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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 22:53

VieuxArbresUn texte intéressant vient d'être publié par Jean-Jacques Chavigné sur le sujet des retraites. Un texte intéressant sous plusieurs aspects. Il dit décrit les réformes actuelles comme hypocrites et usant de faux arguments, il fait d'ailleurs mouche sur le système par capitalisation. Ce dernier est une escroquerie intellectuelle qui visent à faire croire que chacun peut accumuler un petit pécule pour ses vieux jours et donc que son futur revenue de retraité ne dépendrait pas du nombre de d'actif.

 

C'est totalement faux la santé globale d'une économie à nécessairement un impact sur les valorisations boursière à plus ou moins long terme, tout comme la valeur de la monnaie du pays. Une société qui voie sa population active se contracter est forcement moins dynamique économiquement, ce qui ne peut qu'avoir un effet négatif sur les valorisations boursières. Les charlatans qui font croire que la retraite par capitalisation est une solution devraient être mis au piloris, surtout que les fonds de pensions US ou Britannique ont montré par l'absurde l'invalidité de la chose comme le montre cet article par exemple. Sur ce plan le texte de monsieur Chavigné est donc vrai et il serait bon en France de condamner toute dérive vers le système par capitalisation. Le système par répartition est celui qui est le plus proche de la réalité physique de l'économie à savoir que ce sont toujours les actifs qui payent pour les inactifs quelque soit le système organisé derrière.

 

Mais Chavignié tombe ensuite dans l'erreur, à mon sens, en faisant de la prospective économique quelque peu aventureuse. Il affirme que la richesse française doublera au moins d'ici 2040 et que cela doit être pris en compte dans le calcul des futurs retraites. Il prend comme hypothèse une croissance que l'on peut juger faible de 1,7% par an pour faire ses calculs.

 

Il s'agit d'un argument habituel, qu'Emmanuel Todd avait lui même employé d'ailleurs, puisque le travail continuera à être de plus en plus productif le paiement des retraites ne sera pas un problème même si la population active décroit en proportion de la population totale. Dans l'absolu cet argument est tout à fait vrai, mais si l'on regarde l'évolution de l'économie française actuelle on ne peut qu'être plus pessimiste sur la futur croissance française.

 

Le contexte économique mondial à changer depuis trente ans nos pays connaissent une baisse continue de leur croissance économique depuis la mise en place du libre-échange généralisé et du système monétaire à change flottant soit depuis 1974. La baisse de la croissance en France est très importante, au delà des cycles ont peut constater une baisse continue de cette croissance au fil du temps. Depuis 1991 la seule période de croissance économique relativement forte fut de courte durée de 1997-2001 en dehors de cette période lié à la forte baisse des monnaies européennes face au dollars, la croissance fut faible et souvent inférieure à 1,7% chiffre retenue par Chavinié.

 

Croissance-francaise.png

Si l'on se projette à long terme la France se rapprochera de la croissance nulle à brève échéance.

  D'autant qu'il faut bien voir l'accélération de la désindustrialisation française, elle devient de plus en plus visible dans la balance commerciale française qui connait un trou sans cesse croissant comme le montre le tableau suivant. On remarque que la hausse de l'euro n'y est probablement pas pour rien, et que le déficit commercial correspond à l'arrivée de la droite au pouvoir en 2002....

 

 CommerceExtfr.jpg

 

On remarque d'ailleurs en comparant les courbes du commerces extérieurs et celle de la croissance que le lien que font certains entre commerce et croissance économique est complètement faux, il n'y a aucune corrélation entre les deux courbes. Alors que notre commerce extérieur n'a cesser de croitre en valeur (importations + exportations) la croissance de notre PIB n'a pas varié de la même façon. Et depuis 2002 notre déficit commercial s'accroit dangereusement signe indubitable d'une incapacité à produire ce que la population française consomme. La France est en train de rattraper la GB, USA, ou encore l'Espagne dans les pays les plus accrocs aux déficits commerciaux. Signe d'une désindustrialisation massive, or rappelons qu'un pays ne peut pas connaître un déficit commercial indéfiniment, à un moment donné il faudra rééquilibrer la balance commerciale. On remarque également la fameuse coupure de 1974 que notre prix nobel Maurice Allais a mis en avant dans sa critique du libre échange.

 

  Bien sure on pourrait imaginer une dévaluation ou une politique protectionniste qui permettrait une contraction des importations par une substitution de produits nationaux. Le problème c'est que ce type de politique est à l'heure actuelle impensable pour nos élites, et qu'elles sont persuadées que le protectionnisme c'est le mal incarné, que les échanges internationaux sont toujours bons pour la croissance, ce que pourtant, les graphiques précédents démentent, mais bon les idéologues n'ont que faire du réel.

 

Donc la seule chose qui se produira si l'on suppose une non remise en cause des politiques monétaires, douanières et européennes, c'est que la balance commerciale se rééquilibrera par contraction de la demande intérieure française. Quand, comment, impossible de le savoir mais l'exemple US qui vient de connaître une baisse de moitié de son déficit extérieurs grâce à l'explosion du chômage et l'effondrement de la bulle immobilière  nous montre ce qui l'adviendra de notre pays lorsque le moment sera venu. L'augmentation du chômage français de 2009 ne fut qu'une mise en bouche. La France fait aujourd'hui illusion grâce à ses mécanismes sociaux qui maintiennent une certaine stabilité de la demande mais le résultat est un accroissement continu du déficit extérieur qui ne manquera pas de poser problème.

 

Il y a donc fort à parier que la France ne connaitra pas de croissance à 1,7% comme le suppose Chavignié, il est même possible que la France et la plupart des pays d'occident connaissent des baisses durables de leur niveau de vie dans la décennie qui vient. Nos pays vont voir progressivement leur niveau de vie s'aligner sur ceux des pays du tiers-monde, dans ce contexte il est complètement illusoire de croire en la survie des système sociaux issus de pacte d'après guerre. Le système des retraites comme celui de la sécurité sociale n'ont pas été créer pour des sociétés sans industries avec de forts taux de chômage.

 

L'impasse dans laquelle se trouve la plupart des pays développé est d'ailleurs soulignée maintenant par les économistes officiels, ainsi cette très intéressante note de la banque Natixis qui montre la prise de conscience au niveau institutionnel.

 

  Encore une fois sans pour autant en faire l'alpha et l'oméga de toute politiques économiques, le protectionnisme commercial est un instrument primordiale pour qui veut sauvegarder notre système social. Vouloir combattre l'idéologie néolibérale sur le système des retraites c'est très bien, mais il faut indiquer une vue plus large. Mettre l'articulation entre le plein emploi et les retraites, pas de protectionnisme, pas de retour au plein emploi, donc risque grave pour la solidarité sociale. Il est en plus certains que les réformes du système de retraite ou l'augmentation de la durée de cotisation, seraient bien mieux acceptées si la population n'avaient pas l'impression que l'on met la charrue avant les beaufs, si je puis dire.

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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 23:48

Carte_Chine.gif

 

   Depuis le début de la crise économique mondiale en 2007, mais surtout depuis la prise de conscience dans l'opinion public de cette crise, nos politiciens et nos économistes se sont lancé à tours de rôle dans fantasme chinois. La Chine puissance mondiale et ses 1,3 milliards d'habitants font plus que jamais rêver une élites occidentales qui ne semble plus rien comprendre au monde qui l'entoure. Quel est donc le moteur de base de la croissance chinoise: les exportations

 

 exc

Un coup d'œil à ce simple graphique résume toute l'absurdité de la Chine comme moteur de la croissance mondiale. Prendre la Chine comme moteur c'est un peu la même chose de que demander à un cycliste de compter sur son vélo pour avancer tout seul. D'autant que même si la Chine a pris du poids économiquement parlant son PIB reste largement inférieur à celui des USA de l'UE ou du Japon.

 

 

Japon

USA

Chine(2009)

Allemagne

PIB(2007)

4295Md$

12561Md$

3300Md$

2829Md$

 

  Ce tableau fait un petit comparatif le PIB de l'UE qui n'apparait pas ici est équivalent à celui des USA . On voit donc bien que la Chine a elle toute seule ne peut pas tirer la croissance mondiale et ce même si elle le désirait, même avec une croissance de 10% cela ne ferait qu'une hausse mondiale du PIB de 330 Md$ ce qui est largement insuffisant pour combler la contraction du PIB US par exemple. 1% de croissance US cela représente 125Md$ supplémentaire à la croissance mondiale, la Chine doit faire 5% de croissance pour obtenir le même volume,et une croissance chinoise à 10% est équivalente à une croissance de seulement 2% pour la l'UE ou pour les USA. Nos élites sinophiles devraient donc essayer de revenir à l'école primaire pour réapprendre le principe des proportions car ils ont quelques lacunes en la matière.

 

Il est de plus grotesque de vouloir que la chine importe plus de produits commerciaux occidentaux. Et ce pour au moins deux raisons:

 

  1- L'une est lié au protectionnisme, sous toutes ses formes, que pratiquent les chinois, la Chine favorise systématiquement les producteurs locaux et oblige aux transferts de technologies. D'autre part la chine a une monnaie dont on reconnaît aujourd'hui qu'elle est largement sous-évalué. Le protectionnisme monétaire est d'ailleurs une constante en Asie, le Japon, puis la Corée du Sud ou les dragons asiatiques ayant largement utilisé cette arme contre les économies occidentales. Je rappels au passage qu'une monnaie dévaluée revient à taxer les importations et à subventionner les exportations, c'est le protectionnisme le plus puissant qui soit, mais il a aussi le grave inconvénient de déstabiliser le système monétaire international.

 

2-Ensuite le cout du travail est tellement bas en chine qu'il serait stupide de leur part d'importer des produits qu'ils peuvent fabriquer à moindre cout. Il n'y a rien aujourd'hui que la Chine, ou plus exactement l'ensemble asiatique, ne puisse produire. Je dis l'ensemble asiatique car la Chine est encore dépendante de technologies qu'elle ne fait encore qu'assembler.

 

  Plutôt que de parler de la Chine il eu d'ailleurs mieux valu parler de l'ensemble asiatique, ensemble qui est aujourd'hui largement imbriqué. Ainsi l'essentiel des importations chinoises viennent de pays proches d'elle, comme le Japon, la Corée du sud, Taïwan ou Singapour. Cette remarque réduit d'ailleurs encore plus l'argument de la Chine comme marché d'exportation pour l'occident. 

 

  Autre erreur récurrente professé par certain biens pensant, celle de considérer que parce que les muti-nationales produisent en Chine celle-ci ne contrôle pas le processus de fabrication. En quelque sorte la Chine n'est qu'une usine de transformation, elle ne sait rien faire elle même. Il s'agit là d'un raisonnement abusif et à très court terme, d'abord par définition une multi-nationale n'a pas de nationalité CQFD. Les multi-nationale se fichent complètement de l'intérêt des endroits où elles produisent ou inventent des biens, c'est le cadet de leur soucis. Ensuite quand on produit un bien quelque part on fini bien souvent par y transférer les compétences les plus pointus. Si la Chine n'avait, jusqu'à il y a peu, que la sous-traitance, c'est que sa population ne bénéficiait pas encore d'un niveau globale d'instruction suffisant, or ce n'est plus le cas désormais. La Chine produit des ingénieurs et des scientifiques de haut niveau en grand nombre, bien plus que l'ensemble USA-UE.

 

De plus comme je l'ai dit précédemment la Chine oblige au transfère de technologies, le PDG d'Alstom link s'était d'ailleurs plein, il y a peu, de voir un nouveau concurrent chinois produisant des tramways comme par hasard très semblables aux siens. Et bien sure il se trouve que maintenant qu'il y a des producteurs chinois à 100% l'état chinois ne joue plus le jeu de la concurrence favorisant ses propres entreprises. C'était à prévoir comme ce sera le cas dans quelques années dans le marché de l'aviation, sachez que maintenant Airbus pour avoir des contrats fait des transfères technologiques vers la chine. J'attends avec impatience le vol du premier avion de ligne chinois histoire de rire en voyant la tête de nos élites complètement stupides.

 

Mais tout n 'est pas rose pour la Chine.

 

  Dernier point la crise actuelle a mis les économies exportatrices dans une situation difficile,  les exportations chinoises ont fortement reculé en 2009 link. Si chez nous la dépendance aux importations a condamné définitivement tout retour de croissance économique, du moins fondé sur autre chose que l'endettement. En Asie et surtout en Chine l'excessive spécialisation a conduit à un autre type de dysfonctionnement macro-économique.

 

La distorsion inflation/déflation

 

Le gouvernement chinois est probablement l'un de ceux qui ont le mieux compris les problèmes de l'économie mondiale. Il a pratiqué un plan de relance de la demande intérieure chinoise tout à fait spectaculaire injectant jusqu'à 30% du PIB sous forme de constructions diverses, une relance très Roosveltienne dans sa conception.

 

Mais de par sa structure économique il est très facile de voir d'où vont venir les problèmes. D'abord elle risque de produire une bulle dans la construction. Certains pensent même que la croissance chinoise actuelle est aussi bullièsque que celle des USA entre 2002 et 2007. L'inflation immobilière ne reposant que sur les commandes d'état aura provoqué une hausse des prix de l'immobilier largement supérieure à ce que le marché peut réellement absorber.

 

Ensuite il faut rappeler que les besoins humains sont hiérarchisés de façon pyramidale. Une population comme celle de la Chine n'a pas encore les mêmes besoin globalement que celle du Japon ou de la France, avant d'avoir un écran plasma on aimerait se chauffer l'hiver ou avoir le tout à l'égout. En augmentant brutalement la capacité de consommer de la population en haussant les salaires ou en augmentant les pensions retraites, ou les aides sociales vous créez une demande qui n'a rien avoir avec ce que produit massivement le système productif chinois. Quand les usines chinoises produisent des cartes graphiques pour les jeunes obèses US les chinois eux voudront plus d'ampoules électriques.

 

La chine a une surcapacité de production dans les biens de consommations gadget et une sous-capacité pour les biens de consommations courantes auquel les chinois feront appel avec la hausse de leur revenues. Si bien que la Chine risque d'être toucher par une hyper-inflation dans les biens de première nécessités, les usines ne pouvant fournir toute la demande, et les usines moderne sont difficile à transformer. Et en même temps une déflation sur les biens à haute valeur ajouté qui on fait le succès du commerce chinois vers l'occident. Ainsi verra-t-on le prix du porc flambé pendant que l'on vendra à moindre prix des écrans plasma, une drôle de situation que celle-ci.

 

Pour résumer on voit bien en quoi la Chine ne sauvera pas nos propres économies et qu'il est nécessairement stupide de le penser. Pour ce faire il faudrait de toute manière que notre niveau de vie devienne pratiquement inférieur à celui des chinois, je ne suis pas sure que ce soit une option vendable aux électeurs français. D'autre part la nature même de l'économie chinoise fait qu'il lui faudra bon nombre d'année pour se désolidariser de sa dépendance aux exportations et le jour où cela arrivera les USA ou l'UE ne seront plus alors que des états sous-développé eu égard à l'évolution actuelle.

 

  La relation Chine/USA fut une alliance momentanée entre les riches de Chine et d'Amérique, grâce à la chine les riches américains ont pu concentrer les richesses sur leur propre sol. Par le truchement d'entreprises comme Wallmart, ils ont pu se débarrasser des syndicats et de la classe moyenne US, les producteurs chinois ayant rendu inutile la classe productive US. A l'inverse les riches Chinois ont pu industrialiser leur propre pays sans en payer le cout, c'est à dire sans avoir à redistribuer la richesse. On oubli souvent que la Chine est le pays le plus inégalitaire du monde et de loin, sans les exportations cela fait longtemps que la Chine aurait connu son crack de 1929. La contradiction du capitalisme chinois a été évité grâce à la mondialisation, mais ce fut finalement reculer pour mieux sauter puisque ce problème arrive aujourd'hui de manière extrêmement brutal pour les autorités chinoises. L'inflation salariale que les élites chinoises ont évité jusqu'à présent leur explose littéralement à la figure. Le tissu industriel de la Chine n'est pas adapté à la demande chinoise, demande qui ne peut et ne pourra plus venir d'ailleurs que de Chine.

 

En fin je tiens à signaler le dernier interview de Jacques Sapir chez l'excellente Pascale Fourier c'est tout chaud çà date du 12 janvier : link


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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 23:36

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S'il est un concept complètement dévoyé par les esprits modernes c'est bien celui de la concurrence . Cette façon d'organiser le rapport entre les entreprises est soit systématiquement condamné surtout à gauche, la concurrence produisant systématiquement une dégradation des rapports humains. Faisant bien sure resurgir chez l'être humain ses plus mauvais instincts, on trouvera chez Besançenot et compagnie, la caricature la plus grossière qui soit en la matière. Mais l'autre bord de l'échiquier n'est guère mieux loti en matière de précision conceptuelle. Entre les pseudo-libéraux qui pensent que le libre-échange actuels est bon pour la concurrence, et les rentiers qui font semblant de vouloir favoriser l'effort grâce à ce principe dont ils se sont eux même judicieusement protégé. Ou encore ceux qui font des raccourcis grossiers entre les thèses de Darwin concernant l'évolution biologique et la concurrence entre entreprises. Il n'y a plus grand monde en fait qui sait réellement ce que signifie la concurrence et pourquoi elle est en un sens une vrai vision progressiste de l'organisation économique.

 

Il faut donc clarifier un peu les choses et rappeler pourquoi en grande partie le monde actuel n'est en aucun cas concurrentiel, bien au contraire.

 

En premier la concurrence est un système dynamique, la concurrence n'a pas de fin, pas de vainqueur, elle ne doit jamais se terminer. Il est donc absurde de considérer la création d'un monopole, même obtenue grâce à la concurrence soit disant « libre et non faussée » , comme étant une victoire du principe de concurrence. Rappelons qu'Adam Smith lui même définissait le marché comme véritable s'il y avait une multitude d'acteurs dessus. En principe un vrai marché doit être composé d'acteur suffisamment petit pour ne pas fausser la concurrence à cause de leur taille. On voit tout de suite le problème du monde actuel où pullulent les faux marchés qui sont en réalité composé d'oligopole. On peut prendre exemple sur la téléphonie mobile en France, l'automobile où le nombre d'acteurs ne cesse de baisser, l'informatique où Microsoft et son Windows représente 95% des systèmes d'exploitation etc.. Si les gens regardaient réellement le monde qui les entoure, ils s'apercevraient que le marché est en réalité en voie d'extinction. C'est ce que disait déjà JK Galbraith linkdans son célèbre livre « Le nouvel état industriel » qui date de 1967 mais qui s'applique à merveille dans la situation actuelle.

 

Ensuite la concurrence n'est pas l'anarchie économique, son but n'est pas l'élimination des acteurs perdants, contrairement à ce que vendent les darwinistes de l'économie. Pascal-Lamy.jpgNon, elle est une émulation, elle est une compétition, elle vise à faire en sorte que chaque entreprise donne le meilleur d'elle même. Pour faire une analogie avec une course à pied, à la fin de la course on élimine pas ceux qui ont perdu. En effet si tel était le cas on aurait bientôt plus qu'un seul coureur ce dernier n'aurait alors plus besoin de se fatiguer puisqu'il n'aurait plus de compétiteur en face de lui. Dans une compétition sportive ceux qui perdent rentre chez eux pour s'entrainer et pour battre une prochaine fois le champion. Ce dernier sert d'exemple et il y a des chances pour qu'il soit le battu la fois d'après. La concurrence est donc un système qui vise le perfectionnement, l'amélioration, et comme une compétition sportive cela inclus des règles et des principes, on est loin de l'anarchie et des délires ultra-libéraux.

 

  L'un des principes majeurs de la concurrence c'est qu'elle doit se faire à égalité. Une concurrence entre deux entreprises dont l'une serait avantagée de façon externe à l'autre est une atteinte au principe de concurrence. Alors ici on pourrait conclure que la devise européenne est bonne « la concurrence doit être libre et non faussée » seulement la vérité est dans les détails et les instances européennes ne prennent en compte dans le trucage de la concurrence que certains types de triches et en oublie beaucoup d'autre. Si les subventions ou le protectionnisme sous forme de taxe ou de quotas sont condamnés, on oublie les dévaluations, l'inégalité fiscale etc... Ainsi le faible cout salarial à compétence égale devrait être considéré comme une atteinte à l'égalité concurrentielle. C'est même une prime à la baisse salariale. Mettons qu'une entreprise en France soit plus performante en matière de productivité réelle qu'une autre faisant le même type de produit mais installé en Hongrie. Même si l'entreprise français est plus productive elle perdra car le différentiel salariale sera supérieur au bénéfice de la supériorité productive. Sans compensation protectionniste rétablissant l'égalité, c'est donc l'entreprise la plus mauvaise qui l'emporte car elle sera moins cher. Mais moins cher non parce qu'elle est meilleur, ou qu'elle travaille mieux, mais simplement parce qu'elle maltraite mieux ses salariés.

 

Ensuite chaque marché devrait être étanche aux autres. Normalement une vraie concurrence sur un marché ne doit être faite que par rapport à ce marché. Ainsi un acteur aillant fait fortune sur un autre domaine de travail ne devrait pas pouvoir intervenir sur un marché qui n'est pas le sien. Prenons un exemple, si une entreprise a fait fortune dans la fabrication d'ordinateur, elle ne devrait pas utiliser cet avantage pour pouvoir agir sur le marché des journaux par exemple. Surtout si le marché visé pèse moins lourd que sa propre activité, en effet, ce faisant elle rompt avec le principe d'égalité que j'ai émis précédemment. Par exemple Microsoft a utilisé sa quasi rente du logiciel pour s'imposer dans les consoles de jeux, même chose pour Sony, éliminant d'anciens acteurs plus créatifs, mais qui n'avaient pas leur puissance de feu financière. En théorie les conglomérats sont très mauvais pour la concurrence et injuste pour les acteurs des marchés sur lesquels ils s'imposent. Autant vous dire que les multinationales qui font tout et n'importe quoi sont par nature contraire à l'esprit de concurrence.

 

Quand la concurrence deviens inégalitaire elle se transforme, ses effets changent complètements. Alors qu'elle permettait d'améliorer le processus de production en favorisant le progrès technique et l'organisation, elle se met alors à inverser son cycle vertueux. Les mauvais gagnent et les bons sont détruits c'est très exactement l'économie mondiale actuelle. Les bonnes usines ne sont pas celles qui améliore leurs machines outils qui investissent dans la recherche, mais celles qui délocalisent dans les pays à basse pression salariale. Pourquoi investir dans la recherche et l'amélioration de la productivité physique quand on peut délocaliser et faire effondré le cout du travail.

 

Si la concurrence égalitaire produit une hausse de la productivité réelle, physique, il est probable que la concurrence en régime inégalitaire la fasse baisser.

 

 

  Pour finir avec cette clarification il y a un indice simple qui montre qu'en réalité la concurrence à l'échelle mondiale est en baisse. La concurrence a une autre vertu que celle d'améliorer la productivité globale du travail, elle est l'ennemie du capital. Et oui, au risque de choquer quelques personnes la concurrence rogne sur les rentes plus efficacement encore que les impôts sur le patrimoine. La rente est un cout pour une entreprise, d'un point de vue comptable il est aussi couteux pour une entreprise de verser des dividendes à des actionnaires que de payer ses salariés. C'est même pire puisque les salariés servent à produire, leur augmentation est un bon moyen d'accroitre la productivité du travail, alors que la hausse des dividendes ne sert à rien du tout dans la compétition. Il est donc stupide de croire que les capitalistes ont intérêts à la concurrence, bien au contraire. On voit ici le rôle de dindon jouer par les pseudo-libéraux qui prétendent à la fois défendre le capital et l'économie de marché, allant jusqu'à confondre les deux alors que c'est presque antinomique. L'augmentation prodigieuse de la rente versée aux actionnaires depuis trente ans est un signe sure que la concurrence mondiale est en baisse au contraire de croyance populaire répandu par les milieux économiques. Le capital a tout fait pour réduire la concurrence, concentrer les entreprises et éliminer les obstacles à sa croissance. Le libre-échange inégalitaire a été un formidable outil de réduction de la concurrence réelle, réalisant l'inverse de ce pourquoi il était soi disant fait.

 

Le libéralisme a été récupéré par le capital et utilisé contre ces propres objectifs. La force du capital a été d'utiliser des idées qui étaient contraire à son intérêt pour finalement renforcer son pouvoir. Il est très probable que maintenant que la concurrence a perdu de sa superbe dans l'opinion publique, le capital cherche un autre moyen pour se légitimer lui même. L'écologie est surement le prochain concept qui servira d'alibi moral aux super riches, celle-ci a déjà largement été perverti par ce dernier.

 

Je ne peux que recommander à ceux qui ne l'auraient pas lu le très bon texte de Lordon sur le protectionnisme linkoù il montre clairement que nous ne sommes pas actuellement dans un régime de libre-échange égalitaire. Et que le protectionnisme est un mécanisme visant à rééquilibrer et à rétablir une concurrence saine justement.



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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 00:45

Il n'est pas question pour moi de cracher ici sur nos dirigeants pour le simple plaisir de les contredire et d'hurler avec les loups. Je tiens simplement à réexpliquer simplement le principe de base du concept ,dit keynésien, de « plan de relance », car il me semble que la simple explication de ce principe permet de montrer pourquoi ces plans vont échoué.

 

Les politiques de relances sont basées sur un raisonnement exprimé dans un cadre clair qui a malheureusement disparu à l'usage . On peut affirmer sans trop se tromper que l'Europe et les USA ne répondent pas actuellement aux conditions d'applications des mécanismes décrit par Keynes dans son célèbre texte « Les moyens de restaurer la prospérité »(1933).Texte où il décrit précisément la mécanique du multiplicateur d'investissement qui est le fondement de base du principe de relance de la demande.

 

1-Le multiplicateur keynésien

 

Le principe de base du multiplicateur keynésien ou multiplicateur d'investissement est assez simple. Imaginons que nous sommes dans un pays ayant un taux de chômage élevé et que ce pays possède des savoir faire industrielle important, des machines outils ainsi que tous ce qu'il faut pour produire les biens dont la population a besoin couramment. Keynes utilisait a son époque les USA ou la GB comme terrain d'application, et ces pays, alors, en 1933, correspondaient parfaitement au descriptif précédent. Ils avaient tout pour produire ce dont ils avaient besoin, mais avaient une maladie lié à un déséquilibre entre l'offre et la demande. Si on se tient à mes prémisses on conclu à un problème d'insuffisance de la demande, le chômage étant lié à un manque de consommateur suffisant pour absorber la production en quantité tel que toute la main d'œuvre fusse employée dans sa totalité. Ce n'est que dans ces conditions que le raisonnement qui suit est valable.

 

Imaginons maintenant que le gouvernement, éclairé, du pays souhaite ardemment mettre fin au sous-emploi chronique qui gangrène la société et met à mal le bon fonctionnement du pays. Le gouvernement pourrait alors se dire qu'il lui serait plus profitable de faire travailler ces citoyens plutôt que les nourrir à ne rien faire au chômage, et ce, d'autant plus que l'absence d'emploi crée des difficultés psychologiques graves sur les individus touchés. Certains à l'époque de Keynes, comme de nos jours arguaient que ce faisant on empêchait le rééquilibrage naturel du marché, ces arguments n'étaient en fait plus valable à l'époque, puisque malgré l'absence d'intervention le marché du travail ne retournait pas à l'équilibre et d'ailleurs comme on le sait aujourd'hui le marché n'a en réalité aucune raison d'être naturellement à l'équilibre avec le plein emploi. Le marché pouvant s'équilibrer à 20, 30 ou même 100% de la main d'œuvre au chômage. C'est dans ce contexte que Keynes a dit sa célèbre expression « à long terme nous seront tous mort », qui signifie que la absence d'action n'avait aucune chance d'améliorer les choses. Mais Revenons au programme du gouvernement, si ce dernier dépense disons un milliard d'euro pour construire des choses utiles (routes, ponts, habitations etc) cette dépense produira instantanément une demande pour les entreprises du secteur concerné le BTP par exemple.

 

Mais les producteurs et les salariés directement touchaient par cette dépense qu'on appellera primaire vont également consommer et entrainer d'autres secteurs d'activités par leur consommation. Ils vont affecter le reste de l'économie par leur consommation augmentant la demande globale du pays. On peut appelé cette dépense une dépense secondaire, celle-ci est nécessairement inférieure à la demande primaire de un milliard d'euro que l'état a injecté au départ puisque cette dépense ne sera pas entièrement consommé, une partie sera épargné ou thésaurisé. Et cela continue, cette dépense secondaire va entrainer un dépense tertiaire qui elle même sera plus faible que la dépense secondaire pour la même raison que précédemment. On peut alors déduire une relation mathématique simple entre les différentes dépenses par rapport à la dépense de un milliard d'origine.

 

Si nous appelons D la dépense totale de départ et p la propension à consommer on trouve que :

 

L’accroissement du revenue total = D+D*p+D*p²+…+D*p^n= D(1+p+p²…+p^n)

C’est une suite géométrique de raison p si l’on nomme K le multiplicateur Keynésien alors

K =1/(1-p) (quand n tend vers l’infini)

 

Si l'on considère que le peuple épargne 20% de ce qu'il gagne alors la propension à consommer (ce qui reste du salaire après retrait de l'épargne) sera de 0,8 notre multiplicateur sera alors

 

K=1/(1-0,8)=5

 

Notre exemple de un milliard d'euro de dépense aura augmenté la richesse globale de 5 milliards d'euro, de quoi largement remboursé la dépense de départ. Tout ceci n'a rien de magique il s'agit de quelque chose de purement logique. En permettant aux salariés de produire et de travailler on accroit la richesse globale du pays, il n'y a rien de bizarre à finalement se retrouver plus riche qu'au départ. Bien sure il y a une limite au multiplicateur, lorsque toute la population est employé ou proche de l'être, les effet du multiplicateur diminue et finissent par se transformer en inflation. Ce n'est que lorsqu'il y a plein emploi que les règles de l'équilibre budgétaire se doivent être appliqué. On peut dire qu'en réalité la règle libérale de l'équilibre budgétaire est une exception de la théorie keynésienne, elle n'est valable qu'en période de plein emploi et nuisible sous d'autres conditions. 




2-La contrainte extérieure


Les prémisses que nous avons posé au départ étaient que le pays dans lequel le multiplicateur était appliqué, produisait la totalité de ce qu'il consommait. C'était une ile couper complètement du reste de la planète, il est très important de voir l'importance de cela, les plans de relances ont été inventé dans un cadre d'analyse où la monnaie circulait en circuit fermé. Car quel est l'impact des importations sur le multiplicateur keynésien?


Les importations vont réduire ce que l'on a appelé la propension à consommer. Si l'on garde notre exemple précédent et que l'on essaie d'y introduire l'effet des importations quelle forme cela prend. C'est simple les importations auront le même effet qu'un accroissement du taux d'épargne. Si l'on suppose que par exemple 20% de la consommation est importé alors notre propension à consommer tombe de 0,8 à 0,6 ce qui fait tomber le multiplicateur K de 5 à 2,5. De plus il est probable que même la dépense primaire va elle aussi voir son impact direct diminuer, ainsi dans certain pays on pousse la stupidité jusqu'à faire travailler des étrangers et des entreprises étrangères  dans des grands travaux au lieu des autochtones réduisant à néant l'effet bénéfique des plans de constructions. L'Algérie est l'exemple type de ce cas de figure, les chinois y construisent tout un tas de bâtiment alors que le taux de chômage y avoisine les 40% ,il n'y a bien sure pratiquement aucun impact positif pour la population algérienne. 


La contrainte extérieure peut rendre l'effet multiplicateur inférieur à un, ce qui signifie que la dépense primaire aura augmenté la richesse globale du pays en quantité inférieure à la dette qu'elle aura engendré. Vous voyez où je veux en venir, c'est très exactement la situation actuelle des USA et des différents pays développés. L'exemple le plus récent fut la relance de Bush en 2002 qui a à peine réussi à relancer la croissance US au prix d'une explosion de la dette, mais qui a énormément servi le Japon et la Chine. Car à l'inverse des importations, les exportations permettent d'accroitre le multiplicateur keynésien facilitant les effets locaux de la demande. Ce n'est pas un hasard si la croissance Chinoise repart très rapidement par rapport aux autres à l'heure actuelle.


On comprend mieux pourquoi les effets des plans de relances ne cesse de diminuer en occident eu égard à la dépendance aux importations toujours croissante de cette région du monde. Les derniers plans de relance vont accroitre forcement beaucoup plus la dette que la croissance. A l'heure actuelle le multiplicateur keynésien des USA doit être autour de 0,25 ce qui veut dire qu'il faut 4 point de dette supplémentaire pour accroitre la croissance de seulement un point. A ce stade il est donc complètement stupide de faire des plans de relance ces derniers ne pouvant qu'accroitre les charges des états puisque quoiqu'il arrive la dette enfle plus vite que le PIB.


Comme le dit Todd, finalement, l'occident n'a le choix qu'entre le protectionnisme ou le chômage de masse et l'effondrement de son tissu industrielle. Il est illusoire de croire que la croissance pourra durablement perdurer avec une dette qui grimpe quatre fois plus vite que le PIB.


Quoiqu'il en soit il serait bon de rappeler que les politiques de grand travaux de Keynes avaient des conditions particulières d'applications qui ne sont plus aujourd'hui réalisé ni en Europe, ni aux USA. L'urgence n'est pas dans la fabrication d'un énième plan de relance, mais dans le protectionnisme permettant une amélioration du coefficient du multiplicateur keynésien, ce dernier doit être supérieur à un si l'on veut que les plans de relance aient un effet sur la croissance supérieur à leur effet sur la dette.


Sans protectionnisme point de salut.


 

 

 

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 22:08

 

  Dans mon texte précédent j'ai abordé le lien de causalité qui relie la croissance et l'augmentation de la productivité du travail. C'est l'accroissement de la productivité du travail qui rend nécessaire la croissance de la consommation et donc de la croissance dite économique, celle du PIB. Les économistes d'après guerre ont formalisé ce lien en réduisant pratiquement à rien la distinction entre l'accroissement du PIB et celle de la productivité du travail. A-t-elle point que les économistes actuels réduisent la productivité du travail à la division du PIB par le nombre d'heure travaillé. Il s'agit pourtant d'un raccourcit intellectuellement très discutable et qui dans les faits rend inintelligible l'évolution économique réelle de nos société. C'est de cet imbroglio verbale, cette confusion des concepts qu'est né le mot post-industrielle. Ce terme étant sensé représenté une évolution qui voyez les emplois industriels disparaître d'occident, tout en n'empêchant pas la « productivité » de s'accroitre, seul le déficit commerciale, notamment aux USA, semblait contrarier ce mouvement. Mais l'époque étant à la communication rapide, post-industriel « çà le faisait bien » dans le discours marketing des économistes en vogue, un super slogan en somme.

 

  Le problème c'est qu'on ne voit pas pourquoi un pays dont la productivité s'accroit se désindustrialise, et se met à connaître de lourds déficits commerciaux. C'est dans cette brèche intellectuelle que notre auteur favoris, Emmanuel Todd, s'est engouffré en 1998, puis plus violemment encore en 2002 avec ses deux œuvres « L'illusion économique » et « Après l'empire ». Todd a vue le déficit commerciale US comme le fruit d'un pourrissement et non comme le résultat d'une boulimie particulière à la population américaine. Il a évidement vue juste et les récents événements économiques confirment ses intuitions. Mais c'est chez Jean Luc Gréau que l'on approche le plus du problème de la terminologie employé par les économistes. Dans son ouvrage de 2005 « L'avenir du capitalisme » il décrit la problématique en déclarant que les importations chinoises favorisent la croissance du PIB américain grâce à la création d'emploi dans la distribution. Je cites: « On pourrait penser, en toute première analyse, qu'un dollars d'importation supplémentaire représente un dollars ajouté à la production du pays d'origine. Pour la plupart des produits de consommation importés, il en va différemment. Soit, par exemple, un appareil électronique importé de Corée dont le prix de vente final est de 2000$. De ce prix doivent être déduits les couts de transport sur le territoire américain, de la publicité et de la vente, éventuellement des opérations d'assurance. Par ailleurs, une fois l'appareil vendu, il pourra occasionner des frais d'après vente. Tous ces dollars relevant de ces différents postes sont incorporé dans la production américaine telle qu'elle est mesurée par les comptables nationaux. La vente d'un produit importé d'un prix de 2000$ pourra ainsi donner lieu à un accroissement du PIB local de 1000$. La surconsommation américaine favorable aux importateurs permet aussi à l'Amérique d'améliorer sa production comptable dans une proportion nullement négligeable, tout en stimulant l'embauche tout au long des filières de vente que suivent les biens importés. ». Il est dommage que Gréau n'est pas porté sa réflexion plus loin car les conséquences sont lourdes sur la vision que nous avons de notre propre réalité économique.

 

  En effet j'ai dit au début de ce texte que les économistes confondent de façon approximative la croissance du PIB avec celle de la productivité celle-ci n'étant qu'une simple division du PIB par le nombre d'heure de travail par salarié. Mais si le PIB est artificiellement gonflé par les importations cela ne signifie-t-il pas que la productivité comptable est elle aussi gonflée artificiellement par les importations? L'augmentation de la productivité occidentale de ces dernières décennies ne serait-elle donc pas en grande partie le fruit de l'accroissement de la productivité chinoise ou autre. Ce schéma d'interprétation colle tout de même mieux à la réalité que l'hypothétique société post-industrielle où la productivité augmente en proportion du nombre de vendeur et de pizzaïolo,.. , pardon du nombre de webdesigner. La confusion entre PIB et productivité a accompli un miracle présenter un effondrement socio-économique en un nouvelle révolution industrielle, le boom des nouvelles technologies des années 90 lui doit beaucoup.

 

  Étrangement les fantasmes communistes sur un tiers-monde exploité par l'occident qui décrivait faussement le développement de l'Europe et des USA après la seconde guerre mondiale, prend ici une forme de vérité. Alors que nos régions se sont développées jusqu'aux années 70 de façon quasi autarcique, si l'on exclu les matières premières, le tournant libre-échangiste a fabriqué une exploitation du tiers-monde qui n'existait pas. Les gains de productivité sont devenus fictifs cachant en fait une transformation comptable de la réalité. (fin partie 1)

 

 

 

 

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 21:30

La croissance économique est présenté depuis de nombreuses années comme le résultat d'un phénomène extra-politique. La vulgate libérale, ou plutôt néolibérale a ainsi pendant des années représenté la croissance comme un phénomène presque météorologique. C'est du moins ainsi que les médias de masse  l'ont retranscrit. La crise récente  a d'ailleurs comme principale explication médiatique une origine crapuleuse mélange de spéculateurs fous et de banquiers véreux, il ne faut alors guère s'étonner du succès des thèses conspirationnistes les médias leurs tendent la perche.

 

Je ne compte pas aujourd'hui discourir sur l'origine de la crise mais plutôt sur l'origine de la croissance économique. Car la croissance n'est pas et n'as jamais été le fruit du hasard ou l'effet d'une force mécanique divine comme le marché. Non, la croissance est une nécessité, une contrainte que le machinisme nous a imposé. J'entends par machinisme les effets du progrès technique sur la productivité du travail en général. Pendant longtemps la croissance économique dans nos société a été trés lente et même horriblement lente ainsi Paul Bairoch a montré que la croissance  moyenne au 19ème siècles n'a guère dépassé les 1% par an. Pourtant le chômage à l'époque n'était généralement pas très élevé, les niveaux variés suivant les pays, mais jamais il n'y avait pas ce mal moderne nait en 1929, le chômage de masse. C'est que les gains de productivité été faible, un homme nait en 1800 et mort en 1870 n'aura finalement vue que le doublement du PIB de son pays s'il était européen, le PIB par tête lui aura surement augmenter dans de moindre proportion puisque la population aura aussi augmenté. Tout çà pour dire qu'il fut un temps ou les gains de productivités étaient lents ce qui permettait à la société de ne pas avoir de variation brutale de la masse de travail. Pas besoin donc d'une forte régulation, d'où l'illusion d'une auto-adaptation qui fait passer le 19ème siècle pour le paradis perdu du libéralisme pure à certain (qui oublient cependant les innombrables entraves commerciales et les protectionnisme tout azimut qui remplirent l'histoire des futurs pays développés). Avec l'accélération du progrès technique et le travail à la chaine sont arrivé des gains de productivité de 5 ou 6 % par an, l'adaptation naturelle de la société fut alors impossible c'est l'une des causes majeurs de la crise aux USA.

 

Keynes l'avait parfaitement compris c'est le progrès technique qui finalement nous contraint et pulvérise la stabilité des sociétés. Le seule moyen que trouvère les économistes d'alors pour retrouver le plein emploi fut d'accroitre le revenue du travail, il fallait impérativement augmenter la consommation pour éviter le chômage de masse.  La réduction du temps de travail concomitante accrus les effet globaux sur la quantité de travail disponible mettant fin à la crise de la demande. Nous sommes donc passé d'un société où l'économie était à peu près auto-régulé par la lenteur de ses progrès à une société où l'action politique était décisive pour la stabilité globale d'un pays.

 

    La croissance économique est donc le résultat d'une politique et non le fruit du marché ou de la météo. Sans politique économique globale au niveau d'un pays il n'y a pas de croissance économique. La tendance naturelle du progrès technique réduisant petit à petit la quantité d'emploi disponible par les gains de productivité qu'il produit,  tout en concentrant les richesses ce qui rend conflictuelle les sociétés humaines jusqu'à l'explosion. La croissance n'a rien avoir ni avec le marché, ni avec le capitalisme, ni avec le commerce qui produisent leur propres effets dont je parlerais plus tard, elle est le résultat logique du progrès technique, la réponse donné à ce dernier et à ses effets destructurants. Comme le disait Keynes le progrès technique nous enrichis uniquement si nous savons en profiter. La croissance est donc la seule réponse pratique que nous avons donné au machinisme avec son corolaire l'accroissement infini de la consommation .

 

C'est probablement pour cette raison que les écologistes n'aiment guère Keynes, ce farfelu à chapeau ayant permit à la société technicienne de durer jusqu'à nos jours. Alors est ce que les gains de productivité et le progrès vont durer indéfiniment nous contraignant à toujours accroitre la consommation? Difficile à dire, Keynes lui même pensait que viendrait  le jours de la république sociale idéale, une société dans laquelle les salariés ne consacreraient au travail que quelques heures par semaine et vaqueraient à leur hobby le reste du temps. On a du mal à y croire au pays du travailler plus pour gagner plus. C'est probablement mère nature et ses limites qui mettront fin à la fête mais ça c'est une autre histoire qu'on abordera plus tard.

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