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Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.

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La fin de la grande schizophrénie atlantiste?

 

Les actions de Trump n'en finissent plus de produire des changements d'orientation dans la géopolitique mondiale. Alors même que l'enlèvement de Maduro au Venezuela était encore chaud, voilà qu'il arraisonne encore un pétrolier flottant sous bannière russe. Trump met en danger tout le commerce mondial avec ce genre d'action puisque plus aucune nation ne pourra réellement faire confiance au commerce maritime celui-ci redevenant dangereux. C'est littéralement une régression de plusieurs siècles en termes de sécurité maritime. Et cela met encore plus en question l'avenir de la globalisation américaine. On attend encore la réaction des Russes, mais les tensions entre les deux pays ne cessent de monter. On espère bien évidemment que tout ceci ne va pas dégénérer en conflit généralisé, mais l'on voit bien aujourd'hui que ce sont les USA qui déstabilisent la paix mondiale. C'était vrai également à l'époque de la Seconde Guerre mondiale, mais le monde a changé. Les USA ne sont plus en mesure de faire taire les critiques et ils ne sont plus du tout aussi dominants qu'ils l'étaient encore il y a vingt ans.

 

La Chine et la Russie ne plieront pas, et le reste des BRICS pas plus. Et toutes ces gesticulations ne permettront pas à mon humble avis de maintenir le statut du dollar qui est la véritable inquiétude des élites américaines et de Trump en particulier. Car la question du contrôle de l'énergie et du pétrole n'est pas qu'une question simplement matérielle. Les USA ont en réalité retrouvé une certaine autonomie énergétique même si tout indique que le pic de production du pétrole de schiste a été atteint aux USA, la production pourrait baisser dans les années qui viennent. Pourtant ils sont aujourd'hui à un niveau d'agressivité bien plus élevé que ce que l'on avait connu du temps de Bush père et fils. Si l'on peut penser que le but est de contrôler la Chine par exemple en contrôlant ses ressources de pétrole, dans le cas du Venezuela, la théorie tombe à l'eau. Le Venezuela ne représentant pas grand-chose dans les importations actuelles de la Chine. Il est vrai cependant que cette tactique existe puisque les USA ont poussé les Européens à la faute en se fâchant avec la Russie pour justement les isoler et les maintenir sous leur contrôle.

 

Le Venezuela est très secondaire pour les importations chinoises

 

Visiblement, la volonté de contrôler le Venezuela est plutôt dans le but de compenser à terme le probable déclin du pétrole de schiste. Mais comme vous le savez probablement, le cœur du problème américain n'est pas l'énergie. Car malgré l'exploitation du gaz et du pétrole de schiste, les USA ont connu une forte dégradation de leur balance commerciale depuis 25 ans. Les USA de l'époque Bush junior importaient du pétrole et pourtant le déficit de la balance commerciale d'alors était bien moindre qu'aujourd'hui. Washington essaie de remettre au goût du jour la doctrine Monroe en oubliant que les USA de cette époque étaient l'usine du monde et le premier producteur d'acier de la planète. Ce rôle est aujourd'hui dévolu à la Chine qui est la nouvelle usine du monde. Obliger les Vénézuéliens à importer des denrées des USA revient à croire qu'une imposition militaire peut compenser une absence de production industrielle nationale. Autant dire que cela revient à croire au père Noël. La perte de l'Amérique du Sud par les USA est déjà une réalité que l'aventurisme militaire US risque d'ailleurs d'aggraver, car je ne pense pas que la population locale même si elle n'aimait guère le régime vénézuélien appréciera ce retour de l'impérialisme yankee sur leur sol.

 

La problème américain est industriel, pas énergétique.

 

Quoiqu'il en soit, cette évolution extrêmement rapide du Trumpisme, semble montrer que le système américain a fait un choix. En effet au début du phénomène Trump on pouvait avoir une impression ambivalente le concernant. Lui et son mouvement MAGA semblaient avoir une volonté d'en finir avec l'Empire et de renouer avec l'histoire américaine d'avant la Seconde Guerre mondiale. Il y avait, semble-t-il, une volonté sincère, du moins chez les électeurs, d'en finir avec le conflit en Ukraine et l'interventionnisme tous azimuts que les USA pratiquaient non-stop depuis 1945. Rappelons tout de même que l'interventionnisme américain datait d'avant puisque les USA avaient déjà un comportement impérialiste avant les deux guerres mondiales. C'est juste qu'à l'époque cela ne concernait surtout que l'Amérique. Mais rappelons que ce sont bien les USA qui ont imposé au Japon l'ouverture économique à coup de canonnières poussant le Japon dans l'ère meiji pour retrouver son indépendance. De la même manière, les USA ont rapidement remplacé les Européens dans l'impérialisme allant jusqu'à envahir les Philippines en 1899.

 

L'idée donc que les USA seraient devenus impérialistes récemment grâce à la Seconde Guerre mondiale n'est pas tout à fait vraie. C'est un pays qui a une substance impérialiste imprégnée dans son corpus idéologique de départ. La destinée manifeste n'était pas une preuve de pacifisme international. Donc déjà le mouvement MAGA avait un problème identitaire lié à l'histoire des USA que les Américains eux-mêmes connaissent assez mal en réalité, je parle bien évidemment du citoyen moyen. Ils ont souvent une image idéalisée et gentillette de ce qui a été en réalité bien souvent une chambre macabre d'extermination d'autres peuples ou de leur soumission à l'image des pauvres natifs américains. Trump au départ s'était vendu comme ça, un moyen de revenir à l'âge d'or américain, celui de la nation « pacifique » et prospère imaginaire d'autrefois. Hélas, on peut probablement affirmer aujourd'hui que c'est un échec. Trump a visiblement choisi l'Empire au détriment de la nation. L'annonce de l'explosion des dépenses militaires montre ce tournant plus encore que les actes de piraterie ou l'enlèvement de Maduro.

 

L'age d'or du pétrole de schiste semble terminé aux USA

 

US GO HOME

 

Mais est-ce que Trump a vraiment choisi ? Des historiens même amateurs pourraient sans doute affirmer avec une assez grande certitude qu'on n’a jamais vu un empire devenir raisonnable et revenir à sa nation d'origine. Sans quoi l'histoire humaine n'aurait sans doute jamais été aussi dramatique. Les USA sont en fait tombés dans un piège qu'ils ont construit eux-mêmes autour d'eux. Le mécanisme monétaire de l'existence du dollar comme monnaie mondiale a finalement poussé naturellement ce pays vers la facilité de l'impérialisme. Pourquoi produire des choses et se fatiguer à travailler quand on peut extraire de la valeur du commerce des autres ? Et maintenant revenir en arrière comme le souhaitait en apparence Trump s'avère beaucoup plus compliqué que prévu. En effet, il faudrait pour cela que les USA renoncent à leur domination monétaire, ce qui aurait pour conséquence immédiate une très forte baisse du niveau de vie de la population avant d'avoir peut-être une remontée à plus long terme. Il est impossible pour un dirigeant, en particulier dans une démocratie, de vendre une baisse du niveau de vie à sa population. La fuite en avant était donc probablement inéluctable même si à mon avis cela ne fera que précipiter l'inéluctable.

 

Mais venons en maintenant à nos amis atlantistes pour qui de Gaulle était un vieux ringard et l'Europe et l'OTAN notre avenir. Les USA devaient apporter la paix au monde et la prospérité au monde « libre ». Et bien voilà maintenant que les USA s'attaquent à tout le monde, y compris au commerce libre par des actes de piratage. Alors tant que l'impérialisme s'attaquait aux métèques et aux Arabes ça allait, mais voilà qu'ils tapent sur l'Europe et veulent prendre le Groenland pour commencer, mais qui sait demain, ils pourraient réclamer un bout de France ou d'Allemagne. Il se peut qu'il y ait du pétrole en Guyane française que feront alors nos atlantistes ? Ils applaudiront au miracle impérial et voudront que la France devienne un bout Amérique ? Nous sommes arrivées au temps de la grande clarification. Les atlantistes n'ont jamais été patriotes, pas plus que les européistes qui sont souvent les mêmes d'ailleurs. Il est assez étonnant d'ailleurs de voir maintenant des européistes faire des éloges à de Gaulle sur les réseaux sociaux. On aura tout vu décidément.

 

Le fait est que les pays européens doivent maintenant se réveiller. Les USA deviennent très agressifs maintenant que la sentence de l'effondrement du dollar s'approche. Il est temps de jeter à la poubelle les vieilles lunes atlantistes qui ont servi à asservir tranquillement le continent pendant 80 ans à savoir l'UE et l'OTAN. Il faut retourner nos alliances et pousser les Américains à quitter le continent sur le plan militaire, mais aussi économique. Et non, ce ne serait vraiment pas difficile à faire, cela demande simplement un peu de courage, et de sens patriotique. De Gaulle l'a fait à une époque où les USA étaient bien plus puissants et la France bien plus dépendante d'eux. Il n'y a aucune raison pour que nous ne puissions pas le refaire. La seule chose qui nous en empêche c'est la ribambelle d'agents US cachés qui dirigent nos sociétés et font de la trahison un commerce pour leur enrichissement personnel à commencer par l'actuel président de la République. Au passage, on apprend ce matin que notre ancien ministre de l'économie Bruno Le Maire s'en va bosser pour une entreprise américaine. Il a bien fait le job n'est-ce pas ?

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L
"De Gaulle l'a fait à une époque où les USA étaient bien plus puissants et la France bien plus dépendante d'eux".<br /> <br /> Oui mais la France avait encore une grande autonomie de par sa production industrielle et agricole que la finance anglosaxonne et son levier européen n'avait pas encore ruinée. Autonomie que lui garantissait d'ailleurs l'une des armées les plus puissantes de l'Occident et dont les cadres étaient loin d'être aveuglément acquis à l'atlantisme, un terreau sur lequel De Gaulle a pu manœuvrer.<br /> Le problème de la France est que, dans la division internationale du travail induite par la globalisation, elle est devenue une société dominée par un vaste secteur tertiaire vivant sur la plus-value du travail produite dans les pays de l'ancien tiers-monde, là où justement la fonction de production des pays occidentaux a été externalisée, conférant ainsi une dimension globale à la lutte des classes qu'elle n'avait pas encore du temps de De Gaulle.<br /> Je sais que c'est dur à admettre (Bertez évoque souvent cette difficulté et à raison) mais même un immigré livreur de sandwich payé quasiment à la tâche en France survit indirectement sur la sueur du travailleur asiatique (entre autres) ne fut-ce que par n'en récolter que des miettes.<br /> Là résulte sans doute le génie (mauvais) du capitalisme financier globalisé, dont le néo-libéralisme n'est que l'extension politique et bureaucratique obligée ; la faculté de rendre solidaire de la caste financière supérieure les couches les plus basses de la société tout en détruisant tout autre forme de solidarité, notamment nationale et familiale (les faux combats sur les identités ethniques et sexuelle procèdent de la même destruction).<br /> Ce constat explique tout en fait ; pourquoi la gauche radicale en France appelle systématiquement à reconduire l'extrême-centre dans ses fonctions à chaque élection avec l'alibi fameux du "barrage contre le fascisme", cela en attendant que l'extrême droite visée ne finisse par proposer ses propres services pour sauver ce système universel de la gamelle auquel elle n'est pas la dernière à émarger.<br /> Le même constat qui ne laisse que peu d'illusion sur le fameux "réveil" des français auquel même Todd ne croit plus. Les français ne dorment pas, c'est la finance universelle qui les a congelés, en attendant de débrancher les congélateurs par souci d'économie ou de sauvetage de la planète.<br /> Seule la prise du pouvoir mondial par les nouvelles puissances productives pourra briser les fausses solidarités qui maintiennent les sociétés occidentales en hibernation politique. Vu les intérêts en jeu pour les classes dominantes de ces dernières, il est de plus en plus à craindre que ce renversement de table ne passe par un conflit généralisé d'ampleur encore inconnue.
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Y
Je ne sais pas s'il faut être aussi pessimiste. Globalement si l'on demandait au français ils mettraient largement des taxes aux importations. La population a bien conscience du problème de la production il suffit de voir le succès commercial de l'opération "C'est qui le Patron?" qui permet de mieux rémunérer les producteurs français. On a surtout un problème d'élites enfermées dans leurs dogmes et leur suffisance. Mais on est pas les seuls. Von Der Leyen qui veut signer des traités de libre-échange avec l'Inde ou encore l’Indonésie ne comprend pas du tout le monde dans lequel elle vit. Elle pense encore que les produits allemands en bénéficieront alors que c'est juste l'inverse.