Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
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Il ne vous aura pas échappé que la panique s'installe un peu partout avec l'explosion du prix des carburants. L'inconséquence de la puissance américaine qui se croyait à l'abri des effets de ses aventures militaires commence elle-même à sérieusement paniquer. Il faut dire que le prix du carburant même aux USA explose, ce pays ayant comme tout le monde délocalisé ses raffineries. Bien qu'ayant du pétrole, les USA se retrouvent donc embarqués dans les conséquences de la guerre en Iran. La destruction des capacités de production saoudienne par les Houtis a été le coup de massue terminal à cette catastrophe qu'est le blocage du détroit d'Ormuz. D'après Jaques Sapir l'Europe pourrait ainsi voir entre un cinquième et un quart de ses importations pétrolières baisser. À cela s'ajoute la crise du gaz en Europe qui atteint des prix complètement absurdes.
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Prix du gaz qui va influer sur le prix du kWh d'électricité puisque le marché de l'électricité n'a pas changé depuis 2022 et qu'il est toujours indexé sur le prix du gaz. C'est bien évidemment une absurdité dans le cas français, mais nos élites veulent faire l'Europe à tout prix n'est-ce pas ? Comme je l'ai déjà dit, nous arrivons aux limites ici du système du marché. Si les états européens et la France en particulier ne sortent pas de la logique marchande, il faut s'attendre à de très graves pénuries dans des secteurs essentiels. Le marché est con déjà quand tout va bien, mais quand il y a des pénuries il devient en plus très méchant et très inégalitaire. Ne fonctionnant que par la régulation du prix, vous pourriez avoir des très riches continuant à faire comme si rien ne changeait pendant que toute la production agricole est à l'arrêt conduisant tout le monde à la famine.
Peut-être que cette histoire aura au moins comme qualité de rappeler que le marché n'est pas un système efficace, surtout lorsqu'il est en plus laissé à lui-même face à des catastrophes géopolitiques. Nos élites d'après guerre qui justement avaient vécu la guerre le savaient pertinemment, car pendant la guerre le marché était réduit à sa portion congrue laissant place à une gestion planifiée de l'économie. Chose qui a été en partie oubliée aujourd'hui, mais qui a marqué nos économies plus régulées d'après guerre. Certains secteurs vitaux doivent impérativement être régulés de façon volontaire ou sinon les nations courent à la catastrophe en temps de pénurie. Nous arrivons aujourd'hui par la faute de Trump et des USA, mais aussi du dogmatisme européen face à la Russie dans une telle situation. Je rappellerais ici quand même que le rôle d'un état et d'une nation n'est pas de se préoccuper uniquement du sort des 1% d'en haut, mais de permettre quand même à la majorité de la population de survivre. Il convient tout de même d'admettre qu'on peut douter du fait que nos élites en aient réellement conscience en particulier Macron et ses sbires.
De fait, il fallait, et il faudrait toujours, mettre en place un système de rationnement. Il ne faut pas laisser le marché décider de la meilleure allocation des ressources, car sa seule boussole c'est le prix et celui qui rapporte le plus. Il y a des secteurs qui sont prioritaires comme le transport de marchandises, les producteurs agricoles, les services publics de première nécessité comme les pompiers ou les ambulances. Les intérêts des gens du 16e ou du 7e arrondissement de Paris ne sont pas prioritaires, faut-il le rappeler ? Ils ne font pas tourner le pays même s'ils se pensent certainement très importants. On constatera le silence radio de Macron sur la question. Ce président de pacotille passe son temps maintenant à vouloir faire entre le Canada dans l'UE. Prouvant au passage que l'UE n'est pas européenne, mais bien un projet globaliste visant à supprimer les nations membres et les frontières.
Il y a quelque chose d'assez cocasse d'ailleurs à voir Macron ou Von der Leyen faire la drague au Canada ou à l'Australie pour élargir sans fin ce projet de globalisation délirant alors même que la grande globalisation vit justement les conséquences de ses propres contradictions. Car nous vivons la crise de la globalisation. La crise de l'empire américain bien évidemment, mais aussi la crise du système globale qui a voulu organiser la vie humaine sous le seul axe de la régulation marchande et du marché libre.
La globalisation est un système structurellement instable
Il ne s'agit pas juste de la crise pétrolière. L'affaire du Covid avait révélé déjà la très grande fragilité d'un système économique organisé à une telle échelle. Et bien avant le Covid, la crise de 20028 avait elle aussi montré toute la fragilité de la globalisation. Et le problème est littéralement philosophique. Car c'est bien la philosophie de la globalisation qui pose problème. Cette idée que l'absence de frontières est une bonne chose, que le marché seul peut réguler parfaitement toute la vie économique et sociale. Si le libéralisme économique avait pour but de se débarrasser de la politique, et de ce que ces concepteurs pensaient être l'arbitraire de la politique, et le fait du prince, il n'a fait que déplacer le problème, et créé d'une certaine façon des sociétés fondamentalement ingouvernables, et donc incapables de s'adapter à des changements importants, parfois brutaux.
Car si le marché peut s'y adapter parfois, c'est en produisant d'immenses souffrances le plus souvent quand ce n'est pas en conduisant la société vers l'indigence la plus totale. En rendant les nations trop fortement interdépendantes, nous avons certes créé plus de richesses pour certains, mais aussi conduit à une fragilité sans cesse croissante. Les crises à répétition que vit la globalisation américaine depuis l'an 2000 ne font que confirmer cette réalité. Tant qu'il y avait un acteur principal, en l'occurrence les USA pour stabiliser le système à grand coup de marteau économique par la hausse de la demande américaine, le système fonctionnait en apparence. C'est ce que nous avons vécu des années 70 à l'an 2000. Les déséquilibres globaux ne cessaient de croître, en particulier les déficits de la balance commerciale américaine qui compensaient le comportement mercantiliste de certaines nations.
Mais depuis 2000 les relances américaines sont devenues de moins en moins efficaces sur la demande mondiale. Les USA sont trop petits désormais pour compenser les effets dépressifs du mercantilisme d'autres pays en particulier de l'Allemagne à travers l'UE et de l'immense Chine. La globalisation est donc désormais réellement globale, elle n'a plus de chef d'orchestre et conduit la planète à des événements chaotiques où chacun va essayer de tirer la couverture à lui. Enfin tout le monde sauf la France bien évidemment, fille aînée de l'église libérale qui sacrifiera son peuple au nom du bien commun européen qui n'existe que dans la tête de ce qui lui sert d'élite. Avec l'affaiblissement des USA, nous voyons désormais les vrais effets de la globalisation qui pousse les pays à faire leur croissance au détriment du voisin en cassant ou en limitant la demande interne. Ce faisant, l'insuffisance de la demande globale croit et pousse à toujours plus de conflits pour se partager une demande de plus en plus faible en réalité. Sur cela vient donc s'ajouter la bombe énergétique qui va probablement finir de casser la globalisation.
Évidemment certains pensent à mettre un remplaçant à la tête de la globalisation. Tout le monde pense à la Chine. Les BRICS d'ailleurs sont en ce sens assez englués dans les conceptions occidentales des années 80 si l'on y réfléchit bien. Ainsi ils prônent le commerce externe comme moteur de la croissance, alors que ce n'est pas vraiment ce que l'on observe en pratique même en Chine. C'est d'abord la demande interne qui doit être favorisée pour développer un pays. La Chine qui commence à accumuler des excédents commerciaux astronomiques avec l'Inde ou l'Afrique pourrait en réalité tuer le décollage de ces régions. Il n'y a pas que l'occident qui soit enfermé dans certains dogmes. La Chine d'ailleurs aurait bien du mal à remplacer les USA avec son modèle de plus en plus tourner vers les exportations. L'effondrement démographique va d'ailleurs plutôt favoriser un comportement prédateur sur le plan commercial comme ce fut le cas du Japon, ou de l'Allemagne en leur temps.
Le seul tournant qui pourrait être positif n'est donc pas un remplacement de la globalisation défectueuse actuelle par une autre qui sera de toute manière aussi défectueuse, car fonctionnant sur les mêmes principes erronés. Il s'agit surtout de relocaliser les économies, de réduire les échanges internationaux et de favoriser plutôt les productions et les consommations locales. La solution aux problèmes produits par la globalisation ne saurait être d'avoir plus de globalisation et de dérégulation. Il faut réduire la taille des marchés et des échanges et revenir à des niveaux qui rendent plus intelligible le fonctionnement économique et permettre une certaine régulation par les états. Pour utiliser du vocabulaire venant de la science de l'automatique, il faut rendre le système gouvernable. Et il ne peut l'être qu'à l'échelle des nations ou d'un petit groupe de nations, et guère plus.