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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 16:24

 

 

credit-revolving-3.jpgOn vendait le sauvetage de l'Europe et de son euro grâce aux multiples prêts octroyés à la Grèce. On s'aperçoit maintenant que non seulement la Grèce n'est pas sauvée, mais qu'en plus les agences de notation et les marchés commencent à attaquer les autres points faibles de la structure européenne. C'est ainsi au tour du Portugal de voir sa note pour les prêts internationaux se faire dégrader, ce qui signifie que ce pays aura de plus en plus de mal à équilibrer ses comptes en s'endettant. Cet endettement devenant de plus en plus couteux sous la forme de taux d'intérêt exorbitant. On peut véritablement dire que l'Europe pratique aujourd'hui les crédits revolving pour les nations. Vous savez ces prêts à taux délirant que certains font parce qu'ils n'arrivent pas à boucler les fins de mois à court terme. Et ils empruntent ainsi à des taux leur faisant rembourser plusieurs fois le crédit d'origine sans jamais en finir. C'est une très mauvaise idée d'équilibrer son compte à court terme en empruntant et donc en réduisant les ressources futures de l'état qui seront à leur tour pompé par le crédit. De fait, tout équilibre à court terme du budget courant de l'état fait par l'emprunt produit mécaniquement une réduction de ce budget à plus long terme. Sauf à supposer que les emprunts aient servi à l'investissement et à l'augmentation de la production nationale et donc de la richesse courante. Mais nos hypothèses de départ partaient du principe que justement cet emprunt était par nature improductif. On comprend donc logiquement pourquoi les agences de notation et les marchés dégradent les notes de ces pays. Il n'y a pas de complot derrière cela juste un calcul de solvabilité à long terme.

 

 

  Voilà donc les nations d'Europe enfermées dans une spirale sans fin et se mettant à pomper tels les Shadock sans savoir vraiment pourquoi.  Et les simples citoyens que nous sommes devant rappeler que pour résoudre un problème de déséquilibres il faut d'abord savoir d'où ils viennent. Verser sans fin des aides empoisonnées aux taux d'intérêt exorbitants ne résolvant pas le problème de base des pays comme la Grèce ou le Portugal. De fait, nous le savons tous, le problème de base est le déficit non pas de l'état, mais de la balance commerciale de ces nations. Endetter les états pour équilibrer leurs comptes à court terme sans s'attaquer à l'origine des déséquilibres revient à faire du crédit revolving pour finir ses mois difficiles. Évidemment comme dans le cas du particulier un tel mécanisme conduit au surendettement et finalement à la banqueroute.



Du déficit de la balance commerciale au déficit de l'état



On pointe souvent du doigt les déficits publics, c'est notablement vrai pour la Grèce. Et l'on fait, par un raccourci simpliste dont les apôtres du libéralisme sont les champions, le rapport entre cette crise de dette et le train de vie de l'état ce dernier étant considéré comme responsable de la crise de surendettement. Mais cette dette de l'état a pourtant une autre origine que celle que l'on s'efforce à donner en général, à savoir la question du poids des services publics et du gaspillage que seraient naturellement les dépenses publiques. En réalité si l'on sort des considérations simplement idéologiques et que l'on s'intéresse à la masse monétaire on comprend rapidement que celle-ci, si elle diminue, produit une contraction des richesses nationales. À l'inverse l'augmentation de la masse monétaire si elle se fait en parallèle à l'augmentation de l'activité réelle produit de la croissance économique. La monnaie étant le sang de l'économie qu'elle vienne à diminuer quantitativement et la dépression nous guette. C'est très exactement ce qui s'est passé en 2008 lorsque les banques ont cessé de prêter en occident. Comme l'essentiel de notre système actuel fait que la masse monétaire est de l'argent sous forme d'une dette (les dettes des uns, devenant les revenus des autres et vice versa), l'arrêt des prêts bancaires a provoqué une contraction économique majeure.



Or pour contrebalancer ces contractions, les états ont emprunté et soutenu l'activité. Ils ont ainsi limité sa diminution et évité la déflation qui était en route. On voit donc que l'état a tout intérêt à ce que la masse monétaire ne se contracte jamais. Quant à son augmentation, il faut qu'elle soit à peu près proportionnelle à l'augmentation de l'activité physique réelle. Ce qui n'est jamais facile à faire en pratique d'où l'existence d'une inflation minimale sans quoi on comprime l'activité artificiellement ce que les Européens n'ont toujours pas compris. Si la contraction des prêts bancaires peut produire une diminution de la masse monétaire en circulation dans un pays, ce n'est pas la seule chose qu'il faille regarder avec attention. Ainsi la balance des paiements est tout aussi importante que l'activité bancaire. La balance des paiements inclut à la fois la balance des capitaux, des services et la balance commerciale. Si celle-ci est déficitaire, cela signifie qu'il y a plus de monnaie qui sort que de monnaie qui rentre dans le pays et que par conséquent la masse monétaire en circulation se contracte.

 

 

On voit donc ici le lien qui existe, entre la balance des paiements d'une nation, qui résulte des multiples choix des acteurs du marché, des investisseurs de toutes sortes, des consommateurs, et les comptes du budget public. Car la contraction de la balance des paiements entrainera automatiquement une diminution des recettes et de l'activité économique, et poussera l'état à s'endetter pour continuer à faire fonctionner l'état. De plus, l'état doit également s'endetter sur les marchés extérieurs pour pourvoir à son déficit commercial . Si l'état contracte, comme le fait actuellement la Grèce, le budget public pour l'adapter aux rentrées fiscales en diminution, il alimente la contraction de la masse monétaire de la nation ce qui aggrave encore la décroissance de l'activité économique. Heureusement comme l'avait noté Keynes à son époque il y a des mécanismes qui bloquent naturellement ces effets de dépression. Par exemple la viscosité salariale qui empêche la diminution trop importante des salaires et donc de la demande intérieure. Ou encore les blocages sociaux comme actuellement les réactions populaires contre les politiques d'austérité. Heureusement que de tels blocages existent sans quoi la crise conduirait les pays qui connaissent une contraction de la masse monétaire vers un point où tout le monde serait au chômage.

 

 

Quand l'état grec contracte ses dépenses que se passe-t-il en fait? Et bien, les salaires des fonctionnaires ou leur nombre diminuent, ce qui réduit d'autant la demande intérieure et donc l'activité des entreprises. Lorsque l'état contracte sa demande, il transfère en quelque sorte ses dettes vers le secteur privé qui fait faillite. Ceux qui hurlent contre les déficits publics sont des imbéciles qui n'ont toujours pas compris que les dettes des uns sont les revenus des autres et inversement. De sorte que la masse monétaire globalement s'échange entre toutes les parties de la société sans que l'on puisse réellement mesure qui échange quoi dans quelle proportion. Lorsque la masse monétaire globale diminue, diminuer les activités publiques ou augmenter les impôts ne sert à rien, il faut accroître la masse monétaire en circulation. Donc, créer de la monnaie. Soit par l'endettement soit par l'émission monétaire pure et simple. La dispute entre la gauche officielle et la droite officielle a donc quelque chose de comique en ce sens que les uns prônent l'augmentation des impôts pour les riches, et les autres, la diminution des dépenses de l'état. Mais ils ne se rendent pas compte qu'aucune de ces deux solutions ne peut résoudre la question de la décroissance la masse monétaire en circulation.Jouer sur ces variables ne fait que produire un jeu de chaise musicale monétaire.

 

Augmenter la masse monétaire et équilibrer les échanges extérieurs

 

 

L' endettement est donc à court terme la seule solution, en ce sens l'Europe a en partie raison. Cependant, on remarquera que cet endettement supplémentaire aurait pu se faire à taux zéro auprès de la BCE plutôt que par l'endettement d'autres pays de la zone ce qui étend le risque de surendettement. Ou bien se faire par la monétisation et l'émission de monnaie à l'échelle de l'Europe. Nous savons cependant qu'idéologiquement ces solutions ne seront jamais employées par la structure européenne. Cependant même si cet accroissement de la masse monétaire peut résoudre à court terme le problème, il faut aussi résoudre la question des déséquilibres de la balance des paiements. Chose que l'Europe, là encore, est dans l'impossibilité de faire, car elle est structurellement incapable d'avoir une solution pratique pour permettre à un pays de rééquilibrer rapidement ses échanges. Ne pouvant employer ni le protectionnisme commercial, ni la dévaluation, les pays en déficit ne pouvant plus accroître leur endettement sont obligés de contracter leur niveau de vie et leurs salaires pour d'une part réduire leur demande intérieure et d'autre part accroitre leur compétitivité externe. Le résultat est là encore une contraction de la masse monétaire en circulation et une aggravation des déficits de l'état. Si ces solutions fonctionnent à plus ou moins long terme, ce sera au prix d'un chômage monstrueux et d'une misère terrible. Cela voudra dire également que ces pays devront supporter un niveau de vie largement inférieur à ce que leur niveau de productivité réel et leur capacité de production réelle pourraient leur permettre. En effet, contrairement à ce que dit la vulgate libérale, le chômage n'est pas naturel. Il traduit en fait une sous-utilisation des capacités de production d'une nation.

 

 

On conçoit donc que la seule solution raisonnable est, contrairement à ce qui dit Artus dans ce texte, la sortie de l'euro et le retour au protectionnisme. La sortie de l'euro permettra d'abord à l'état de contrôler à nouveau l'émission monétaire pour par exemple faire pouvoir augmenter la masse monétaire en circulation sans avoir à emprunter sur les marchés financiers. Ensuite, cela permettra à l'état de dévaluer, et donc d'améliorer la compétitivité externe sans avoir à toucher directement aux salaires ou à la dépense publique. Dans un pays où les relations sociales sont difficiles et chaotiques, c'est un outil indispensable. Le protectionnisme complémentaire permettra avec les dévaluations de bien maitriser la balance des paiements, de façon à ce qu'elle ne soit plus déséquilibrée. Et donc de faire en sorte que la masse monétaire puisse à nouveau augmenter à un rythme normal sans fuite vers l'extérieur. Comme je l'ai dit, rien ne nous empêchera, une fois revenue à une maitrise nationale de la monnaie, d'augmenter la masse monétaire non plus par l'endettement, mais par la hausse pure et simple de l'émission monétaire. Ceux qui pensent que cela produit de l'inflation n'ont pas compris que ce qui fait l'inflation au sens monétaire c'est une hausse excessive de la masse monétaire en regard de l'activité économique réelle. De fait, la nature de cette augmentation qu’elle soit par émission pure ou par dette publique importe peu du moment que cette augmentation se fait au bon rythme. Il y a d'ailleurs fort à parier que l'accroissement de la masse monétaire par création simple de monnaie supplémentaire serait moins inflationniste que par l'endettement. En effet, l'endettement laisse des traces et rend obligatoire le remboursement avec des intérêts, ce qui rend nécessaire une augmentation de la masse monétaire pour rembourser ces intérêts. En émission de monnaie pure et simple, il n'y a plus d'intérêt à rembourser donc plus d'effet d'emballement. Cependant, il est vrai que l'émission de crédit public à taux très faible de la part de la banque centrale revient à peu près au même.

 

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Published by Yann - dans économie
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clovis simard 18/10/2011 12:10



Blog(fermaton.over-blog.com).No-20, THÉORÈME PORZIUNCOLA.-Le Nouveau Père de l'Europe.



olaf 22/07/2011 01:10



vivien


 


t'as pas tout compris, mets toi la douche froide sur la tête.



Vivien 21/07/2011 23:13



C'est navrant de voir ces trolls qui dévient sciemment le sujet du crédit des Etats vers un petit conflit orthographique (ou ils se répondent pour occuper le terrain de la discussion). Leur but
est évident.


Du troll à l'état pur.


Oui, il FAUT censurer les trolls, c'est une nécessité.



olaf 11/07/2011 20:56



La Gaule,


Je crois bien que c'est l'un des points centraux, parfois trop, de la psychanalyse de considérer que l'humain se raconte des histoires. Ceci dit, il vaudrait mieux dire les psychanalyses, vu le
nombre d'écoles et de courants. Pour ce qui est de l'appelation border line, elle est loin de faire l'unanimité, il y a souvent des termes à la mode, mais qui ne recouvrent pas toujours quelque
chose de pertinent.


Sur ce, je retourne mettre de l'eau sur mes névroses, avec la sécheresse qui sévit, elles pourraient se faner...







La Gaule 11/07/2011 00:57



@ olaf


 


Comme quoi l’orthographe mène à tout…


 


Les troubles bipolaires sont l’appellation plus contemporaine d’une affection caractérisée depuis longtemps et appelée auparavant  psychose maniaco-dépressive (PMD).


 Elle désigne des troubles du comportement lorsque des phases d’excitation extrême succèdent à des
stades de dépression profonde. Il s’agit d’une maladie grave, invalidante, surtout sur son flanc dépressif. Comme je ne pense pas que ceux qui en sont atteints soient d’une utilité quelconque
dans un labo de recherches de pointe, invoquer cette maladie à propos de vous ou moi ne peut relever que de la boutade.


 


La pathologie dite « border-line » est caractérisée elle par une permanence des comportements, des émotions, ou des réactions
extrêmes.


La majorité des cliniciens la rattachent aux troubles psychotiques, qui désignent une perturbation profonde de l’unité même de la personnalité.
Cette pathologie intéresse aussi beaucoup des philosophes comme Marcel Gauchet, qui la considère alors comme une perversion collective logique, dans une société travaillée à la fois par la quête
inlassable de nouvelles limites et l’effondrement de tout repère symbolique ainsi que de toute transcendance.


Tous sont d’accord pour identifier en elle une radicale nouveauté par rapport à la névrose de type freudien, laquelle désignait plutôt un conflit
entre la pulsion individuelle et l’autorité collective symbolique. Certains n’hésitent d’ailleurs pas à dire que la névrose classique pourrait maintenant constituer une parade ou un garde-fou
(sans jeu de mot) sur la pente menant à la « pathologie limite ».


 


Le lien que vous me donnez n’est d’ailleurs pas contradictoire avec ce bref descriptif. L’homme est effectivement un « animal parlant »
qui peut se raconter à peu près n’importe quoi, les psychanalystes ont parfois tendance à l’oublier. C’est aussi un animal inachevé de par sa condition à la naissance, ce qui est tout autant
suggéré par ce texte. C’est cette condition qui l’oblige de toute façon à inventer ses propres limites, et surtout à s’y tenir.


 


Oui la vie est un combat. Non peace and love n’est pas forcément niais et vain, à condition que la devise ne cache pas des injonctions plus
contradictoires. Relisez Laborit à ce sujet (« l’éloge de la fuite » surtout). J’ai envie de vous dire que faire l’autruche et se tromper de cible, c’est du kif. En tout cas nos petites
névroses à vous et à moi ne sont que des symptômes plus généraux d’une situation qui dépasse complètement la vie de ce pauvre endroit.


 


PS : le DSM 4 ! Cela me rappelle des mauvais souvenirs. Entre les bricoleurs étiqueteurs qui se réclament de ce bottin et les psy
ténébreux de certaines chapelles, je peux vous dire que ceux qui sont à peu près d’aplomb dans leurs têtes ne connaissent pas leur bonheur.