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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 00:01

Le libéralisme est devenu avec le temps un terme générique qui a tellement été employé à tort et à travers que l'on ne sait plus exactement ce que recouvre ce terme. Je vais donc vous donnez mon avis sur la chose, il vaut ce qu'il vaut rousseaumais au moins saurez vous ce que j'entends par libéralisme ou néolibéralisme.

 

1-Le libéralisme et le cartésianisme

 

    Certains auteurs comme Jean Claude Michéa pense que l'origine du libéralisme fut fruit des guerres religieuses qui ravagèrent l'Europe au 16ème et 17ème siècle. Devant la catastrophe humaine que furent ces guerres, les penseurs des lumières prirent en horreur l'organisation social fondé sur la tradition et l'arbitraire. Ils créèrent des principes fondés sur la raison censé créer une société non sujette à l'arbitraire religieux. De ce point de vue on peut dire que le libéralisme politique est une invention de gauche au sens où elle est une théorie qui entre en conflit avec la tradition, la conservation et les conservateurs. Si les guerres de religions peuvent expliquer la genèse du libéralisme politique, elles n'expliquent pas la forme de pensée qui lui tient lieu de raison. Le libéralisme politique est imprimer d'un autre mécanisme d'analyse, plus ancien celui qui est à l'origine de la modernité occidentale, mais aussi des problèmes de plus en plus graves que auquel cette civilisation est confronté, le cartésianisme.

 

Vous allez me dire mais quel est le lien entre le cartésianisme et le libéralisme. C'est assez simple à voir, le cartésianisme est issu du fameux texte de René Descartes « Le discours de la méthode » il définit une méthodologie permettant de résoudre et d'analyser les problèmes, quels qu'ils soient, en procédant à des raisonnements cloisonnés. Ainsi si un problème est difficile à résoudre de prime abord, pour Descartes, il suffit de le découper en petites parties, d'analyser chaque partie séparément, l'ensemble du problème sera résolu en additionnant ces petites parties. C'est ainsi que raisonnait Descartes, et c'est pourquoi il finit par croire que les être vivants ne sont guère plus que des automates sophistiqués, la somme des partie ne pouvant différer de l'ensemble. Le cartésianisme est fondamental dans la pensé occidental moderne, il s'agit d'une véritable rupture qui va influencer les sciences, les arts et évidemment la future pensée économique et politique le libéralisme.

 

Mais il y a un gros problème avec le cartésianisme, problème qui se fera rapidement sentir dans les sciences naturelles. En effet l’hypothèse implicite de Descartes est que les variables du problème que l’on va découper sont indépendantes les unes des autres. Car si le corps complet du problème influe sur ses parties alors la somme de ces mêmes parties prises indépendamment les unes des autres n’est pas égale au corps complet. C'est une limite que les scientifiques connaissent bien, il faut prendre d'infinie précautions pour être sure que les variables sont indépendantes, conditions sine qua non pour que l'hypothèse cartésienne soit valide. Le raisonnement cartésien se révèle complètement faux en physique quantique par exemple. Même en additionnant les représentations à l'échelle quantique d'une objet, vous ne trouverez pas les lois physiques qui régissent les mouvements de cette objet à notre échelle. Les lois diffèrent entre l'infinitésimal et l'infiniment grand et on a pas de loi mathématique permettant de passer de l'un à l'autre, on change de loi suivant l'échelle. On ne peut pas définir les mouvements d'une chaise en additionnant les mouvements de ses atomes.

 

2-Le libéralisme politique

 

  Les problèmes de la Méthode cartésienne ne se sont pas fait sentir tout de suite il a fallut des siècles aux scientifiques pour mettre en évidence ses limites (médecine, biologie, physique quantique, climatologie etc..). Mais le succès à court terme, dans les sciences naturelles, du cartésianisme va rendre cette méthodologie populaire. Et c'est tout naturellement que les penseurs comme Rousseau vont l'employer pour définir une société lavée de l'organisation arbitraire et religieuse. Les libéraux politiques firent un rêve, créer un société purement diriger par le logos et le rationalisme. Sans le savoir ils créèrent une société fondée sur le cartésianisme organisationnel.

 

  Pour les penseurs libéraux il fallait donc voir quel est la plus petite partie de la société, analyser le comportement de ces petites parties, additionner le tout et enfin voir le fonctionnement de l'ensemble. Bien sure la plus petit partie de la société c'est l'individu seul, on comprend pourquoi un penseur comme Rousseau va se fatiguer à construire un raisonnement partant de l'individu seul dans la nature à l'homme vivant en société. Mais les libéraux ne vont pas être d'accord sur les comportements individuels c'est la fameuse différence entre le libéralisme français issu de Rousseau et de Montesquieu, et le libéralisme ango-saxon issu de Hobbes. Les uns considérant l'homme bon par nature, l'autre mauvais, évidement suivant cette hypothèse les enchainements logiques se mettent à sérieusement diverger. Et les deux libéralisme donneront des visions de l'organisation sociale complètement différentes. Chez Rousseau l'homme étant bon par nature la société devra encourager l'individu, on créé une société de confiance et d'entre aide. L'autre celle de Hobbes voit l'individu comme un égocentrique, il faut nécessairement lui taper dessus pour qu'il rentre dans rang. On pourrait résumer cette divergence par la différence de la nature d'un accusé judiciaire, en France et aux USA. Chez nous un accusé est innocent jusqu'à preuve du contraire aux USA c'est exactement l'inverse, il est coupable jusqu'à ce qu'il prouve qu'il est innocent.

 

Mais les libéraux politiques vont rapidement voir les problèmes pratiques de leur théories basées sur les raisonnements cartésiens. Rousseau va devoir inclure la notion de contrat social, en effet il lui fallait un moyen pour relier les individus à la société dans laquelle ils vivent. C'est la création intellectuelle de l'intérêt général, chez Montesquieu l'astuce est autre, il parle d'amour de la patrie. Comme si Montesquieu et Rousseau avaient senti les limites du raisonnement cartésien, ils mettent des gardes fous à l'intérêt individuel. Et pour eux ipso facto, la somme des intérêts individuels n'est plus égale à l'intérêt collectif, ce dernier est défini par l'Intérêt général, l'ensemble diffère de la somme des partis. Comme on va le voir ensuite, c'est la grosse différence entre le libéralisme politique et le libéralisme économique, c'est une différence fondamentale. Le libéralisme politique ne considère pas que la somme des intérêts individuels est égale à l'intérêt collectif.

 

De cet intérêt général va découler la démocratie telle que nous l'entendons, c'est le liant entre intérêt général et intérêt individuel s'exprimant à travers la représentation de l'intérêt de la masse populaire. Il est à noter que la démocratie représentative peut ne pas être élective. En effet on peut imaginer une démocratie dans laquelle les représentants sont pris au hasard dans la population, s'était d'ailleurs la forme démocratique préféré des libéraux politiques. En effet dans un système à base électorale les représentant peuvent finir par former une caste, leur milieu favorisant leur proche pour être susceptible d'être élu. Nos démocraties actuelles montrent d'ailleurs les limites de la représentativité par processus électoral. La chose public n'est plus défendu seul compte le fait de se faire réélire. On peut donc supposer que la démocratie élective peut voir l'intérêt collectif ne plus être défendu par ses représentants.

 

Pour le libéralisme politique l'homme se libère par l'action public, au travers la représentation collective. En effet pour Rousseau l'homme a perdu sa liberté en vivant en société, il est devenu libre de la nature et de sa violence, mais en échange il est devenue dépendant d'autres hommes. La seule liberté de l'homme au sein de la société humaine consiste à influencer l'action collective de la nation. La notion de souveraineté est donc naturelle sous cette angle puisque la volonté du peuple, l'intérêt général ne saurait être défendu si la souveraineté de la nation n'est pas plein et entière. La liberté de la nation sa souveraineté est donc le seul moyen pour ses habitants d'être des citoyens libre choisissant leurs destins. Et c'est bien parce que Rousseau ou Montesquieu ont inclus la notion d'intérêts général, sortant du cadre cartésien, que l'on en arrive à cette conclusion logique.

 

Il y a tout de même une limite au libéralisme politique telle que nous l'avons vue. C'est le fait de vouloir régler toute les affaires humaines par la logique et le rationnel. Au-delà du problème qu'induit la vision cartésienne, la raison ne peut pas toujours tout résoudre,je pense notamment aux problèmes dit surdéterminer au sens mathématique. Un problème surdéterminé est un problème dans lequel il y a plus de solutions que d'inconnus. Lorsque ce cas de figure se présente on est obligé de poser des valeurs arbitraires pour résoudre le problème. C'est là que la moral intervient pour définir quel type de choix il faut faire lorsque la logique est incapable de trancher. La morale dont je parle ici peut ne pas être fondé sur la religion, la France a en pratique inventée la moral républicaine dont la laïcité par exemple fait partie. Les problèmes de représentation du religieux dans notre pays est un exemple type d'impossibilité de résolution par la logique. En renonçant à son axiome républicain laïc à cause de l'influence du multiculturalisme anglo-saxon, la France ne peut résoudre la nécessaire non représentation du religieux dans la sphère publique. Les musulmans intégristes ne cessent de jouer avec le droit et sa logique pour le détourner en leur faveur, allant jusqu'à prétendre que la burqa est une forme de liberté alors qu'elle en est sa négation. Sans morale républicaine à imposer arbitrairement, il y aura toujours litige et dans cette bataille épuisante ce sont les lobbies plus acharnés qui l'emporteront. Jusqu'à provoquer un retour à la guerre des religions auxquelles les libéraux avaient pourtant jurés de mettre fin. On ne peut pas construire de société valide sans un minimum d'arbitraire.

 

En parlant de Montesquieu voici ce qu'il définit comme étant le lien entre les individus dans une même société:

 

Montesquieu (1748) « De l’esprit des lois » (livre premier) :

 

Montesquieu 1« Pour l'intelligence des quatre premiers livres de cet ouvrage, il faut observer que ce que j'appelle la vertu dans la république est l'amour de la patrie, c'est-à-dire l'amour de l'égalité. Ce n'est point une vertu morale, ni une vertu chrétienne; c'est la vertu politique; et celle-ci est le ressort qui fait mouvoir le gouvernement républicain,comme l'honneur est le ressort qui fait mouvoir la monarchie. J'ai donc appelé vertu politique l'amour de la patrie et de l'égalité. »

 

« Lorsque cette vertu cesse, l'ambition entre dans les cœurs qui peuvent la recevoir,et l'avarice entre dans tous. Les désirs changent d'objets: ce qu'on aimait, on ne l'aime plus; on était libre avec les lois, on veut être libre contre elles. Chaque citoyen est comme un esclave échappé de la maison de son maître; ce qui était maxime, on l'appelle rigueur; ce qui était règle, on l'appelle gêne; ce qui y était attention, on l'appelle crainte. C'est la frugalité qui y est l'avarice, et non pas le désir d'avoir. Autrefois le bien des particuliers faisait le trésor public; mais pour lors le trésor public devient le patrimoine des particuliers. La république est une dépouille; et sa force n'est plus que le pouvoir de quelques citoyens et la licence de tous. »

 

« Lorsque, dans la république, le peuple en corps a la souveraine puissance, c'est une démocratie. Lorsque la souveraine puissance est entre les mains d'une partie du peuple, cela s'appelle une aristocratie. »

 

« La démocratie a donc deux excès à éviter :l’esprit d’inégalité qui la mène à l’aristocratie, ou au gouvernement d’un seul et l’esprit d’égalité extrême, qui la conduit au despotisme d’un seul . »

 

3-Le libéralisme économique

 

Le libéralisme économique est né presque en même temps que le libéralisme politique, mais malheureusement sa construction théorique n'aura pas la chance d'avoir des être raisonnables comme Rousseau ou Montesquieu comme concepteurs. Les libéraux économiques vont partir de l'homoéconomicus, le comportement économique des individus se résumant à un calcul d'optimalité des profits, vue bien sure comme totalement rationnel. Évidement de ce comportement individuel ils en déduisent des théories économiques globales avec toujours un raisonnement cartésien. Ils déduisent que la sommes des égoïsmes finira tout de même par bénéficier à l'intérêt général grâce à la fameuse main invisible. Il faut dire aussi que ces hypothèses simplifient grandement la tache incroyable de modéliser les rapports économiques des individus entre eux. Disons que ce n'est pas très fatiguant d'imaginer des êtres 100% rationnel ,dans leur comportements, plutôt que de voir l'être humain réel avec ses peurs, ses croyances, ses angoissent, sa bêtise, sa sexualité etc..

 

  Cette main invisible fait penser d'ailleurs à une illumination d'essence religieuse. Le libéralisme économique classique serait un mélange étonnant entre le christianisme et le cartésianisme, dieu jouant le réconciliateur de l'intérêt général. Pour résumer les incohérences du libéralisme économique je ne peux que citer Friedrich List lorsqu'il décrit « l'école » à savoir la pensée libérale d'Adam Smith:

 

« pour les émules de Smith, celui qui élève des porcs est dans la société un membre productif, celui qui élève des hommes est un membre improductif »

 

  Voilà qui résume l'esprit comptable qui animait et anime toujours le libéralisme économique. Un rationalisme de court terme bien représenté par la théorie des avantages comparatifs par exemple.

 

  Au delà de ça on peut tout de même reconnaître à Adam Smith d'avoir souligné le fait que la spécialisation pouvait enrichir une collectivité quel découverte. Mais le libéralisme économique comme son cousin, le libéralisme politique a tenté de mettre fin à l'arbitraire. Pour se faire les libéraux économiques vont tenter de naturaliser ce qu'ils appellent l'économie. Par la mécanique tout cartésienne de séparation, ils vont exclure la politique de l'économie, cette séparation prend tout son ampleur dans la monnaie. Celle-ci est considéré comme une marchandise, en excluant le prince de la monnaie les libéraux économique espéraient obtenir l'élimination du despotisme des princes sur la richesses des nations. D'où l'obsession pour l'or par exemple et la stabilité monétaire des économistes libéraux.

 

  Il faut quand même rappelé, pour leur défense, qu'a l'époque d'Adam Smith il n'y avait guère de démocratie en Europe et peu de gens pouvaient imaginer qu'il en irait un jour autrement. En un sens les libéraux économiques essayaient d'obtenir par l'économie ce que les libéraux politiques essayaient de faire avec la démocratie et la séparation des pouvoirs. Seulement l'erreur des libéraux économiques a été de croire que l'éviction du prince dans le pouvoir économique allait naturellement produire une liberté pour le reste de la population. En fait les libéraux ont sans le vouloir changé les maitres aux sein de la société, nous sommes passés d'un despotisme des rois à un despotisme des marchands et des banques.

 

  A la suite on comprends aisément que lorsque le libéralisme politique a fini par triompher, le libéralisme économique est devenu objectivement l'ennemie du libéralisme politique. Car s'il était justifiable de vouloir combattre le pouvoir économique des princes et despotes, çà l'était beaucoup moins lorsque le pouvoir fut donner au peuple à travers la démocratie parlementaire. On comprend donc que le libéralisme économique n'a en réalité plus de raison d'être si les despotes politiques ont disparu. Ses restes ne peut que nuire à la liberté des peuples en entravant la souveraineté des états au travers la monnaie et les diverses idées comme le libre-échange, et les libertés générale du commerce et des capitaux.

 

4-Néolibéralisme ou néoféodalisme?

 

Nous en venons maintenant à la dernière partie consacré à l'idéologie dominante et bien mal nommé le néolibéralisme. Celle-ci s'est développé après guerre et a prit la place dominante avec la crise des années 70, crise qui n'avait rien avoir avec les politiques keynésiennes mais qui va servir de prétexte à la mise en place de la révolution dite néoconservatrice. Il est d'ailleurs assez drôle de voir qu'alors que le libéralisme politique et économique étaient des progressismes, donc de gauche, le néolibéralisme va lui être mis en place par des néoconservateurs. Ce terme est d'ailleurs lui même peu descriptif néoréactionnaire conviendrait mieux puisque il s'agit de politique visant à revenir à un ordre ancien et non à conservé l'ordre actuel ce que le terme néoconservateur signifie.

 

Le néolibéralisme n'a en réalité pas beaucoup de point commun avec le libéralisme classique. Son objectif pratique n'a d'ailleurs rien avoir avec le libéralisme économique, et encore moins avec le libéralisme politique. Il s'agit d'abord d'une praxis plus que d'une théorie, ou plutôt il s'agit d'une théorie construite pour justifier une praxis à postériori. Bien loin de vouloir libérer tous les hommes le néolibéralisme visent à donner une liberté infinie à certains hommes. Les néolibéraux ne croient pas à l'égalité, ils la vomissent littéralement et justifie leur haine de l'égalité par un état de nature qu'il ne faudrait pas contrarier. Bien sure puisqu'ils haïssent l'égalité la démocratie ne peut en aucun cas se justifier à leurs yeux, je rappel qu'il n'y a pas de démocratie véritable sans égalité des citoyens.

 

Alors que le libéralisme économique entrait en conflit avec le libéralisme politique par inadvertance, le néolibéralisme ,lui , est volontairement contre le libéralisme politique. La souveraineté des états, l'indépendance monétaire, la régulation des échanges commerciaux sont autant de freins à la liberté des puissants, la seule liberté qui intéressent réellement nos néolibéraux. C'est bien une théorie au service d'une caste, c'est pourquoi j'ai dit qu'il s'agissait d'une théorie de justification. D'ailleurs l'une des oppositions les plus fortes entre le libéralisme économique et le néolibéralisme porte sur l'héritage. L'héritage était condamné par les libéraux comme Adam Smith ce n'est absolument pas le cas chez les néolibéraux.

 

Pour les néolibéraux l'état c'est le despotisme quelque soit le régime de représentation. Les néolibéraux ne cherchent pas à faire correspondre intérêt individuels et intérêts collectifs contrairement aux libéraux politique ou économique (même par la main invisible). Non les néolibéraux se fichent complètement de l'intérêt collectif, pour eux cela n'existe pas seul compte l'intérêt individuel. Et souvent l'intérêt de ceux qui les financent.... C'est la théorie de l'évolution appliqué stupidement dans le domaine économique, il y a d'ailleurs bon nombres d'adepte du néolibéralisme qui croient aussi au darwinisme social. Bien sure comme les libéraux économiques ils vont essayé de faire appel à la scientificité de leur discours, confondant démonstrations scientifiques et élucubrations mathématiques. Mais tout cela au final ne vise qu'a cacher la sombre réalité de leurs idées éminemment politiques.

 

Les néolibéraux sont des anti-libéraux véritables, mais comme ce terme a été stupidement utilisé par une extrême gauche qui est en réalité bien plus libérale qu'elle ne le croit, il faut inventer un nouveau mot, néoféodalisme est probablement ce qui décrit le mieux ces corpus d'idées. La volonté de mettre en place un système complètement inégalitaire, avec un accroissement constant des inégalités de naissance et une justification par la nature, comme les riches sont riches parce qu'ils sont plus intelligents. On est bien loin de ce pauvre libéralisme et c'est vraiment faire trop d'honneur à ces idées tordues que de coller le terme libéral à leur délires.

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

Malakine 02/03/2010 23:05


Je comprends ton raisonnement et il tient debout, mais je ferais quand même deux objections :

1- Notre société reste sous influence américaine et la crise de 2007 n'y a rien changé. Si tu en doutes, souviens toi de l'obamania ou alors tout simplement regarde la télé, au moins canal +

2- Il n'y a aucune régénération à attendre de la Russie sur le plan du modèle idéologique. Tout ce qu'elle peut apporter à l'Europe c'est peut-être un sens du patriotisme, mais pour le reste la
société russe est bien plus américanisée encore que la française. Je crains que la Chine suive le même chemin.

3- On connait le mouvement des sociétés vers l'individualisation. Rien ne prouve qu'un mouvement inverse (la soumission de l'individu à un ordre "cosmique") soit possible. Si tel est le cas, le
mouvement se poursuivra jusqu'à son terme.

Désolé :-)


yann 02/03/2010 20:48



@Malakine


Il me semble que tu fais un peu trop d'occidentalo-centrisme. Le monde ce n'est pas l'Europe et les USA, il y a des puissance qui n'ont pas adopté notre façon de voir les choses. Quand on prend
ça en perspective on sent qu'il va y avoir des contrainte qui vont forcer les occidentaux à se remettre en question. C'est d'ailleurs toute la dynamique historique, notamment celle de l'Europe,
les nations qui coulent sont remplacé par d'autre qui montent, les nouvelles puissance servent alors d'exemples à celle qui se sont trompé et l'histoire continuent dans un cercle sans fin. LA
domination asiatique va faire du bien à l'occident en remettant en cause son individualisme et son libéralisme forcené. La Russie elle même pourrait entrainé une régénération du continent. Alors
il est sur qu'il s'agit là de perspective à long terme mais ces processus peuvent être rapides.


Regarde à quel vitesse le modèle américain est devenu un repoussoir. En 2001 tout le monde était américain aujourd'hui même Obama n'arrive plus à convaincre sauf quelques bobo parisiens. Il faut
aujourd'hui un choc externe pour les européens revient à la raison. Peut-être l'écroulement des USA fera-t-il l'électrochoc nécessaire à la rupture avec les conceptions économiques libérale s'est
d'ailleurs la thèse de Philippe Grasset sur dedefensa.



Malakine 02/03/2010 18:50


On est tous d'accord pour remettre le politique au dessus de l'économique. Toute la question est de savoir comment. Selon moi, les difficultés que l'on rencontrera font que cela équivaudra à une
révolution, perspective à laquelle j'ai du mal à croire en dehors de l'hypothèse de l'effondrement terminal économique, social ou politique ...

A mon sens, il y a 4 conditions à remplir :

- reconstruire un espace de souveraineté (nation ou fédération européenne)
- redéfinir complètement la démocratie pour substituer à l'ordolibéralisme un "ordosouverainisme" ou à l'actuel "marché des opinions", un vrai processus de production collectif de l'intérêt
général.
- remplacer l'idéologie du désir individuel qui est le moteur du néolibéralisme par autre chose à inventer qui fasse spontanément davantage envie aux peuples.
- réhabiliter à la fois l'idée de collectif et d'autorité, car sans collectif et sans règle commune à mettre au dessus du désir individuel ou de l'intérêt individuel de court terme, il n'y a ni
souveraineté, ni république, ni démocratie, ni alternative possibles.

Voilà pourquoi je suis de plus en plus pessimiste. Voilà pourquoi je pense de plus en plus qu'il y a une dimension irreversible à l'évolution libérale. Le cycle s'est engagé il y a trois ou quatre
siècle comme ton texte le rappelle tres opportunément. Il ira à son terme ... jusqu'à l'effondrement de la civilisation néolibérale.


yann 02/03/2010 18:25



@malakine


Désolé j'avais mal compris. Oui sur le libéralisme économique il pouvait conduire au néolibéralisme cependant je ne veux pas les confondre car leurs buts diffèrent complètement.


On a tendance à faire des amalgames et des raccourcis un peu trop souvent. C'est comme les imbéciles qui confondent le communisme avec le nazisme sous prétexte que les deux régimes ont fait des
morts. C'est oublier les bases qui furent radicalement différente. Il en va de même avec le libéralisme économique et le néolibéralisme.


D'autant que tout n'est pas à jeter dans le libéralisme économique. La liberté d'entreprendre, le mérite du travail spécialisé, une bonne concurrence, la méfiance à l'égard des monopoles etc.. Ce
sont des idées qu'il faut garder mais il faut impérativement renfermer le domaine économique dans le cadre de l'intérêt générale. Il faut à nouveau hiérarchiser le politique au dessus de
l'économique.  Il faut faire avec le libéralisme économique ce que les libéraux politique ont fait en liant intérêt général et intérêts individuels. C'est un peu ce qu'ont essayé de faire
Keynes ou Friedrich Liszt quelque part.


Maintenant je sais bien que l'on peut objecter comme le fait René que le libéralisme économique a détruit le support de la démocratie par le truchement de la manipulation des désirs.
Réduisant  le citoyen à sa seul fonction de consommateur seulement je me demande si nous ne sommes pas pris ici d'une illusion d'optique.


En fait je crois que le déclin de la politique, et du système démocratique est surtout lié à l'évolution technologique. Les médias masse comme la télévision sont à mon sens les vrais responsables
du déclin de la démocratie.


Qui plus est on a peut-être tendance à voir nos ancêtres comme plus patriotes qu'ils ne l'étaient. Des individualistes défaitistes la France en a toujours eu c'est lié comme tu le sais à nos
structures familiales. Disons que la modernité a augmenté pour notre pays un problème qui était déjà sous-jacent. Et des périodes laissez-fairiste ont en a déjà eu et on en est revenu.


 



Malakine 02/03/2010 17:56


Là, je suis 100% d'accord !
Mais tu réponds sur l'opposition entre libéralisme politique et néolibéralisme alors que je me demandais qu'elle rupture conceptuelle tu voyais entre le libéralisme économique et le néolibéralisme
...