Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
Le C919 est un nouvel avion qui devrait bientôt concurrencer les fabricants occidentaux, et il se trouve que cet appareil est fabriqué par la Chine. Vous savez, le pays a qui l'on était censé vendre des Airbus pour que nous puissions acheter ses teeshirts. Enfin c'est ce que l'on racontait aux pauvres occidentaux qui avaient le malheur de se poser des questions sur l'intelligence qu'il y a à tout importer de l'empire du milieu. Nos élites si intelligentes, semblent pourtant dépassées par la vitesse du rattrapage chinoise. Ces derniers envoient des hommes dans l'espace et feront bientôt des missions sur Mars, les chinois risquent d'ailleurs d'être les premiers à envoyer un homme sur la planète rouge. Nos penseurs de salon, pourtant, ne semble pas prés à remettre en cause leurs préjugés, et derrière la Chine, l'Inde évolue elle aussi très vite. Elle produit des satellites de pointe et innove déjà dans le domaine spatial.
Cet avion chinois va pouvoir bénéficier du protectionnisme naturel des élites chinoises, qui elles ont bien compris que le développement est surtout une affaire de maitrise technologique et non de concurrence. L'avion chinois sera surement inférieur aux productions occidentales, mais sera tout de même acheté par les compagnies aériennes chinoises qui ne joueront pas le jeu de la concurrence libre et non faussée comme ces crétins d'Européens. A la manière américaine la Chine va faire semblant de jouer le jeu mais les dés seront pipés, comme dans le domaine militaire de l'oncle Sam. La Chine sera libérale le jour ou elle dominera la technologie et où elle pourra fournir à moindre prix le même matériel que les industriels de l'aéronautique occidentale. Et ce jour là nos marchés seront inondés d'avions chinois plus performant et moins cher, on pourra fermer définitivement ce reste d'activités aéronautiques en France. Étrangement la Chine a beau user du même stratagème indéfiniment, les élites entrepreneuriales européennes et américaines ne semblent pas comprendre à quelle sauce elles sont mangées. Elles continuent à croire à l'eldorado chinois alors même que des entreprises comme Alstom et ses trains se sont déjà fait avoir. C'est un vrai mystère que de voir tant de stupidité à la tête des grandes entreprises alors que n'importe qui peut comprendre la fourberie actuelle de la Chine.
Esprit patriotique contre esprit individualiste
En fait cette non prise de conscience vient, comme la plupart de nos problèmes, d'une incapacité à penser collectif. Les entreprises occidentales se voient toutes comme des concurrentes, enfermées dans leur cadre individualiste, elles ne se pensent que comme des structures sans référence nationale, sans territoire de base. Il n'y a guère que les politiques pour faire encore référence à la nationalité des entreprises, se réjouir des succès de Renault parce c'est une entreprises françaises, c'est oublier que celle-ci se fiche éperdument du destin de son pays d'origine. Renault est aujourd'hui une multinationale apatride qui va produire en Turquie pour vendre en Norvège sans se soucier du développement et de l'emploi français. De la même manière les journalistes mainstream se sont réjouis récemment des fameux contrat d'Airbus pour la Chine oubliant que Airbus produit de moins en moins en Europe et que les transfères technologique que ces accords contiennent sont justement ce qui produit l'élévation concurrentielle constante du géant chinois.
En Chine par contre les entreprises ont un fort patriotisme, un attachement important à leur mère patrie. La chine est dans une phase de développement que l'occident a quitté il y a longtemps, celle du capitalisme d'état. Ce dernière ne peut exister que dans une nation avec un esprit national fort qui coïncide avec l'ascension du niveau scolaire comme nous l'a appris Emmanuel Todd dans ses œuvres. A cela s'ajoute la cohésion des familles souches chinoises qui dominent la côte de l'empire du milieu et qui sont à l'origine du développement du tissu industriel chinois. Ces familles souches sont identiques à leurs cousines coréennes, japonaises ou allemandes, elles donnent une grande force de cohésion national. Les entreprises chinoises qui agissent de façon collectives ne se font pas concurrence entre elles, elles s'associent pour faire front face aux étrangers. Ces derniers dispersés et appliquant des stratégies de courts termes sont toujours battus malgré leur avance technique qui étaient pourtant énorme. L'état Chinois préfèrent perdre à court terme pour gagner à long terme et cette état d'esprit se retrouve dans les entreprises chinoises. En attirant les entreprises occidentales sur son sol la Chine a pu copier une grande quantité de technologies et de savoir faire. Dès qu'une entreprise occidentale produit quelque chose en Chine cette dernière fait des copies à l'image du Japon des années 60 que les occidentaux ont oublié.
Ne plus défendre les entreprises nationales, mais le territoire
De par sa vitesse de développement et son poids démographique, la Chine dominera rapidement l'économie mondiale cela ne fait plus guère de doute. Mais d'autres nations se joindront à elle, du Brésil à la Russie, en passant par l'Inde. Les grandes multinationales de demain ne seront plus occidentales, mais est-ce si grave? Après tout qu'est ce cela peut faire que le producteur de voiture soit français, chinois, ou allemand? La question de la nationalité du producteur est aujourd'hui une question caduque puisque nos propres entreprises ont trahi leur territoire nationale en allant s'installer en Asie. Nous voyons bien que ce n'est pas parce qu'Airbus est européen qu'il produit en Europe. L'une des grosses erreurs des dirigeants politiques européens et français particulièrement, est de continuer à faire des politiques économiques datant de l'époque où nous avions, comme la Chine actuelle, un capitalisme d'état. Ce dernier est pourtant mort et enterré, l'esprit qui permettait son existence ayant disparu, et en France, pays particulièrement individualiste, il ne reviendra probablement pas. On continu pourtant à favoriser les fabriquant français alors que ces derniers ne jouent jamais pour l'intérêt national. Il en va de même dans un pays comme les USA d'ailleurs. Mais ce qui compte en définitive ce n'est pas le développement de champions nationaux comme certains le disent, non, ce qui compte c'est de produire en France ce que l'on consomme en France. C'est le lien consommation production qui permet les politiques contra-cycliques de plein emploi et la souveraineté économique que cela procure. Un pays comme les USA qui a de nombreux champions nationaux d'échelle mondiale est-il pour autant souverain? Non, ce n'est pas le ait d'avoir de grandes entreprises qui pèse à travers la planète qui fait de vous un état autonome, mais bien votre capacité à produire ce que vous consommez quitte à ce que les producteurs aient une nationalité d'origine exotique.
Incapable comme nous sommes de produire des entreprises nationalistes, ils nous faut donc nous concentrer uniquement sur le développement de la production nationale, même produite par des entreprises étrangères. Mieux vaut une usine Toyota à Valencienne qu'une usine Renault à Ankara pour vendre sur le marché français. La fin du patriotisme économique des entreprises est une réalité qui doit être admise et les politiques doivent se recentrer sur l'essentiel, le développement du territoire national. Il est donc toujours aussi stupide de signer ces grands accords qui ne produisent aucun emplois en France et qui ne font que nourrir la démolition de notre tissu industriel. Dans ce cadre d'ailleurs on voit bien que l'argument qui veut que le protectionnisme commercial mettra fin à la concurrence est une absurdité. Rien n'empêchera une entreprise japonaise ou coréenne de produire en France pour vendre en France. Une politique de droit de douane ne nuira donc pas à la concurrence, l'état abandonnant l'idée de créer des champions nationaux pourraient faire jouer la concurrence international tout en favorisant la production locale, cela n'est pas antinomique. Puisque les grandes entreprises jadis françaises se disent elles mêmes multinationales, cessons donc de ne pas les traiter comme telles.