Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
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Si vous suivez l'actualité économique, vous savez sans doute déjà que le chômage est en forte hausse, particulièrement chez les jeunes. La parenthèse enchantée d'Emmanuel Macron sur la question, faite de trifouillage des statistiques pour changer les chômeurs de catégorie, d'emploi aidé très coûteux et de micro-entrepreneur a vécu. La grande illusion aura quand même une durée presque dix ans. Dix années pendant lesquelles on nous expliquait dans les médias que c'était le retour du plein emploi, que le chômage était en passe de disparaître et que même les pauvres entreprises manquaient de main-d'œuvre et qu'il fallait donc ouvrir largement les frontières pour compenser ce manque de main-d'œuvre par de l'immigration de masse.
Tout ceci était bien évidemment du baratin. Durant toute la période macroniste la variation du taux de chômage lorsque l'on prend toutes les catégories de chômeurs et pas seulement la catégorie A, a très peu varié. Il y a en fait à peu près le même taux de chômage qu'à l'époque de Hollande, rappelons que le chômage a explosé avec la crise de subprime il y a déjà 18 ans et qu'on n’est jamais revenu au taux d'avant 2008. Et pour cause il n'y a plus de croissance en France et en Europe depuis. Alors vous allez me dire oui, mais chez nos voisins le taux est plus faible. Et c'est vrai, globalement le chômage a baissé dans l'ensemble de l'UE. Mais pas par dynamisme, c'est essentiellement parce que les classes creuses sont arrivées sur le marché du travail et que les anciennes générations disparaissent. Comme disait Emmanuel Todd dans une de ses boutades "Qui ne né pas, ne peut pas être au chômage".
La France paie le prix de ne pas avoir eu une démographie aussi médiocre que ses voisins ces trente dernières années. Ce qui rend d'ailleurs la monnaie uniquement particulièrement néfaste pour notre pays, une monnaie doit être adaptée aux besoins d'un pays, et un pays qui a une population active en déclin n'a pas les mêmes besoins monétaires qu'un pays qui a une population active en croissance. Mais rassurons nous la France s'aligne petit à petit sur la moyenne européenne des naissances et pourra donc dans quelques années claironner partout qu'elle a résolu le problème du chômage grâce à la disparition des jeunes, comme nos amis allemands ou néerlandais. Il est tout de même heureux que les médias parlent enfin un peu du chômage tant on avait l'impression sous Macron que le problème avait disparu.
La question de la dette et des retraites a en effet complètement rempli l'espace politique sur les questions économiques. À croire que la situation de l'emploi n'a aucun rapport avec ces domaines alors qu'il y a un lien direct. Plus de chômeurs c'est moins d'impôt, de rentrée fiscale, tout comme cela représente moins de cotisations pour les retraites. Cela devrait couler de source et pourtant dans le débat sur les retraites il n'est pratiquement jamais fait mention du taux de chômage en particulier chez les plus de 50 ans. Or retarder l'âge de la retraite par exemple n'a de sens que si les gens trouvent à s'employer et sont rémunérés. Sans quoi la seule chose que vous faites c'est de transférer le coût des retraites vers le système social. Il serait quand même temps que l'un des principaux problèmes du pays soit mis en avant pour cette présidentielle même si l'on ne peut détacher cette question des politiques macroéconomiques néolibérales absurde qui a cassé le pays depuis 50 ans.
50 ans de chômage de masse
Le chômage n'est pas une nouveauté en France. Moi-même, je suis né en 1978, je n'ai connu que ça depuis ma plus tendre enfance. La question du chômage est la grande question française depuis les années Giscard sans que l'on ait réellement fait le lien avec la globalisation qui commence justement sous sa présidence et dont Macron n'est finalement que le dernier représentant. Alors bien évidemment les élites ont donné beaucoup d'explications vaseuses sur les questions en détournant toujours la question du problème du libre-échange, car le libre-échange était bien évidemment naturel à leurs yeux. Qui pourrait donc être pour les frontières à part les culs-terreux et les gueux. Ils ont imaginé plein de solutions, comme le tournant vers les services, la réduction du temps de travail et même la hausse artificielle du nombre de diplômés. Car il y a un lien direct entre la dégradation du système éducatif et la tentative de faire reculer le chômage sans s'attaquer au cours du problème qu'était le libre-échange. En effet dans les premiers temps le libre-échange n'était un problème que pour les emplois de production sans grande qualification, la Chine et les pays en voie de développement étant alors en retard sur le plan éducatif. Alors les élites se sont imaginé qu'en donnant des diplômes à tout le monde on réglerait la question du chômage. Oubliant que tout le monde n'est pas fait pour être ingénieur, que l'octroi de diplôme sans réelle sélection produit une dégradation des diplômes, et qu'en plus la Chine, et les autres pays allaient bien évidemment nous rattraper, et même nous dépasser sur le plan éducatif. Le résultat de ces politiques nous les voyions aujourd'hui.
Et la classe politique française a aussi passé les cinquante dernières années à camoufler les effets de ses choix macroéconomiques par des politiques sociales coûteuses. Mais nous arrivons aux limites de ce système avec l'endettement et les déficits commerciaux. Nous sommes allés au bout de la logique du laissez-faire et la France n'a plus les moyens d'en camoufler les effets. Mais ne vous inquiétez pas, nos élites ne reviendront pas sur le libre-échange ou l'euro, elles remettront en cause les politiques sociales seules coupables à leurs yeux de l'échec de leur propre idéologie. Les Français auront le néolibéralisme jusqu'à la mort, enfin s'ils se laissent faire ou s'ils se font avoir par les escrocs des fausses alternatives du RN ou de LFI. Au passage on apprend un étrange rapprochement entre les milieux d'affaires et le RN qui semble de plus en plus se rapprocher du pouvoir. Finalement, la ligne du RN qui a consisté à devenir plus centriste que les centristes finit par payer. Le macron-lepénisme qu'avait prévu Emmanuel Todd semble parvenir à la maturité. Reste à voir dans quelle situation ce parti se retrouvera lorsqu'il sera au pouvoir et qu'il fera le sale boulot néolibéral que Macron n'a pas pu terminer.
Car soyez-en certains, sans une remise en cause de l'UE, de l'euro et du libre-échange, il n'y a strictement aucune chance pour que la situation du pays s'améliore. Vous aurez des communiqués grandiloquents sur le redressement national tout comme il y a eu la mirifique baisse du chômage sous Macron, la méthode Goebles étant devenue la norme chez nos dirigeants. Mais nous aurons soit une dégradation continue des comptes publics pour continuer à camoufler les effets du globalisme, soit une explosion de la misère et du chômage par des politiques ouvertement néolibérales. Avec cette fois une fois massive des populations jeunes pour le plus grand plaisir de nos voisins certainement. Certains craignent les six prochains mois avant le départ de Macron, personnellement je crains surtout la douche froide postélectorale quand les gens comprendront que rien ne changera par les urnes. La présidentielle de 2027 n'est pas un événement en soi en réalité, la véritable rupture violente aura probablement lieu juste après quand les partis qui ont fait semblant pendant des décennies d'être des opposants révéleront leur triste réalité en pratique. C'est alors que la colère et le désespoir frapperont réellement la population.