Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
Alors qu'en France nous approchons de la date de fin des primes pour les achats automobiles, aide qui ne sera pas reconduite pour cause budgétaire. L'Espagne, elle, voit plus loin puisqu'elle renonce à la prime aux naissances qu'elle avait mis en place en 2007pour cause d'économie comptable. Ainsi l'un des pays les moins fécond d'Europe va diminuer les maigres aides pour favoriser la natalité, tout çà pour permettre à l'état de faire des économies au nom d'un bon sens comptable qui vise à rassurer les marchés et l'Europe. Moi personnellement ce type de nouvelle m'inciterait plutôt à ne plus investir en Espagne, un pays vieillissant et sans avenir, car la dynamique démographie est largement plus importante à long terme que des taux d'intérêts bas ou une bonne réputation auprès de Bruxelles. La stupidité des puissances européennes et la courte vue dont elles font preuve atteint ici les limites du concevable. L'Espagne compte-t-elle relancer son marché immobilier grâce à un déclin démographique de longue durée? Si c'est le cas qu'elle regarde en Allemagne la bas les prix de l'immobilier ne sont guère dynamique et pour cause, l'allemand est en voie d'extinction. Il faudrait rappeler cette règle de base que pour qu'un marché existe, il faut auparavant que des gens naissent et vivent, il semble que les européens aient oublié cette simple réalité.
Mais cette affaire est représentative de l'incompréhension générale de la réalité économique chez nos élites, elles sont perdus dans des tableaux de statistiques complètement déconnectées de tout rapport au réel. En France on donne des primes à la casse pour favoriser la consommation de véhicules, en sachant pertinemment qu'une fois ces primes parties le marché s'effondrera. Et ce n'est pourtant pas la première fois qu'on effectue ce genre de chose Balladur et Juppé avaient déjà essayé en leur temps et çà fini toujours mal. Non, la cause première du mauvais climat dans l'automobile c'est que les acheteurs potentiels n'ont plus les revenues suffisant pour acheter des voitures, de moins en moins française d'ailleurs. Est-ce si difficile de comprendre que la société française comme celle d'Espagne souffre d'une insolvabilité? Si les salaires sont trop faibles et le chômage trop élevé comment acheter ce qui est vendu? Et si la population diminue comment éviter de voir le PIB se contracter à terme? Si l'Allemagne ou le Japon ont des croissances si faibles malgré leur compétitivité c'est bien parce que leur population active se contracte.
Pour parler un langage que les économistes peuvent hypothétiquement comprendre, il ne faut jamais faire d'économie sur les investissements, car ce sont les investissements qui font la croissance et le développement de demain. Et la natalité, l'équilibre démographique voilà bien l'investissement le plus important pour une nation avec l'éducation. Il est donc pour moi incompréhensible qu'un état aussi vieillissant que l'Espagne abandonne les maigres efforts qui visaient à inverser la tendance démographique. Cela ne veut pas dire bien sûr que les primes aux naissances soient ce qu'il y a de plus efficace, mais au moins y avait-il une prise de conscience du problème démographique. Et faire de cette dépense la première victime des réductions budgétaires, c'est vraiment ne pas avoir une once d'esprit stratégique dans sa tête. On imagine une entreprise fabricant des microprocesseurs faisant des économies en supprimant la R&D et le développement de la prochaine génération de CPU, une vraie catastrophe à terme, et bien c'est pareil pour un pays qui ne procrée plus et qui n'éduque plus ses enfants c'est la faillite à long terme. Prétendre vouloir avoir une économie qui se renforce en évitant la question démographique est totalement stupide. Bien sûr les effets de la démographie mettent plus d'une génération à se faire sentir, mais une fois enclenché les effets sont catastrophique et bien difficile à contrer par des moyens purement économique. Ainsi qui peut croire que la dette Espagnole développé à une période où l'Espagne est encore jeune pourra être remboursé quand l'Espagne sera un pays de vieux croulant? Faire des enfants en nombre suffisant est en fait une bonne garantie pour le remboursement de la dette nationale. De ce point de vue ce que l'état espagnole économise en réduisant les aides à la naissance à court terme, se paiera au centuple dans vingt ans, car il y aura alors moins d'actifs qu'aujourd'hui, la dette par actif sera alors nettement plus élevée et la croissance sera aussi plus faible pour la même raison.
Une absence de vision globale
Plus généralement nos élites semblent devenues incapables de raisonner globalement, elles prennent chaque problème à part sans faire le lien entre ces derniers. Etant tout entière formée par l'esprit libérale et la raison cloisonnée de type cartésienne, nos élites prennent chaque problème individuellement et pensent à des solutions unique à chacun d'eux, sans se préoccuper des contradictions qui peuvent apparaître vis à vis d'autres sujets. Toute leur vision de la société se résume à un calcul économétrique mal digéré. On parle de croissance sans savoir d'où elle vient, de gains de productivité alors qu'ils sont souvent le fruit d'une productivité importée avec les marchandises étrangères, ce qui se traduit par une hausse comptable de la productivité nationale sans que le tissu industriel du pays ne se soient réellement amélioré. On a même en France un tissu industriel qui disparaît, des déficits commerciaux qui augmentent et officiellement une productivité qui progresse, mais personne ne semble se poser la question de savoir comment cela est possible. Bref nos dirigeants ne dirigent pas, ils ne voient d'ailleurs pas le monde réel, mais une espèce de monde virtuel décrit par des chiffres qui ne représentent en réalité plus grand chose. Quand Philippe Grasset parle de virtualisme pour décrire la situation psychologique des élites européennes et occidentales, il tape en plein dans le mille. A partir du moment où l'on a une vision faussée de la réalité, il est effectivement difficile de prendre de bonnes décisions.
Le pire c'est que cette pseudo-raison comptable pourrait nous mettre dans une logique mortifère à très court terme. On en viendra rapidement à raisonner comme les Nazis, les bureaucrates réclamant l'extermination des handicapés pour des raisons d'économie ou la limitation du droit aux soins pour les personnes âgées. Ou pourquoi pas des politiques eugénistes pour optimiser le rendement économique de chaque enfant. Car la logique purement comptable peut mener très loin pour qui n'a pas dans sa tête des limites et d'autres priorités que l'optimisation purement financière.
L'argent n'est jamais un problème
Ensuite il faut remettre la comptabilité à sa place, elle ne représente rien, enfin pas grand chose. Ce qui compte c'est la capacité d'un peuple à pourvoir à ses propres besoins, démographiques, éducatifs, productifs etc... Un peuple doit être capable de produire ce qu'il consomme,et si tel n'est pas le cas il doit soit adapter sa capacité de production, soit changer sa consommation et son mode de vie. Il n'y a pas en Europe de pénurie de capitaux ou d'argent, car l'argent et les capitaux ont peut en fabriquer à l'infini, les riches en réalité on en a pas besoin. Par contre le manque de scientifiques, de main d'oeuvre qualifiée, de matières premières, de techniciens çà c'est problématique. Les dirigeants qui sacrifient ces réalités pour des questions purement comptables sont des imbéciles, il n'y a pas d'autre mots pour les qualifier.
Les politiques qui avaient vécu la guerre avaient parfaitement conscience de cela, car ils avaient vue que la monnaie n'était pas un problème en temps de guerre, c'était bien le manque de choses concrètes qui posait problème. On riait largement de ces économistes qui pensaient que la guerre de 14 allée s'arrêter au bout de six mois parce que les pays d'Europe n'avaient pas les moyens financier de la faire durer plus longtemps. En réalité si il y a eu quelque chose de positif qui est ressortie des deux guerres mondiales, c'est bien cette prise de conscience du peu d'importance des capitaux ou de l'épargne pour produire une économie qui fonctionne. C'est à cette époque que Keynes introduisit le concept d'économie monétaire de production, une vision dans laquelle la monnaie est au service du peuple et de la production. Tant qu'il y a des besoins à satisfaire, les matières premières et les travailleurs pour les remplir, alors il n'y a pas de contraintes réelles, si ce n'est cette croyance stupide dans la limitation des capitaux, mais ce n'est qu'une contrainte intellectuelle. L'Espagne est une pays qui a plus de 20% de chômeurs, chez les jeunes le taux atteint 40% et le déficit commercial atteint 10% du PIB. C'est bien là qu'il y a un problème, pas dans la dette publique ou dans les dépenses de l'état. Ou plutôt cette dette et ce déficit publique découle tout naturellement de cette anomalie économique de sous emplois terrifiant de la main d'oeuvre. Il faut vraiment que nos dirigeants remettent les priorités dans le bon sens ou nous ne nous en sortirons pas. Et ce n'est pas en massacrant les jeunes couples et en réduisant toujours plus la natalité et les prestations sociales que comme par magie tout s'arrangera. L'Espagne doit se réindustrialiser, elle doit donner des emplois et un avenir à sa jeunesse et cesser immédiatement cette course à l'abîme qu'elle a enclenché.