Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
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Encore une fois, l'état français se retrouve à affronter sa propre population à coup de gendarmerie et de véhicules blindés. Cette fois-ci il ne s’agit pas de gilets jaunes, de manifestants contre la réforme des retraites, mais d'agriculteur remettant en cause la stratégie d'extermination des troupes contaminées par la dermatose nodulaire contagieuse . Et la vision de ces blindés de la police face aux agriculteurs alors même que la France connaît d'innombrables problèmes de violence urbaine et de trafic de drogue violent en fait plus pour la délégitimation de nos gouvernants que n'importe quel discours critique à leur encontre. L'état n'est plus au service de sa population et cela commence à sérieusement se voir.
Nous pourrions bien évidemment ici discourir de la validité ou non de ces abattages. Du caractère scientifique ou non de l'élimination de troupeaux entiers pour stopper des épidémies. Ne pourrait-on pas simplement isoler les troupeaux et garder les bêtes résistantes ? Façonnant ainsi des troupeaux plus résistants à cette maladie à l'avenir ? Mais ce n'est pas vraiment pour cela que je parle de cette question, car au fond ce n'est pas vraiment le cœur du problème. Nos agriculteurs souffrent depuis des années d'un système qui n'a plus pour but de nourrir la population française, mais un marché mondial auquel on les force à s'adapter avec en plus les pieds englués dans le ciment de norme draconienne, et cerise sur le gâteau d'une énergie devenue extrêmement coûteuse. Rappelons que les agriculteurs aussi consomment beaucoup d'énergie et d'électricité, il n'y a pas que l'industrie. Rappelons également que les autorités françaises qui sont totalement soumises à Bruxelles, en particulier sur les questions commerciales, ont validé l'accord de libre-échange avec le Mercosur. Et de toute manière, le commerce est une compétence exclusive de l'UE.
Macron depuis longtemps joue à faire croire qu'il peut faire quelque chose sur cette question, mais il ne peut rien faire en réalité. Il le sait très bien, et de toute façon il ne ferait rien même s'il le pouvait, car c'est avant tout un libéral sur le plan économique, et il ne veut pas de protectionnisme. Même si dans ses discours destinés aux masses stupides, de son point de vue, il ment comme un arracheur de dents. Je parle de Macron, mais en réalité nous arrivons au bout d'une logique de communication qui a épuisé la démocratie française ces 50 dernières années. Car le mensonge et la tromperie sont devenus depuis plusieurs décennies la seule méthode employée par des dirigeants persuadés que leur classe sociale, et leur milieu détiennent la vérité révélée. Et à chaque crise c'est le même cirque avec comme conséquence à chaque fois une colère populaire qui ne cesse de grossir.
Il se trouve en effet que la population vit dans sa chaire et son quotidien les conséquences des politiques de nos dirigeants. Et cette contradiction entre les discours et la réalité qui ne fait que croître ne peut que nourrir une défiance croissante entre les dirigeants et les administrés. La question agricole finalement ne fait que focaliser la rupture entre les élites et le monde réel. Une élite qui est persuadée que le libre-échange, l'UE, et l'euro, furent des choix rationnels, garantissant la prospérité de tous, la population voyant bien qu'en réalité les gagnants sont peu nombreux et les perdants majoritaires. On ne fait pas une politique pour 1% ou même 10% de la population, nous ne sommes plus au moyen-âge, la plupart des gens savent lire, et se renseigner, même si nos dirigeants ont fait beaucoup d'efforts pour abrutir la population à fin de la rendre incapable de révolte démocratique. La démolition de l'instruction publique apparaîtra peut-être à long terme pour projet volontaire et non un accident idéologique finalement.
De fait, cela fait longtemps que le mensonge, la rhétorique et le marketing font partie de l'usage courant des hommes politiques français. Mais il faut dire qu'avec les dirigeants actuels on a dépassé toutes les limites en la matière. De la baisse du chômage ridicule, à la réindustrialisation imaginaire en passant par le danger russe, Macron a dépassé toutes les bornes et la population a fini par le voir. Son image catastrophique est le produit de ce mensonge permanent organisé de matière systématique et structurelle. Alors bien évidemment les opposants ne valent pas beaucoup mieux. Le RN qui raconte vouloir tout changer, tout en restant dans l'UE, et l'euro, ment pertinemment. On pourrait dire exactement la même chose de LFI. Comment voulez-vous dans ces conditions que la confiance dans les institutions et les élites se maintienne ? Nous ne vivons pas seulement une crise institutionnelle, nous vivons une crise de croyance, et de légitimité. Nos élites ne sont plus légitimes, elles ont trop menti, se sont trop trompées et continuent d'ailleurs invariablement à raconter des bobards pour les prochaines élections et pour continuer leur petite tambouille électorale.
La France en route vers une révolution ?
Et ce ne sont même plus seulement les élites politiques qui sont touchées. On peut dire la même chose des juges, des économistes, et même des scientifiques et des médecins. Personne n'a oublié les absurdités qu'on a fait avaler à la population pendant la période du COVID. Cela aussi participe à la remise en question de l'autorité, en l'occurrence ici celle de l'autorité médicale. Et la question n'est pas la remise en cause de la science comme certains scientifiques médiatiques essaient vainement de le faire croire. Ce n'est pas la science et la méthode scientifique qui sont remises en cause, mais les hommes. Car les scientifiques sont des hommes, et en tant que tels, ils sont aussi susceptibles de se tromper, et aussi d'être corrompus. Le poids de l'industrie pharmaceutique n'est pas étranger aux suspicions qui se sont multipliées vis-à-vis de la science médicale, car les rapports incestueux entre le capitalisme médical et les scientifiques ne sont pas que le produit d'une pensée complotiste, c'est malheureusement une réalité bien documentée. La méfiance se généralise donc parfois pour de mauvaises raisons, mais aussi parfois pour de bonnes.
Le problème c'est qu'une grande partie des élites se raidit face à cette réalité, réclamant la restauration de l'ordre en invoquant l'argument d'autorité. Oubliant ainsi que l'autorité n'est pas le produit d'un diplôme ou de l'appartenance à un groupe supposé supérieur. L'autorité vient de la confiance que la population porte aux institutions et aux personnes qui représentent ces institutions. C'est que l'on appelle tout simplement la légitimité. Or c'est bien cette légitimité qui est aujourd'hui remise en cause en politique, mais aussi dans d'autres domaines. Et quelle est la réponse du pouvoir politique pour contrer ce mouvement ? La censure et la limitation de l'expression publique. C'est à dire exactement ce qu'il ne faut pas faire si l'on veut rétablir une relation de confiance et de légitimité entre les élites et la population. C'est même le contraire, cela confirme l'idée que nos élites ont échoué, qu'elles sont au minimum incompétentes et n'ont aucun droit en réalité de diriger la nation. La réaction autoritaire du macronisme ne fait finalement que confirmer ce que l'on pouvait penser de ces gens en voyant les politiques qu'ils mènent depuis presque dix ans.
Évidemment, la situation pourrait s'arranger, si les élites en question remettaient justement leurs grandes orientations politiques dans le débat public. Si demain nos dirigeants organisaient un véritable débat sur l'euro, l'UE et le libre-échange, et remettaient en question ces politiques, il y aurait vraisemblablement une amélioration de la légitimité. Il suffirait de remettre au centre de leurs politiques l'intérêt national pour que la situation s'améliore. Mais elles ne le feront pas, ou alors seulement dans les discours. Et la population étant de moins en moins dupe, cela ne fonctionnera pas. Et ce n'est pas la soumission de la DGSI aux logiciels américains de Palantir qui nous convaincra du fait que nos dirigeants défendent réellement la nation française. Tout comme la monarchie française n'a pas voulu réellement remettre en question son système alors qu'elle aurait pu être sauvée en se contentant d'une monarchie constitutionnelle, la république actuelle ira jusque bout de ses délires idéologiques. L'histoire française montre malheureusement que les élites du pays lorsqu'elles se trompent lourdement s'entêtent dans l'erreur jusqu'à la catastrophe. Je crains que nous ne soyons à nouveau dans ce type de course au néant révolutionnaire.