Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
La dramatisation du débat sur les retraites et la révolte qui semble traverser le pays nous montre à plus d'un titre les difficulté de plus en plus grandes qu'il y a à gérer la maison France. Je ne suis moi même pas un grand adepte des manifestation ou pire des révolutions, les mouvements de foules sont souvent irrationnels et cache d'ailleurs parfois des rapports de force qui n'ont rien avoir avec la démocratie. On peut ne pas aimer Raffarin, c'est mon cas, mais admettre qu'il avait raison sur un point, ce n'est pas la rue qui gouverne. Bien sûr si les français sortent dans la rue c'est qu'ils n'ont pas d'autre choix comme moyen d'expression, et c'est en soit démonstratif de la mauvaise organisation politique du pays. Une telle quantité de manifestant aurait du automatiquement entrainer un référendum sur la réforme, pour trancher la question et éviter le blocage du pays. Malheureusement les référendums en France ne peuvent être produit que par le pouvoir en place contrairement à nos amis suisses, sur lesquelles d'ailleurs nous serions bien inspirés de copier. Bien évidemment le pouvoir actuel ne risque pas de mettre un référendum qui lui serait défavorable c'est pourquoi l'on devrait sérieusement penser à introduire les référendums d'initiatives populaires dans la constitution française.
Des mouvements populaires à l'image de la France, désorganisés, inefficaces et en voie d'épuisement.
Pour revenir sur les grèves, on peut soutenir les manifestants, trouver la réforme de Sarkozy injuste, voir même complètement débile puisque ne répondant absolument pas au problème, tout en regrettant la façon dont la riposte populaire s'est faite. On peut d'ailleurs se questionner sur les mécaniques syndicales du pays. Ainsi les mouvements qui se sont distingués ne manifestent-ils systématiquement que pour s'opposer à la réforme en place sans jamais proposer quoique ce soit à la place. Plus grave nous savons pertinemment que le problème réel n'est pas le système de retraite, mais la réalité économique du pays, à savoir une dés-industrialisation repente. Désindustrisalisation que la crise économique n'a fait que révéler. En réalité tant que les bulles financières, les bulles immobilières et les bulles de crédits gonflaient on entendait pas beaucoup de manifestant. La paupérisation est tout de même un thème qui revient souvent au milieu des discours sur les retraites, comme dans cet extrait d'émission où un syndicaliste s'en prend à Alain Minc, qui effectivement a bien mérité de se faire insulter sur un plateau télé. Rien que pour son livre "la mondialisation heureuse" il mériterait un cageot de tomates pourries sur la figure. Mais par contre il n'y a rien sur l'Europe ou sur l'euro dans les revendications des manifestants. On entend pas beaucoup de monde rappeler les accords européens sur les retraites signés par monsieur Jacques Chirac et monsieur Jospin en 2002 à Barcelone. Oui parce que la réforme des retraites elle s'inscrit dans un agenda néolibéral européen que nos syndicalistes de gauche oublient généralement de signaler. Parler des réformes des retraite sans parler de l'UE et de ses accords c'est vouloir s'exonérer d'un débat de fond.
Donc en fait ce que l'on peut reprocher au mouvement c'est son peu de réflexion sur le pourquoi du comment, c'est à dire l'absence totale d'analyse sur d'où viennent les réformes. Sarkozy a bon dos, la réalité c'est que Ségolène Royale aurait fait la même chose, les manifs en moins, puisque les syndicats auraient été plus réticents à s'attaquer à leur cousins du PS. Ce n'est pas un hasard si la gauche est arrivée à "réformer" plus tranquillement que le droite au cours de ces dernières décennies. L'autre reproche que je ferai c'est l'absence totale d'objectif pratique visant à forcer la main du gouvernement. En ce sens le mouvement populaire actuelle est typiquement français c'est l'anarchie et l'inefficacité collective. Car qui peut croire un instant que bloquer le pays, qu'enlever le pétrole des stations services ou bloquer les écoles et les services publiques empêchera la réforme? C'est bien mal connaitre l'actuel locataire de l'Élysée. Que la France se bloque il s'en fout complètement ce n'est pas le Général De Gaulle qui avait le sens de l'intérêt général. Avec son égo démesuré et le soutient de son entourage, vous pouvez parier sur un pourrissement à long terme. Et les seuls qui payeront ce sont les pauvres smicards qui ont du mal à boucler les fins de mois et les gens isolés qui se retrouveront bloquer, voir en pénurie, si le conflit s'aggrave ou s'éternise. En fait je suis toujours stupéfait par les méthodes syndicales qui usent de moyens optimaux pour se rendre impopulaires à croire qu'ils le font exprès...
En 1789 puisque certains s'y réfèrent, les révolutionnaires ne sont pas allés manifester dans les rues marchandes, ou dans les villes de provinces, ou allés bruler les réserves de farines. Ils sont allés directement sous le nez des dirigeants, ils ont même prix la bastille. Mais quel est donc la brillante stratégie collective des manifestants français actuels?Ils se tapent sur eux mêmes, si je puis dire, tu parle de révolutionnaires. Ils font souffrir les salariés pendant que les responsables dorment tranquillement sur leur deux oreilles. Pourquoi ne pas prendre d'assaut la bourse de Paris par exemple? Ce serait un symbole fort car s'il y a bien des responsables indirecte à la situation c'est bien les boursicoteurs. Ce serait plus constructif que de bloquer ou d'incendier des lycées non? Pourquoi ne pas bloquer l'assemblée nationale et l'Elysée, voir attendre Sarkozy à la sortie de son château fort? Pourquoi ne pas bloquer Neuilly le paradis pour riche parisiens où se coltine tout le gratin de l'establishment parisien? Non on préfère bloquer les raffineries de pétrole et les rues pour emmerder les salariés, ce n'est pas ce que j'appelle une stratégie vraiment gagnante. D'autant que cela rendra le mouvement de moins en moins populaire. Tiens on pourrait organiser une autodafé des disques de Carla Bruni dans les jardins de l'Élysée, qui sait cela provoquerait peut-être une réaction présidentielle. En voyant les actions syndicales j'ai comme l'impression que ces derniers n'ont qu'un seul but, étouffer le mouvement populaire en détournant ses forces vers des objectifs sans intérêts et attendre ensuite qu'il s'épuise de lui même. Car les gens ne peuvent pas continuer indéfiniment la grève Sarkozy lui peut attendre autant qu'il veut il ne risque rien, il serait certainement plus attentif avec des pics sous ses fenêtres mais çà aucun syndicaliste ne le propose. Enfin tout ces propos ne sont que de simples suggestions.