Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 18:37

    les-montres-molles-Divers.jpg    Après ma critique des manifestations, je me devais tout de  m'exprimer sur ce que je pense d'un système de retraite pensé pour durer. Il faut aussi expliquer pourquoi les modèles anglo-saxons, profondément individualistes, sont des imbécilités collectives, je parle bien sûr ici du système de retraite par capitalisation. Car il n'y a pas plus déconnecté de la réalité économique que ce système qui prétend gelé la valeur des actifs dans le temps, voir  les faire croitre. Ici je vais essayer d'être le plus concis et clair possible. Je ne parlerais pas ici du bien fondé ou non de tel ou tel partage de la richesse mais simplement de la validité intellectuel d'un système qui prétend à l'efficacité économique alors qu'il n'est qu'une escroquerie sur le long terme.

 

    Commençons par le commencement, une économie monétaire est un système d'organisation dans lequel on use d'une monnaie fiduciaire pour échanger  certains  biens et  services. L'argent en tant que tel n'a pas de valeur propre, sa valeur n'est que la résultante de l'échange de travail entre les membres de de la société. Je ne parle pas du marché, car bon nombres d'activités sont en dehors du marché, elles entrent pourtant aussi dans la création et la production de richesses. Une femme qui élève son enfant a une activité non comptabilisé, qui n'a donc aucune valeur monétaire, c'est pourtant certainement l'activité la plus importante qui soit dans une civilisation, transmettre et éduquer. On pourrait épiloguer sur la question de la valeur des choses et sur la formation des prix, sur le marché, sur l'émission monétaire privée, mais ce n'est pas ce qui nous intéresse ici. Le fait est que l'argent est un moyen d'échange pratique qui va simplifier ce dernier, en effet on imagine mal comment mettre au point un système d'échange sans monnaie. Le  troc par exemple  ne peut pas exister dans une société où le travail s'est hautement diversifié. On pourrait théoriquement imaginer un système sans monnaie, mais il faudrait vivre dans une société de totale abondance ou la consommation ne nécessiterait plus de travail humain. C'était le rêve de Gene Roddenberry l'auteur de la célèbre série Startrek, mais nous en sommes encore bien loin, et même si effectivement une société où il n'y a plus besoin d'argent et où chacun peut se consacrer à ses passions est un rêve d'idéale à atteindre, je ne suis pas sûr que la majorité des humains soient vraiment capable de vivre dans une telle utopie. C'était d'ailleurs la crainte de Keynes qui voyaient les jeunes triches de son époque autodétruire l'être humain semble avoir était programmé pour vivre dans la rareté et non dans l'abondance.

 

Quoiqu'il en soit, l'argent est donc un moyen pratique d'échange mais il a un gros problème. Alors que les marchandises et les services sont soumis à la deuxième loi de la thermodynmique à savoir la déperdition de leur valeur au fil du temps. La baguette de pain acheté hier n'aura évidement pas la même valeur que celle d'aujourd'hui pour le consommateur et il y a peu de chances que vous dépensiez votre argent pour acheter le pain de la semaine dernière, à part peut-être pour nourrir des canards. Or l'argent lui, ne varie pas dans le temps, on exclut ici bien sûr le phénomène d'inflation qui est un moyen pour le système économique de  réintroduire quelque part le principe de la perte temporelle. Les billets restent les mêmes à l'échelle humaine, et les comptes en banque ne se dévaluent pas au fil du temps. Cette différence fondamentale va introduire une perte dans la transformation qui consiste à échanger de l'argent contre une marchandises ou des services.  Cette différence c'est l'évolution au cours du temps qui affecte les systèmes productifs alors qu'il n'affecte pas directement les capitaux et l'argent accumulés. On comprend ici au passage que les propositions de  Silvio Gesell qui consistaient à rapprocher la nature de la monnaie de la nature des marchandises et des services. Les monnaies fondantes qui perdent leurs valeur au fil du temps étant plus proche de la nature des choses réelles, que nos monnaies dont la valeur doit être gravée dans le marbre.

 

        L'argent se stock, le travail non, en transformant une marchandise ou un service en valeur monétaire on réalise une transformation qui n'est pas anodine, on change la nature même du rapport au temps. On peut faire un comparatif avec l'échantillonnage en traitement du signal, l'argent échantillonne une partie du réel mais il perd de l'information au passage, comme dans toute transformation c'est l'entropie. C'est cette différence de nature qui explique les crises, l'inflation, les déflations et les multiples catastrophes économiques qui ont traversé l'histoire et dont la crise que nous subissons  actuellement n'est que l'un des derniers avatars. Cette distorsion va en effet pousser les systèmes économiques à corriger les erreurs et les distorsions liées à la non-introduction du temps et de l'usure dans notre système monétaire. Ainsi les capitaux accumulés qui ponctionnent de la richesse en ne produisant rien, violent normalement la nature même de l'échange marchand. Les économistes qui défendent la rente ne se rendent pas  compte à quel point c'est contraire au marché qui exige un échange de bien ou de service. Dans un système de troc le rentier serait un dieu à qui l'on offrirait gratuitement des marchandises et des services. Cela choquerait n'importe qui de sensé, mais dans notre système on trouve la rente actionnariale ou autre comme normal, c'est pourtant une anomalie. Adam Smith lui même condamnait la rente et il est bien malheureux que ses prétendus descendant l'aient oublié. Il n'y a rien de communiste à réclamer l'euthanasie des rentiers c'est le simple bon sens qui l'exige.  Les pays développés d'après guerre sous les bons conseils de Keynes et les expériences de la guerre, justement, ont mis fin au dogme de la monnaie stable dans le temps. L'inflation était ainsi un remède à la concentration progressive inhérente à la mécanique monétaire et capitaliste, l'inflation corrigeait l'accumulation dans le temps qui n'est possible que sous la forme monétaire. C'est une leçon que nous allons devoir réapprendre sous peine d'explosion sociale ou de révoltes violentes.

 

L'effet du temps sur les retraites

 

    Maintenant que j'ai expliqué un peu l'effet du temps sur l'économie on comprendra mieux pourquoi le système de retraite par capitalisation est idiot. Ce n'est jamais le capital accumulé physiquement qui paye les retraites du temps présent, car notre système d'échange est un système instantané. On consomme des produits et des services qui dans leur immense majorité, sont produit instantanément, dans le présent. Comme le travail ne s'accumule pas dans le temps, vous ne pouvez pas physiquement échanger un service produit en 1960 avec un service ou un bien produit en 2010, à moins d'inventer une machine à voyager dans le temps. En réalité les retraites par capitalisation fonctionnent en ponctionnant à travers le système d'accumulation capitaliste, les revenues actuels pour consommer ce qui est produit maintenant. C'est donc toujours le travail des actifs qui paye la consommation des retraités présent quelque soit l'argent accumulé. Bien sûr plus la valeur faciale de cet argent est surestimé par rapport à la capacité de production réel du pays et plus il y a crise quand cette valeur entre sur le marché. C'est ce qui explique l'effondrement des fonds de pensions anglo-saxons. Les retraités de ces pays avaient accumulé des revenues important à une époque où les USA étaient productifs, mais ils vivent désormais dans un pays dépendant considérablement de ses importations et qui s'est physiquement appauvri en détruisant son tissu industriel. Le niveau de  revenu des retraités s'est donc adapté à la réalité économique du temps présent dès que cet argent a commencé à entrer dans le domaine de la consommation, ajustement terrible qui correspond au déclin réel de ce pays.

 

    On peut donc dire que seul la richesse instantanée d'un pays compte, c'est à dire sa capacité à produire ce qu'il consomme à chaque instant.  Le capital accumulé n'a une valeur réelle que s'il est bien proportionné à l'économie dans laquelle il évolue. En cas de surestimation il y a une correction qui se fait d'une manière ou d'une autre. C'est pour cela que j'ai dis dans un texte précédent que le système par répartition est plus logique, il est plus proche de ce qui se passe réellement, à savoir que ce sont les actifs du présent qui payent pour les retraités d'aujourd'hui et non d'hypothétiques capitaux accumulés. Ces derniers ne font que déformer la répartition de richesse de façon complètement inappropriée.   Maintenant nous pourrions effectivement imaginer un système encore plus réaliste que le système par répartition. Avec un système fondé sur un tunnel de revenus plafonnés en haut et en bas garantissant un revenu maximum et un revenu minimum. Puisque en réalité ce sont les salariés d'aujourd'hui qui payent pour les retraités de maintenant, on pourrait justifier un changement de financement qui passerait par l'impôt et non plus par des cotisations compliquées et les usine à gaz des régimes spéciaux . Cela veut dire également que les retraités ne peuvent s'exonérer des difficultés que traverse le pays puisqu'ils dépendent totalement de la bonne santé de ce dernier. Un pays atrophié et désindustrialisé ne peut en aucun cas subvenir aux besoins d'une population habituée à un niveau de vie qu'il ne peut plus fournir aux salariés du présent. A cela s'ajoute également la question du vieillissement, mais dans le cadre d'un système par répartition encore une fois la mécanique est plus claire. La démocratie peut choisir librement le taux de revenus de ses retraités alors que dans le système par capitalisation chacun se démerde et collectivement c'est la catastrophe. 

 

 

 

  PS: Aucun rapport mais puisque j'ai parlé du temps qui passe, je mets une petit chanson de Peggy Lee  que j'avais entendu, il y a longtemps, et qui a toujours un énorme effet mélancolique sur moi :Johnny Guitar

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Yann - dans économie
commenter cet article

commentaires

olaf 01/11/2010 10:11



Cette réforme semble bien un cheval de Troie :


http://ownipolitics.com/2010/10/29/les-nouveaux-fonds-de-pension-la-face-cachee-de-la-reforme-des-retraites-capitalisation-woerth-lobbies-senat-epargne/



yann 31/10/2010 19:21



@La Gaule


"est-ce que la capitalisation (je ne vois pas d’autre mot) des points de retraite ne représente pas aussi une accumulation de capital différée dans le temps"


Tout à fait c'est pour cela que j'ai dis que le système même s'il est plus proche du réel est loin d'être parfait. On pourrait imaginer donner à chaque personne partant à la retraite un revenue
non indexé sur sa carrière et fondé uniquement sur le nombre de retraité et les possibilités financière du pays à subvenir aux besoins des vieux. Mais peut-être cette solution paraitrait elle
trop communiste aux yeux de certains. Les français sont trop attachés à leur "liberté" même si en l'espèce elle est illusoire. Imaginez les réactions: "Quoi moi, ingénieur, être payer pareil
qu'un ouvrier à la retraite qu'elle horreur!". Et pourtant une fois à la retraite l'ingénieur à autant d'utilité au sens économique qu'un ouvrier il vit au crochet des actifs. Mais je crois que
la culture populaire n'est absolument pas prête à faire ce type de raisonnements. Ce serait pourtant plus simple on calcul les moyen que l'on peut octroyer au retraités on divise par le nombre de
retraité et on donne à chacun sa part. Et de toute façon pour les adeptes de l'inégalité sociale il y a toujours le capital physique accumulé un cadre sera surement propriétaire plusieurs fois
alors que l'ouvrier smicard sera encore locataire à la retraite, l'honneur social du parvenu est sauf.


 


Sinon la question de la capitalisation c'est aussi le rapport que nous avons à la société. Les anglo-saxons sont obsédés par leur liberté, et ne veulent pas voir les interactions qu'il y a entre
eux.D'où cet horreur de l'état, des impôt etc... il semble d'ailleurs que la Tea party soit une excroissance grotesque de cet égoïsme érigé en système. Le prix à payer pour leur liberté en
matière de retraite ce les crises des fonds pensions et les reset régulier que font les bourses. Mais cette liberté est encore une fois illusoire, elle n'est vrai que pour une infime minorité qui
serait bien embêter d'un retour à une organisation collective contraignante.


 


Sinon le but de ce texte était avant tout de mettre en valeur le coté artificiel de la solution des retraites par capitalisation. Je n'avais pas en tête l'élaboration d'un nouveau système de
retraite, il y a de toute façon des gens largement plus compétent qui y ont déjà réfléchi. Et je pense d'ailleurs comme Lordon que cette réforme ne vise pas à sauver le système par répartition
mais à en préparer sa ruine en le vidant de sa substance à long terme pour pousser les gens dans le bras des retraites privé. C'est une vielle méthode libérale que de faire passer en douce ce
qu'ils ne peuvent imposer directement. On le voit bien avec l'école publique petit à petit détruite et alléger, ce qui a fait exploser les cours privés et les établissements non publique.


 


La volonté de privatiser le système ne peut que provenir d'une affaire de corruption au plus haut niveau de  l'état puisque nous avons sous les yeux les échec anglais et américains, c'est
donc juste une affaire de copinage et de grosse commission. D'ailleurs les multiples agissement de monsieur Sarkozy dans d'autre secteur comme celui de la défense où ce clown nous a impliqué dans
le bouclier de  défense antimissile ridicule des USA mettant ainsi en danger la stratégie de dissuasion nucléaire française, tendent à montrer qu'il est corrompu ou tout du moins qu'il
n'agit pas du tout dans l'intérêt national. Il faudrait se demander si nous ne devrions pas le faire condamner pour haute trahison vue les accumulations invraisemblables d'affaires étranges.


 


@Jean


 


Pour ce qui est de la réforme, ou le fait qu'un homme politique puisse rompre le contrat en définitive que les travailleurs avaient avec l'état est plutot un problème de démocratie. Comment se
fait il qu'un type seul puisse imposer une décision aussi impopulaire sans passer par les urnes, voilà la vrai question. Personnellement je suis devenu un grand adepte du référendum d'initiative
populaire comme en Suisse. Il suffirait d'un certain nombre de pétitionnaire pour organiser un référendum qui serait au dessus du pouvoir présidentielle et qui pourrait annuler en cas de victoire
la décision ou la loi prise y compris par le parlement. Je constate que cela nous protègerait des grèves massive en rendant la volonté populaire apte à infléchir des décisions largement contraire
à la volonté du peuple. Je crois qu'il est tant de rappeler aux politiques qu'ils ne sont que des représentant et que le pouvoir qu'ils ont n'est pas vraiment le leur.


 


@Gilles Amiel


Je n'ai pas de sources directes à donner malheureusement, j'ai écris cela sous inspiration momentanée. Mais personnellement c'était des questions que je m'étais poser quand on abordait les
monnaies fondantes avec mes collègues blogueurs Malakine et RST. Sinon les questions du temps, de l'argent et de l'intérêt sont des points fondamentaux des raisonnements de Keynes. C'est
probablement lui qui ma le plus influencé,car je ne suis pas marxiste et je ne suis pas grand connaisseur de Proudhon. Mais cela ne me surprendrait pas de voir des réflexions sur ce genre de
question retomber sur les même solution ou la même compréhension des choses. On invente plus grand chose en réalité surtout en matière de concept ou de théorie économique. On ne fait que
retrouver ce que d'autre avant nous avait déjà compris.


Sinon merci pour le titre de l'album à vrai dire cette chanson je l'ai réentendu dernièrement. Elle a eu un effet nostalgique sur moi parce que j'avais un proche qui l'écoutait quand j'étais
gamin. La voix de la Peggy Lee est vraiment magnifique.


@RST


Oui il m'arrive de m'embrumer moi même. Il faut voir que ces capitaux sont des droits de propriétés sur la richesse produite si l'on puis dire. Si tu accumule une certaine somme et que tu utilise
les intérêts de cette somme accumulés pour ponctionner un revenu, tu ponctionne de l'argent dans une autre poche. C'est la vielle question des intérêts, la rente est elle légitime? Doit-on
récompenser l'avarice?


Dans un système monétaire ou la masse serait stable tu te retrouverai rapidement avec l'argent produit en totalité concentré dans les poches d'un seul individu. Les retraites par capitalisation
ont les mêmes défauts que les systèmes de capitalisation en générale, elles génèrent une  mauvaise adéquation dans le partage des revenues. Avec ce système les vieux peuvent ponctionner
beaucoup trop par rapport à ce que le pays peut fournir. Bien sûr les valeurs actionnariales s'effondre c'est le contraire qui se produit il ne ponctionnent plus assez. Dans tout les cas on a pas
quelque chose de rationnel, qui serait calculé par rapport aux capacités actuelles du pays. Comme tu le dis toi même si l'on ne produit rien il n'iront pas bien loin avec leur euros cumulés.


@Gilles Amiel


 


C'est tout à fait çà. En fait le pire c'est qu'en l'occurrence le parasite n'a même pas conscience d'être un parasite. Disons que le capital accumulé fait sortie la question de la répartition des
richesses du jeu démocratique, c'est particulièrement vrai pour les retraites où comme nous l'avons vue ce sont toujours les actifs actuels qui payent pour les retraités. Il est donc normal de
mon point de vue de pouvoir choisir démocratiquement ce que la société veut donner  ses vétérans en toute transparence et non avec la grande loterie boursière.


 



olaf 31/10/2010 18:15



Franchement, quitte à vivre dans un monde capitaliste alors faisons le bien et calculons le prix


que ça représente et le rendement réel.



Gilles Amiel 31/10/2010 13:13



@RST


Je ne réponds pas à la place de Yann bien entendu mais juste pour dire que c'est comme cela également que je vois les choses. La capitalisation, outre ses aspects coûteux inutilement, risqués et
tactiques (voir Lordon), est comme tout titre financier, non de la richesse congelée (on ne voit pas très bien par quel miracle de cryogénisation), un titre, et non pas de la richesse
monétaire, toujours basée sur la production de richesse en train de se faire, au présent, c'est là toute sa fonction symbolique et sociale. Quand ce titre de propriété lucrative se convertit en
richesse monétaire, il prélève en toute légalité une partie proportionnelle de la richesse en train de se faire selon sa valeur d'échange du moment. C'est donc une pure ponction improductive. Un
investisseur financier n'investit donc rien, à proprement parler, tout au contraire il prélève, il ponctionne aux uns, pour mieux prélever sur les autres, c'est un pur parasite.



olaf 31/10/2010 11:06



En termes d'efficacité, la capitalisation c'est quand même ça, plus tous ceux qui se retrouvent en slip quand ça crashe, faute d'une garantie de l'état :


"S’ils allaient y voir de plus près, les pauvres pensionnés britanniques en auraient les yeux qui dégringolent des orbites à découvrir les proportions phénoménales dans lesquelles se sucrent les
principaux gestionnaires de leurs fonds, le pompon revenant à HSBC qui pour 40 années de versements mensuels de 200£, soit un total de 120.000£ (96.000£ plus les avantages fiscaux) se sert sans
mollir une commission de… 99.900£, soit un modeste 80% [13] !"


http://blog.mondediplo.net/2010-10-23-Le-point-de-fusion-des-retraites