caresse verbales sur l'UOIF. Sarkozy est emblématique de notre classe politique qui passe sont temps à préparer les élections en flattant tel ou tel groupe communautaire, et en oubliant que c'est contraire à l'esprit républicain. Et à ce sujet j'ai pu lire un texte intéressant de Julien Landfried le secrétaire national du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), le parti de Jean Pierre Chevènement pour ceux qui ne seraient pas au courant. Ce dernier aborde de manière simple et efficace la question des communautarismes et leur moteur, et sur cette question je suis pleinement en accord avec lui, c'est pour cette raison que je mets son texte à lire sur ce blog.Ce texte rejoins les quelques analyses que j'avais pu faire sur ce sujet le dernier en date étant "L'immigration attention au confusions". Mais le grand mérite du texte de Landfried c'est de faire l'analyse de façon concise et efficace, ce texte provient du site de communautarisme.net site qu'il faut impérativement visiter sur ce sujet.  

 

Le comportement de nos hommes politiques est en grande partie responsable de l'évolution communautariste du pays et pas seulement parce que leur irresponsabilité en matière migratoire a provoqué des tensions. Le fait que les hommes politiques français pratiquent le clientellisme à l'excès, en s'adressant non aux électeurs en temps qu'individu, mais à des groupes et des communautés n'est pas pour rien dans les problèmes actuels. C'est d'ailleurs aussi l'opinion de Malika Sorel, membre du Haut Conseil à l'Intégration qui s'exprimait récement sur cette question sur ce site. Elle disait très justement "ce qui est profondément gênant, c’est que en période électorale, les personnalités politiques veulent rappeler aux Français d’où ils viennent, à des fins électoralistes.". De plus  ces groupes envers lesquels nos politiques font obédience ne sont la plupart du temps pas représentatif de ces pseudo-communautés. Et il y a là une grave entorse à nos principes républicains et démocratiques car on enferme des individus dans des communautés en les présentants comme incapables d'avoir un avis individuel. Tu es musulman donc t'es pour le voile et le hallal, tu es juif alors tu es pour Israel, tu es homosexuel alors tu aimes le rose, Elton John et tu votes PS...  D'ailleurs rappelons qu'en France il n'y a que des individus-citoyens, on est pas français et chrétien, français et juif, français et homosexuel ou français et musulman, aux yeux de l'état nous sommes tous français tout court. Les hommes ne doivent être distingués qu'en tant qu'individus, et non en tant que musulman ou chrétien ou athée. Réintroduire en France des notions d'appartenance communautaire est une formidable régression vers l'ancien régime, époque ou le noble ne discutait pas avec des gens des classes inférieures. Époque où il y avait des droits de naissance, droit que l'on avait abolie, mais  que l'on réinvente aujourd'hui avec les discriminations dites "positives".  

 

 


 Communautarisme contre République: une menace en trois dimensions

 

Une tribune de Julien Landfried

 

Landfried.jpgUn spectre hante la République : le communautarisme a fait son apparition comme catégorie répulsive du discours politique et du champ intellectuel depuis le début des années 80. Se réclamer du communautarisme, c’est, pour un politique ou un intellectuel, la certitude d’un isolement rapide (« Qui est communautariste ? »). Le consensus dominant estime le communautarisme en expansion dans la société et prétend construire des digues contre lui, en même temps que les « valeurs républicaines », ringardisées il y a peu encore, reviennent à la mode (« Nous sommes tous des républicains », pourrait-on paraphraser). D’où vient alors le paradoxe selon lequel le communautarisme, prétendument combattu par tous, serait irrésistiblement en ascension ? Pour répondre à cette interrogation, un essai de définition s’impose. Celle que je proposerai s’articulera autour de trois dimensions. 

« Envie du pénal » et « Reductio ad Hitlerum »
Le communautarisme est d’abord un réflexe idéologique, inséparable de l’extension du politiquement correct dans les pays d’Europe et les Etats-Unis. Certains sujets y sont désormais retranchés des règles du débat public en raison de l’implication de « minorités » plus ou moins bien définies, dont le respect inconditionnel est tenu pour acquis. Citons en vrac : la demande d’accroissement sans limite des droits associés à l’« homoparentalité », la demande de « reconnaissance » et de « dignité » des « descendants » de l’esclavage ou de la décolonisation par le vote de lois spécifiques (dites « lois mémorielles »), la revendication de places réservées dans les domaines les plus prestigieux de la politique, de la communication ou de l’entreprise privée pour les femmes et les minorités ethniques (par des politiques dites de « discrimination positive » ou favorisant la « diversité ») ou encore la demande d’intégration des pratiques culturelles et religieuses dans les cahiers des charges du Service public (quasi-disparition de certains plats dans les cantines scolaires, par exemple).

On assiste ainsi, dans les vieilles démocraties libérales, à un rétrécissement stupéfiant de la liberté d’expression, pourchassée jusque devant les tribunaux par des associations groupusculaires, parlant le langage de l’humanisme et de la tolérance, mais d’abord mues par le souci de la censure et réclamant peines de prison et interdits professionnels pour les « mal-pensants ». L’« envie du pénal », selon l’expression de Philippe Muray, semble désormais la passion dominante de la nouvelle ploutocratie du monde associatif et militant, intégrée à la société du spectacle dans ce qu’elle a de plus méprisable et médiocre, usant de la « reductio ad hitlerum » comme d’autres, en leur temps, de l’accusation de « fascisme ».

« Victimes » d'hier, « victimes » d'aujourd'hui
Dans ce contexte idéologique délétère, on reconnaît bien entendu la vieille fascination de la gauche pour la culture de la marge ou de la minorité (avatar du léninisme ?), réflexe qui n’a fait que s’exacerber avec le mépris grandissant de l’intelligentsia de gauche pour les classes populaires autochtones, désormais assimilées à la « majorité »... dominante. Par un étonnant renversement, la cause du communautarisme remplace ainsi les « victimes » d’antan (les travailleurs, dont les caractéristiques ethniques, religieuses ou sexuelles étaient tenues pour négligeables) par les « victimes » d’aujourd’hui (immigrés, femmes, membres de minorités ethniques, religieuses ou sexuelles), au moment même où le système économique mondial relègue effectivement le monde ouvrier dans les marges (du moins en Europe et aux Etats-Unis), rompant ainsi avec la centralité de la figure ouvrière dans le système capitaliste. Cette inversion s’établit en même temps que la question sociale disparaît des écrans radar au profit de questions sociétales plus ou moins légitimes mais qui, sans conteste, ont pour effet d’éjecter la première nommée de l’agenda politique.

La carte qui gagne à tous les coups
Le communautarisme est aussi une stratégie opportuniste, pour le Narcisse en mal de reconnaissance comme pour le filou sans morale. En France, vieille nation politique individualiste, l’apparition d’entrepreneurs communautaires prétendant parler au nom de leur « communauté » d’origine peut s’expliquer aisément. Carte médiatique à coup sûr gagnante (surtout depuis que les entrepreneurs communautaires - tout en réclamant des mesures d’inspiration communautariste - parlent la langue de la République), arme de pression sur des responsables politiques mal conseillés ou simplement couards, le choix d’un positionnement communautaire permet l’acquisition de rentes de situation dans l’appareil médiatique et politique et une exposition sans commune mesure avec l’influence réelle ou la représentativité desdites associations ou des individus. Après tout, Tariq Ramadan, citoyen suisse d’origine égyptienne, n’était-il pas tenu pour un spécialiste des banlieues françaises au seul motif qu’il est musulman ? Jean-Guy Talamoni, l’un des chefs de file du nationalisme corse, n’a-t-il pas été « poussé » par le quotidien Le Monde pendant des années avant que les citoyens français de Corse ne mettent un coup d’arrêt, en juillet 2003, à la logique de séparation institutionnelle proposée alors par les autorités de la République ? Le CRAN (« Conseil Représentatif des Associations Noires » de France) ne bénéficie-t-il pas d’une médiatisation sans rapport avec ses maigres effectifs (une centaine de personnes, selon des sources internes) ? Et, suprême injure faite à la philosophie républicaine, la quasi-totalité des membres du gouvernement et de l’opposition ne prend-elle pas soin, tous les ans, de se rendre au dîner annuel du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF), craignant de subir les foudres de responsables ne faisant pourtant guère dans la nuance dès qu’il s’agit de « repentance » ou de défense des intérêts israéliens ?

A l'école du CRIF
Il faut ici se rendre à l’évidence : c’est bien la relation institutionnelle incestueuse entre le CRIF et le monde politique français qui fournit tout à la fois la matrice que les nouvelles organisations communautaires (CRAN, CFCM - Conseil Français du Culte Musulman - oscillant perpétuellement entre son rôle cultuel et une ambition politico-communautaire, etc.) cherchent à imiter et la jurisprudence qui justifie toutes leurs audaces. Constat tragique au pays de Stanislas de Clermont-Tonnerre...

Ce sens de l’opportunité des entrepreneurs communautaires s’allie parfaitement à la première dimension de la dynamique communautariste et fournit à bon compte des solutions faciles et « médiatisables » à des élus ou responsables politiques éprouvant des difficultés réelles à proposer des politiques publiques qui emporteraient l’adhésion collective, dans une société marquée par l’anomie et l’individualisation.

Une séparation destructrice
Le communautarisme est, enfin, une réalité démographique dont il est difficile de mesurer la dangerosité. La séparation de fait des catégories populaires (Français de longue date désormais relégués dans les zones périurbaines et rurales ; immigrés récents vivant dans les banlieues intégrées aux villes-centres) introduit une nouveauté dans la France post-révolutionnaire. Elle porte en effet en germe la destruction de la pratique républicaine à la française, qui réussissait à fusionner un idéal politique élevé (la philosophie républicaine, d’inspiration libérale mais fortement teintée d’égalitarisme ; autrement dit : la tension féconde entre les principes d’inégalité et d’égalité) et une pratique anthropologique culturellement violente mais symétriquement antiraciste : l’assimilation.

On a longtemps constaté l’indifférence des Français à la race, sur une longue durée - en particulier par l’importance des mariages mixtes exogamiques, qui séparaient radicalement l’univers culturel français de l’univers culturel anglo-saxon ou allemand - mais cette particularité française se déployait à des époques d’immigration plus faible, où l’assimilation allait de soi sur le plan anthropologique (elle n’était alors pas perçue par la société française comme une violence insupportable, ou par les nouveaux venus comme un choix parmi d’autres) et où l’immigration était essentiellement masculine.

Laïcité molle
L’immigration familiale, depuis les années 1970-80, a bouleversé cet équilibre en changeant radicalement les conditions de l’immigration, déracinement désormais relatif sur les plans affectif et culturel. De plus, le rétrécissement des distances provoqué par les nouvelles technologies entraîne toute une série de conséquences sur les plans culturel et intime, qui se mesurent par exemple par l’importance des mariages conclus avec des hommes ou des femmes du village d’origine. L’affaissement des normes du pays d’accueil - induit mécaniquement par la concentration des populations immigrées et leur constitution en majorités relatives dans leurs quartiers d’habitation - implique la prise en compte, par un Etat républicain mal préparé, de multiples aménagements à caractère ethnique ou religieux, en contradiction avec le principe de laïcité d’une part, mais aussi avec le réflexe national de mise à l’écart de la religion dès lors qu’il s’agit de la sphère publique (réflexe touchant indistinctement les religions catholique, protestante et juive).

Une insécurité devenue culturelle
Cela fournit l’une des dimensions d’une insécurité culturelle ressentie de manière particulièrement violente par les catégories populaires des Français de longue date, dominées sur le plan économique, méprisées par la culture des classes dominantes et, désormais, parfois soumises sur le plan culturel, au sein même des catégories populaires, en voie de communautarisation accélérée. A terme se pose la question de la réalité d’une culture commune, dans un pays où les classes populaires vivent désormais « ensemble mais séparées », selon l’expression lucide de Christophe Guilluy (1).

 

1) Fractures françaises, Christophe Guilluy, Bourin éditeur, 2010

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 12:00

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  J'avais écris il y a quelques temps sur l'opportunité qu'il y aurait à créer une espèce d'union méditerranéenne incluant les pays de l'Europe latine et les pays du Maghreb. Or il se trouve que les évènements politiques qui se passent dans cette région du monde semble réactiver cette idée dans la tête de nos dirigeants. Malheureusement je ne pourrais en aucun cas souscrire à leurs propositions, que ce soit celle de Juppé ou celles provenant d'un article du Monde prônant carrément d'adhésion à l'UE de la Tunisie. En effet les propositions faites consistent juste à élargir une union européenne qui pourtant est à l'agonie, même si les pitres qui nous servent de politiques ne l'ont pas encore remarqué. Si leur union méditerranéenne consiste à refaire les mêmes bêtises qu'avec l'UE actuelle mais avec plus de victimes, cela n'a vraiment aucun intérêt. Mais cette position de nos élites montre le danger auquel les révolutions arabes vont avoir à faire face dans les mois et les années qui viennent. En effet les puissance d'argent vont essayer de refaire au moyen-orient ce qu'elles ont fait en Europe de l'est au moment de la chute du mur, une grande purge néolibérale. Avec laide probable des bourgeoisies locales qui ne sont probablement pas étrangères à l'effondrement des régimes locaux. On imagine déjà les conséquences d'une application du consensus de Washington dans ces pays, ce serait un drame humain tout à fait considérable. Un drame dont la France et la plupart des pays européen auraient rapidement à en subir les conséquences sur le plan migratoire.

 

L'union méditerrannéenne ne doit pas être une nouvelle UE

 

    Si les pays du Maghreb sont dans une situation de révolte, ce n'est pas forcement à cause de leurs régimes en tant que tel, mais plutôt par la faute des politiques que ces régimes ont mené. L'oligarchie chinoise qui est tout aussi peu démocratique que les régimes Libyens, Egyptiens, ou Tunisien n'est pas menacé par des révoltes, tout simplement parce que les politiques qu'elle mène améliore globalement le niveau de vie de sa population. A l'inverse l'Europe "démocratique" ou les USA ont des dirigeants de plus en plus critiqués, et de moins en moins populaire parce que leurs politiques mènent leurs nations au désastre. Les pays du maghreb n'ont pas tant besoin d'un changement de  régime politique que d'un changement de politique tout court. Changer de régime pour se retrouver avec des politiques encore plus libérale sur le plan économique, et encore plus inégalitaire cela n'a vraiment aucun intérêt pour la majeure partie de la population. En rejoignant l'UE ces pays ne gagneront rien, à l'image des pays de l'est qui n'ont toujours pas rattrapé le niveau de vie qu'ils avaient avant la chute du mur.

 

      Faire une union pour faire une union cela n'a aucun intérêt, et comme disait le général ce n'est pas la peine de crier l'Europe, l'Europe, l'Europe en sautant comme un cabri, cela ne signifie rien. Il en va de même pour l'éventualité d'une union méditerranéenne, bien sûr le patronat français serait très heureux de pouvoir utiliser cette main d'oeuvre bon marché en libre service pour contracter encore plus le niveau des salaires en France, mais est-ce vraiment de l'intérêt des maghrébins ou du notre? En réalité la vrai question à se poser c'est de quoi à besoin cette région du monde? De la même chose que nous, des emplois en grande quantité. Mais comment créer des emplois tout en ayant une balance commerciale en équilibre? Parce que l'on ne peut pas avoir en permanence un déficit commerciale, on ne peut pas importer indéfiniment ce que l'on consomme. La réponse passe évidement par une politique d'industrialisation ce qui signifie évidemment qu'il faut se protéger des importations des pays beaucoup plus productif ou aux salaires plus bas à productivité égale. Faire une politique encore plus libre-échangiste et encore plus libérale ne pourra mener ces pays qu'à produire plus de souffrance sociale. Au maghreb plus encore qu'en Europe, on a besoin de protectionnisme et de politique industrielle. Il faut des politiques d'auto-suffisance que ce soit sur le plan alimentaire ou industriel. L'union méditerranéenne ne prend donc sens que si elle sert à faciliter ces politiques et non si elle sert à les contrecarrer.

 

Si la construction d'une union méditerranéenne ne sert pas cette cause, alors elle ne sera qu'une énième organisation supranationale sans intérêt autre que nourrir une bureaucratie pléthorique sans utilité. Un boulet supplémentaire à l'image de la construction européenne actuelle. A cela s'ajoute la question monétaire, il serait catastrophique pour ces pays de rejoindre une monnaie unique qui déjà poussé à la faillite des nations nettement plus avancées, comme l'Espagne, la Grèce, le Portugal ou l'Irlande. Je ne vois vraiment pas à quoi pourrait bien servir l'euro actuel aux pays du maghreb, cela ne ferait que les enfoncer encore plus dans la misère. Un vrai projet pour l'union méditerranéenne j'en avais fait un dans cet article, mais son fonctionnement n'a rien avoir avec les projets actuels de nos hommes politiques décadents.  Ces derniers ne cherchent en réalité qu'à élargir sans cesse la zone de déclin et de stagnation qu'est devenue la construction européenne. Par leur incapacité à voir les défauts inhérents à celle-ci, ils s'évertuent à entraîner avec nous tout les peuples qui nous entourent, hier l'Europe de l'est, aujourd'hui le Maghreb. L'UE est en quelque sorte devenu un trou noir qui aspire dans la misère tout les peuples qui ont le malheur de rentrer dans son champ de gravitation.

 

 

 

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 20:30

  passoireComment se faire élire en France quand on a pas de solutions aux problèmes des électeurs, que l'on a renoncé à la souveraineté nationale, que l'on veut continuer à arroser les amis milliardaires et que l'on adore le libre-échange? La réponse est simple, il faut se débrouiller pour qu'il n'y est personne en face avec de vrais solutions pour se faire élire. On parle souvent chez les alternatifs de l'UMPS pour désigner le système électoral français, contraction qui signifie qu'en réalité ces deux partis politiques défendent à peu de choses près la même politique. Mais les français se sont aperçus de la supercherie depuis longtemps, à vrai dire ils ont compris depuis au moins l'élection de Jacques Chirac  en 1995 qui n'a pas voulu rompre avec l'Europe et le tournant libéral pris par Mitterrand et les socialistes en 1983. Ce tournant de l'ex-gaulliste fut le vrai moteur de cette prise de conscience du fait que maintenant la France n'avait plus qu'un seul parti politique au pouvoir. Mais cette prise de conscience n'a pas empêché ces derniers de se faire réélire régulièrement. L'absence d'apparition d'un troisième larron défendant une véritable politique alternative est en soit un mystère dans un pays qui n'a jamais autant abhorré ses élites et les politiques qu'elles mènent. Mais c'est que dans ce jeu électoral il y a un troisième participant, le Front Nationale, car bien loin d'être un parti d'alternative ce dernier joue plutôt le rôle d'une soupape de sécurité, c'est le troisième pied du trépied électorale de l'oligarchie française, celui qui permet de stériliser toute réelle opposition au pouvoir politique en place.

 

    Si le FN a été à l'origine utilisé comme outils pour permettre à François Mitterrand de neutraliser son opposition en divisant son électorat, par la suite l'unification progressive des visions politiques et économiques entre le PS et la droite officielle ont rendu caduque ce raisonnement. Dans ce cadre le FN a changé progressivement de fonction, le PS et l'UMP se partageant intelligemment le pouvoir, il leur fallait un moyen de détruire tout les discours un tant soit peu dangereux pour leur idéologie libérale européïste et  mondialiste.  C'est ainsi que tout discours violant la doxa se voit renvoyer à l'état d'extrémisme, même la laïcité, autrefois grand principe unificateur de la gauche française, se retrouve ainsi cataloguée au rayon des idées nauséabondes, le FN partie de droite catholique devenant d'un seul coup le défenseur de la république laïque, c'est le miracle de l'amalgame et de la nov-langue. Comme je l'avais déjà dit dans un autre texte nos élites ont poussé tout ce qui faisait l'identité française dans les bras du FN pour en discréditer l'existence et en interdire en pratique l'utilisation chez leurs propres membres pérennisant l'idéologie libérale devenue la seule et unique. Et le moins que l'on puisse dire c'est que cette stratégie a formidablement fonctionné, à un tel point qu'il est aujourd'hui bien difficile de crier sa joie d'être français sans se voir condamner pour racisme ou nationalisme étriqué. Vouloir être français en France est devenue un acte criminel et vouloir défendre les principes mêmes de notre république semble devenue un aberration chez bon nombre de nos contemporains.

 

Le FN n'aura jamais le pouvoir

 

        Maintenant l'on pourrait se dire, oui le FN a joué ce rôle, mais finalement ne finira-t-il pas par renverser l'UMP et le PS en prenant le pouvoir les prenant ainsi à leur propre jeu? Et ce faisant il permettra à toutes ces politiques souverainistes et protectionnistes de sortir du placard dans lequel nos élites les ont enfermé depuis plus de trente ans. Après tout les derniers sondages on montré que Nicolas Sarkozy pourrait très bien se faire dépasser par Marine Le Pen aux premier tour des prochaines élections présidentielles.  Mais il y a deux objections à faire à cela. Tout d'abord le FN même s'il pense sérieusement à peser sur les élections, ne croit probablement pas lui même à son accession au pouvoir, la preuve la plus flagrante étant son amateurisme en terme de programme comme l'avait souligné Jacques Sapir dans un texte récent sur Marianne2. J'avais moi même souligné les approximations de Marine Le Pen lors de son débat face à un Jean Luc Mélenchon tout aussi approximatif et démagogue, ce qui pourrait nous indiquer au passage que le Front de Gauche est peut-être aussi un autre outil de diversion électoral au cas où le FN ne suffirait pas.

 

      La deuxième objection, celle qui pèse le plus d'ailleurs, c'est que l'éventuelle présence de Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle se traduira irrémédiablement par un raz de marée électoral pour son opposant. En quelque sorte, avec le FN au second, notre élection centrale devient une présidentielle à un tour, car celui des candidats qui arrive au second tour, devient automatique le vainqueur de l'élection et ceci même si la candidate du FN fait 30% au premier tour, score qui nous en conviendrons serait déjà miraculeux. Le deuxième effet de ce phénomène est la création d'un vote utile stérilisant tout renouvellement du tissu politique français qui en aurait pourtant bien besoin. Les grands partis de notables étant bloqué en terme idéologique, et n'usant des élections que pour obtenir des postes grassement rémunérés, il n'y a plus rien a attendre d'eux. Toute tentative pour modifier la ligne idéologique des ces grands partis est vouée inexorablement à l'échec, et même avec des candidats  ayant du talent et une volonté de fer on voit mal le PS virer sa cuti sur la question du libre-échange ou de l'euro. Le renouvellement de la politique française ne pourrait donc se faire que par les petits organisations, malheureusement le FN joue ici un rôle d'aspirateur de la contestation en neutralisant les votes de ceux qui souhaitent le changement. Il les neutralise soit en les attirants à lui, ce qui comme nous l'avons vue précédemment ne conduit à rien puisque ce parti ne peut être élu, soit en provoquant une fuite vers les grands partis électoraux de gens de bonne volonté, mais qui ont peur de la montée au pouvoir de la "bête immonde".

 

C'est ainsi que la société française se retrouve bloquée depuis trente ans entre un groupe UMP-PS qui continuera pour l'éternité à faire la même politique néolibérale et pro-européenne, et un FN canalisant les rancoeurs tout en empêchant les gens de bonne volonté de voter pour les petits partis alternatifs pourtant proches de leurs idées. C'est le fameux vote utile qui est plutôt le vote absurde puisque cela consiste à voter contre ses idées, ce qui est la négation de la démocratie représentative. A ce petit jeu se rajoute bien sûr les médias et les sondeurs qui, travaillant pour le pouvoir, tendent à favoriser des stratégies de contrôle des revendications populaires, ce n'est pas un hasard si Marine Le Pen bénéficie d'un accès aux médias plus que d'autres alternatifs moins caricaturaux. De la même manière les sondages fabriquent aussi les futurs candidats, le cas de Ségolène Royale pour l'élection de 2007 fut emblématique. Elle était probablement la seule au PS à pouvoir perdre face à Sarkozy, et aujourd'hui on fait monter DSK le socialiste le moins rassembleur qui soit.

 

Et 2012 alors?

 

  L'élection de 2012 commence déjà a donner son allure, le président actuel sait très bien qu'il est impopulaire et que son élection ne sera possible que grâce à une stratégie de sélection et de division de ses adversaires . L'UMP veut probablement utiliser le FN contre le PS à l'image de ce qui s'est produit en 2002, mais vue le poids croissant du FN  à droite, cette stratégie pourrait très bien se retourner contre eux. Il leur faut donc le candidat du PS qui serait le plus diviseur à gauche, celui qui permettrait de faire éclater l'électorat de la gauche traditionnelle. La stratégie de monté du FN n'a donc de sens que si elle est accompagnée de la candidature de DSK, seul candidat de la désunion à gauche, si nous sommes inondés de sondages favorables à DSK ce n'est probablement pas un hasard. Tout comme il ne fut pas un hasard si Ségolène Royale a été désigné par les médias comme représentante du PS en 2007, contraignant ainsi la direction du PS a mettre la candidate ayant "le plus de chance" selon les sondages on connaît la suite... Marine Le Pen a aujourd'hui de fortes chances de figurer au second tour où elle pourra jouer son rôle de repoussoir in fine, promulguant l'autre candidat comme président extrêmement bien élu. On imagine si DSK est au second tour face à Marine Le Pen se faire élire à 75% ou plus, le voilà libre de faire les "réformes" nécessaires pour sortir la France de la crise. Un véritable boulevard pour l'application totale du néolibéralisme, une application grandeur nature de la stratégie du choc de Naomi Klein. Un DSK face à Marine Le Pen au second tour des élections présidentielles serait probablement la plus grand catastrophe qui soit pour l'économie de notre pays.

 

  Cependant si l'élection de 2012 n'est guère encourageante, il se pourrait aussi que celle-ci soit la dernière de ce type . En effet l'état catastrophique de l'économie française au sortir de 5 ans d'un nouveau mandat sarkozien ou pire de 5 ans de DSK, serait propice aux changements et aux révoltes de toute sorte. L'autre effet c'est que la candidature de DSK va favoriser les petits partis qui vont pouvoir faire des scores relativement élevé aux prochaines présidentielles, ce qui permettra peut-être à certains candidats de percer dans l'opinion publique. De ce fait ce drame à court terme pourrait être le moyen par lequel un renouveau des partis politiques pourrait se faire en France, ce renouveau ne passant que par l'élimination électorale pure et simple du PS ,de l'UMP et du FN. Je souhaiterai bien évidement que les choses aillent plus vite, malheureusement la réalité fait que nous allons encore perdre du temps avec le maintient des mêmes politiques au pouvoir. Dans ce laps de temps il se peut bien évidement que l'euro éclate et que des drames terribles accélèrent les choses, il se pourrait même que les changements ne se fassent pas par des élections, mais par des mouvements populaires violents. Mais pour l'instant nous nous dirigeons vers le maintient du statut quo et peut-être vers un purge néolibérale accélérée, si par malheur DSK devenait président face à Marine Le Pen avec un score Stalinien.

 

 

 

 

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 21:30

  Le débats des extrêmes comme aiment à le décrire les journalistes mainstream vient de se faire sur BMFTV, un débat opposant les deux partis outsiders de la gauche et de la droite. Le partie de gauche de Jean Luc Mélenchon et le FN dirigé désormais par Marine Lepen. Le débat a finalement été relativement respectueux même si parfois l'on pouvait voir un certain agacement chez Mélenchon qui comme à son habitude fait montre d'une certaine agressivité de ton face à ses contradicteurs. A l'inverse le ton de Marine Lepen fut posé et calme mais son argumentation se révélait souvent être des attaques personnelles. En effet elle n'eut de cesse de présenter Mélenchon comme un homme du système avec pour but vraisemblablement de le décrédibiliser aux yeux de certains de ses électeurs. Il est vrai que Mélenchon a un passé politique qui le rend complice sur certain points de la situation actuelle. Mais voir Marine Lepen se focaliser sur ce genre de détails alors qu'elle dispose d'arguments montre en un sens qu'elle est bien la fille de son père. Je pense également qu'elle manque de maîtrise sur les sujets économiques qu'elle aborde, ce qui explique peut-être cette stratégie visant  à faire perdre son assurance à l'adversaire.

 

Au cas où vous auriez raté le débat voici ici les vidéo de BFMtv:

 

 

Première partie du débat
 
Seconde partie
 

  Le débat se centre très rapidement sur les divergences de fond entre ces deux partis dit populistes. La première différence est celle qui aujourd'hui à mon avis sépare réellement la gauche de la droite, y compris chez les souverainistes et les gaullistes à savoir la question de l'immigration.  Je me définie moi même comme étant de droite essentiellement parce que je ne suis pas un adepte de l'immigration et si je peux me retrouver en accord sur certains thèmes avec une  gauche protectionniste souverainiste comme celle de Chevènement, je ne soutiendrai jamais une politique visant à  accroître la présence d'immigrés sur le sol français. Je crois qu'il y a là un vrai clivage droite-gauche pour ceux qui auraient du mal à distinguer les deux cotés, même si à mon sens ces problèmes son secondaires par rapport aux questions du libre-échange et de l'euro. Marine Lepen a bien insisté sur le fait que la libre circulation des personnes faisait le jeu en réalité du patronat en entraînant une baisse des salaires. L'argument de Mélenchon qui consiste à répondre qu'une régularisation totale des immigrés permettrait d'éviter ce phénomène n'est en réalité pas très solide.  
 
    En effet même en imaginant que les immigrés soient traités de la même manière que les français, leur simple présence en nombre croissant produit une pression sur les maigres bassins d'emploi du pays. L'argument de l'égalité des droits n'est valable que si l'on considère que le marché de l'emploi est saturé ce qui est loin d'être le cas. Les chômeurs même français font déjà pression sur les salariés grâce au chantage à l'emploi du patronat, le fait de régulariser les sans papier ne réglera donc pas ce problème de sous emploi massif. A cela on pourrait d'ailleurs ajouter qu'à chaque régularisation il y a un effet d'aspiration démographique surtout avec les mouvements politiques actuels en Tunisie ou en Egypte, toutes les régularisations massives se suivent d'une nouvelle vague d'immigration. Enfin on peut se demander si le destin de ces gens est vraiment de venir en Europe. Ne serait-il pas préférable de faire prospérer leur propre terre?Toute l'humanité n'a pas vocation à s'installer sur notre territoire exigu. De plus l'argument chiffré de Mélenchon est hautement discutable, des études contraires montrent que l'immigration en France coûte nettement plus cher qu'elle ne rapporte, si l'on veut user d'arguments économiques. Nous avions même vue dans ce texte que les immigrés faisaient sortir des milliards sous forme de don vers leur pays d'origine. Sur le plan comptable cela rentre dans la catégorie balance des transfères courants sans contrepartie. Il suffit de voir le graphique suivant pour apercevoir  une bonne partie du coût de l'immigration pour la France:
 
transferts-avr10-copie-1 
 
 
  De plus il faut rappeler à Mélenchon qu'une large majorité des immigrés en France qui viennent à l'heure actuelle, le font par regroupement familiale, ce n'est pas une immigration de travail. Cette population pèse sur les services sociaux et elle n'a qu'un faible capital. Dans un système économique où le pays connaît déjà des délocalisations, des déficits commerciaux, un déficit sur les investissements directs, et qui ne peut plus émettre sa propre monnaie c'est un véritable suicide économique.  On peut comprendre les immigrés et leurs raison de départ, on peut être humain le plus que possible, mais il faut aussi penser à l'intérêt du pays et de la population française dans son ensemble. Les hommes politiques français et les élus doivent défendre  l'intérêt de leurs électeurs, il est toujours facile de donner de l'argent qui n'est pas le notre ce n'est pas Mélenchon qui subit les effets de ces politiques "morales".  La France n'a pas vocation à être la mère Thérésa de l'humanité, elle n'en a d'ailleurs absolument pas les moyens. Sur la question migratoire je me trouverais donc plutôt du coté de Marine Lepen dans le diagnostique, même si par contre je ne suis absolument pas pour les mesures qu'elle propose comme la préférence nationale dans tout les domaines. Je ne vois aucun candidat à l'heure actuel s'attaquer réellement aux sources de l'immigration, les uns pensant qu'elle est forcement bénéfique, les autres en donnant des solutions qui n'en sont pas à l'image des pseudo-mesures du FN. J'avais moi même tenté de donné une autre approche dans ce texte. Donc au final pour cette première partie du débat, je pense qu'aucun de ces deux candidat ne se s'est réellement montré convaincant sur cette question, même si encore une fois je suis plus proche du FN sur la question du constat globalement négatif de l'immigration.     

 
  Sur les questions économiques qui sont abordées dans la deuxième partie, les deux candidats ne son guère plus convaincant. Si Marine Lepen m'avait bluffé sur certaines questions, notamment sur le changement de la lois Pompidou/Giscard de 73, elle a été relativement mauvaise sur l'argumentation économique au cours de l'émission, faisant montre d'une assez mauvaise maîtrise des questions monétaires par exemple. Si je ne puis que la soutenir quand elle propose de sortir de l'euro, ses arguments pour défendre cette position se sont révélés extrêmement légers. Car dire de l'euro qu'il est responsable de la vie chère est certes vendeur sur le plan de la communication, mais cela reste un argument non recevable et facile à attaquer. Le vrai problème de l'euro on ne le répétera jamais assez c'est que dans un régime de libre-échange totale il empêche la seule forme de protectionnisme commercial possible, la dévaluation. Ce faisant la seule adaptation à la concurrence reste la baisse salariale et la sous-consommation nationale qui se transforme en chômage de masse.  Mais il est plus simple de lire le dernier texte de Jacques Sapir sur cette question de la sortie de l'euro. Cependant faire de l'euro le responsable de tout nos malheur est par essence caricatural et l'on ne suivra pas Marine Lepen dans ce sens, l'euro est un facteur très important mais il n'est pas le seul. Sur cette question Nicolas Dupont Aignan, l'autre pourfendeur de l'euro, est bien plus au point.  
 
    Mélenchon lui semble un partisan du statu-quo monétaire, il est  favorable à une intensification de la construction européenne allant jusqu'à créer un SMIC européen. C'est une position fédéraliste et l'on peut probablement voir là l'influence de l'économiste Jacques Généreux membre du PG. Si théoriquement les solutions fédéralistes sont tout à fait admissibles, dans la pratique elles se révèlent toujours infaisables. C'est au nom de la construction d'un état fédéral que l'on a fait l'euro et que l'on se retrouve dans la situation actuelle. Or comme le dit très justement Jacques  Sapir dans son dernier texte c'est une solution politiquement impossible, les peuples n'en veulent pas.  Le jacobinisme de Mélenchon allié à son universalisme latent, le condamne à ne pas voir malheureusement cette cruelle vérité, il n'y aura jamais d'état européen. On peut toujours en parler dans les bureaux, faire de grands discours, l'Europe ne sera jamais qu'un machin sans tête et sans cohérence dont le seul dénominateur commun ne peut-être que laissez-fairiste. En réalité la seule solution rationnelle est de remettre des frontières que ce soit pour les capitaux, les marchandises ou les hommes. Seule les frontières permettent aux états une réelle politique économique mais Mélenchon et son internationalisme mal compris ne semble pas capable de l'admettre. Ce faisant il est vraiment un idiot utile du capital pour reprendre un terme à la mode.    
 
De plus l'argument massue qu'il emploie contre le retour du franc est passablement malhonnête. En effet dire du retour du franc qu'il provoquerait une hausse de la dette publique alors même que l'on peut très bien transformer la dette en franc avant de faire le décrochage relève de la mauvaise foi. De plus Marine Lepen s'était expressément employé à dire que l'état n'emprunterait plus sur les marchés, mais directement au près de la banque de France, les problèmes d'emprunt sur les marchés internationaux deviennent alors secondaire dans ce cadre. Cet argument est d'ailleurs d'autant plus de mauvais foi, que Mélenchon lui même est pour que l'état emprunte à nouveau directement à la banque de France. Évidemment il ne peut pas dire qu'il est d'accord avec le FN sur ce point, car à gauche on est très tatillon sur les frontières idéologiques, à défaut d'aimer les frontirères nationales. Enfin le coup de l'inflation est risible Mélenchon est suffisamment intelligent pour savoir que l'inflation n'est pas un mal en soit, tout dépend des conditions d'évolution salariale. De plus une inflation sur les produits importés est une bonne chose puisque nous cherchons à relocaliser les activités économiques industrielles et agricoles. Il faut bien augmenter les prix des importations par les taxes ou la dévaluation si l'on veut que le pays n'ai pas de déficit commercial non? Encore une fois si l'argumentation de Marine Lepen est approxiamtive, les contradictions inhérentes aux discours de gauches pris entre la haine des frontières et l'amour de l'égalité sociale font que la lutte est veine. Marine Lepen semble cohérente face à un Mélenchon pris dans le tapis marxiste de l'internationale.   
 
 
 
 
 

 

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 23:00

  330px-Revolution_de_1830_-_Combat_devant_l-hotel_de_ville.jpgLes révoltes du sud de la méditerranée semblent donner une nouvelle jeunesse à l'esprit révolutionnaire de certains partis politiques français. Le NPA s'est par exemple mis à coller des affiches pour que les gens aillent manifester en faveur de la révolution en Tunisie ou en Egypte. Et l'on voit bien nos médias avides de grands chambardement visuels plein d'émotions très télégéniques, s'emballer pour ces phénomènes de révoltes populaires sans trop approfondir les problèmes. Il serait peut-être bon pourtant de prendre un  peu de recule avec l'actualité et de faire montre d'un peu de modestie avant de rentrer dans cette espèce de bulle médiatico-révolutionnaire. Car on nous vend les révolutions arabes d'aujourd'hui comme on le faisait hier avec l'élection révolutionnaire d'Obama, élection historique dont on à vue par la suite à quel point elle était peu révolutionnaire.Et puis si l'on regarde l'histoire les révolutions n'ont que rarement abouti au premier coup et les déstabilisation qu'elles engendrent peuvent produire des effets extrêmement mauvais sur une longue période de temps. Comme le dit l'adage, les révolutions on sait quand  cela commence et rarement quand cela s'arrête, il en a été ainsi pour la révolution française, russe, anglaise, il en sera probablement de même avec ces régions. De plus se gargariser comme le font nos médias des bienfaits de la démocratie alors même qu'elle a pratiquement disparu en Europe à l'heure actuelle, puisque seuls les lobby et les institutions non élus de Bruxelles ont un pouvoir réel, c'est réellement se moquer de l'intelligence humaine. Alors même que l'Europe et les USA sont devenue d'immense ploutocraties, elles ne cessent de se gargariser avec ce terme de démocratie. En réalité plus l'on parle de démocratie et moins on la pratique.

 

La mécanique révolutionnaire

 

    Mais pour en revenir au sujet les révoltes actuelles dans le monde arabes sont liées à plusieurs facteurs, le premier bien évidement c'est la hausse du niveau d'instruction moyen qui se voie en pratique dans le taux de natalité en forte baisse. On sait en pratique que la transition démographique est grandement influencée par le taux d'instruction  des jeunes femmes, même si bien sûr ce n'est pas le seul facteur entrant en jeu. Le deuxième facteur est d'ordre économique et social, la pauvreté est en grande partie provoqué par la forte croissance démographique. Elle même engendrée par la baisse rapide de la mortalité infantile couplée à une natalité plus lente à baisser, ces deux phénomènes  ont  entraîné  une très forte croissance de la population sur une longue période.  Cette expansion rapide de la population a empêché l'accumulation du capital nécessaire en terme d'investissement pour fournir du travail au plus grand nombre. Ces pays subissent également les effets de la mondialisation du commerce et d'une spécialisation  dans des secteurs faiblement rémunérateurs comme le tourisme, l'Egypte par exemple s'est mis à produire du coton pour l'exportation au lieu d'essayer d'être auto-suffisante en matière agricole. On sait par expérience que ce genre de modèle exportateur est l'un des fléaux qui produisent famines et spéculation sur les prix agricoles.

 

A ces problèmes économiques s'ajoute le conservatisme excessif qui caractérise toutes les sociétés traditionnelles et qui a bloqué pendant un certain temps les aspirations du plus grand nombre. En effet la hausse de l'instruction produit également une montée de l'individualisme qui réduit grandement les contraintes sociales en terme de comportement, et même l'islam ne semble pas y résister contrairement à ce que certains peuvent penser. Ces sociétés maintiennent la tradition dans les apparences, mais les supportent en réalité de moins en moins, ce qui produit des comportements schizophréniques de rejets violents, l'attitude des populations allant de la course à la modernité à une amour pour la tradition la plus pure, paradoxe irrationnel en apparence mais traduisant des troubles liées aux changements qui s'opèrent. Ces rejets se font soit envers la société traditionnelle cela se traduit par des comportements complètement antinomique avec la tradition du genre sexe, drogue et Rock'n roll, soit le rejet se fait contre les changements et se traduit par comportement  ultraconservateur valorisant à l'excès la tradition vers une course vers la pureté rédemptrice, dont les organisation comme les frères musulmans sont de parfaits représentant. De plus c'est le monde musulmans qui est le plus antagoniste à la pensé individuelle et aux notions de libertés qui sont le fondement de la modernisation éducative, il est donc normale de trouver dans cette région du monde les populations les réticentes aux changements produit par l'éducation de masse.

 

  Il ne faut par contre pas faire l'erreur de voir dans cette modernisation des esprits une occidentalisation, ce serait clairement se tromper de  chemin. L'individualisme s'il est apparemment née officiellement en occident n'est pas le propre de cette civilisation, c'est quelque chose de profondément encré dans l'être humain, cependant c'est la hausse du niveau d'instruction qui a en quelque sorte révélé cette nature profonde. Autrefois seule une poignée d'individus avait accès au savoir permettant cette émancipation, il a fallu attendre une généralisation de l'instruction pour que cette nature se révèle dans la société dans son ensemble. L'esprit individuel s'est montré en premier en Europe et aux USA, ensuite en Asie et maintenant dans le reste du monde. Cette évolution, cette révélation produit des effets différents suivant les traditions et les coutumes locales plus ou moins compatibles avec elle. Et comme je l'ai dit, c'est dans les sociétés les plus opposées à l'esprit individuel que le choc est le plus violent, car rien dans le discours traditionnel de ces sociétés ne pouvait préparer à  cette modernisation. Aucun mouvement intellectuel, et aucune tradition n'a préparé les populations musulmanes à cette coupure d'avec le monde ancien, d'où les mouvements dans l'excès de ces peuples. L'on peut trouver les comportements les plus déviant dans les pétromonarchies du golfe, avec une orgie de gaspillage ostantatoire, mais on y trouve aussi  les mouvements fondamentalistes les plus rétrogrades. Les uns se nourrissant de la haine  des autres d'ailleurs. A ces mécaniques purement sociales et démographiques s'ajoute un nouvel acteur celui des médias. On ne peut nier les influences des médias masse sur les mentalités, la transmission d'information produisant des amplifications de mouvements populaires incontrôlables. Ces technologies n'existaient pas à l'époque où la France et les pays d'Europe ont eu leurs révolutions et il est bien difficile d'en prévoir les effets. Il peuvent être autant positifs que négatifs seul l'avenir nous le dira.

 

Les conséquences des révolutions arabes

 

Les premiers effets de ces mouvements populaires ne seront pas forcement positifs, on le voit déjà puisque l'Italie vient de lancer un appel à l'aide à l'UE face à des débarquements de réfugiés en provenance de Tunisie.  Ceux qui pensent qu'il suffit de renverser un gouvernement ou un dictateur pour changer la vie de la population se fourrent le doigt dans l'oeil. Car c'est malheureusement beaucoup plus facile de casser un régime politique  que d'en construire un nouveau , surtout lorsque les révoltes sont désorganisées et manquent de soutiens réellement structuré avec une élites sachant où elle va. Ensuite il faut bien voir que les raisons économiques sous-jacentes  de ces révoltes ne changeront pas du jour au lendemain. On sait très bien que les secteurs  de l'industrie touristique et les quelques entreprises délocalisées en Tunisie par exemple, vont avoir des difficultés dans les années qui viennent situation qui aggravera ainsi les causes des mouvements populaires. De plus, même en admettant qu'un système "démocratique" à l'occidentale se mette en place, rien de garantie que les politiques menées amèneront bien à une amélioration réelle pour la population. Un pays comme l'Egypte par exemple est emblématique, ce pays ne couvre que 40% de ses besoins en céréales, le pays a enregistré en 2008 un déficit commercial de 23 milliards de dollars. La plupart des pays du sud de la méditerranée sont incapables de fournir les denrées dont ils ont besoin, le coeur du problème est ici et pas seulement dans leurs régimes politiques. Si un gouvernement est élu mais qu'il pratique les mêmes politiques néolibérales qu'en Europe ou aux USA, il n'y aura aucune amélioration économique dans ces pays. Les seuls états de la région à s'en sortir sont ceux disposant de ressources naturelles leur permettant de subvenir à une croissance démographique  excessive.  On verra d'ailleurs si ces régimes plein de pétrole et de matière première tomberont à la suite de la Tunisie ou de l'Egypte, il y a peu de chance.

 

  Il ya des exemple historique où la démocratie a provoqué des catastrophes à court terme. Ainsi en Russie c'est Boris Eltsine élu au suffrage universel après l'effondrement de l'URSS qui fit des politiques de turbo capitalisme importé directement de Washington, celles-ci ont produit le désastre russe des années 90. Vue l'influence américaine dans le monde arabe on peut sérieusement craindre  que ce ne soit au final des politiques néolibérales qui soient mené par les nouveaux régimes, avec des effets désastreux à terme pour l'Europe voisine en matière migratoire. Si j'étais un peu conspirationniste ou paranoïaque, je pourrais même penser que les USA nourrissent les révoltes locales dans ce but précisément. On peu aussi penser que l'instabilité du moyen-orient est un bon moyen de faire monter le prix du baril de pétrole et donc de permettre aux USA de continuer à arroser la planète de dollars sans risquer une dévaluation brutale de leur monnaie. En effet toutes les nations étant obligées de payer en dollars leur pétrole, toute hausse de cette denrée permet une hausse du dollars ce qui compense les effets des plans de relance de monsieur Obama. Mais de toute façon en admettant même que les révoltes actuelles mettent en place des régimes démocratiques comme nous l'entendons, est-ce que pour autant cela conduira à une amélioration des conditions économiques, rien n'est moins sûr.

 

La démocratie en France on l'attend toujours

 

    Certains voient dans les révolutions et dans la hausse du niveau d'instruction l'entrée dans le monde la démocratie, mot magique pour signifier une société vue comme idéale. Pourtant lorsque nous regardons autour de nous, lorsque nous analysons la façon dont nos sociétés fonctionnent en Europe, nous voyons bien que la démocratie n'est en réalité qu'une apparence.  C'est en France que les contradictions sont d'ailleurs les plus frappante, nous avons un président qui a volontairement contredit la parole du peuple français avec l'aide du parlement au sujet du vote sur le TCE, et le même va nous faire de grand discours sur la liberté démocratique naissante en Tunisie ou en Egypte. Le plus incroyable à mes yeux étant les propos tenus par les oligarques européens. Ils passent leur temps à agir contre les volontés populaires mais ils n'ont pas de mots assez élogieux lorsqu'ils parlent de démocratie. La démocratie dite représentatives a largement montré ses limites que ce soit en Europe ou aux USA et je crois que franchement il va falloir cesser de montrer ces régions en exemple. Nos régimes politiques ne sont en fait que des aristocraties électives, vous choisissez les noms de personnes présélectionnées par des mécanismes obscures mélange de copinage, d'héritage et de bonnes relations interpersonnelles. Le régime chinois est finalement bien plus honnête que le notre puisqu'il ne fait pas semblant d'être ce qu'il n'est pas.

 

  Le plus grave de nos problèmes étant la fusion de plus en plus manifeste du pouvoir économique et politique, phénomène qui est relativement récent en France. Un bon système politique ce n'est pas un système démocratique nécessairement, c'est avant tout un système qui permet à l'intérêt général du pays d'être défendu. Il faut mettre des hommes politiques ayant le sens de la nation et de l'état au pouvoir. Que les états arabes deviennent oui ou non des démocratie à vrai dire ce n'est pas vraiment le problème, la question c'est trouveront il des personnalités capables de trouver des solutions à leurs problèmes économiques. Est-ce qu'il y a d'ailleurs des solutions politiques quand on sait que l'Egypte par exemple est déjà largement surpeuplée? 

 

 

 

 

 

 

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 22:32

consommation.jpg  Nous vivons dans une société étrange, bien plus étrange encore que ce  à quoi  la moyenne de nos concitoyens peut avoir conscience. Nous critiquons nos contemporains pour leur comportement de consommateur obsessionnel, les écologistes ont d'ailleurs développé tout un discours souvent étayé de réflexion tout à fait vrais sur le caractère suicidaire pour l'espèce humaine de la consommation sans retenue. Mais dans le même temps nous sommes bien obligés d'admettre la nécessite de cette même consommation pour la croissance économique. Nous jugeons bien souvent nos contemporain à l'aune des valeurs morales héritées du passé et nous jugeons de ce qui est bien ou mal en fonction des ces valeurs de jugements, certains s'en sont même fait une spécialité. Pourtant sans trop nous en rendre compte, il y a des comportements qui pour avoir été autrefois considéré comme responsables et "moraux", sont devenus dans le cadre de notre propre société et dans son cadre de fonctionnement, bien peu vertueux.

 

  Pour faire simple disons que les vertus nécessaires au bon fonctionnement d'une société moderne ne sont pas nécessairement les vertus qui faisaient la réussite d'une société ancienne. Et c'est probablement ce paradoxe qui nous donne certaines difficultés à accepter des évolutions pourtant nécessaire dans le cadre d'une société d'abondance. Cependant il se pourrait bien aussi que ce cadre ne dure pas et que l'humanité dans sont ensemble soit un jour obligée de réaprendre à vivre dans la rareté avec les vertus qui vont avec.

 

Les vertus d'hier et d'aujourd'hui

 

    Dans l'ancien monde, celui dans lequel l'énergie était rare et couteuse, et provenait principalement des moulins à vent ou de la force animale, la production était sans cesse au coeur des problèmes de la civilisation. Il fallait impérativement ajuster les capacités de production à la consommation du pays ou inversement.  Bien souvent les capacités agricoles étaient pleinement utilisées, et l'éventuelle croissance de la population se transformait souvent en désastre politique, en famine ou en guerre entre peuples. Si le christianisme en Europe a pris tant d'empressement à contrôler les rapports sexuels de ses ouailles, ce n'était pas tant pour faire partager au plus grand nombre les joies de l'abstinence et des vertus acétiques, que pour maîtriser la fécondité et donc in fine la démographie. Quand la capacité de production de biens et de nourriture est constante, il faut bien se débrouiller pour faire en sorte que la demande reste constante sous peine d'entraîner des frustrations et des manques dans les nouvelles générations naissantes en surnombre. Les réflexion malthusienne sont bien nées de cette esprit d'inquiétude quand à la finitude des ressources et le risque de la catastrophe collective. Les vertus traditionnels de la société classique sont née de ces contraintes écologiques et économiques d'un monde en stagnation technique et productive. Être frugale et économe était en ces temps des vertus qui permettaient d'éviter les famines, de prévoir les catastrophes en cas de mauvaise météo pour les récoltes. Les valeurs  familiales, le mariage et les tabous sexuels ont permis de maîtriser la sexualité et d'éviter que la démographie ne se régule que par la famine et les mauvaises conditions de vie. Avant de juger trop durement ces tabous, que les modernes considèrent comme absurde, n'oublions jamais quels  furent leurs fonctions et à quel point les civilisations européennes de contrôle sexuel était finalement bien adapté à une agriculture sans capacité d'expansion importante. Le contrôle sexuel permettait une relative bonne tenue de la démographie sans avoir à subir des famines de façon répété comme dans d'autre civilisation de la planète. 

 

  Ce monde s'est effondré avec l'avènement des progrés techniques et scientifiques rapides, ainsi que grace à l'usage massif des hydrocarbures. C'est la rapidité de  la hausse des gains de productivité qui ont conduit les sociétés occidentales à casser leur valeurs morales traditionnelles. Et contrairement à ce que certains réactionnaires racontent ce n'était pas nécessairement une mauvaise chose car les morales d'hier n'étaient plus adaptées au nouveau mode de production et à la société d'abondance qui s'installaient petit à petit. La grande crise de 1929 qui était la crise d'abondance par excellence, a été finalement le moment de rupture entre la société de rareté et celle de l'abondance dont l'Amérique s'est fait la championne. C'est à cette époque que les techniques marketing, la publicité et les moyens de pousser les gens à consommer toujours plus se sont mis en place avec l'avale et le soutient du monde politique. Si le monde politique a été si prompte à soutenir la rupture sociétale  c'est qu'il fallait bien nourrir la population et faire en sorte que tout le monde ait un emploi. Car dans une société où la productivité ne cesse d'augmenter, il faut soit réduire le temps de travail de chacun, soit augmenter la consommation pour ne serait-ce que maintenir le taux d'emploi. Dans le même temps les progrès médicaux ont produit une hausse phénoménale de la population qu'il fallait bien occuper dans des emplois. Si la société s'est orienté vers une rupture avec les valeurs traditionnelles ce n'était pas par choix mais par nécessité. Alors face à cette évolution l'on peut avoir plusieurs  réactions, l'une consistant à refuser ces évolutions, à les considérer comme des marques de dégénérescence et à préférer la stabilité du monde ancien en détournant des yeux les problèmes que cela provoque, c'est la position réactionnaire qui pullule sur le net des intégristes catho au intégristes musulmans. Une autre façon de voir fut au contraire de caresser ce "progrès" dans le sens du poil en allant toujours plus loin dans la démolition du monde ancien et de ses valeurs, c'est la position libertaire qui alla très loin dans la négation de l'ordre ancien.

 

Il y a pourtant aussi une position plus équilibré qui consisterait à accepter que certaines valeurs ne soit plus aussi acceptables qu'avant sans pour autant toutes les rejeter. Ainsi avec le pilule il est clair que la maîtrise des pulsions sexuelles n'est plus vraiment utile à la maîtrise de la fécondité. De la même manière, la frugalité n'est plus une vertu au contraire même, puisque si tout le monde devient frugale la consommation s'effondre et le chômage explose condamnant des millions de gens à la précarité et à la misère. Ici nous avons même une inversion puisque ce qui était vertu hier est aujourd'hui un mauvais comportement, je suis d'ailleurs moi même un bien mauvais consommateur j'admets mon pêché de frugalité excessive. Par contre l'attaque en règle contre la famille traditionnelle, la haine de l'autorité parentale ou professorale, ou encore la permissivité excessive de bon nombre de comportements individuels au nom de la liberté absolue de l'individu, ne sont pas une nécessite de la société d'abondance mais une conséquence des abus de libéralisme délirant. On peut dans ce cas être réactionnaire sans entrer en confrontation avec des évolutions inéluctables de l'organisation économique et sociale.

 

Les critiques de la société de consommation pensent la plupart du temps qu'elle est le fruit d'une espèce de complot à l'image des marxistes qui analysent le capital comme passant sont temps à vouloir maîtriser la cervelle de la population. S'il y a eu effectivement des mouvements dans ce sens cela ne veut pas pourtant dire que cette évolution n'auraient pas eu lieu sans des types comme Edward Louis Bernays.  La société de consommation n'est pas née d'un complot à l'image des complots massoniques et sionistes d'Alain Soral, elle est née d'une nécessité fonctionnelle. La société de consommation de masse fut le remède collectif contre les effets des progrès de la productivité technicienne, malheureusement elle a de nombreux effets secondaires néfastes. Mais à l'image de la chimiothérapie pour le cancer, ces effets néfastes ne sont rien en regard d'un arrêt du remède qui lui condamnerait la société à mort. C'est pourtant ce que beaucoup d'alternatifs proposent, un arrêt de la société de consommation de masse sans pour autant voir les dégâts terribles qu'une telle évolution provoquerait. Avant de vouloir changer les choses il faut bien y réfléchir à deux fois, et s'il est vrai que la surconsommation est dangereuse à long terme à cause des contraintes physiques de notre monde, il n'en est pas moins vrai que cette consommation a une fonction sociale et collective, même si elle nous parait aberrante. 

 

Pas d'autre solution que la consommation

 

  La société de consommation de masse est laide, elle heurte fatalement le bon sens en poussant les individus à consommer des choses en excès dont bien souvent il n'ont pas réellement besoin. Mais le fait est que pour maintenir nos sociétés en état et pour maintenir la paix civile nous sommes bien obligés de la maintenir cette consommation. Critiquer la société de consommation sans comprendre cette contrainte là, c'est faire ni plus ni moins que des grands discours sans porté réelle. Les vertus de l'ancien monde sont un boulet dans bien des domaines qui contraignent tôt ou tard la société  à exploser socialement. Plus le progrès technique s'amplifie plus nous sommes productif et plus nous devons résoudre l'équation production consommation par des moyens de plus en plus artificiels. On peut pleurer et s'énerver devant tant d'absurdité, devant les gaspillages ou les pollutions mais le fait est qu'à lh'eure actuelle on ne voit pas très bien vers quoi d'autre pourrait tendre la société productiviste.

 

  A cela s'ajoute le cadre de la mondialisation néolibérale qui brouille un peut nos repères tant elle déforme l'évolution normale des sociétés. En réalité il est possible que sans la mondialisation les pays d'occident fussent arrivés à un stade postérieur au productivisme, ils en prenaient peut-être le chemin avant la rupture néolibérale des années 70. Les emplois de services se multipliant, les gains de productivité ralentissaient, sans la mondialisation les pays occidentaux seraient peut-être arrivé à une certaine stabilité. Sans gain de productivité et avec une population stagnante plus besoin de la croissance économique pour maintenir le plein emploi et la stabilité sociale. Malheureusement la mondialisation a un peu brouillé les cartes.  Quoiqu'il en soit il faut bien garder à l'esprit les contraintes issues de l'évolution de sociétés la morales, les vertus sont des codes comportementaux fruit de la nécessité collective, si les nécessites changent alors il est normales que ces codes changent eux aussi pas tous bien sûr mais certains. Plutôt que de rejeter tout changement mieux vaut les accompagner pour qu'ils n'ayant pas dans l'excès ou l'empressement et la bêtise peut les emporter.

 

 

 

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 15:32

        Le FN vient de connaître une rupture fondamentale, une de celles qui comptent vraiment car l'affrontement en Bruno Gollnisch et Marine Lepen ce n'était pas seulement une affaire de personne ou d'héritage, c'était surtout un combat entre deux FN, deux idéologies.  Marine Lepen est un personnage clivant au sein de l'extrême droite française, il suffit pour s'en rendre compte de regarder les réactions sur les sites affiliés au FN, le plus célèbre étant Fdesouche, pour comprendre que la fille du fondateur de ce parti n'a pas que des amis dans la structure du FN. On peut voir dans l'élection de Marine Lepen la victoire des électeurs du FN face à l'aristocratie qui le dirigeait jusqu'alors et qui l'avait fondé. Le FN est un parti qui a ménagé la chèvre et le choux depuis de nombreuses décennies, si ce parti a réussi pendant longtemps à peser électoralement ce n'était probablement pas à cause de ses idées racistes et xénophobes qui caractérisaient une grande partie de son intelligentsia, et cela Marine Lepen en a parfaitement conscience. Car jusqu'à cette élection le FN c'était surtout une structure, un programme  et des idées qui ne correspondaient pas forcement à l'électeur de base moyen qui votait pour lui. En ce sens ceux qui présentaient le FN comme un parti rassemblant les contestataires du système, plus qu'un parti d'adhésion avaient parfaitement raison.  Mais cette donne est semble-t-il en passe d'être changée.

 

      On votait pour le FN parce que le vote blanc n'était pas comptabilisé, et parce qu'il y avait aussi  un discours particulièrement agressif vis à vis de l'Europe et de la mondialisation. C'était une espèce de bras d'honneur fait à tout les biens pensant dont la morale verbale est en générale aussi forte que les effets des politiques qu'ils prônent sont faibles sur leurs propres existences. On est d'autant plus pour la mondialisation et l'immigration, que l'on en subit pas les conséquences, il est toujours facile de faire de la morale verbale assis derrière un bureau et planqué dans un métier surprotégé avec une retraite et un niveau de vie garanti.  Il y avait bien sûr dans le paquetage idéologique du FN des propos et des idées limites en matière de racisme, et des amalgames sauvent puant, mais je ne crois pas que cela fusse jamais réellement le point qui faisait le moteur du FN électoralement. Et c'est une grave erreur d'analyse que de croire que les gens votaient FN uniquement pour les questions de délinquance et d'immigration, même si ces sujets sont important, comme le font les imbéciles de l'UMP qui tentent aujourd'hui de freiner la poussé de Marine Lepen en droitisant leurs discours.  Avec Marine lepen arrive un nouveau FN capable d'exorciser ses vieux démons, du moins dans le discours, et les technocrates débiles lui donne pourtant sans arrêt de nouveaux arguments de choix. Car après avoir laissé la nation, le protectionnisme, l'immigration et le discours anti-euro au FN voilà maintenant qu'ils lui laissent aussi la question de la laïcité qui est pourtant un des derniers socles de la république française.

 

Marine Lepen la seule dissidente a malheureusement être vraiment audible

 

      Et malheureusement il ne faut pas trop compter sur les médias pour freiner cette poussé de Marine Lepen, au contraire ils l'alimentent, soit en l'attaquant de façon tellement grotesque et ordurière qu'elle en ressort renforcée. Soit parce qu'ils n'invitent jamais les personnalités républicaines qui pourraient justement répondre aux angoisses légitimes des français  sur toutes les questions importantes, et ce, sans pour autant tomber dans l'excès et la caricature. A trop vouloir éviter les problèmes et les sujets qui fâchent, les médias et les hommes poltiques du centre ont fabriqué un monstre près à les dévorer. Car n'en doutons pas, elle en a les moyens, elle fait des scores dans les sondages absolument énormes, à une distance pourtant encore importante des élections. Contrairement à son père elle n'a pas de casseroles de la guerre d'Algérie ou des propos malheureux qui lui collent aux pieds. Bien sûr on continu à imaginer qu'il n'y a pas de poussé du FN pour se rassurer, j'ai même entendu Emmanuel Todd dans cet entretient le dire. Je crains qu'il ne se trompe ici, comme il s'est malheureusement trompé avec Nicolas Sarkozy et ce pour les mêmes raisons. Il pense que Marine Lepen se résume à son père et à ses idées qu'elle marque des points sur la stigmatisation des immigrés.

 

  Pourtant  Marine Lepen a un discours économique qui plait aux français et qui a le mérite d'une certaine cohérence quoiqu'on en pense. Elle rend public des thèses défendues par d'autres alternatifs y compris Emmanuel Todd lui même. Cependant elle a clairement  l'écho le plus grand dans les grands médias et un grand talent oratoire. Les gens l'écoutent et ils entendent des solutions à leurs problèmes qui ne sont pas impraticables contrairement aux discours marketing de l'UMP et du PS. Elle parle de la dette publique et de son effacement par monétisation, elle parle de protectionnisme, de régulation de l'immigration, elle parle de l'euro trop cher et de la nécessité d'en sortir. Son discours ne se fait pas sur la peine de mort ou l'avortement, ni sur les grandes lignes de l'extrême droite classique. C'est pourquoi elle est autant attaquée par des gens de son propre camp électoral. C'est surtout çà qui fait monter Marine. Et en plus elle tient un discours  républicain classique sur la laïcité, qu'une gauche qui s'est enfermée toute seule dans le piège multiculturelle ne peut combattre qu'à grand coup d'islamophobie. Marine Lepen est devenue dans l'imaginaire français la grande laïque face au communautarisme religieux ce qui est étonnant pour une candidate d'extrême-droite jadis catholique. Et cela Todd et une certaine gauche ne le voit pas, il est vrai aussi que Todd ne voit pas non plus la monté du communautarisme religieux ceci expliquant peut-être cela.

 

  A mon sens elle dit aussi beaucoup de bêtises et fait des confusions, elle vient par exemple de nous ressortir la vielle idée de l'étalon or. Quelque soit le respect que l'on peut avoir pour le général De Gaulle et Jacques Rueff qui l'avait conseillé sur cette question,voilà bien une chose qui serait catastrophique à l'échelle mondiale. Je l'avais longuement exprimé dans ce texte  d'ailleurs. Elle donne l'impression désagréable de manger à tout les râteliers alternatifs confondant parfois des idées contradictoires. Vouloir sortir de l'euro tout en prônant le rétablissement l'étalon or, tout seul dans notre coin, voilà bien une idée qui conduirait la France à la catastrophe.   A moins d'imaginer des monnaies se dévaluant régulièrement face à cette étalon qui de par sa nature stagnante empêcherait autrement toute augmentation pourtant nécessaire de la masse monétaire. Car si l'étalon or permet l'égalité dans l'échange, il est aussi un système qui casse complètement les politiques de relance et il produirait à l'échelle mondiale une déflation par manque de monnaie en circulation. Cependant ces approximations il ne faut malheureusement pas trop compter sur les journalistes pour les relever tant ils sont inaptes pour la plupart à l'usage de la simple raison. Et dans le personnel politique français ayant accès massivement aux médias, on ne voit pas non plus qui pourrait vraiment affronter Marine Lepen sur ces questions. Seul des gens comme NDA ou Chevènement le pourraient, mais le premier fait des scores infinitésimaux dans les sondages et le deuxième est trop âgé pour vraiment inquiéter la star montante du FN. Chevènement est d'ailleurs lui aussi pétrie de quelques contradictions à l'image du PS qu'il continuera à soutenir contre vents et marées, on entendra jamais le Che prôner la sortie de l'euro par exemple alors même qu'il en connaît parfaitement les effets négatifs. Les contradictions et les erreurs de Marine Lepen sont souvent techniques, là ou les erreurs de ses adversaires sont fondamentales, c'est moins grave mais cela traduit peut-être à mon avis un manque de fond qui provient d'un effet de communication ou d'une certaine malhonnêteté.

 

  Et là on en vient toujours à la grande question, Marine Lepen est-elle sincère dans ses propositions ou est-ce qu'elle fait du Sarkozy bis ou plus exactement du Guaino bis, c'est à dire une accumulations de propositions contradictoires visant à plaire à un maximum de monde sans se soucier de l'application. Veut-elle le pouvoir pour le pouvoir à l'image du président actuel, ou veut-elle vraiment sauver la France de la catastrophe qui nous pend au nez?  Difficile à l'heure actuelle de répondre à cette question, ce qui est sûr c'est qu'elle sera probablement la révélation politique de 2012 et les diverses crises qui pourraient se produire d'ici là ne feront probablement que la renforcer. On ne voit malheureusement pas poindre le début d'une alliance entre les républicains et les gaullistes que certaines avaient pourtant appelé de leur voeux. Ce serait pourtant la seule machine capable d'arrêter cette poussé et au passage de donner enfin un espoir électoral aux français. Peut-être que l'éventuel présence de DSK comme candidat socialiste ferait changer les lignes comme le dit Laurent Pinsolle sur son blog, le MRC de Chevènement ou le PG de Mélenchon renonçant alors à influer sur un PS définitivement libérale avec ce candidat. Alors peut-être une alliance DLR-MRC-PG pourrait naître et des espoirs avec, les écologiste sincères opposés au libre-échange et abandonnant leurs illusions d'Europe écologie pourraient même se joindre au cortège. Mais le plus probable est quand même une vampirisation de l'électorat potentiel de cette hypothétique union par le nouveau FN  maintenant débarrassé de ses boulets d'extrême droite. Alors resterait l'hypothèse d'un NDA ou d'un Chevènement essayant d'influer sur le FN, en le rejoignant par exemple, dans ce cas évidemment la capacité d'influence dépendrait tout de même des scores et du poids dans l'électorat.  Il n'est d'ailleurs pas impossible que Marine Lepen propose ce type d'alliance pour donner des cautions de bonnes intentions à l'électorat français le plus inquiet du poids grandissant du FN. De toute façon nous verrons bien ce que l'avenir nous réserve et la route est encore longue pour 2012 d'autant que la crise de l'euro risque entre temps de bouleverser le paysage politique.

 

 

 

 

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 20:52

    sacriz.jpgLe dernier texte de Nicolas Dupont Aignan concernant les problèmes tunisiens me pause quelques problèmes conceptuels. En effet NDA est un gaulliste et quelqu'un d'attaché théoriquement à la souveraineté des peuples et des nations. Or dans son dernier texte il perd en partie de vue ce principe de base de la non ingérence dans les affaires d'autres nations. Le général n'était il pas le premier dirigeant occidental à traiter avec la Chine communiste? N'a-t-il pas conclu des rapprochements avec l'URSS bien que ce régime ne fut pas vraiment un de ses préférés. Il disait même que la Russie finirait par boire le communisme ce qui se révéla exacte à long terme. On peut traiter avec un régime sans pour autant le soutenir et il est à mon sens bien dangereux de s'impliquer dans les affaires des autres, c'est d'ailleurs quelque part dénier à ces peuples leur capacité à changer leur propre destin. Respecter l'indépendance des nations c'est aussi ne pas s'impliquer dans les affaires de révolte et de changement de régime, même si l'on est au fond de soit plutôt pour les insurgés. L'on peut éventuellement protéger des réfugiés et protéger des dissidents lorsqu'ils se réfugient sur notre sol, mais l'on ne doit jamais agir en soutenant tel ou tel parti à l'intérieur d'une nation étrangère. Au passage les propos tenus par nos dirigeants au pouvoir sont quelques peu déconcertant, puisqu'ils soutiennent ,eux, le pouvoir tunisien en place, faisant de l'ingérence d'une autre manière. Ainsi  Michèle Alliot-Marie vient de proposer une coopération sécuritaire avec le pouvoir tunisien, violant de façon flagrante le principe si sage de non-ingérence, et ce, au moment même où la police tunisienne tire à balle réelle sur les manifestants. Nicolas Sarkozy et ses sbires ont ils envient  d'entraîner la police française pour de futures pratiques sur notre territoire? 

 

L'ingérence un danger absolu

 

  L'expérience de ces vingt dernières années nous enseigne pourtant  que derrière de droit d'ingérence se cache souvent  en réalité des affaires d'intérêts plus ou moins obscures et bien éloigné des buts officiels. Que ce soit en Yougoslavie,  en Irak ou en Afghanistan à chaque fois ces aventures malheureuses se sont retournées contre nous et ont fini en catastrophe. Aggravant souvent les situations locales et créant des injustices que nos pays n'ont pas fini de payer en matière d'image internationale. La doctrine interventionniste typiquement américaine à infiltrer nos propres dirigeants européens qui avaient pourtant autrefois bien conscience des dangers liés à ce type de pratiques.  Que de guerres pratiquées au nom du bien, de la justice, de la démocratie, la fin du 20ème siècle fut une orgie de guerres "justes" aux conséquences désastreuses. On pourrait remarquer que les guerres coloniales furent elles aussi des guerres justes, nous allions apporter la civilisation à tout ces primitifs qui ne savaient pas quel chance ils avaient. Et au passage bon nombre d'européens se sont enrichi grâce à ces aventures aussi ruineuses pour leur patrie d'origine, qu'elle furent catastrophiques pour les peuples colonisés.

 

  Les aventures à l'étranger cachent souvent des intérêts économiques particuliers, rarement dans l'intérêt réels des nations qui les pratiquent, mais plutôt dans l'intérêt de tel ou tel groupe influant et proche du pouvoir. La France-Afrique fut caractéristique de cette réalité et il s'agit d'une chose que les français dans leur ensemble condamnerait si on leur demandé leur avis sur la question.  Maintenant il est vrai aussi que dans le monde réel il y a des conflits d'intérêts entre puissances et qu'il est vrai que si la France avait des scrupules à intervenir en Afrique ou ailleurs, d'autres comme la Chine ou les USA ne se gêneraient pas. Il me semble tout de même qu'il est du devoir de notre nation, de son esprit, et de son génie, que de faire en sorte que les autres puissances ne s'ingèrent pas non plus dans les affaires des pays les plus faibles. En dénonçant et en utilisant tout les moyens possibles pour faire obstacle à ces ingérences. En ce sens l'action  interventionniste n'a de sens pour la France que si sa vocation historique est respectée, c'est à dire si elle permet aux autres peuples de se défendre contre les ingérences extérieures. Lorsque la France donne des armes permettant à des nations d'éviter des agressions ou lorsqu'elle permet l'indépendance d'autre nations par telle ou telle politique alors elle joue son rôle historique. Lorsqu'elle use de son influence et de son ingérence pour des intérêts bassement pécuniaires ou mafieux, elle fait honte à son prestigieux passé et à sa fonction géopolitique.

 

Le Maghreb instable

 

      Mais n'y a-t-il pas des exceptions à ce devoir de non ingérence, hors cas de contre-influence étrangère et impériale? Ainsi  certains objecteront, à juste titre, qu'il n'est pas dans notre intérêt de voir l'Afrique du nord plonger dans le chaos et qu'il vaut mieux le statut quo actuel que l'instabilité politique ou pire la mise en place hypothétique de régimes islamistes. Il est probable que nos dirigeants soutiennent à l'heure actuel les régimes d'Afrique du nord essentiellement pour cette raison, à savoir qu'ils ont peur que des barbus prennent le pouvoir en Tunisie ou pire en Algérie. Dans cette hypothèse on imagine déjà à Paris un flot de réfugiés, avec les tensions déjà importantes sur le sol français qu'ils y a entre les nord africains et le reste de la population, on peut imaginer aisément une véritable explosion de violence sur notre sol. Cependant il y a deux objections à faire à cette hypothèse:

 

    En premier lieu nous ne sommes plus dans les années 80, contrairement à l'idée répandu en France, on assiste dans le monde musulman à un reflux des religieux et de leur pouvoir. Ils sont d'ailleurs d'autant plus vociférant qu'ils sont incapables d'empêcher leur pays d'évoluer, en ce sens bien qu'étant moins angélique qu'eux, je pense que la thèse de Todd et de Youssef Courbage sur le reflux de la pratique religieuse est la bonne. La Tunisie par exemple a un taux de natalité inférieure à la France aujourd'hui, l'Algérie est à 2.1 et le Maroc à 2.2, ces pays sont en passe de tomber à des niveaux trop bas de natalité, signe d'une évolution majeure dans la façon de vivre et d'appréhender les rapports familiaux. La poussé islamiste est une espèce de chant du cygne d'un monde qui se sait condamné mais qui ne l'accepte pas, minoritaires, les islamistes auront bien du mal à prendre le pouvoir dans ces régions. On assiste même à des poussés laïques en Algérie et dans plusieurs pays musulmans. L'Azerbaïdjan vient par exemple d'interdire le voile dans les lieux publics allant ainsi largement plus loin que la législation française, poussant à des manifestations d'indignations chez les musulmans les moins modérés du pays.

 

Dans un bon nombre de pays musulmans on assiste à une véritable attaque contre les traditions islamistes et même chez les états les plus religieux officiellement, la religion donne des signes de faiblesses. L'Arabie Saoudite a elle aussi un taux de natalité qui s'est effondré, les jeunes femmes veulent faire des études et rejettent le modèle de la femme pondeuse que certains aimeraient qu'elles restent. Bien sûr la rupture ne peut pas être directe, on s'affiche d'autant plus musulman que l'on pratique moins, le voile explose au moment même où la population pratique beaucoup moins en réalité. On assiste donc à la monté d'un islam d'apparat transformé en une mode vestimentaire mais oubliant totalement le fond des choses, un islam qui fait l'apologie de la chasteté féminine mais qui regarde les films pornos en cachette. On va taper sur les chrétiens et les minorités religieuses pour montrer sa force islamique mais cela ressemble plus à de l'impuissance qu'à une démonstration de force. A l'image de l'Amérique décadente qui s'attaque à de micro-états pour faire croire en sa toute puissance alors même qu'elle se fait doubler par d'autres régions du monde.  Il y a peu de chances donc que la Tunisie ou l'Algérie ne deviennent des pays islamiques, cependant cela n'exclue pas non plus des périodes d'instabilité économique et politique. Mais franchement vue l'état économique de la majeure partie de la population de ces pays, cela ne pourra que s'améliorer par rapport à la situation actuelle. Une étude récente révélait qu'une majeure partie des jeunes d'Algérie voulait quitter le pays, le problème est donc déjà là pour la France et l'Europe. En réalité le pire des  choix possible c'est celui du statu quo justement, celui qui a été fait ces vingt dernières années et dont on voit aujourd'hui le résultat. Et ce statut quo ne nous a pas non plus épargné les mouvements islamistes qui ont au contraire été stimulé par la léthargie économique et le chômage de masse de ces pays.  Bien loin d'être un risque pour la France c'est peut-être au contraire une chance inespérée de voir la situation de ces pays devenir meilleur et donc par ricochet un moyen pour la France de résoudre ses problèmes migratoires.

 

    Ensuite la méthode de l'ingérence à toujours des effets secondaires négatifs, la France qui se met à défendre un régime dictatorial au moment même où celle-ci fait semblant de défendre le suffrage universel en Côte d'ivoire voila bien un paradoxe que seule une politique faite de petits intérêts peut produire. En évitant de nous infiltrer dans les affaires des autres, nous éviterions en même temps ce genre de politiques contradictoires, en ces temps de communication ultra-rapide il n'y a pas mieux pour déconsidérer une politique étrangère. Ensuite plutôt que de dire aux tunisiens ou aux algériens ce qu'ils devraient faire, nous devrions leurs donner un but collectif, un horizon à atteindre, une perspective de long terme. Ce que je dis là bien évidement ne serait valable que si la France était encore gouvernée avec autre chose que des plans comptables et des bureaucrates. C'est un projet comme celui que j'ai présenté récemment une union euro-méditerranéenne qui pourrait donner cette possibilité d'évolution et d'espérance. Au travers la création d'une zone de réelle coopération et non cette mini OMC que constitue l'UE,  nous pourrions établir des plans de croissance et de plein emploi pour ces pays. Grâce à des politiques économiques astucieuses faites de protectionnisme, d'équilibre des balances des paiements, de politique d'amélioration salariale et d'investissements productifs, nous pourrions résorber le chômage de ces pays et les pousser à évoluer tranquillement. Tout  comme le firent en leur temps l'Espagne, le Portugal et la Grèce avant que l'UE ne deviennent cette chose néolibérale. Plutôt qu'une ingérence et un rapport de force donnons leur la main pour résoudre en premier leur problèmes concrets car ces pays sont en concurrence avec l'Asie tout comme nous, ils subissent de plein fouet l'anarchie mondiale. En changeant nous même de politique  macro-économique et en créant cette union méditerranéenne, nous pourrions éviter des drames et en même temps bénéficier d'un plus grand dynamisme économique autour de la méditerranée.

 

 

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 22:42

      Deux grands événements secouent à l'heure actuelle le continent noir. Tout d'abord la guerre que ce livre les deux prétendant à la présidence ivoirienne la vidéo ci-dessous d'un grand spécialiste de l'Afrique Bernard Lugan nous renseigne sur la réalité de terrain. La démocratie ivoirienne est rongée par l'hétérogénéité territoriale, il n'y pas de peuple ivoirien donc la démocratie se transforme en plébiscite ethnico-religieux. Les gens votent pour leur clan ou leur ethnie par pour les idées ou le programme que défendent les participant aux élections. C'est une nouvelle preuve que la démocratie ne peut pas exister dans une société trop divisée, il faut un tronc commun dans lesquels les habitants se reconnaissent pour qu'ils acceptent d'être minoritaire aux élections. La CI nous rappelle en définitive les conditions pour qu'une démocratie puissent fonctionner, il faut d'abord un peuple uni. Les nations multinationales sont en réalité très rares y compris en Europe, il n'y en a en réalité qu'un seul qui fonctionne il s'agit de la Suisse, la Belgique étant en voie de désagrégation.  

 

 

 

     Le deuxième grand événement c'est la création d'un nouvel état, le Sud soudan, cette région se séparant là encore d'une entité politique, le Soudan à laquelle elle ne  reconnaît aucune légitimité. Là encore la démocratie produit coupure et séparation des peuples, pour que le pays dans lequel s'exprime cette démocratie atteigne une certaine homogénéité territoriale.  C'est le mythe de la société démocratique et multiculturelle qui en prend un coup au passage, car il n'y a pas lieu de penser que cela se passerait autrement en Europe. Dois-je rappeler que notre continent s'est déchiré durant deux siècle depuis la révolution française pour obtenir des frontières à peu près reconnue par tous sous l'effet de l'arrivée de la démocratie et du nationalisme. Il arrive aujourd'hui à l'Afrique ce qui s'est produit en Europe avec la monté des niveaux scolaires et l'apparition des croyances nationales et démocratiques. Chaque peuple entend devenir maître chez lui et ce faisant nous assistons à l'explosion du nombre d'état il ne faut pas nécessairement s'en inquiéter au contraire même. 

 

 

 

  Dans la vidéo ci-dessous Eric Zemmour se moque du nouvel état du Sud Soudan, il y voit une décomposition en de micro-état sans avenir. Je ne suis pas du tout d'accord avec lui, je crois au contraire que ce mouvement préfigure peut-être la naissance d'états réellement viables en Afrique. Et la viabilité ne vient pas des ressources ou  de la taille de ces derniers mais de la cohérence de la population qui habite ces nouvelles nations. Si effectivement l'Afrique voit apparaître de nombreux petits états ces derniers, grâce à leur cohérence interne, pourront plus volontier se consacrer à leur développement en lieu et place de conflits ethniques s'éternisant. Comme le disait notre cher Régis Debray les frontières ramènent la  paix, mieux vaut de petits états homogènes que de grands états en guerre civile comme ce fut longtemps le cas au Soudan. Et ce qui peut paraître à première vue comme une régression est en fait le plus sûr chemin pour une paix durable. Certes elle sera malmenée, mais une fois acceptées, ces frontières et ces cohérences  géo-frontalières permettront j'en suis sûr un vrai développement. Le paradoxe c'est que l'unification de l'Europe nous conduit à la guerre de tous contre tous au moment même où la division de l'Afrique  ramène la paix sur ce continent voilà une parfaite démonstration des idées de Régis Debray et de son éloge de la frontière.  Je tiens à signaler au passage la très belle analyse du livre de notre philosophe anciennement moustachu sur le blog de Jean-Paul Brighelli.

 

 

Les conséquences  de la conférence de Berlin de 1884

 

Afriquecoloniale.pngL'Afrique a deux grands problèmes le premier est la question démographique que je n'aborderai pas ici mais qui l'un des vrais moteurs de la misère africaine. Une expansion démographique qui est la plus rapide de toute l'histoire de l'humanité a rendu tout développement sérieux impossible. On peut espérer cependant que l'enclenchement de la transition démographie ramènera rapidement la natalité à des niveau compatible avec le développement humain. Le deuxième problème de l'Afrique est la rupture historique produite par les ingérences étrangères sur son sol par le colonialisme et l'esclavage arabo-occidentale. En effet, difficile de développer une civilisation lorsque l'on pille une partie de votre population pendant des siècles. Les arabes ont pratiqué l'esclavage pendant 800 ans et les Européens ont complété le massacre. L'autre problème c'est que le commerce de l'esclave était aussi culturel à certains peuples d'Afrique, il y avait des noirs qui faisaient commerce d'autres noirs. Cette perte humaine n'a pas été sans effets sur l'évolution du continent et sur la faible démographie  qui fut la sienne jusqu'à nos jours. Or sans une densité de population suffisamment élevée les civilisations avancée ne peuvent pas apparaître. Tant que Les gens peuvent vivre de chasse et d'une agricultures comme la culture sur brûlis qui nécessite le nomadisme et non l'implantation il n'ont aucune raison de bâtir des structures organisées de grande ampleur. Il y a un lien entre civilisation et densité de population, le manque de bras provoqué par les saignées esclavagistes ont sûrement été un frein en terme de civilisation à long terme.

 

    Ensuite l'autre grande catastrophe fut le découpage territorial opéré par les puissances occidentales au 19ème siècle. La situation de la cote d'Ivoire ou du Soudan provient de ce traçage de frontières artificielles qui fut entériné à la conférence de Berlin en 1884 et dont la carte que vous pouvez voir montre l'organisation. Les Européens ont coupé des peuples en morceaux et les ont mélangé dans des entités étatiques complètement déconnecté de toute cohérence populaire.  Tant que les puissances Européennes étaient là cela ne posait pas de problèmes, mais dès que nous sommes partis ce fut l'explosion qui était  bien prévisible. En réalité ce genre de chose s'est produite sur notre propre continent, puisque nous aussi nous avons eu des empires multinationaux qui lorsque le nationalisme et la démocratie sont arrivée ont explosé. Le plus célèbre exemple fut l'empire des Habsbourg dont l'Europe n'a pas encore effacé les conséquences, la guerre de Yougoslavie fut en fait un lointain écho historique de cette structure multinationale. La grosse différence entre l'Afrique et l'Europe c'est que les nations incohérente dont l'Afrique est l'héritière sont des importations alors que nos empires multinationaux était des produit purement européens. Par conséquent si l'Europe veut vraiment aider l'Afrique, elle devrait organiser une nouvelle conférence de Berlin dans laquelle les cartes et les états africains seraient  redessinés de façon à correspondre aux réalités humaines de ces peuples. Ce serait le seul moyen pour éviter les effusions de sang tel qu'on a pu en connaître sur notre continent ces deux cents dernières années produit par la reconstruction d'entités homogènes. Si nous ne voulons pas ou nous ne pouvons pas le faire, alors le mieux est de laisser les africains s'organiser eux mêmes quitte à voir se multiplier les états et les conflits. Il faut espérer qu'en tel cas l'Afrique mettra moins de temps que l'Europe pour trouver un équilibre stable en matière frontalière.

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