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Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.

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Panique à Washington ?

 

 

Décidément, on ne s'ennuie pas avec Donald Trump qui est devenu la caricature de lui-même et des USA à force d'actions délirantes et de violences gratuites. Voilà maintenant que Trump enlève un chef d'État en exercice, sans aucun mandat pour le faire ni justification réel à part ces propos ridicules sur le narcotrafic qui ne trompe personne. C'est dire, même les empaffés télévisuels ont compris qu'il attaque le Venezuela pour installer une marionnette à la solde des USA et pomper les ressources pétrolières locales. Les réactions sur twitter, et dans les médias, sont cependant clarificatrices de certains positionnements politiques. Le courant libéral et libertarien a ainsi montré assez largement son alignement sur les USA, quel que soient leurs actions, même si ces derniers violents les principes mêmes du libéralisme. En gros, être un droitard libéral revient à être un agent de Washington et rien d'autre. C'est quelque chose dont on pouvait se douter, mais là c'est devenu clair comme de l'eau de roche.

 

L'autre apprentissage avec cet événement c'est que comme on pouvait s'y attendre les européistes qui crient à la défense du continent contre la Russie qui ne les a jamais attaqués sont bien silencieux quant à la condamnation des USA et de leurs actions. Les deux poids deux mesures devient là évidentes. Il l'a toujours été, peu de voix se lève en Europe contre les actions immondes des USA en général. Mais cette fois après la guerre en Ukraine et les réactions disproportionnées pour un conflit qui ne les regardait pas vraiment en réalité, le double standard de jugement devient évident même pour le quidam moyen. Le plus drôle est le silence des institutions européennes qui ne disent mot et qui laisseront probablement le Danemark se faire bientôt déposséder du Groenland. Car l'autre grande information c'est que comme nous le savions l'UE ne sert à rien s'il y a les USA en face. Et pour cause toute cette institution est inféodée aux intérêts américains. Elle n'a pas réagi contre les accords commerciaux asymétriques grotesques que Trump a fait signer à l'UE. Tout comme elle n'avait pas réagi quand ils ont fait exploser NordStream.

 

Évidemment avec ces événements, et l'accélération américaine dont nous donnerons une explication plausible par la suite, l'UE montre son inutilité, voire sa nuisance, de plus en plus ouvertement . Ensemble, nous sommes plus faibles, telle est la triste réalité de la construction européenne. Et les causes sont simples, les intérêts des nations européennes sont divers, l'unification ne peut donc se faire que par le plus petit dénominateur commun à savoir le laissez-faire. Le libéralisme et le laissez-faire ne découlent pas seulement des doctrines européennes, c'est aussi la seule chose qui puisse satisfaire chaque partie du continent sans être rejetée. On se retrouve donc dans un système qui paralyse l'action. Or quand il y a des changements, il vaut mieux être petit et réactif que gros et paralytique. Comme je l'ai dit, les USA sont en réalité la plus grande menace qui plane sur l'Europe et depuis longtemps. Avec leur déclin économique massif, ils ne sont plus capables de contrôler par l'influence et l'économie les pays d'Europe. Ils changent donc de méthode en passant à la violence. Dans ce contexte il faut être un débile profond pour se fâcher avec la Russie et avec la Chine. Les neuneus qui prônent plus d'Europe pour répondre à Trump, devraient donc plutôt crier, mort à l'UE, et rapprochons-nous de la Russie au moins.

 

Les USA ont déjà perdu l'Amérique du Sud

 

La panique américaine

 

Nous avons vu rapidement ce qu'il faut penser des réactions chez nous, mais quel est l'intérêt des USA dans l'action qui vient d'être menée ? Comme Emmanuel Todd je ne crois pas vraiment à la grande rationalité des élites américaine et particulièrement celle de Donald Trump. Ses politiques économiques erratiques n'ont pas donné pour l'instant de résultat très probant. Il est incapable d'arrêter la guerre en Ukraine et il n'a aucune influence sur la Russie même s'il se présente comme la seule solution tous les matins. Contre la Chine les USA ont perdu. Ce pays est même en passe de se passer complètement des technologies occidentales et les entreprises chinoises commence à sortir des puces de GPU et de processeur pour PC 100% chinois et totalement compétitifs face aux producteurs occidentaux. Et les USA ont échoué à détruire le commerce chinois ces derniers battant des records d'excédents commerciaux malgré les interventions de Trump visant à forcer des pays libres à moins commercer avec la Chine. La défaite face à la Chine est massive même si elle ne fait pas la une des journaux et que les populations n'en ont pas vraiment conscience. Si Washington a été incapable de frapper durement la Chine, Pékin a par contre tapé là où ça fait très mal dans le contrôle des matières premières. Vous saviez probablement que les Chinois ont fortement limité les exportations de terre rares particulières à celles qui servent à la confection de certains armements. Mais elle vient en toute discrétion de faire la même chose pour l'argent.

 

En gros, les USA de Trump font de la gesticulation théâtrale, en étalent leur supposée toute-puissance avec des mesures qui ne fonctionnent pas contre leurs principaux ennemis. Quand la Chine ne dit rien et met des mesures très efficaces pour frapper l'industrie militaire américaine directement. Les affaires du Venezuela, et bientôt du Groenland, arrivent dans ce contexte, il faut bien le comprendre. Ajoutons à cela une information très importante, le déficit commercial global américain reste très élevé tout comme le déficit de la balance des paiements. Or ce qui permet aux USA de ne pas payer le prix de ces déficits par un effondrement monétaire c'est la garantie du dollar sur les matières premières et en tant que réserve monétaire internationale. Il se trouve pourtant que depuis l'arrivée de Trump, le phénomène, déjà rapide de la dédollarisation de l'économie mondiale, a connu une forte accélération, le dollar représentant désormais moins de la moitié des réserves de change de la planète.

 

 

Lorsque l'on met toutes ces informations bout à bout, on commence à ne plus à voir les actions de Trump comme le produit d'une défense des intérêts des USA, par le pillage du Venezuela, ou demain du Groenland, mais plutôt comme étant la marque d'un énervement, et d'une panique générale, face à l'impuissance à empêcher l'effondrement impérial. Après tout du pétrole les USA en ont déjà, certes le Venezuela a beaucoup de pétrole lourd qui sert dans beaucoup de produits industriels, mais il y en a aussi beaucoup au Canada que les USA exploitent déjà en réalité le Canada n'étant pas vraiment un état libre. Le Groenland pour les terres rares ? Peut-être, mais le coût d'exploitation sera élevé, les conditions locales n'étant pas particulièrement sympathiques. Et les USA auraient tout aussi bien pu l'exploiter sans envahir ces terres, le Danemark étant un pays particulièrement effacé sur le plan géopolitique. Il ne leur est même pas venu à l'idée de s'allier à la Russie pour éviter l'attaque US, et en plus ils sont assez stupides pour acheter des F35 US. Donc à quoi ça sert tout ce raffut exactement ? À montrer que la toute puissante Amérique peut en lever un président comme elle veut ? La bonne affaire.

 

Trump vient à la fois de décrédibiliser son élection aux yeux de ses électeurs qui n'avaient pas vraiment voté pour ça, en même temps que son pays. Par son action, il va jeter tous les pays du monde dans les bras de la Chine et de la Russie. Même les Européens pourraient se remettre à réfléchir à leur « alliance » atlantiste finalement même s'ils sont vraiment atteints de sénilité. On se retrouve finalement un peu dans la situation qu'avait décrite Emmanuel Todd dans « Après l'Empire ». À l'époque il avait très justement comparé la situation impériale des USA avec celle d'Athènes qui après avoir dirigé la ligue des cités grecques contre les Perses a commencé à vouloir toutes les contrôler. Athènes était devenue une démocratie impérialiste. Les autres cités cherchèrent alors une puissance pour les défendre, ce fut Sparte qui était pourtant une monarchie. La similitude avec ce que nous vivons est assez grande avec la Russie et la Chine à la place de Sparte. Ces dernières ne sont pas vraiment des démocraties, mais elles ont au moins le bon goût de préférer la stabilité des frontières.

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L
"les empaffés télévisuels" <br /> Oh ! Vous craquez, Yann ! Attention, vous êtes au bord de l'infarctus ! Les miens ont toujours commencé comme ça (mais sur fond de viande en sauce je le reconnais). <br /> Dans l'affaire du Venezuela, je suppute aussi (comme Régis De Castelnau et d'autres) une baveuse révolution de palais dont Maduro et Trump seraient les deux cons du dîner. <br /> Le fait quand même qu'il n'y a eu aucune réponse au bombardement américain de la part de l'armée vénézuelienne (qui en a les moyens) est troublant, comme le commando de contractuels russes venu à la rescousse qui se serait fait tirer dessus par les propres gardes de Maduro que les Américains étaient en train d'enlever ! <br /> Bref, il y a beaucoup de tiroir dans cette histoire qu'il conviendra d'ouvrir. Mon sentiment est qu'il existe un clan anti-maduro qui a fait d'une pierre deux coups en se débarrassant du président en titre sans avoir l'air d'y toucher tout en bernant complètement Trump. Le rôle des russes là-dedans (et des chinois) est certainement tordu, l'affaire du commando mitraillé servant peut-être de leurre. <br /> Bonne année Yann.
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Y
Bonne année à vous aussi. <br /> Oui il est clair qu'il y a eu une trahison interne. Du reste ce n'est pas parce le président est éliminé que les USA contrôle le pays. On va voir ce que cela va donner, mais c'est un indicateur de la température à Washington. On sent une frustration massive et ils compensent par du micro-militarisme théâtral comme le disait Todd déjà en 2003. Finalement Trump n'est pas bien différent d'un Bush, même s'il ne s'est pas encore étouffé avec un Bretzel.