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12 octobre 2022 3 12 /10 /octobre /2022 18:23

 

L'Europe de l'Ouest arrive désormais au stade terminal du libéralisme. Prônant depuis plus d'un demi-siècle une libéralisation au forceps et une dérégulation de tous les instants, la machinerie européenne a totalement cassé la capacité des nations qui en sont membre à l'autodéfense et à produire elles-mêmes ce dont elles ont besoin . En se spécialisant à outrance pour faire bonne mesure dans le grand mécano globaliste, les nations européennes ont finalement perdu toute forme d'indépendance et de capacité de souveraineté. Bien évidemment il s'agissait là de l'objectif premier de la construction européenne. Dans l'esprit, il fallait déconstruire les nations d'Europe pour faire de l'Europe une nation. Mais voilà, le monde est ainsi fait que l'on ne construit pas une nation en collant trois peuples disparates ensemble. Et même la construction des vieilles nations européennes fut une marche longue et sanglante que les idéologues bruxellois ont peine à imaginer. Et un marché financier et économique ne produit pas non plus une nation, il faut pour cela partager une langue, une histoire, une culture, une religion, un projet collectif . On a coutume de dire que l'argent ne fait pas tout, il faut croire que les européistes ont voulu faire une démonstration pratique du proverbe avec les nations .

 

La déconstruction des nations d'Europe n'a pas fait une nation

 

En ces temps de grand vent soufflant sur le vieux continent où les crises se multiplient, l'on voit bien que l'incapacité de la bureaucratie européenne à défendre ses propres intérêts provient tout simplement de l'incapacité à définir en réalité ses propres intérêts. La somme des intérêts de chaque nation européenne n'a pas fait un intérêt commun. Et à partir du moment où vous ne pouvez pas savoir quel est votre intérêt, il devient impossible d'avoir une stratégie claire. C'est la raison principale de l'échec de l'UE, elle ne sait pas où elle va ni qui elle est. Elle n'est en définitive qu'un assemblage artificiel d'intérêts souvent contradictoires qui ne se meut que grâce à des impulsions de quelques grands états dominants, surtout l'Allemagne. Une espèce de monstre de Frankenstein à l'échelle d'un continent. L'on voit bien ici avec l'UE que la taille n'a aucune importance en matière de grande politique et de souveraineté, tout aussi théoriquement puissant que puisse être l’ensemble européen, son unification autour d'un pouvoir central l'a considérablement amoindri au plan international. Nous avons ici l' exemple d'un ensemble qui fait finalement moins bien que la somme des partis qui le compose. L'Europe plus divisée de 1960 pesait nettement plus lourd que l'Europe unie de 2020. Car l'UE n'a pas défendu les intérêts de ses membres et n'a pas plus défendu celui qu'elle n'a pas pu définir. Elle a accompagné la désindustrialisation du continent, sa perte en termes de capacité technique et de créativité. Et point d'orgue de son inaction, elle n'a strictement rien fait pour combattre le déclin démographique du continent en dehors de l'organisation d'une immigration qui s'apparente de plus en plus à une nouvelle forme de colonisation qui sera extrêmement dangereuse à long terme.

 

Pire que ça, l'UE est devenue le jouet exclusif de sa puissance tutélaire américaine. La voici plongée dans un conflit avec la Russie pour défendre les intérêts à peine cachée de la puissance anglo-saxonne. Et dire que l'on nous présentait jadis l'UE comme un barrage à la puissance américaine et l'euro comme un remède au dollar. Ce fut finalement l'inverse qui se produisit et avec l'effondrement rapide de l'euro l'on pourrait même craindre à terme une dollarisation progressive de la zone . Pourquoi en effet utiliser une monnaie qui singe l'empire quand on peut directement utiliser la monnaie impériale ?

 

La souveraineté et la puissance

 

La France fut un très gros pays démographiquement parlant.

 

J'ai souvent expliqué sur ce blog la nécessité qu'il y a, à bien distinguer la notion d'indépendance de celle de puissance . C'est un point essentiel pour bien situer la notion de souveraineté . Il y a malheureusement dans la classe sociale supérieure française un problème de confusion en la matière qui provient essentiellement de notre histoire nationale propre. La France a longtemps été la Chine de l'Europe avec une démographie largement supérieure à celle de ses voisins . Ce poids démographique a naturellement donné du poids à la France d'un point de vue historique . On a du mal à l'imaginer aujourd'hui, mais la France a longtemps été le troisième ou quatrième pays le plus peuplé du monde. Donc évidemment ce poids de longue durée a eu un effet sur la culture des élites habituées à être un centre de gravité intellectuel et culturel. Cela se combinait assez bien d'ailleurs avec la culture égalitariste des familles du bassin parisien pour faire appel à une base d'analyse Toddienne. Le problème c'est que depuis plus de deux cents ans la France décline d'un point de vue démographique relatif. Notre poids a baissé dans des proportions phénoménales. Des régions du monde jadis sous-peuplées sont désormais largement plus peuplées que nous et notre poids relatif a donc décru dans les mêmes proportions. Pendant un temps l'industrialisation précoce de l'Europe et de la France a maintenu l'illusion de grandeur française, mais maintenant le monde entier s'industrialise et là encore nous perdons du poids. Cette réalité doit être admise, la France et l'Europe ne pèseront plus grand-chose dans les décennies qui viennent. Mais ce n'est pas un drame pour autant . Nombreuses sont les nations de petites tailles qui n'ont jamais pesé vraiment sur l'histoire, mais qui ont pu continuer tout de même à écrire leur propre histoire et c'est cela en définitive qui importe le plus, le fait de pouvoir continuer sa propre histoire en tant que peuple.

 

C'est cette réalité que fuient nos élites en cherchant un empire de substitution. À travers l'UE ou à travers les USA quand ils se font plus atlantistes que les Américains eux même ils cherchent à retrouver ce poids qui était celui de leurs glorieux ancêtres . L'immigration délirante elle-même peut être vue comme la poursuite de cette course à l'abîme impérialiste, un délire qui consiste à vouloir être plus grand qu'on ne l'est, au risque même d'y perdre son identité et son âme en tant que peuple et nation. Et peu importe s'il ne s'agit que d'une illusion qui nous conduit au désastre, l'important c'est d'avoir encore l'impression d'être important. Ils ont ainsi laissé tomber le récit national pour celui de l'Europe et de l'Atlantisme pour s’identifier encore une fois à ceux qui comptent. Cette réalité est particulièrement importante en France parce que nous avons été longtemps une grande puissance, mais aussi parce que la mentalité égalitariste du cœur de la France a facilité cette identification à l'autre. La même mécanique qui permet au français d'aimer le monde entier et d'accepter si facilement l'immigration produit aussi cet étrange phénomène d'acceptation de sa propre disparition dans un ensemble plus grand. Notre égalitarisme hérité des structures familiales du bassin parisien qui a été une force lorsque nous étions grands est aujourd'hui une faiblesse qui facilite notre dissolution nationale.

 

Car le problème comme nous l'avons vu précédemment c'est que l'UE n'est pas une nation. La destruction de la nation française ne nous a pas fait intégrer une nation plus grande dans laquelle nous faisons corps, mais a simplement laissé les Français orphelins d'une identité collective, d'une force collective qui agit en leur nom. Nous ne sommes plus qu'un amas d'individus égocentriques, apeurés et perdus au milieu d'un monde de nations collectives qui ,elles, défendent leurs intérêts nationaux. S'en suit bien évidemment un déclin de plus en plus rapide, car seul un collectif peut combattre un autre collectif. Oubliez les imbécillités survivalistes, nul individu ne peut survivre vraiment seul dans le monde tel qu'il est.

 

Il nous faut donc en France réhabiliter la souveraineté nationale comme seule porte de sortie aux problèmes français. La recherche de la puissance n'est qu'une illusion dangereuse qui conduit le pays et le continent au désastre. On en a la preuve en ce moment même, le soutien franco-allemand à l'élargissement de l'OTAN à l'Ukraine n'étant pas étranger au conflit avec la Russie. Et cet élargissement est le produit d'un sentiment de puissance produit d'une part par l'illusion européenne d'autre part par l'identification des élites du continent à l'empire américain. Mais l'hubris n'a jamais été un bon conseillé dans l'histoire. Il nous faut donc une souveraineté à petite dimension, mais une souveraineté tout de même . L'important n'étant pas la taille ou votre dimension économique, mais bien votre capacité à pourvoir aux besoins de votre population. En ces temps de disette énergétique l'on voit bien que la grosse Europe devenue dépendante excessivement de l'extérieur pour cause de divagation idéologique est moins souveraine que la France du début des années 80 qui avait réalisé une certaine autonomie énergétique stratégique grâce au développement du nucléaire. Pour résumer la chose, mieux vaut être petit et autonome que gros et dépendant. Et c'est d'autant plus vrai si l'on est attaché à la notion de démocratie qui est totalement dépendante de la notion de souveraineté. Nul n'est démocrate s'il n'est maître en son pays. Vouloir perdurer doit devenir le projet français du 21eme siècle, et c'est un projet noble, qui vaut bien tous les empires du monde.

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26 septembre 2022 1 26 /09 /septembre /2022 16:09

 

Ces derniers temps l'histoire politique en Europe a une fâcheuse tendance à radoter . D'élection en élection, les peuples se trompent, ou sont trompés, avec la régularité d'un métronome. La nouvelle élection en Italie ne fait pas vraiment exception. Je vois d'or et déjà toute la fausse opposition de droite française exulter à la mesure des réactions négatives des militants macronistes basiques qui détiennent la totalité des médias français. Un peu à l'image de Janus, notre farce politique que nous appelons la démocratie est toujours coupée en deux avec le duopole du méchant et du gentil, de l'intolérant et du tolérant, du nationaliste et du globaliste. La politique en France et en Europe en est ainsi réduite à cet état de fait par la disparition progressive de la vie politique publique, les gens ne font plus vraiment de politique et ne font plus vivre la vie civile de la cité. L'information n'est plus que le divertissement et le jouet du copinage entre intérêts privés de quelques milliardaires. Comment un peuple qui ne s'intéresse plus à la politique, qui s'informe très mal et qui connaît un individualisme galopant pourrait-il dès lors choisir avec intelligence ceux qui le dirigent ?

 

On pourrait croire sans trop se tromper que la décadence occidentale date en réalité de l'arrivée des médias de masse, en collusion avec l'individualisme hédoniste produit par la société de consommation. Momentanément, le confort et la prospérité ont éloigné le citoyen de la pensée collective, prémisse pourtant indispensable au bon fonctionnement d'une démocratie . Et cette disparition du patriotisme qui est la marque véritable de la volonté collective du citoyen, comme l'avait bien vu Montesquieu, a entraîné la fin du fonctionnement des républiques et de la démocratie. Quand le patriotisme disparaît, la république s’affaiblit et le bien commun devient l'affaire de quelques particuliers. Nous y sommes que ce soit en France, en Italie, aux USA ou en Allemagne. Paradoxalement, les nations non organisées par le régime démocratique semblent mieux s'en sortir à commencer par la Chine. Si le régime chinois n'est guère enviable sous bien des aspects, son fonctionnement le rend mécaniquement imperméable aux aléas des modes du système médiatique. Cela permet quelque chose dont les nations d'occident sont aujourd'hui bien incapables, la projection à long terme et la vision collective. Il se pourrait bien que les masses médias et l'individualisme poussé à son paroxysme aient en fait condamné la démocratie et les nations qui la pratiquent à mort .

 

Les problèmes euro-italiens

 

Pour en revenir à notre élection, celle-ci est marquée encore une fois par des positions assez incohérentes de la part des acteurs. Si l'union de la droite italienne se présente comme une alternative au système avec des positions anti-immigration, le reste de son programme est en fait extrêmement européiste. Sur le plan économique, on a une vision ultralibérale classique avec une volonté de ne pas taxer les pauvres petits riches . Une politique extérieure totalement alignée sur l'OTAN et Washington. Une politique énergétique qui consiste à ressasser les mêmes salades sur les énergies alternatives, etc. On peut lire une traduction sur ce site qui est bien d'obédience ultralibérale . Point d'orgue, on apprend que cette alliance de droite est totalement européiste et ne compte absolument pas sortir de l'UE ou de l'euro. Cependant, on se demande bien comment ils comptent défendre les agriculteurs italiens comme ils l'affirment sachant que l'UE signe un nouveau traité de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande en ce moment même. On a ici une contradiction directement produite par le système de communication, aucun journaliste ne soulevant ce genre d'absurdité. L'on pourrait dire exactement la même chose du RN qui depuis le tournant eurolibéral de 2017 ne fait plus que des postures grotesques sans cohérence, idem pour le groupe politique de Mélenchon.

 

Le plus impressionnant c'est que cette nouvelle élection n'a guère abordé les gros problèmes de l'Italie. L'énorme dette par exemple n'est plus vraiment remboursable . Or cette dette est le produit direct de l'adhésion à l'euro . Euro dont les Italiens ont été la plus grosse victime . Évidement la question ne sera jamais abordée par l'alliance de droite, il ne faudrait pas frustrer les vieux électeurs européistes. Alors il y a quelques mesurettes notamment sur la politique de la natalité, mais rien qui ne puisse vraiment inverser la situation. Une politique nataliste ne peut en aucun cas redresser une situation démographique produite par une panne économique de plus de vingt ans. Car pour avoir des enfants, il ne suffit pas d'avoir des allocations qui seront toujours insuffisantes pour faire vivre décemment une famille. Il faut avoir un emploi et une perceptive économique pour fonder une famille. Chose qui est de plus en plus difficile à trouver en Italie tout comme en France (malgré les tripatouillages du chiffre du chômage dont on reparlera dans un autre texte). La dette publique italienne atteint la bagatelle de 174% du PIB et contrairement au Japon les impôts sont déjà assez élevés, la pression fiscale pourra donc difficilement augmenter dans les proportions nécessaires au remboursement de la dette et des intérêts.

 

Désastreuse pyramide des âges italienne
La dette Italienne (source OCDE)

C'est d'ailleurs cette question qui actuellement travaille beaucoup l'UE et les européistes. En effet, si les dettes publiques de la France, de l'Italie, de la Grèce ou de l'Espagne permettent de maintenir la zone euro par la menace sur la montée des taux et le risque d'explosion de la zone, c'est paradoxalement aussi ces dettes qui fond monter la pression économique. La stratégie allemande qui domine l'UE consistait à asphyxier progressivement ses principaux concurrents sur le continent à savoir la France et l'Italie. La stratégie a très bien marché, à partir de l'euro et de la mise en application de la loi Hartz mise en place en 2003, la baisse du coût du travail en Allemagne a permis l’accroissement progressif des excédents commerciaux allemands et le déclin progressif de l'industrie française et italienne. Ces pays n'ayant plus la possibilité de dévaluer comme ils réagissaient avant. Il faut rappeler au passage que la période de grand dynamisme italien après guerre fut accompagnée d'inflation comme en France et de dévaluations régulières. La France et l'Italie d'après guerre ont eu une croissance bien plus forte que l'Allemagne à la même époque. Ce n'est qu'à partir de la mise en place de l'idéologie de la monnaie forte accompagnant les délires libéraux des années 70 que les choses commencent à se gâter.

La croissance italienne cassé par le libre-échange en 1974 puis totalement par l'euro en 2002 (source OCDE)

Cependant, depuis l'affaire du Covid et la déstructuration du commerce international dans lequel l'Allemagne avait construit sa stratégie, le pays connaît des difficultés. Comme nous en avons déjà brièvement parlé, l'Allemagne a certes gardé des industries, mais elle s'est surtout spécialisée dans l'assemblage et la ponction des dividendes liés au commerce lointain. Coupé de la Chine ou de l'Europe de l'Est, l'industrie allemande tombe en panne faute de pièces à assembler. Pire, maintenant elle se retrouve à court de gaz et d'énergie à cause du dogmatisme pseudoécologique qui la travaille depuis 20 ans et du dogmatisme atlantiste qui l'oblige à se suicider en se passant du gaz russe. Résultat, l'excédent commercial allemand s'est effondré et celui de la zone euro avec. Donc maintenant la stratégie qui consistait à maintenir sous perfusion une France et une Italie surendettées par la stratégie commerciale agressive de l'Allemagne se retourne contre elle et la structure bureaucratique européenne . La crise des taux et la baisse rapide de l'euro sont liées à cette situation rocambolesque produite par 20 années d’absurdité macroéconomiques et monétaires. Et l'Italie bien malgré elle et malgré le nouveau gouvernement se retrouve dans une situation explosive.

 

L'histoire italienne ne sera pas écrite par son gouvernement

 

Balance commerciale Italienne et française

Pas plus que dans le cas français, l'Italie n'a pas les élites pour changer de direction le pays. Il y a trop de monde qui a un intérêt au statu quo à la tête de l'état, et des grandes entreprises. De plus, l'Italie tout comme l'Europe en général est un pays de vieux, or, ce vieillissement a comme principal effet un décalage de plus en plus grand entre la réalité instantanée du pays et la vision qu'en a la majorité vieillissante de la population. Plus que la peur c'est l'intérêt à court terme qui motive l'inaction, les vieux vont bien et tant pis pour les jeunes, en gros. Mais l'euro qui a réussi à survivre à la crise des subprimes par l'amoncellement de dettes publiques et privées ne pourra pas être sauvé cette fois-ci, en tout cas pas de la même manière. L'Allemagne est aujourd’hui touchée, l'inflation et la crise énergétique vont avoir des effets extrêmement délétères sur elle comme sur nous. Si la question italienne est intéressante, ce n'est certainement pas pour ses élections ou son gouvernement, mais bien parce que les tensions et la crise sont particulièrement élevées dans ce pays. Une explosion des taux en Italie et une crise monétaire massive pourrait être la vraie fin pour l'euro . Et contrairement à la France, l'Italie a fait le choix de la contrition économique depuis 2010, une contrition qui a coûté cher aux Italiens, mais qui a mis le pays dans une meilleure situation commerciale. L'Italie a des dettes publiques, mais elle a un léger excédent commercial. C'est aussi un des effets de la dépression démographique, la demande intérieure baisse mécaniquement. Sous la pression des événements, il n'est donc pas à exclure une sortie de l'euro en catastrophe . Le gouvernement italien pourrait même en profiter pour faire défaut sur une partie de la dette, voir sur sa totalité. Quand on connaît l'histoire économique, on sait bien que les dettes ne sont pas souvent remboursées, la plupart du temps elles sont monétisées. Mais dans le cas d'une catastrophe monétaire, une répudiation de dette pure et simple n'est pas à exclure surtout si les détenteurs de titre italiens sont des étrangers . Les étrangers détiennent 36% de la dette italienne et la BCE 19% (chiffres de 2018), un défaut de paiement en pareil cas pourrait moins douloureux qu'on ne le croit pour les Italiens.

 

Pour tout vous dire l'évolution de la situation italienne pourrait fortement changer en fonction des actions des élites européistes. Si le nouveau gouvernement adhère largement à la doxa européenne comme le montre son programme, il n'est pas sûr qu'il puisse le rester s'il se fait menacer et insulté ouvertement en permanence. Nous sommes dans un monde essentiellement dirigé par la communication et les médias. On le voit dans la guerre ukrainienne. Le changement de politique en Italie et la rupture avec l'UE pourrait ainsi ne pas venir du gouvernement italien lui même, mais de sa réaction face à une avalanche de mesure anti-italienne de la part de l'UE et de sa direction folle-dingue. Le racisme ontologique des allemands vis-à-vis des peuples latins faisant le reste. Pour sauver la face, les dirigeants italiens pourraient se retrouver contraint à la rupture avec l'UE et l'euro.  C'est la seule hypothèse positive que je puisse trouver dans l'élection qui a eu lieu en Italie pour l'instant.

 

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30 septembre 2019 1 30 /09 /septembre /2019 17:11

La mort de Jacques Chirac a mis en émoi tout ce qui sert d'appareil politique en France. Nous voici contraint de pleurer l'ancien président que fut super-menteur comme le décrivait si bien les guignols de l'info à leur apogée. L'on pourrait comme le fait le blogueur Descartes remarquer que Chirac c'était surtout le symbole d'une autre époque et d'une autre façon de faire de la politique. Bien sûr à côté de Sarkozy, Hollande, et du catastrophiquement pitoyable Macron, Chirac pouvait sembler grand. Mais tout de même. Chirac le soi-disant gaulliste a fait réintégrer la France dans le commandement intégré de l'OTAN alors que cette organisation n'a plus d'autre utilité que de faire de la vente forcée pour l'industrie militaire américaine. Chirac aurait pu arrêter la folie de l'euro, mais il n'a rien fait. Chirac est responsable d'une politique macroéconomique complètement stupide avec le cryptolibéral Jupé et sa hausse de la TVA en plein milieu d'une récession en 1995. On connaît la suite et l'explosion du chômage que cela provoqua. Qui a oublié les stupides jupettes, les primes à l’automobile qui était même donnée aux voitures fabriquées à l'étranger. Chirac et Villepin sont responsables de la privatisation des autoroutes, faut-il aussi le rappeler ? Et la fin du service militaire faisant de l'armée française une armée non plus de la nation, mais une armée de mercenaires au service des intérêts des multinationales et des USA ? C'est que la conscription, c'est embêtant. Ça empêche de faire n'importe quoi avec l'armée du pays. On l'oublie, mais le service national n'avait pas seulement pour but de donner des troupes à l'armée, c'était aussi un moyen pour la population de contrôler l'armée et son usage. Ce n'est pas un hasard si la conscription est arrivée avec la démocratie, et ce n'est peut-être pas un hasard si nos états de moins en moins démocratiques mettent fin justement à cette même conscription. Non vraiment, je suis désolé, mais je ne vois pas très bien ce que Chirac a fait de bien pour la France en dehors de sa position sur la guerre en Irak.

 

Mais bien évidemment, l'on pourrait faire un inventaire à la Prévert de toutes les idioties faites par le grand con comme certains l'appelaient. On pourrait tout autant en faire pour Mitterrand ou l'ignoble et toujours en vie Giscard. Ou son pitoyable premier ministre Raymond Barre qui a introduit en France les théories stupides de l’école autrichienne et du néolibéralisme anglo-saxon. En un sens, tous ces « grands » avaient comme Chirac une certaine culture et une façon de faire de la politique en apparence très différente de ce qui se fait aujourd'hui . Mais dans le fond, ils étaient déjà dans la communication et l'apparence des choses. Il n'y a pas plus de profondeur chez Chirac que chez Macron ou Sarkozy. Ils ne s'intéressaient pas vraiment au pays ou aux politiques à mener. Macron Sarkozy , Chirac, Mitterrand n'avaient qu'un seul objectif, prendre le pouvoir pour prendre le pouvoir, sans savoir quoi faire avec. La grosse différence entre les anciens et les nouveaux communicants de la politique c'est la capacité à camoufler cette bassesse de l'esprit, cette absence totale d'intérêt pour la politique elle-même si ce n'est le simple jeu du pouvoir et de l'intérêt personnel.

 

En un sens, Macron est une chance, sans les atours de l'apparence du politicien classique , il met en exergue toute la puanteur des hommes politiques français qui dirigent ce pays depuis un demi-siècle. Et l'on pourrait même conjecturer depuis 200 ans tant cette maladie est propre à la république et au système des partis politiques qui nous sert de système de sélection des élites depuis la révolution. Les grands hommes qui ont parsemé notre chemin depuis la révolution sont rarement montés uniquement par les urnes. Ce sont souvent les circonstances qui les ont mis au pouvoir à l'image du général de Gaulle qui n'aurait jamais été au pouvoir sans la Seconde Guerre mondiale ou la guerre d'Algérie. Il serait peut-être temps de juger notre organisation républicaine à l'aune de ce triste constat de nullité politique permanente en dehors de quelques remontées presque miraculeuses. Car il n'y en aura peut-être pas cette fois. Un régime politique qui met en permanence des égocentriques vaniteux au pouvoir a quelque chose de complètement pourri, mais c'est un autre débat que celui auquel je veux ici vous convier. Alors que nous pleurons donc notre vieux prestidigitateur du gaullisme théâtral, l'on oublierait presque que la droite existe toujours contrairement à la gauche du moins officiellement. Et l'on sort d'un spectacle absolument affligeant concernant l'UMP qui a invité à la convention des droites deux ténors du pseudo-débat télévisuel à savoir monsieur Eric Zemmour et mademoiselle Marion Maréchal Le Pen.

 

Marion Maréchal Le Pen et Eric Zemmour, les Greta Thunberg de la droite française

 

Alors j'ai déjà eu quelques textes d'énervement à l'encontre d'Eric Zemmour. Il lui arrive parfois de dire certaines vérités, mais la forme et le sens profond de ses discours font qu'il arrive généralement au résultat contraire de ce qu'il prétend rechercher. Je dis, prétends, parce que je ne crois pas vraiment au discours officiel de Zemmour. Son rôle est de détourner l'attention du public de droite des vrais problèmes notamment macro-économiques . Il est tout de même stupéfiant de voir un discours entièrement concentré sur l'immigration en ce moment alors même que l'Allemagne et l'Europe replongent en récession alors qu'elles ne sont même pas sorties de la précédente crise. Et que dire de l'intervention de la FED sur les marchés financiers qui montre la tutelle des banques centrales sur le système économique mondial soi-disant privé ? Tellement privé qu'il ne fonctionne plus sans injection permanente de dette publique et d'émission monétaire. Et quid des Gilets jaunes et de la grande misère en France ? Alors que comment ne pas voir comme l'a très bien compris Emmanuel Todd que l'immigration soit à la droite ce que l'écologisme ou le discours sociétal est à la gauche à savoir des moyens pour ne pas débattre des vraies questions ? Comment considérer comme rationnel un type qui se prétend souverainiste et qui ne remet pas en cause l'UE et l'euro ? C'est aussi ridicule que de prétendre qu'on va changer de mode de production pour sauver la planète tout en faisant du libre-échange. Je rappellerais d'ailleurs que Zemmour et quelques autres comme le pitoyable maire de Béziers ne sont pas pour rien dans la tournure extrémiste du FN après le second tour de l'élection présidentielle. Alors que ce parti avait fait un score historique avec la ligne protectionniste et plutôt keynésienne de Philipot permettant d'avoir un espoir pour l'avenir après Macron. On a eu droit à un abandon total de la ligne et à une tournure zemmouresque du discours. Condamnant à mon avis définitivement ce parti à n'être qu'une roue de secours pour le pouvoir en place.

 

Quant à la nièce de Marine Le Pen, elle joue le même rôle que Zemmour d'ailleurs. Il consiste à détourner les questions économiques  et centrer tout le débat sur l'immigration. Les anciens lecteurs de ce blog le savent pourtant, je ne porte guère dans mon cœur les politiques migratoires. Elles sont irresponsables et fabriquent plus de problèmes qu'elles n'en résolvent. Et je n'ai guère d’appétence pour l'islam non plus bien que je pense que le problème n'est pas tant dans l'islam que dans la masse invraisemblable d'immigrés que notre pays à reçu depuis des décennies. L'islam est un peu le cache-sexe de ce problème quantitatif. Vous pensez sincèrement que nous nous porterions mieux avec 5 ou 6 millions de chinois à la place d'immigrés musulmans ?Ils seraient probablement moins turbulents sur le plan légal, mais nettement plus dangereux pour l'indépendance et la stabilité de notre nation. Je pense sincèrement que ce serait même pire connaissant l'usage que la Chine fait politiquement de sa diaspora. Cependant même si c'est grave l'immigration n'est pas le principal problème français. Le principal problème de la France,celui dont dépendent en fait tous les autres, c'est qu'elle n'est plus une nation. Elle n'a plus les leviers ni pour sa politique budgétaire, ni pour sa politique monétaire, ni même pour sa politique migratoire. Mais est-ce que Marion Maréchal Le Pen est pour la sortie de l'euro? Non. De l'UE encore moins. Pire que ça, elle est encore plus libérale que Macron sur le plan économique, j'aimerais bien savoir d'ailleurs ce qu'en pense Zemmour lui qui croit encore un peu à l'état régalien . Parce que Marion Maréchal-Le-Pen est une libertarienne, le courant extrémiste américain pour qui l'état et le collectif sont au centre de tous les problèmes. Parce que c'est vrai qu'on n’a pas encore assez privatisé en France, il reste encore l'école, la santé, la police, et, pourquoi pas, l'armée à privatiser.

 

Pour Marion Maréchal-Le-Pen et ses suiveurs, en particulier les identitaires, la France est un pays de communistes, et l'immigration un programme de gauche. On aura beau s'évertuer à expliquer que Marx considérait que les immigrés étaient une armée de réserve pour faire baisser les salaires et que Giscard fut responsable du regroupement familial, ils penseront toujours que l'immigration c'est seulement la gauche. Et que dire du rôle du patronat dans l'immigration de masse il en est pourtant le seul véritable initiateur et défenseur . Même si parfois ce patronat se prétend de droite ses intérêts économiques passent avant tout le reste. Bref vous l'aurez compris, on est dans le cas d'un discours de diversion exactement comme celui de l'écologie. C'est pour cela que l'on peut présenter Zemmour ou Marion Maréchal-Le-Pen comme des Greta Thunberg de la droite. Certes, ils sont plus âgés, en apparence moins manipulés et plus responsables de leurs propos, mais ils ont en commun avec la vierge du Svitjod d'être des phénomènes médiatiques. Ils n'existent que parce qu'ils sont clivants et vendeurs. Parce qu'ils permettent de faire des bulles médiatiques. Ce qu'ils disent importe peu, ce qu'ils pensent non plus, et leurs solutions on s'en fiche encore plus. Par contre, ils font vendre l'une parce qu'elle est un peu photogénique contrairement à sa tente très probablement, et que son discours de droite décomplexée ou plutôt droite totalement attardé font du chiffre chez les médias . Et puis c'est bien pour Macron d'avoir un croquemitaine à combattre pour les prochaines élections. Et l’autre parce qu'il baragouine bien à la télévision même s'il dit énormément de bêtises et qu'il défend très mal ses thèses. C'est à ça que s'intéressait la droite patronale de l'UMP et de la pathétique union des droites. Alors qu'ils ont été dépassés sur leur droite économiquement par Macron le plus libéral des dirigeants français depuis plus d'un siècle, ils essaient de faire un retour par l'immigration. Macron l'a compris lui qui se met aussi à faire du Sarkozy sur l'immigration en attendant le karcher.

 

L'intérêt de la France dans tout ça n'existe pas. Le monde réel ils s'en fichent. La crise économique qui vient ce n’est pas grave, le marché résoudra tous les problèmes. On a coutume de dire que la gauche est en crise, mais c'est bien tout le spectre politique français qui est en crise. À force de ne voir que les problèmes surmédiatisés et d'ignorer les vrais. À force de pensée magique et d'ignorance des rapports de force réels . À force de faire de la démagogie pour qu'on parle de soi dans un concours d'égo sans limites le plus étonnant ce n'est pas que la France s'écroule, mais qu'elle fonctionne encore un peu. L'on fête donc la mort de Chirc, mais jamais son opportunisme et ce qu'il représentait comme involution politique n'a été aussi bien représenté. Chirac est mort, mais il n'y a plus que des petits Chirac au pouvoir et la France est effectivement dans un état bien abracadabrantesque .

 

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23 septembre 2019 1 23 /09 /septembre /2019 22:57

Une fois n'est pas coutume François Lenglet vient de faire un intéressant interview d'Emmanuel Todd sur LCI. Il semble que les élites commencent à paniquer devant la dégradation économique mondiale. C'est probablement la fin du modèle économique allemand qui a déclenché l'alarme chez les classes dominantes de notre vieux pays martyrisé par 40 ans de libéralisme décomplexé. Il n'y a pas que monsieur Lenglet qui panique, le chantre du libéralisme des années 90 Alain Minc vient de déclarer dans l'émission très libérale « C'est dans l'air » : « La part des revenus du capital s’est accrue de manière excessive aux dépens des revenus du travail. Il faudrait obliger les entreprises à distribuer pendant quelques années gratuitement 10 % de leur capital à leurs salariés" . »   On parle de l'économiste qui criait la mort du keynésianisme dans les années 90 et qui avait même eu le culot de sortir un livre intitulé « La mondialisation heureuse » en 1997. C'est que de l'eau a coulé sous les ponts et que les conséquences de leurs délires d'alors commencent à se voir fortement . Voici donc l'interview d'Emmanuel Todd

 

 

 

Que dois-je dire sur cette émission? Todd pour une fois a le temps de s'exprimer même s'il est toujours meilleur à l'écrit qu'à l'oral.

 

- Sur la question des Gilets jaunes je suis totalement d'accord avec lui. Je dirai que c'est une jacquerie des temps modernes. Les participants des Gilets jaune soufre c'est indéniable. Ils sentent que la société se délite et qu'ils sont victimes d'un système, mais ils n'ont pas de structure politique ou d'idéologie pour les mener vers une direction constructive. C'est d'ailleurs probablement ce qu'il y a de plus dramatique dans l'affaire. On ne va nulle part. On sait que ça va mal. On l'exprime en groupe, mais personne ne semble savoir comment sortir le pays du bourbier. Le faible écho qu'a eu la question européenne aujourd'hui remplacée par les idéologies de diversion comme le climat montre que la population des Gilets jaunes dans sa masse ne comprend pas la problématique monétaire et macro-économique. Cela pourrait changer à l'avenir, mais pour l'instant il n'y a rien qui va dans ce sens. Et le système médiatique multiplie les débats sociétaux de moins en moins scientifiques pour détourner l'attention d'une population de plus en plus aux abois. La destruction de notre système social est maintenant clairement en marche sans mauvais jeu de mots. La prochaine cible après les retraites restant encore à définir. L'école publique ? La sécurité sociale ? La politique familiale ? On verra bien. Ce dont on est sur c'est que la destruction de la richesse du pays à travers sa désindustrialisation, le chômage de masse, et les déficits commerciaux produit par le libre-échange et l'euro, ne peut que conduire à la destruction de notre modèle social. C'est inéluctable et c'est une fuite sans fin, car la destruction de ce modèle sociale aggravera encore un peu plus la crise de la demande. Il suffit de demander aux Grecques dont la destruction du modèle social a finalement aggravé la dette du pays et aggravé la crise économique.

 

-L’infantilisme généralisé est un tacle subtil de Todd pour éviter la question du paganisme moderne que constitue l'idéologie écologique. La ridicule glorification de Greta Thunberg montrant l'incroyable infantilisme des élites de notre époque qui pour résoudre un problème soi-disant gravissime revient à faire appel à l'avis d'une enfant visiblement enfermé dans un mouvement sectaire. On a peut-être un exemple en direct de la façon dont naissent les religions. Il suffit comme le disait Brassens de faire semblant de croire tous ensemble et bientôt vous croirez vous aussi.

 

-Sur la question migratoire, Todd continue de penser positivement. Comme je l'ai déjà dit, je pense que Todd est un chauvin qui surestime un peu la capacité d'attraction de la société française. Penser qu'il suffit d'un retour au plein emploi pour assimiler les populations immigrées actuellement en France relève plus de la croyance que d'autre chose pour moi. Je ne compte pas les personnes très bien intégrées économiques et qui rejettent pourtant parfaitement les valeurs françaises. À l'inverse, certains pauvres issus des minorités ethniques s'assimilent. Je crois que Todd est ici pris au piège par une trop grande référence à la pensée marxiste même s'il modère ses propos sur la question.

 

-Le passage le plus intéressant est sur la question des pays de l'Est. Au détour de la question de la démocratie hongroise l'on voit que Todd introduit un vrai questionnement sur l'évolution de l'Europe de l'Est . Terre jadis victime de l'impérialisme russe à travers le soviétisme. Ces pays ont en fait été détruits physiquement par leur adhésion à l'Europe de l'Ouest. Le libre-échange et la libre circulation des capitaux et des personnes leur ont été en partie fatals. Todd est le premier à le souligner même s'il ne le dit pas comme ça. J'en parlerais plus longuement dans mon prochain texte. C'est un sujet très intéressant notamment la question de l'Allemagne de l'Est aujourd'hui à la pointe de la contestation sociale puisque le parti d'extrême droite allemand l'AFD y fait des scores très importants.

 

C'est un bon retour de Todd dans les médias. Il a su remettre encore une fois la question du pouvoir politique au centre en mettant bien en avant l'impuissance volontaire des hommes politiques français en particulier d'Emmanuel Macron. Tant que la question de la souveraineté de la nation sur les plans monétaires et macroéconomiques n'est pas posée alors la politique reste juste un divertissement de masse entre deux élections rien d'autre.

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11 septembre 2019 3 11 /09 /septembre /2019 21:35

 

Quel drôle de monde tout de même que celui où un footballeur inutile et surpayé se met à donner des leçons de réflexions, et où tout le monde semble prendre sa parole pour argent comptant. Le spectacle et la société du spectacle ont atteint des sommets dans l'absurde . Voici donc monsieur Lilian Thuram ancien footballeur de son état qui déclenche une lutte dans le camp du bien, à savoir dans le camp qui juge le bien pour les autres, et ce depuis des décennies. Les propos de monsieur Thuram sont absurdes, c'est une évidence. Il caractérise un esprit particulièrement raciste en réalité puisqu'il résume la culture à une couleur de peau. Monsieur Thuram parlant de culture blanche et de culture noire, ce qui est une marque d’imbécillité évidente. Quel est donc le rapport culturel entre un chrétien noir d'Haïti et celle d'un sénégalais musulman en dehors de sa couleur de peau ? Les Français sont-ils identiques aux Russes ou aux Allemands sous prétexte qu'ils sont blancs ? Un Japonais sera probablement content d'apprendre qu'il fait partie de la culture jaune comme les Chinois ou les Mongoles. Il est quand même curieux de voir à quel niveau de simplisme et de stupidité l'idéologie de l'antiracisme permanent a pu tomber pour produire de telles inepties réductrices.

 

Il faut dire que les médias n'aident pas. L'on pourrait même assurément affirmer qu'ils sont à la source du problème puisque ces discours simplistes permettent de faire du buzz à peu de frais et de nourrir la bête de l'audimat qui maintient les revenus publicitaires. Le phénomène de l'antiracisme tout comme celui de l'écologisme délirant ou du féminisme paranoïaque sont tous des produits de grande consommation médiatique qui font tourner la machine commerciale. Et plus les sujets sont absurdes, plus ils font de l'audience et attirent la démagogie . Avec en queue de peloton les politiques qui se verront contraints de prendre des mesures tout aussi absurdes que le sujet pour calmer la hargne médiatique . On ne saurait mieux ici résumer le fonctionnement actuel de nos sociétés tourné autour de l'immédiateté médiatique. Avec des conséquences graves puisque l'on finit par avaliser petit à petit la vision délirante de ces partisans du séparatisme permanent. On légitime depuis quarante ans la parole de dingues largement minoritaires qui ne représentent qu'eux-mêmes, quand ils ne sont pas carrément financés par des pays étrangers. On pense ici par exemple à l'entrisme islamiste qui passe par le financement étranger de pays souvent eux même peu soucieux de leurs propres minorités. Les lobbys noirs en France sont en partie financés et encouragés par les USA qui s'en servent de moyen d'expansion idéologique et culturel. On pourrait tout autant d'ailleurs se poser des questions sur le Crif qui a beaucoup fait pour communautariser les débats en France . Il faudra un jour se poser sérieusement la question de l'interdiction de toutes ces associations communautaires dont le seul but est de se créer une raison d'être et un marché de captifs communautaires, quand ils ne sont pas là simplement pour nuire à l'intérêt de la nation française et des Français.

 

Le communautarisme est une importation culturelle

 

Tous ces débats impensables il y a quarante ans en France sont avant tout le produit d'une colonisation culturelle. L'imaginaire d'une partie importante de la population française est aujourd'hui empoisonné par l'imaginaire culturel américain. Le communautarisme est le fruit pourri de cette colonisation de l'imaginaire. Les références permanentes à la communauté sont un contre sens à l'organisation sociale française. Car en France il n'y a qu'une seule communauté, la communauté française. Chaque citoyen est responsable de ses actes en tant que tels, ses droits et ses devoirs répondent uniquement à sa propre personne et à son propre comportement. À partir du moment où vous réduisez un individu à son sexe,sa religion, sa couleur de peau, sa communauté imaginaire vous entrez dans la spirale sans fin des guerres communautaires et vous créez une nouvelle société de caste où les droits des individus dépendent à nouveau de leur origine de naissance. On appelle ça l’essentialisation des individus et l'on sait historiquement où l'essentialisation peut mener. Et même si les communautaristes font une adulation de telle ou telle culture, couleur, sexe, il faut rappeler ce que René Girad avait bien montré dans ses œuvres. Le bouc émissaire est un Janus à deux visages. L'un est haineux et fait porter au bouc émissaire toute la responsabilité de ses misères et de ses problèmes. Mais l'autre visage moins connu du bouc émissaire est une adulation sans faille qui bien souvent précède l'arrivée du visage de haine. L'autre est alors glorifié de façon absurde possédant toute les qualités qui font défaut à la majorité. En ce sens, la xénophilie délirante est en soi extrêmement dangereuse. Non seulement parce qu'elle fabrique une injustice en donnant des droits particuliers à tel ou tel individu parce qu'il a une couleur de peau ou une particularité culturelle. Mais aussi parce qu'elle est en fait le prélude au second visage du bouc émissaire. Le second visage se nourrissant probablement de la rancœur et de la colère que portait en lui le premier. L'on ne corrige pas des injustices en en créant d'autres surtout quand ces injustices sont souvent de purs fantasmes. J'ai toujours trouvé incroyablement stupide l'idée de combattre le racisme par des politiques multiculturelles et communautaristes puisqu’en définitive le communautarisme n'est rien d'autre qu'un racisme organisé. Une séparation organisée des groupes humains sur le territoire au nom d'identités fantasmées.

 

Le racisme, tout comme l'esclavage, n'a pas de couleur

 

Les communautaristes s'appuient depuis longtemps sur une forme d'illogisme fondamentale qui consiste à tordre le coup à la rigueur intellectuel. On en a une nouvelle preuve dans ce texte pathétique provenant du site des Inrocks . Ainsi madame Rokhaya Diallo nous dit promptement « "Racisme anti-Blancs." D'un point de vue sociologique, l'expression apparaît comme une fiction, une aberration. » . Quelle affirmation grotesque! Il est évident quand dans un pays encore largement majoritairement blanc le niveau de racisme en entreprise ou dans le logement est extrêmement bas pour les autochtones. C'est une lapalissade que de le dire. C'est d'autant plus vrai que les populations blanches ont en moyenne un niveau de vie et d'étude supérieure puisque par définition la plupart des immigrés viennent de régions plus pauvres et moins avancées. On ne change pas de statut social instantanément surtout dans un pays qui produit malheureusement beaucoup de chômage avec des politiques économiques stupides. Mais est-ce que cela veut dire pour autant que les blancs ne sont pas victimes de racismes ? Y a-t-il eu seulement quelques études sérieuses sur le sujet ? Et quid des entreprises ethniques qui se multiplient ? Trouve-t-on beaucoup de français dans les restaurants vietnamiens ou les commerces tenus par les minorités ethniques ? Quelque chose me dit que si étude il y avait, on aurait de grosses surprises sur la proportion de racisme dans l'embauche chez ces minorités.

 

Mais passons cette question sociologique. La question du racisme n'est pas une question de sociologie uniquement. Quand une personne en agresse une autre pour sa couleur de peau c'est du racisme que cette personne soit noire, blanche, arabe ou autre. Vouloir comme le fait madame Rokhaya Diallo coloriser le droit d'être ou non une victime relève pour le coup véritablement du racisme puisqu'elle essentialise les blancs en disant qu'il ne saurait y avoir de racisme contre les blancs soi-disant pour des questions sociologiques. Et le plus drôle c'est qu'au moment même où cette dame dit cela l'on voit l'Afrique du Sud s'enfoncer dans une avalanche d'actes racistes contre les minorités étrangères du pays et une association noire la LDNA qui a fait un appel au meurtre des blancs et des Asiatiques. On appelle ça une démonstration par l'absurde littéralement.

 

Le problème de madame Diallo comme celui de la plupart des personnes se revendiquant communautariste sans complexe c'est qu'ils cachent leurs vraies intentions. Ils essaient d'obtenir des droits de naissances particuliers et totalement contraires aux principes de la nation française. Et ils ne comprennent pas qu'en essayant d'importer un modèle de société raciste en France, car le communautarisme je le répète c'est le racisme organisé, ils ne font qu'attiser la colère d'un peuple farouchement attaché justement à l'idée d'égalité. Et quand je lis « Et ainsi, cela permet de relativiser d'une certaine manière le racisme systémique français. » Je me demande vraiment si cette dame connaît la France ou si elle colle sur la France des études sociologiques faites aux USA . Un enfant noir en France a exactement les mêmes droits qu'un blanc ni plus ni moins. Il a accès aux soins et à l'école gratuite. Il a en plus droit à d’innombrables aides de toutes sortes qui ne sont effectivement pas données en fonction de la couleur de peau, mais du statut sociale ce que regrette probablement madame Diallo. Je trouve effarant de se prétendre intellectuel et d'affirmer comme elle qu'il y aurait une espèce de racisme d'état alors que la France est une des nations les plus généreuses qui soient. Ce que risquent ces apprentis sorciers qui croient être aux USA alors qu'ils vivent en France c'est de surtout mettre la population française dans une situation de ras-le-bol généralisé. Les principaux promoteurs du racisme sont en réalité aujourd'hui ces pseudo-antiracistes de pacotille. Il est temps en France d'interdire les associations communautaires purement et simplement.

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19 août 2019 1 19 /08 /août /2019 18:04

Le taux de chômage a-t-il encore un intérêt ?

 

Notre gouvernement s’enorgueillit de la baisse comptable du chômage en France. Une baisse extrêmement relative d'ailleurs même en excluant les manipulations assez classiques dans le domaine consistant à la fois à exclure les catégories de chômeurs qui elles augmentent tout en radiant massivement les chômeurs potentiellement comptabilisables. La méthode est ancienne et c'est aux USA inventeur du trafic statistique de masse que les chiffres du chômage sont d'ailleurs les plus étranges. On a ainsi officiellement une situation de plein emploi, mais le taux d'activité des hommes en âge de travailler n'a jamais été aussi faible. Le nombre de personnes dépendant des bons alimentaires aux USA a été de 40 millions en 2018, c'est certes une amélioration par rapport à 2013 ou près de 47 millions de personnes ont bénéficié de cette aide, mais c'est tout de même étrange dans un pays qui affiche officiellement le plein emploi. À moins que comme l'on peut le supposer l'emploi ne soit plus vraiment une garantie pour vivre correctement ce qui explique en partie ce paradoxe.

 

L'on pourrait dans le cas des USA rebondir sur les analyses assez connues de l'économiste John Williams qui situe le chômage réel aux USA à environ 21 % à l'heure actuelle avec une baisse réelle, mais beaucoup moins forte qu'officiellement depuis l'arrivée de Trump. Cette statistique colle effectivement mieux au taux de participation à l'économie réelle . Quoi qu'il en soit même en prenant en compte le taux de chômage il va falloir accepter que ce taux soit de moins en moins pertinent pour décrire la situation économique d'un pays et pas seulement aux USA. En France les salaires ont totalement décroché des loyers et du coût de la vie en général . Les expulsions pour loyers impayés ont par exemple bondi de 75 % depuis l'an 2000 alors qu'officiellement le chômage n'est pas beaucoup plus élevé qu'à l'époque et que le niveau de vie officiel est censé avoir augmenté si l'on se fit aux statistiques de l'Insee. C'est bien évidemment l'explosion des coûts du logement et la bulle immobilière qui sont responsables de cette situation. C'est d'autant plus vrai que contrairement aux USA par exemple la crise de 2008 n'a pas entraîné une correction du marché immobilier qui a continué à maintenir des niveaux totalement absurdes par rapport aux salaires moyens français. C’est particulièrement vrai en région parisienne comme nous en avions parlé dans un autre texte.

 

Aucun rebond du taux de participation à l'économie aux USA
Taux de chomage aux USA comparé

L'on voit donc que la question du chômage au fond est une question de point de vue en partie. Les institutions officielles jouent en règle général du flou artistique entourant la « science économique » qui ressemble parfois bien plus à un art de rhétorique qu'à une science réelle. Après tout imagine-t-on des physiciens passer leur temps à discourir sur la validité de la mesure d'une unité de distance comme le kilomètre ou de la force comme le Newton ? Non bien évidemment. Et pourtant c'est bien souvent autour de la façon dont certaines réalités économiques et mesures économétriques sont faites que se situe le débat public et économique. Preuve s'il y en avait vraiment besoin d'une que l'économie n'est pas du tout une science, mais bien plus un langage visant à camoufler des objectifs politiques. L'on pourrait s'amuser à regarder ce qui compose les indices de l'inflation pour voir comme certains économistes que celle-ci est largement sous-estimée. Les produits de première nécessité ayant flambé sont camouflés d'un point de vue statistique par la baisse relative des coûts des biens technologiques sur la même période.

 

 

L'une de mes marottes préférées est bien sûr la façon dont les économistes mesurent la productivité du travail. C'est l'économiste Jean Luc Gréau qui avait soulevé très justement la question dans son livre « L'avenir du capitalisme » écrit en 2005 et qui avait d'ailleurs de façon très prophétique prédit la crise des subprimes aux USA ainsi que les crises grecques, espagnoles et portugaises à une époque où tout le monde parlait de miracle. L'on ne s'étonnera guère que Jean Luc Gréau soit si peu sollicité par les médias il est sans doute trop sérieux pour eux. Les économistes mesurent la productivité en général par le PIB divisé par le nombre d'heures travaillé. Ainsi plus le PIB est élevé par heure travaillée et plus la productivité est élevée. C'est une façon de mesurer la productivité du travail qui n'a en fait aucun sens dans une économie ouverte, mais bien peu d'économistes en ont conscience ou ne veulent le voir tant cet outil leur facilite la vie. En effet, quoi de mieux qu'un indicateur synthétique qui résume la productivité du travail et vous permet d'expliquer simplement pourquoi tel ou tel pays a des difficultés ? L'on pourrait d'ailleurs s'amuser à représenter l'économie comme la « science » qui simplifie la réalité et la politique. Vous avez trois ou quatre paramètres et vous faites toutes vos politiques là dessus. C’est quand même plus simple que de faire de la politique, de l'histoire, de la sociologie, de l’anthropologie, de la philosophie, des sciences et de la géopolitique pour bien gérer son pays non ? À l'origine la productivité du travail est un instrument utilisé dans le milieu industriel, un outil hérité de l'époque fordiste où l'on comptait le nombre de voitures produites à l'heure. Cette productivité-là avait un sens. Par contre à l'heure où la majorité des produits manufacturés sont importés, et où la majorité de l'emploi est dans le secteur tertiaire, et dans des occupations dont on a souvent du mal à comprendre l'intérêt réel, calculer la productivité de l'emploi à l'échelle du pays devient un exercice qui relève plus de la prestidigitation comptable que de l'analyse sérieuse. Quelle est donc la productivité d'un footballeur professionnel pour un pays ? Ou celle d'un coach spirituel ? Et les youtubeurs quel est leur apport à la hausse de la productivité du travail ?

 

On pourrait en rire si ce n'était aussi tragique tant l'image que construisent les économistes de l'économie n'était pas aussi importante dans les directions des nations. Ainsi donc voit-on la productivité du travail aux USA grimper en flèche en même temps que le déficit commercial plonge et que la production de bien réel diminue. Tout ça parce que les importations participent à la croissance du PIB à travers les reventes et font augmenter la productivité du travail comptable apparente. Le problème c'est que cette productivité laisse derrière elle un déficit et une dette extérieure. C'est cette réalité que cache une bonne part de la croissance de la productivité en occident depuis 40 ans . Là où la productivité du travail était une réalité dans le monde régulé et fermé d'après-guerre, la notion de productivité n'est plus qu'une illusion qui camoufle des rapports de domination commerciaux. La guerre commerciale entre les USA et la Chine provient du changement de rapport de force qui n'est pas encore entré dans la réalité statistique en quelque sorte. Trump sait parfaitement quel est l'état réel de l'économie américaine . La croissance récente aux USA a été produite par la forte hausse du déficit commercial tout comme ses prédécesseurs depuis Ronald Reagan . Ce qu'il y a c'est que la Chine est aujourd'hui trop grosse pour continuer à voir son PIB grossir en exportant en Europe et aux USA. La crise de 2008 a montré également que les USA arrivaient à un plafond difficilement dépassable en terme de déficit commercial. La Chine prend donc un tournant vers sa demande intérieure , elle y sera obligée. Mais la hausse des salaires qu'elle camoufle derrière une monnaie largement sous-évaluée aura un impact très important en occident. Trump tente de réindustrialiser les USA grâce au protectionnisme, mais rien ne dit que ce sera suffisant à l'heure actuelle.

 

Le travail est de moins en moins rentable

 

Pour en revenir aux statiques du chômage un autre chiffre assez paradoxal. L'autre champion du néolibéralisme la Grande-Bretagne, qui a assis d'ailleurs longtemps ses réformes libérales sur son pétrole en mer du nord, connaît des évolutions extrêmement inquiétantes sur le plan social. Alors que le pays est censé avoir le plein emploi, l'on voit des niveaux de pauvreté dans la population tout à fait invraisemblable pour un pays censé être riche. Ainsi l'UNICEF vient de montrer que près de 19 % des enfants de moins de 15 ans de ce pays vivent avec un adulte qui a du mal à acheter sa nourriture. 30 % des enfants vivent dans la pauvreté. Rappelons que la Grande-Bretagne tout comme la France n'a pas une démographie très dynamique. On ne parle pas ici d'un pays qui fait 5 ou 6 enfants par femme, mais bien d'un pays qui connaît depuis 40 ans une natalité inférieure au seuil de reproduction. Et pourtant malgré cette faiblesse démographique la Grande-Bretagne n'arrive pas à nourrir tous ses enfants convenablement. L'on voit mieux ici le caractère désuet du seul chiffre du chômage. Le plein emploi ne dit rien de la santé économique du pays bien au-delà de la seule question de la validité ou non de ce plein emploi.

 

Après 40 ans de déconstruction du Code du travail, on en arrive à une situation ou des gens qui travaillent n'ont plus de quoi subvenir à leurs besoins. Je serais taquin, je dirais que même l'esclavage était un moins mauvais système que le néolibéralisme actuel en ce sens que les esclaves mangeaient et pouvait avoir des enfants. C'était d'ailleurs dans l'intérêt du maitre que de maintenir le renouvellement de ses esclaves. Là le capitalisme libéral en arrive à un stade où même les besoins les plus vitaux ne sont plus remplis pour une part croissante de la population . Et cela sans guerre, sans épidémie et sans crise politique majeure. C'est beau quand même ce niveau de nullité en terme d'efficacité pour la majorité de la population. La Grande-Bretagne vivra-t-elle les mêmes mésaventures que l'Irlande au 19e, et ce pour des raisons similaires, l'ordre du saint laissez-faire libéral et du libre-échange? Mais ne critiquons pas trop nos amis britanniques. La France fait un rattrapage hors du commun avec ses pénuries de médicaments et ses importations de plus en plus massives de productions agricoles. Les libéraux arriveront bien à refaire des famines en Europe continentale d'ici vingt ans à ce rythme.

 

La globalisation économique n'a pas seulement mis par terre nos sociétés et nos organisations sociales. Elle a aussi mis à terre les indicateurs de la macroéconomie même si ceux qui en usent ne s'en rendent pas compte. Les références habituelles issues du corpus macroéconomique keynésien n'ont plus de sens quand vous rendez vos pays interdépendants. Et parler de plein emploi quand les emplois en question ne permettent plus de nourrir les travailleurs et leurs familles annule tout l'intérêt du plein emploi justement. À quoi bon travailler si l'emploi ne nourrit pas ? L'immense armada de travailleurs pauvres importés au nom des principes humanitaires dévoyés par les trafiquants d'être humain moderne s'explique d'ailleurs en partie par cette réalité . Les salaires dans un nombre croissant de secteurs étant trop faibles, l'on fait venir des pauvres d'ailleurs dont les références économiques sont moindres pour se substituer à la population récalcitrante locale. Ce n'est ni plus ni moins que la réinvention du commerce triangulaire sous une autre forme. Il est donc impératif de prendre du recul sur les indicateurs macroéconomiques. Il ne faut plus s'attacher à tel ou tel chiffre, mais bien au contraire voir un portrait d'ensemble de chiffres . Un ensemble de chiffres qui seul peut donner une validité à tel ou tel modèle économique. Arrêtons de tout vouloir simplifier de façon excessive. Voir dans la maigre baisse du chômage la réussite des réformes Macron n'est pas seulement un non-sens économique, c'est une insulte faite à l'intelligence. Le déficit commercial bat des records, la croissance est en panne depuis 2008 et l'UE se dirige lentement vers une déflation, l'Allemagne entrant maintenant en récession malgré ses excédents. Non ça ne va pas bien en France monsieur le président. Et vous pourrez afficher un taux de chômage officiel à zéro en manipulant les chiffres et en jouant sur les mots, mais les gens verront toujours la multiplication des SDF dans les rues, les hôpitaux surchargés, les services publics toujours moins nombreux, les paniers de plus en plus vides pour des dépensent croissantes et les centres-ville se vider de leur jeunesse à cause de loyers délirants. Le mensonge n'est pas une politique même si vous y croyez.

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17 juillet 2019 3 17 /07 /juillet /2019 21:02

 

Le ridicule frappe Macron en été. Tel est l'étrange statistique que l'on pourrait donner à l'apparition d'événements défavorables à notre communicant président. C'est que pour ceux qui s'en souviennent encore l'affaire Benalla fit parler d'elle en été tout comme l'affaire De Rugy frappe la macronie en cette saison estivale. Il faut croire que la torpeur estivale réveille le doute sur la qualité du bien aimé président des médias . Le pauvre président n'avait même pas pu profiter du succès de l'équipe de France de foot comme le président Chirac avait pu le faire pour enterrer les divers problèmes du pays sous un monticule d'idioties footballistiques et médiatiques. L'on pourrait toutefois objecter ici que l'affaire De Rugy fut en fait assez bruyante pour enterrer par exemple les événements dramatiques qui ont suivi le match de foot de l'Algérie le 14 juillet dernier. Événement dramatique dans le sens où il révèle l'échec total de l'assimilation de ces populations en France. Échec que l'on sait vrai pour quiconque connaît un peu le problème, mais qui a toujours été camouflé par les médias dominants et la machinerie de l'état.

 

Ici on a en plus assisté à une démonstration par l'absurde de la collaboration de l'état avec des insurgés d'origine étrangère. Cela pourrait tout du moins être interprété comme tel, tant la dichotomie devient énorme entre le traitement des Gilets jaunes issus de la contestation politique française et le laissez-faire maximal pour des bandits d'origine étrangère pillant les champs Élysée . Et n'oublions pas dans le même temps cette occupation des gilets noirs au panthéon. Je ne sous-entends pas ici qu'il s'agit de la part des institutions publiques d'une action réelle consciente visant d'une part à ne pas punir les populations étrangères sur notre sol, et d'autre part à vouloir maximiser la violence contre la population autochtone. Que cela soit le résultat d'une multiplication d'intérêt à court terme et de calcul de communication marketing est plus probable. La peur maladive de la bavure raciste vis-à-vis des médias devant probablement remplir la tête des flics et des ministres. Cette réalité suffit à expliquer cette différence de traitement. Mais que nos « élites » imaginent un peu le message envoyé à la population française dans son ensemble . On peut d'un point de vue logique en venir à penser que l'état français est aujourd'hui l'ennemie de la France et des Français et c'est probablement ainsi qu'une partie croissante de la population va voir les choses. Car à cette absurde irresponsabilité policière judiciaire et politique s'ajoutent les nombreuses traîtrises économiques et politiques qui s'accumulent depuis maintenant quatre décennies et qui atteignent leur point d'orgue avec le gouvernement Macron.

 

L'affaire Alstom ou ADP aurait mérité bien plus qu'une démission à la De Rugy, car il s'agissait là d'affaires bien plus graves montrant le niveau de corruption invraisemblable du gouvernement Macron. Une démonstration de la proximité philosophique de Macron avec l'ancien président Russe Boris Eltsine un mélange de hautes trahisons des intérêts du pays et d'une très forte corruption au plus haut niveau de l'état. On peut se douter que l'affaire De Rugy consiste peut-être dans la tête de Macron et de ses communicants d'un plan marketing visant à revaloriser la crédibilité du président à peu de frais. Un moyen pour faire oublier le reste, la mémoire médiatique de la population étant maintenant très courte surtout avec l'influence néfaste des médias sociaux. Regardez donc ce vil corrompu nous le faisons démissionner donc nous sommes honnêtes. On pourrait ici voir l'affaire De Rugy comme une forme française et minimaliste de la fameuse politique italienne des opérations mains propres. Une pure opération marketing donc dont monsieur De Rugy a probablement fait les frais. On se souvient pour l'occasion des manigances étranges autour du candidat Fillon dont les problèmes sont comme par hasard ressorti juste avant l'élection présidentielle. Au-delà du pathétique, il s'agit d'une démonstration du délitement moral et intellectuel au plus haut niveau de l'état. La France s'est bel et bien américanisée, la corruption étant devenue une pratique courante dans la politique du pays même si contrairement aux USA elle n'y est pas encore institutionnalisée.

 

L'état aggrave maintenant la fragmentation du pays .

 

Parallèlement à ces événements, une étude récente a montré le délitement de plus en plus assumé par les Français de l'unité nationale. Cette étude Ifop réalisé pour Atlantico (média plutôt libéral de droite, c'est à préciser) est juste un sondage, mais elle montre que les Français reconnaissent en tout cas que la société n'est plus qu'un amoncellement de communautés disparates. Une fragmentation qui a été analysée depuis longtemps, on se souvient de la célèbre phrase de Marcel Gauchet sur la fracture sociale qui a servi à l'élection de Jacques Chirac en 95. On pourrait y ajouter les analyses de Christophe Guilluy ou encore le mouvement des Gilets jaunes qui ne concernaient au final qu'une partie de la population, et qui n'a pas fédéré en fait l'ensemble des forces sociales, ni celle des bourgeois, ni celle des pauvres d'origine étrangère . En lui même, le mouvement des Gilets jaunes a montré la grande fragmentation de la population française.

 

C'est donc dans ce contexte particulier que l'état s'amuse à faire du sur mesure dans la manière dont il traite la population. D'un coté une extrême violence pour toute remise en question de la politique économique libérale du président Macron. Il pousse même le vice à remettre en question la liberté de manifestation ainsi que la liberté d'expression. Personne n'est dupe sur les multiples lois contre la « haine » sur internet, on sait d'expérience que ces nouvelles mesures seront surtout utilisées principalement contre les dissidents politiques. Du reste, il existe déjà dans la législation française tout un panel de mesure contre les menaces de mort ou ce genre de chose, mais ce n'est pas vraiment ce qui intéresse le président Macron. Son but est surtout de mettre sous silence les derniers morceaux de la population n'acceptant pas la sainte Europe et le saint libéralisme comme dogme. En jouant ce jeu du deux poids, deux mesures, sur la façon dont il traite les citoyens, l'état aggrave encore la dissension entre les « communautés ». Je dis communauté puisqu'il faut bien admettre que la France "une et indivisible" n'existe plus en pratique. Le rôle de l'état devrait être au contraire de rétablir l'égalité du traitement et l'indivisibilité des principes, mais ils scindent volontairement l'action judiciaire et policière. On atteint d'ailleurs ici le paradoxe absolu du fait que faisant cela au nom de l'antiracisme pour ce qui concerne les populations immigrées, l'état attise au contraire la haine et favorise très exactement ce qu'il prétend combattre.

 

Ce rôle de pompier pyromane n'est pas calculé, il découle naturellement de la logique libérale qui tient lieu de logiciel à Macron et à sa caste. On est à un stade tel de délitement intellectuel que je pense sincèrement que ces gens ne comprennent même plus la notion d'intérêt général ou d'action collective. Pour Macron et son équipe, il n'y a que des individus et leurs intérêts que l'on peut manipuler en fonction de son propre intérêt. Le clientélisme découle de cette logique. Les maires qui soutiennent l'islamisation des quartiers pour être réélus font partie de cette logique. Mais au-delà de ça nous sommes tout entier plongé dans une contre-civilisation ou plutôt une anti-civilisation qui ne pense qu'à fragmenter, fractionner, séparer les populations. Même la technologie nous divise puisqu'on sait que les gens sur internet et sur les réseaux sociaux restent essentiellement dans leur zone de confort et vont rarement se confronter à des univers, des cultures ou des idées qu'ils ne connaissent pas et qui divergent trop de leurs habitudes. À la séparation spatiale et culturelle, s'ajoute maintenant la séparation communicationnelle. A chacun sa source d'information pour ne pas heurter sa propre sensibilité.

 

La faiblesse de l'identité française qui contrairement à des pays comme le Japon ou l’Allemagne n'est pas le fruit d'une ethnie ou d'une culture propre, mais le produit d'une politique de longue haleine est maintenant un vrai handicap. La France pourrait ne pas survivre au 21e siècle. Car la France ne pourra pas survivre à son état, c'est son état jadis monarchique qui l'a construite. On a ici effectivement une question qui aggrave encore l'importance d'une sortie de l'UE et d'une reprise en main de l'état français par la population . Pour la France la sortie de l'UE n'est plus simplement une question de survie économique, cela devient véritablement une question de survie en tant qu’entité politique et territoriale. Dans peu de temps, les gens remettront en question leur appartenance à la France. Pourquoi en effet payer des impôts et obéir à un état qui agit visiblement contre nos intérêts ? Pour quoi payer pour une sécurité sociale qui soigne des gens avec qui je ne partage rien même plus la langue ? Je sais que cette stratégie est utilisée par l'extrême droite et les ultralibéraux pour justifier la liquidation de l'état providence, mais qu'ils prennent garde, car ce n'est pas juste l'état providence qu'ils vont détruire, mais bien toute la légitimité du pouvoir politique français. Et là nous serons en terrain inconnu. Les pires horreurs pourraient en sortir, c'est loin d'être exclu. Surtout avec les haines qui couvent dans tous les sens au pays du gentil vivre ensemble.

 

 

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12 juillet 2019 5 12 /07 /juillet /2019 16:01

Voyage au pays de ma petite ville de Montpellier. Embourgeoisée ma ville est devenue. Bien plus aujourd'hui qu'elle ne le fut jamais auparavant. La différenciation spatiale en fonction de la classe sociale à laquelle vous appartenez y est aujourd’hui tellement voyante qu'on ne peut guère mieux illustrer les analyses de Christophe Guilluy sur la question. Prenez donc le célèbre tramway de Montpellier et voyagez donc d'un bout à l'autre de la ville vous y trouverez l'essence même de ce qui cloche dans la société libérale du monde sans frontières de la tolérance universelle. Un patchwork de population n'ayant rien à partager ni à penser en commun. Partout se voit cette fragmentation ethnoculturelle aggravée considérablement par l'immigration de masse particulièrement forte ces deux dernières décennies dans la plus grande ville de l’Hérault. Partagée entre les bobos d'importation récente souvent parisiens, les étudiants festifs qui gobent l'intégralité du discours bien pensant, les retraités déconnectés des réalités du temps présent et l'armada sans cesse grossissante de populations d'origine étrangère, la pauvre ville de Montpellier n'est plus que l'ombre de ce qu'elle fut. Un centre-ville où se côtoie une misère invraisemblable peuplée de SDF français et d'immigrés turbulents, ainsi que d'une bourgeoisie prétentieuse sûre de ses valeurs de sa supériorité morale et qui peine à camoufler son mépris de classe.

 

C'est donc dans cette ambiance extraordinaire d'une ville plus américaine que française dans l'esprit que j’eus l'occasion d’observer de près l'un ces spécimens étranges de bourgeois qui a toujours raison. Non que je n'ai jamais eu à en côtoyer bien sûr. C'est une espèce fort répandue, l'élection de Macron en fut la preuve. Mais je vis là dans le tramway justement une démonstration de l'incroyable capacité du bourgeois libéral à s'aveugler et à nier la réalité même la plus évidente et triviale. La chaleur estivale était intense, le tramway débordait de population, et je n'étonnerais guère mon lectorat en disant que bien peu de personnes dans ce transport étaient françaises d'origine. La moitié venait probablement d'Afrique subsaharienne (population qui n'existait pas à Montpellier il y a seulement 20 ans) , le reste était composé de Maghrébins avec femmes en tchadors dans leur grande majorité. Au bas mot, les Français ne devaient guère dépasser les 10 % de la population de la rame. Ce n'est pas encore représentatif de la population d'ensemble de la ville. Nous n'en sommes pas encore là, mais il y a fort à parier que l'évolution démographique, la délinquance explosive ainsi que les nouveaux transports comme les invasives trottinettes électriques, ont poussé les autochtones à éviter de plus en plus les transports en commun. Quoi qu'il en soit la scène est en place.

 

C'est dans cette atmosphère désagréable où l'on a peine à s'imaginer être encore en France que j'observais mon étrange spécimen. Ce dernier était un homme d'une cinquante d'années bien habillé bardé de valises estampillées "Irlande" montrant qu'il revenait d'un voyage d'agrément au pays du trèfle à quatre feuilles. Il était accompagné de son fils, probablement un collégien de troisième. Ils discutaient ensemble et de manière intéressante montrant leur origine sociale bien mieux que n'importe quel vêtement. Je n'écoutais pas par curiosité malsaine, mais simplement parce que le hasard avait fait que je me trouvais juste à côté d'eux. N'étant guère un aficionado du smartphone et du divertissement portable, je préfère généralement observer le monde qui m'entoure directement. Il s'agit là à mon avis d'un exercice simple que certains de nos dirigeants seraient bien inspirés de pratiquer pour éviter le gouffre entre eux et leurs concitoyens. J'appris ainsi que mon spécimen était professeur d'université et que son fils se passionnait pour les sciences. Grand bien lui fasse, me dis-je alors. Il y a trop peu de jeunes Français aujourd’hui pour s'enquérir de telles passions. Mais voilà que de bonnes discussions scientifiques la discussion déborda sur la politique.

 

Voilà que le fils mit en question son père sur les questions politiques. Il eut le malheur de dire que tout de même le RN ne dit pas que des idioties et que parfois il fallait peut-être écouter ce que disaient les opposants politiques. Le père sortit alors de ses gonds, littéralement, une réaction grotesque du même acabit qu'un gamin qui s'énerve parce qu'il n'a pas eu ce qu'il voulait. Un caprice d'enfant. Avec une phrase du type « mais voyons, tu connais une seule idée intelligente provenant de l'extrême droite toi ? ». Le débat était clos, le fils était à terre apeuré par la réaction excessive de son père. Ce dernier probablement paniqué par l'hypothèse d'avoir un fils doutant du progressisme rajouta alors cette phrase merveilleuse dans le contexte du tramway montpelliérain. « De toute manière il n'y a pas de problème d'immigration en France », « Et de toute manière ça n'a rien avoir avec le chômage. » . J'étais éberlué, vraiment. Comment affirmer avec tant de certitude et d'obstination une telle chose dans un contexte physique montrant pourtant une réalité contraire à l'affirmation ? Que l'on me comprenne bien. Le chômage n'est pas le produit unique de l'immigration . Mais il est très clair aussi que d'un point de vue statistique en pénurie d'emploi l'immigration pèse fortement sur les salaires et l'emploie. C'est encore plus vrai quand on voit l'explosion du nombre des travailleurs détachés. Mais ce qui me surprend c'est que le spécimen n'a pas le moins du monde douté de ses certitudes dans le contexte physique pourtant totalement contraire à son affirmation. Il aurait tout aussi bien pu vous dire que l'on peut respirer sous l'eau tout en se noyant dans la mer.

 

La bourgeoisie navigue entre hypocrisie et religion

 

On a affaire là à la démonstration de la force d'une idéologie. Alors évidemment il ne s'agit que d'une personne. On n’est pas dans une étude sociologique sérieuse qui demanderait des moyens et du temps. Mais j'ai trouvé cet exemple particulièrement parlant pour comprendre le phénomène que nous affrontons. Quand je parle de nous, je fais référence aux personnes encore attachées aux faits et à l’observation du monde réel. Il faut bien admettre que le diplôme et l'intelligence supposée ne préviennent en rien de l'endoctrinement ou de la propagande idéologique. Cet exemple le montre à mon sens. Et je me demande d'ailleurs si les plus éduqués ne sont pas par nature les plus à même de tomber dans l'absurdité idéologique . Ils sont en effet les plus prompts à accepter l'idée que le monde n'est pas simple et que quelque chose qui semble évident au premier abord peut se révéler faux en réalité. Il s'agit là d'une aptitude utile en science . On pensera à la physique quantique qui n'a rien d'évident, ou encore à tous ces théorèmes de physique qui semblait farfelues à leur époque parce que contraire au sens commun, mais qui se sont avérés vrais à la longue. La gravité de Newton n'avait rien d'évidente quand ce grand physicien en a montré l’existence. Le problème c'est que cette aptitude qui est parfois utile peut aussi pousser l'individu à penser que tout ce qui est évident est forcément faux. Là on tombe effectivement dans un phénomène de création de croyance à l'image du documentaire fascinant sur l'université Evergreen aux USA où l'on vit l'idéologie du progressisme tourner à la folie collective. D'ailleurs, je parlais de Newton, mais savez-vous qu'il était passionné par l'alchimie et qu'il y consacra une grande partie de sa vie à la recherche de la pierre philosophale ? Comme quoi même les plus grands esprits peuvent errer dans la folie.

 

À ce phénomène de croyance religieuse que les élites peuvent produire, il y a aussi, il faut bien le comprendre, une raison pratique. Nous vivons dans une société de plus en plus dure. Même les bourgeois les plus aveugles voient en partie cette réalité. Ils ont conscience en partie d'être responsables de cette réalité, mais ils ne peuvent l'admettre consciemment puisque leur ego leur affirme qu'ils sont moralement supérieurs. Dans le cadre de l'idéologie libérale, particulièrement dans le monde anglo-saxon protestant, le fait de réussir est même un cadeau divin, la récompense pour un être supérieur naturellement . On pensera ici au lien très fort qui a uni le capitalisme à l'idéologie religieuse protestante comme l'avait si bien montré Max Weber. On pensera à Benjamin Franklin et sa stupide phrase que les gens citent sans arrêt : « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux. » . Il ne faut jamais avoir souffert ni de la faim ni du froid pour tenir de tels propos. Il n'y a plus de liberté quand on est mort, pourrais-je ajouter. On a donc un phénomène de croyance qui correspond totalement aux intérêts de classes des bourgeois. En quelques sortes le néoprogressisme est un nouveau protestantisme. Une idéologie qui comme son ancêtre favorise les dominants en justifiant par tous les moyens sa domination. La question que l'on doit se poser est « Est-ce qu'il est encore possible de raisonner avec de telles personnes ?» . Ou bien ferions-nous mieux d'abandonner cette idée et d'aller vers un inéluctable affrontement ? Les irréductibles combattants du libéralisme qui sont les 20 % d'en haut et dont mon spécimen fait partie ne pourront probablement jamais être raisonnés. L'affrontement est donc inéluctable avec le reste de la population. Il ne reste qu'à espérer que cet affrontement ne dépasse pas un jour le cadre des urnes. Les évolutions récentes et l'action gouvernementale contre les Gilets jaunes semblent malheureusement confirmer que ces couches sociales seront prêtes à jeter leurs propres principes moraux aux premiers dangers électoraux pour leurs intérêts. Je ne peux malheureusement que souscrire à la crainte d'Emmanuel Todd d'un coup d'État en France. L'on pouvait même déjà en un sens interpréter l'élection de Macron comme une forme allégée de coup d'État par le matraquage marketing dont il a bénéficié.

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3 juin 2019 1 03 /06 /juin /2019 21:07

 

Je ne vais pas écrire longuement sur l'élection européenne. D'autres l'ont bien fait comme Jacques Sapir et de façon assez approfondie. Ou encore Michel Drac qui a fait une vidéo sur le sujet, il faudra moi-même que je pense un jour à faire des vidéos puisque le public ne lit pour ainsi dire plus ce qui explique probablement en partie l'évolution électorale française. Quoi qu'il en soit je me devais tout de même d'en parler même rapidement et avec peu d'inspiration je dois bien l'admettre. Le premier enseignement pour moi c'est bien que les Français perçoivent sans trop bien l'admettre ou le comprendre que les élections européennes sont essentiellement une supercherie. Les lecteurs de ce blog le savent déjà, le pouvoir du parlement européen est quasiment nul. La commission européenne ayant la totalité des pouvoirs ce qui fait de l'Union européenne une véritable dictature bureaucratique sans légitimité populaire comme base d'existence. La seule légitimité de cette structure étant celle que lui octroient de fait les états membres par l'intermédiaire des gouvernements. Cette structure politique étrange est à l'origine de l'absence d’engouement pour ces élections d'ailleurs . Et ce n'est pas la faible augmentation de la participation par rapport à la dernière édition qui y changera quelque chose.

 

L'élection n'encourage donc guère la participation. Jacques Sapir note cependant que le débat sur l'élection s'est rapidement transformé en vote pour ou contre Macron. Une espèce de référendum interne à travers les élections européennes. L'on peut effectivement y voir cela notamment à cause de la polarisation autour du vote RN – LREM . Il y a eu, semble-t-il, un vote utile dans ces deux partis politiques qui ressemble de plus en plus au couple Charybde et Scylla de la mythologie grecque tant les votants ont peu d’engouement pour ces derniers. Et pour cause Macron est le pire dirigeant que la France n'ait jamais eu et je pèse mes mots. Quant au RN il a fait campagne en disant littéralement le contraire de ce qu'il disait deux ans auparavant. Le simple fait d'ailleurs que les mêmes électeurs aient continué à voter pour RN alors qu'il a fait un virage à 180 ° sur le plan intellectuel est un contre sens logique. Cela signifie soit que les gens ne lisent pas les programmes à jour et ne se tiennent pas au courant des changements. C'est une hypothèse qui doit représenter malheureusement une bonne partie de l'électorat et ce n'est pas à négliger. Soit que les gens votent RN uniquement par rébellion anti-système. C'est une espèce de vote pas très sérieux dont le seul but est de dire qu'ils ne sont pas contents. On remarquera que dans la seconde hypothèse on peut tout à fait imaginer un effondrement du RN à la moindre apparition d'une réelle alternative un peu plus intéressante.

 

Cette polarisation est en réalité une fausse polarisation dans le sens où il s'agit en grande partie d'une supercherie. Le RN n'arrivera jamais au pouvoir. Il a fait le choix en 2017 après l'élection présidentielle de mettre fin à sa dédiabolisation afin justement de continuer ce petit jeu de dupe qui permet de nourrir les bouches du parti sans pour autant prendre le risque de réellement exercer le pouvoir. Pour moi très clairement le RN est un parti d'escroc purement et simplement. L'absence de cohérence intellectuelle et le choix d'une radicalisation anti-immigré obsessionnelle, couplé à un délire macro-économique néolibérale version extrêmement droite, rend ce parti dorénavant passablement grotesque et sans intérêt. Michel Drac dit lui même comprendre la stratégie, moi je ne crois pas du tout qu'ils aient une stratégie de redressement national ou de montée au pouvoir. Je suis persuadé qu'avec la ligne de 2017 celle d'une sortie de l'UE et de l'euro le parti aurait fait un score largement supérieur et je pense que les dirigeants du RN le savent pertinemment et que c'est pour ça qu'ils ont changé de tactique. Ils ont sciemment cassé leur dynamique qui était celle de la ligne Philippot. On assiste donc au retour du plafond de verre que le RN a décidé de reconstruire tout seul. Je n'aurais qu'une formule pour définir le RN actuel, c'est qu'ils sont plus racistes que patriotes.

 

La bonne nouvelle de l'élection est la mort de la France Insoumise. La ligne multiculturaliste délirante que Mélenchon a prise sous l'influence des groupuscules d'extrême gauche a fini par tuer son parti. Alors certes ils ne sont pas encore morts, mais ce n'est plus qu'une question de temps. Le rôle de pôle de protestation stérile étant prise par le RN, l'absence de cohérence programmatique et l'obsession pour les idéologies religieuses importée d'Amérique du Nord (Mouvement LGBT, Vegan, les nombreux courants communautaristes) a fini par tuer le dernier représentant d'une pseudo-gauche. L'abandon du discours social et l'incohérence européenne aura eu raison de FI. Quant au discours écologiste, le courant bourgeois de l'écologie a eu plus de succès. L'électorat des petits diplômés, ceux qui sont culturellement dans la classe dominante parce qu'ils ont des diplômes, mais qui n'ont pas les revenus qui vont avec, ont préféré les écolo-européïste. Tant qu'à choisir une secte, pour se donner bonne conscience autant prendre celle dont on peut parler avec les gens de notre milieu social proche. Le vote écologiste n'est évidemment pas représentatif d'une éventuelle élection nationale. Comme une partie de l'électorat vote sans intérêt aux Européennes, ils ont voté écolos un peu par hasard en quelque sorte. Le soufflé écolo retombera dès qu'une élection sérieuse se présentera.

 

La mort des souverainistes est elle une non-surprise. Alors je ne m'étendrais pas sur les scores ridicules que ce soit de l'UPR ou des patriotes. Que l'un surpasse l'autre n'a guère d'intérêt vu le score. Mais cette situation nous met devant une évidence crasse. La question de la sortie de l'euro ou de l'UE n’atteint même pas l'esprit de 2 % des électeurs. Alors probablement une partie a préféré voter RN pour faire barrage au fascisme de Macron. Oui j'aime bien inverser cet argumentaire puisqu'en un sens notre gouvernement correspond bien mieux à la définition du fascisme. Quoi qu'il en soit il est effectivement tant de se poser la question de la stratégie. Faut-il encore se représenter sur des listes électorales ou alors ne vaut-il pas mieux travailler dans l'ombre en faisant de l'éducation populaire. Je n'ai pas de solution toute faite, mais on ne peut pas continuer ainsi.

 

 

La dépolitisation massive comme phase terminale de la civilisation marchande ?

 

Au final, ce que nous apprend cette élection c'est surtout l'état de délabrement de la politique en France. L'on savait déjà que le personnel politique français avait atteint un niveau de nullité sans précédent. Le simple fait qu'un type comme Macron ait pu monter au pouvoir en est la preuve. On savait également que la corruption et le clientélisme étaient monnaie courante. On sait maintenant que les politiciens ne sont en fait que le reflet d'une évolution générale en France qui touche toute la population. L'homoéconomicus n'a pas de temps à consacrer à la politique puisqu'il n'est pas payé pour ça. Je vois dans cette évolution le résultat naturel de l'idéologie libérale. Puisque tout tourne autour du marché, puisqu'il n'y a d'activité que lorsqu’il y a marchandisation de la relation humaine et de l'activité alors la politique elle-même devient un marché où l'on fait ses courses. Chaque couche sociale chaque individu s'invente des priorités en fonction de ses propres croyances et va chercher sur le marché politique ce qui correspondra le mieux à son intérêt ou à ce qu'il croit être son intérêt. La question de la citoyenneté, de l'action collective, l’abnégation, le patriotisme et les vertus qui sont nécessaires au bon fonctionnement d'une démocratie ne sont pas viables dans une société libérale fondée sur le vice et l'obsession de l'enrichissement personnel.

 

Nous arrivons donc aux limites du libéralisme économique. Pendant longtemps on a cru, ou on a fait semblant de croire que le libéralisme était un tout. Que la liberté du marché, des individus, de la politique  marchaient ensemble. Il faut dire que pendant longtemps le libéralisme économique a côtoyait les anciennes structures de la société héritée du passé. La religion, l'état, la culture anthropologique, les diverses formes de socialisation non marchande ont longtemps continué d'exister malgré les coups de plus en plus forts que la civilisation marchande leurs données. Mais il semble que la France et les divers pays d'occident en soient arrivés à la phase terminale. La politique est morte. Après la religion, après la structure familiale, après la socialisation gratuite d'autrefois, c'est maintenant le fait politique lui-même qui disparaît dans les méandres de l'intérêt individuel. Mais là il y a un énorme problème pour la civilisation libérale qui pointe. En mettant au pouvoir des gens de moins en moins intéressés par la chose publique. En ayant une population de moins en moins encline à s’intéresser à la chose publique et à l'intérêt public. Vers quelle direction tendent naturellement l'état et la structure politique ? Vers la tyrannie tout simplement. La négation du collectif, la négation de la politique et de la vie sociale ne peuvent mener que vers une tyrannie . Le libéralisme économique a tué le libéralisme politique alors que l'on pensait que c'était complémentaire.

 

Il n'y a malheureusement aucune raison d'être optimiste pour l'avenir. Tout porte à croire que les problèmes vont s'accumuler jusqu'à rendre la situation intenable. L'histoire française se fait ailleurs dans les nombreux accidents qui risquent d'arriver à cause des contradictions fondamentales de la globalisation, de l'euro et de l'Union européenne. L'histoire n'est pas terminée tant s'en faut. Mais il va falloir admettre que celle-ci s'écrit ailleurs. L'on peut toujours espérer que l'euro éclate par l'action d'une autre nation. On parle de l'Italie par exemple qui aurait un plan de sortie de l'euro. Je penche personnellement toujours pour une fin de partie organisée par l'Allemagne sous l'influence de sa propre hubris. Quoi qu'il en soit ce n'est probablement pas des électeurs français que viendra la solution et c'est bien dommage.

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13 mai 2019 1 13 /05 /mai /2019 22:05

 

Les crises que traversent les sociétés d'occidents ne sont pas simplement le produit d'un contexte historique ou le fruit d'une évolution naturelle. Ce n'est pas la crise du pétrole , de l'énergie ou le changement soudain dans les processus techniques qui a produit la crise de l'occident. Mais le retour invraisemblable d'une idéologie qui avait pourtant été complètement abandonnée après guerre. Celle du libéralisme décomplexé du 19e siècle et dont les défenseurs actuels n'ont fait que reprendre les mythes. C'est en relisant Karl Polanyi et son célèbre livre « La grande transformation » que j'ai pris conscience du rôle extrêmement profond qu'a eu l'idée de marché autorégulé sur les économies du 19e. Le livre de Polanyi semble d'ailleurs aujourd'hui sorti véritablement d'un autre temps ,celui de l'après-guerre. Époque où plus personne ne croyait à la magie du marché qui régule la vie des gens.

 

Il faut rappeler tout de même que Polanyi est mort en 1964, il n' a donc pas connu le retour de cette idéologie absurde que l'on croyait pourtant enterrée avec le reste des croyances héritées du 19e siècle. Ce qui ressort du livre c'est une inversion véritable du cadre de la raison dont on a peine à imaginer qu'il fut tel que décrit par l'auteur. Si aujourd'hui l'on imagine fort mal que l'économie dans le cadre officiel puisse être rationnelle sans « les lois » du marché, à l'époque où Polanyi écrit son livre, il aurait paru incongru de penser cela. Car les dégâts du laissez-faire, la population en venait d'être largement victime. Partout, les états remettaient des barrières au commerce et aux capitaux. L'âge du 19 siècle était mort, non seulement par la faute des guerres, que le commerce n'a su empêcher contrairement aux affirmations prétentieuses que les libéraux ont pu avoir. Mais aussi et surtout parce que l'économie libérale avait produit de tels déséquilibres et catastrophes que nul ne pouvait plus s'en servir de référent intellectuel après guerre. En ces temps de retour du protectionnisme et du questionnement sur la globalisation il est à mon avis temps de rappeler que tout ce que nous vivons s'est en fait déjà produit. Les acteurs diffèrent, mais les contraintes sont les mêmes. Les idées libérales déstabilisent les nations jusqu'à produire de graves crises sociales et internationales . Il reste juste à espérer qu'il ne faudra pas en venir à une nouvelle guerre mondiale pour nous en sortir cette fois-ci.

 

L'étalon or, le marché et la dépolitisation de l'économie

 

Polanyi fait un constat assez original sur l'évolution historique internationale. L'on pense généralement que le 19e siècle fut le siècle de l'empire britannique. Celui où la France défaite laissera l'Empire anglais seul pour un siècle sur le trône de la domination mondiale. C'est effectivement vrai. Pour la première fois, une nation était assez puissante pour imposer en grande partie sa loi au reste du monde. L'industrialisation qui a permis en grande partie ce miracle fut l'autre changement auquel on pense quand on regarde le 19e siècle. Mais pour Polanyi si ces évolutions sont effectivement d'une grande importance, un autre phénomène passé en fait inaperçu fut le changement dans la civilisation . Un changement si important qu'il a affecté toute la sphère de la société.

 

Ce changement c'est ce que l'on pourrait appeler l'économicisme, une importance démesurée de la question économique. Pour la première fois dans l'histoire, le marché qui n'était qu'une petite partie de la vie en société s'est accaparé l'essentiel de l'activité humaine. Au point où tout a fini par s'y référer. Polanyi le rappelle dans son livre, le marché est une invention en réalité récente et le commerce n'a pour ainsi dire jamais joué un rôle vraiment primordial dans l'économie et l'organisation des peuples. Contrairement à une idée reçue dans l'histoire longue pour les grandes nations, le commerce était souvent très secondaire dans la source de revenus. L'organisation économique était souvent structurée de façon collective sans aucune forme de marché avec des prix qui fluctuent. Il s'agit là d'une vision de l'organisation sociale et économique qui nous vient essentiellement du 19e siècle et de son étalon or . Organisé toute la vie sociale autour de la fluctuation souvent aléatoire des prix des marchandises sur un marché d'échange aurait paru totalement stupide et incongru à la majorité des civilisations qui ont précédé la nôtre. Et les dogmes du 19e ont tellement imbibé les intellectuels que cette façon de penser a resurgi de sa tombe dès que les générations d'après-guerre ont commencé à donner le relais à leurs descendants. C'est probablement grâce à sa simplicité et à sa logique apparentes que le libéralisme tient son succès. La loi de l'offre et de la demande par exemple est simple à comprendre, le problème c'est qu'un peu comme la terre plate, c'est une théorie fausse. Ce qui est logique n'est pas nécessairement vrai, les physiciens en savent quelque chose.

 

Au 19e siècle s'est donc fait jour le rêve d'une société rationnelle, parce qu'organisée autour du marché. Si les premiers penseurs du libéralisme sont bien antérieurs au 19e, il a fallu du temps pour que les penseurs de cette école finissent par véritablement influencer la politique. Comme l'avait si bien dit Keynes, les hommes politiques vivent souvent en s'appuyant sur les penseurs et des idéologies qui sont nés bien avant eux. Il en a été de même pour la domination politique des libéraux comme des marxistes, leurs cousins utilitaristes et matérialistes. L'idée de marché autorégulé par les prix est donc au fondement en réalité de toute l'organisation qui va s'établir sous la férule et le bras armé de l'Empire britannique. La loi de l'offre et de la demande qui règle la vie du commerce devant devenir l'alpha et l’oméga de tout choix économique, il apparut très rapidement qu'il fallait inclure dans le marché toutes les formes de socialisation et d'activité humaine. De sorte que la marchandisation de la vie sous toutes ses formes n'est que le pur produit du marché et de l'organisation de la civilisation libérale.

 

L'on critique souvent de nos jours ce poids de l'économie sur la vie humaine, mais il ne s'agit là que de la conséquence d'une pensée qui croit que les marchés s'autorégulent parfaitement et qu'il est rationnel de faire des choix en fonction uniquement de l'évolution des prix du marché. C'est cette forme d'organisation de la vie sociale qui constitue la véritable rupture du 19e siècle et qui en fait une civilisation à part dans l'histoire humaine. Si l'on pense que le marché est rationnel, que la loi de l'offre et de la demande est logique et qu'elle est parfaitement rationnelle alors très rapidement l'on en vient à penser que tout doit s'y référer. Dès lors, la suppression des frontières et de toutes les formes de régulation collective en découle très logiquement. En fait, le libéralisme économique est un totalitarisme, soit il englobe toute la société, soit il n'existe pas. Les formes de libéralisme qui ont coexisté avec les états nations ne sont que des formes momentanées d'un libéralisme qui n'a pas encore atteint sa pleine capacité de nuisance.

 

Alors que nous avons vécu le retour de cet ordre social depuis quarante ans, nous sommes bien placés pour voir ce phénomène que l'on pense irréversible que l'on appelle suivant ses propres croyances le progrès, la dérégulation ou encore l'ouverture. Il y a cependant une différence importante entre la période du libéralisme triomphant du 19e et notre époque, il s'agit de l'ordre monétaire. Dans le cadre du 19e les états étaient soumis à l'ordre économique par le fait que la monnaie internationale était l'or. Si l'or avait l'énorme inconvénient d’empêcher l'accroissement régulier de la masse monétaire au rythme nécessaire pour des sociétés en développement. Il avait au moins l'avantage de ne pas dépendre d'une nation en particulier. Ainsi l'Empire Britannique n'a pas eu comme les USA le privilège d'acheter des marchandises au reste de la planète avec de la monnaie qui ne tenait qu'à eux d'émettre comme le disait De Gaulle à propos du Dollar. Il s'agit d'une différence assez significative entre le libéralisme actuel et celui du 19e.

 

Il y a cependant eu une conséquence tout à fait semblable au libéralisme économique à savoir la dépolitisation progressive des prises de décisions. Comme leurs prédécesseurs les politiciens du 21e siècle ne font que se référer à l'ordre du marché à ce qui peut leur permettre d'améliorer la part de marché leur société. Il ne s'agit plus de chercher ce qui est bon pour la population ou pour le pays, mais de savoir si ce que l'on fait est bon pour le marché qu'il soit commercial ou financier. Le marché étant devenu l'oracle parfait incapable de se tromper. Cette croyance est si forte de nos jours que même les crises extrêmement graves comme celle de 2007-2008 n'ont pas encore fait douter la majorité des décideurs d'occident. Et pourtant on devrait se poser la question, car les marchés ne sont pas rationnels, ils ne l'ont jamais été et ils n'ont aucune raison de l'être en fait. L'on sait depuis longtemps que les marchés sont plus proches du fonctionnement irrationnel des foules que d'un quelconque calcul approximativement scientifique.

 

L'UE et l'euro, les enfants terribles du 19e siècle

 

Alors si nous voyons ici le libéralisme dans son évolution historique, comment ne pas voir que l'UE et l'euro ne sont en fait que des résidus de la pensée du 19e siècle ? L'idée par exemple d'organiser toute la vie de la société autour du marché est le centre même de la constitution européenne, celle qui avait pourtant été rejetée par la majorité des Français en 2005. L'euro et sa volonté de stabilité monétaire permanente, sa chasse aux déficits ne sont que le résidu de l'étalon or hérité du 19e siècle. Une monnaie pour rentier et petit bourgeois si l'on veut. La grosse différence étant que l'étalon or s'appliquait partout alors que l'euro ne s'applique que dans la zone euro créant de graves distorsions entre les membres de la zone et l'extérieur. En définitive, l'UE et l'euro sont littéralement des projets d'un autre siècle, présentaient comme extraordinairement modernes.

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