Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
Et bien voilà les intérêts de la dette publique sont maintenant le premier poste budgétaire du pays, on dit merci monsieur Sarkozy. L'élève de Baladur a réussi à dépasser son maitre qui lui même avait laissé au pays une sacrée ardoise pour sauver le "franc fort". Et oui pour faire l'euro il en a fallut des sacrifices et pour le maintenir il faudra en faire de plus en plus. On apprend ainsi sur le site d'alternatives économiques que le budget de l'état a comme première dépense ses engagements financiers pour 46,9 milliards d'euros, contre 45.6 pour l'éducation nationale. A ce rythme les intérêts de la dette publique ponctionneront bientôt, à eux seuls, la totalité de l'impôt sur le revenu. Un esclavage new-age est en train de se mettre en place où les citoyens français payeront de plus en plus des impôts, non pour le bien commun et l'intérêt publique, mais uniquement pour engraisser des rentiers. Grâce à la fameuse loi Pompidou-Giscard nous avons réinventé l'ancien régime, et ce en toute légalité et sans coup d'état officiel. Et ce n'est qu'un début puisque d'après alternatives économiques :
"La progression la plus marquante parmi les dépenses de l'Etat concerne ses engagements financiers (le paiement des intérêts et le remboursement de la dette): ils progresseraient de 6,3% en 2011, pour devenir le premier poste de dépenses, devant l'enseignement hors pensions. Et ce n'est qu'un début: la hausse devrait atteindre 28,5% d'ici à 2013, selon la programmation pluriannuelle du gouvernement. Autant dire que c'est après 2011 qu'il deviendra vraiment difficile de faire baisser le déficit."
On remarque donc que les intérêts de la dette et le poids de cette dette sont belle est bien les coupables des déficits chroniques que connait notre état, et c,e depuis des années. La France ne dépense pas trop pour ses fonctionnaires ou ses vieux, elle n'est pas une nations irresponsable et gaspilleuse, elle dépense trop pour sa dette et pour ses rentiers, souvent étrangers d'ailleurs. Diable si cet argent était employé pour la recherche scientifique ou l'investissement productif mais quelle croissance et quel dynamisme aurions nous. Quel boulet que cette dette que nul ne peut rembourser puisqu'en réalité pour y arriver il faudrait massivement diminuer la masse monétaire en circulation et donc faire s'effondrer l'économie. Comment ne pas comprendre que c'est la nature même du système monétaire privatisé qui conduit inéluctablement au surendettement des états. La dette pousse toute seule puisque la nouvelle monnaie nécessaire à la croissance ne s'obtient que par emprunt avec intérêt. Le refus de l'émission de masse monétaire publique et donc gratuite parce qu'émise sans intérêt, conduit inéluctablement à concentrer de plus en plus le capital dans quelques mains et appauvri le reste de la société. Quand à la crainte de l'inflation elle est infondée puisque la masse monétaire Européenne grossi plus vite depuis que ce sont les banques privée qui s'occupe de la croissance de l'émission monétaire le graphique ci-dessous le montre d'ailleurs:
De la même manière comme je l'avais montré dans un autre texte, l'inflation en France a explosé après la privatisation de l'émission monétaire et non avant. Le cause à effet n'est pas du tout ce que les économistes officiels en disent. La machine a bulle et à inflation c'est bien cette mécanique qui en est responsable, celle qui fait sortir du domaine publique ce qu'il y a de plus publique justement, la monnaie. La frappe de la monnaie a toujours était le véritable pouvoir des princes, et le centre névralgique de la constitution du pouvoir réel. Quand l'état abandonne sa prérogative à des acteurs privés, il ne faut pas s'étonner de l'affaiblissement des pouvoirs publiques et du retour des féodalités économiques. Car la neutralité naturelle de la monnaie, grand fantasme libéral, est une escroquerie. Non la monnaie n'est pas neutre et son évolution quantitative peut créer le bien être ou le malheur s'il n'est pas bien ajusté aux besoins du pays. Trop rare et c'est la déflation, trop important et c'est l'hyperinflation ou les bulles.
Le graphique ci-dessous est celui de l'inflation française depuis 1956, où l'on voit bien que la forte inflation fut postérieure à la privatisation de la monnaie en 1973. Si l'explosion de la masse monétaire en circulation s'est transformée dans un premier temps en inflation c'est que à l'époque la France importait peu de chose de l'étranger. Il a fallut attendre notre plongée totale dans le bain glacial du libre-échange et de l'importation chinoise massive, pour que l'inflation des prix se transforme en inflation des bulles immobilières et financières. Une fois que les salariés ne pouvaient plus voir leurs revenues augmenter et que le pays se mit à importer une grande partie de sa consommation, la masse monétaire gonflante ne pouvait plus que se traduire par la spéculation, d'où les multiples crises immobilières et financières que nous avons traversé depuis.
En réalité en laissant aux acteurs privés le soin d'apporter les nouvelles liquidités nécessaires, nous avons aggravé l'instabilité naturelle de l'économie de marché. Non seulement nous avons mis en place un système qui transforme le pays petit à petit en un nouvel état féodal, puisque l'état est obligé d'emprunter sur les marchés les fonds publiques nécessaires aux investissement publiques, le rendant ainsi dépendant des bons vouloir des ces derniers. Les agences de notation donnant désormais des ordres aux états pour assainir leurs finances publiques sans jamais s'attaquer, bien sûr ,à la cause réelle du problème. Mais en plus nous avons créé un système qui émet de la monnaie sans aucun rapport avec l'ensemble de l'évolution économique réelle. L'évolution de la masse monétaire n'est plus le fruit d'un besoin collectif émanent d'un calcul macroéconomique, mais le fruit de l'addition d'une multitude de choix d'acteurs individuels n'ayant aucune conscience de l'évolution globale du système. Et comme à chaque fois cette façon de faire très libérale "la somme des intérêts individuels est égale à l'intérêt collectif", se fracasse sur le réel, à savoir que non la sommes des intérêts individuels diffère en fait de l'intérêt collectif. Cracks, bulles, inflation, déflation, chômage de masse, sont le prix exorbitant à payer pour satisfaire à ce dogme débile de l'apologie de l'individualisme auto-régulateur grâce à la mécanique du marché. Étrangement je suis certain que bien peu d'économistes libéraux ou d'hommes politiques de premier rang se risqueraient à prendre l'avion si le système aérien s'organisait autour de l'autorégulation du trafique aérien. Comme quoi on admet bien la réalité dans certains domaines, à partir du moment où son petit confort égoïste, voir sa vie, peuvent-être directement mis en danger. Faudra-t-il donc attendre que la guillotine se remette à couper des têtes pour que nos élites ouvrent les yeux?