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Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.

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Planifier, protéger, réindustrialiser

 

Nous avons beaucoup parlé de souveraineté nationale ces derniers temps. Le film sur de Gaulle et la résistance m'ont bien évidemment poussé dans ce sens, mais l'actualité n'y est pas étrangère non plus. La focalisation sur la question de l'IA est à mon sens excessive, car je pense que l'on exagère largement les gains potentiels de ces technologies en matière de gain de productivité. Un peu comme l'on avait très largement exagéré les effets sur la productivité qu'internet devait soi-disant produire, tout comme l'informatique grand public au passage. Seulement la course entre les USA, la Chine et la pauvre France montre à nouveau le grand problème que représente la conception même du monde que le libéralisme a mis dans les têtes de nos dirigeants et de notre population depuis les années 70.

 

On se figure qu'il ne doit y avoir qu'un seul gagnant dans le grand marché global. Les portes du commerce étant grandes ouvertes, on assiste à des concentrations de capitaux et de richesse absolument grotesque mettant toutes les nations du monde en dépendance des entreprises de la nation qui gagnent ce marché. Bien évidemment dans ce système les plus gros marchés imposent leur champion qui bénéficiant d'un marché intérieur largement supérieur peut pratiquer des prix bien plus bas que les autres et donc s'imposer face à tous les autres concurrents. Rajoutons à cela ,qu'en plus, les grands pays en question que sont la Chine et les USA, ne respectent aucune des règles du libre marché et arrosent largement leurs entreprises de subventions et de marchés captifs. Parler de libre concurrence dans ces conditions est juste grotesque. Mais même s'ils respectaient ces règles, il en irait probablement de même, car les dés sont pipés dès le départ.

 

C'est de cette logique de gagnant perdant que nous devons impérativement sortir, non seulement pour l'intérêt du peuple français, mais également pour l'intérêt de l'ensemble de l'humanité. Ce qui se passe aujourd'hui sur l'IA s'est déjà passé sur les questions des logiciels dans les années 90-2000, époque où l'informatique américaine a totalement remplacé les solutions locales qui pouvaient encore exister en Europe dans les années 80. Cela a mis le continent dans une dépendance totalement absurde, car nous avons largement les capacités techniques et les ingénieurs pour nous passer de Microsoft, de Google et des autres GAFAM. Ces derniers aujourd'hui ponctionnent des sommes absolument colossales sur nos économies. De l'argent qui ne circule plus dans nos pays, mais qui nourrit le niveau de vie des élites américaines. J'insiste sur le fait que c'est le pur produit du laissez-faire. D'autres pays comme la Chine ou la Corée du Sud se passent très bien des produits logiciels américains. Rajoutons qu'en plus, ces entreprises sont une nuisance colossale pour nos politiques finançant allègrement ce que l'on peut très bien appeler de l'ingérence étrangère.

 

Cette question, je l'ai moi-même trop souvent posé par l'intermédiaire des questions économiques. Et il est vrai que c'est une nuisance économique puisque ces entreprises ponctionnent du revenu en France, et en plus ne paient pratiquement pas d'impôt pour leurs activités sur notre territoire. Mais c'est par la question de la souveraineté et de la liberté des Français que nous devrions véritablement attaquer le problème. Car il ne s'agit pas ici seulement d'une question de pouvoir d'achat ou de croissance économique, il s'agit de la capacité de notre pays et de notre peuple à décider de son avenir et de ses politiques. Laisser à des entreprises américaines comme X ou Facebook le soin d'organiser le débat public par leur usage, ou de laisser Google dire la « vérité » à travers ses algorithmes de recherche biaisés, voilà bien le centre du problème. Et il en va évidemment de même pour la question des IA.

 

Peu importe le coût et l'efficacité, la souveraineté n'a pas de prix

 

La question n'est donc pas économique, ou plus exactement les questions économiques sont insérées dans les questions politiques et géopolitiques. Faire de l'économie sans penser à ce cadre c'est simplement être irresponsable et ne pas comprendre toutes les complexités du monde. Nous ne pouvons pas continuer ainsi à livrer notre pays et notre peuple à des décisionnaires étrangers que ce soit à travers l'horrible construction européenne, ou par le laissez-faire libéral, sur les questions commerciales. L'affaire de l'IA française et de Mistral devrait donc se résoudre ainsi, la France n'utilisera pas les solutions chinoises ou américaines et les entreprises françaises ainsi que les administrations n'utiliseront que Mistral ou les autres solutions françaises éventuelles. Même si c'est moins efficace et plus cher à court terme c'est le choix de la raison nationale. Que l'IA française soit la meilleure du monde ou la pire n'a dans ce cadre aucune importance puisqu'il en va de la souveraineté du peuple français sur une question d'importance. Évidemment ce que je dis ici est logiquement contraire aux fameux traités européens, et c'est bien pour cela que nous devrons quitter l'UE qui gangrène le continent, et le conduit à sa ruine, même l'Allemagne.

 

On ne peut pas penser à un redressement industriel et économique national tant que nous nous enfermons dans cette idée de compétition globale et commerciale. Il ne faut pas s'adapter à la globalisation, il faut en rejeter le principe même. Comme le disait Keynes, qui pourtant fut pour le libre-échange dans sa jeunesse :« Les idées, le savoir, la science, l'hospitalité, le voyage doivent être par nature internationaux. Mais produisons chez nous chaque fois que c'est raisonnable et pratiquement possible, et surtout faisons en sorte que la finance soit nationale ». Cette dernière partie est aussi très importante, car c'est l'autre grande tare de notre économie. Nous finançons la technologie américaine à travers notre épargne qui va de façon excessive s'investir à l'étranger en particulier aux USA. La grande force de l'économie chinoise est d'ailleurs de garder son immense épargne que pour son propre développement quand l'Europe et le Japon se sont suicidés en finançant le développement américain à travers des accords de libre circulation des capitaux. Arnaud Montebourg en a d'ailleurs parlé juste avant sa diatribe contre Mélenchon. C'est un des rares politiques à souligner ce problème de fuite des capitaux vers les USA.

 

Refaire un circuit fermé de notre système financier sera sans doute la première chose à faire. La France n'a pas besoin d'investissements étrangers, sa balance des paiements est à l'équilibre. Elle a besoin que son épargne et ses capitaux servent d'abord au développement du pays, avant de nourrir des bulles spéculatives de l'autre côté de l'atlantique. Le redressement national ne pourra s'obtenir que par la combinaison d'un protectionnisme important, d'une planification industrielle accompagnant aussi les acteurs privés. Il ne s'agit pas de remplacer l'initiative privée lorsqu'elle existe, il s'agit de l'accompagner en lui donnant par exemple des marchés réservés lui donnant une source de revenu stable sur laquelle elle pourra développer ses activités. Là où l'initiative privée manque, elle devra être stimulée par des appels d'offres, voire comblée par des entreprises publiques dans le pire des cas.

 

Il s'agit simplement de revenir à ce que pratiquait la France jusqu'à l'arrivée de Giscard au pouvoir. Nous devons substituer aux importations des productions nationales le plus que possible. Ce qui ne veut pas dire pour autant interdire la concurrence étrangère lorsque les producteurs étrangers en question produisent en France. Pour l'instant, bien évidemment, ce genre de politique pragmatique n'est simplement pas possible dans le cadre européen. C'est bien pour cela que la priorité est de rendre aux Français leur liberté monétaire et budgétaire en sortant de l'UE. Il reste à espérer que petit à petit ce sujet central apparaisse dans cette pathétique élection présidentielle, où l'on voit à nouveau comme candidats les pires fossoyeurs de la nation de ces 20 dernières années.

 

 

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