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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 20:03

  J'entame une nouvelle catégorie de textes qui seront classés dans Idées folles. Des textes proposant des idées pas très catholiques et souvent à l'extérieure du cadre de la pensé habituelle. Il me semble que notre société est incroyablement routinière et peu enclin à l'innovation, contrairement à l'idée que nous nous en faisons. Il n'y a plus guère de place aujourd'hui pour les vraies ruptures que ce soit scientifiques ou économiques tant nous sommes persuadés de vivre dans le seul monde imaginable. Alors dans ce cadre complètement mortifère fournir quelques idées, même folles semble une entreprise des plus salutaires.

 

    La première idée folle n'en est pas vraiment une, ou plutôt elle l'est pour nos contemporains, mais n'est guère originale sur la longue période historique. Il s'agit simplement de changer la capitale de la France et pourquoi pas d'en bâtir une  toute neuve. Cette idée qui reprend la proposition que Malakine avait fait à l'époque, n'est pas seulement une pure vision romanesque ou fantasmagorique visant à enorgueillir la France ou à gaspiller les deniers publiques. Non la création d'une nouvelle capitale vise surtout à rompre avec une période historique pour en commencer une nouvelle, c'est tout autant un but économique qu'un but visant à relancer la cohésion nationale.  La France est malade, désunie elle n'a plus d'ambition autre que les ambitions du petit personnel politique visant à se faire réélire pour de simples motifs monétaires.  Il est temps de redonner un sens et une désir de futur pour notre pays. D'autant que les anciennes espérance on foutu le camp, l'Europe qui servi pendant un temps de remplaçant à l'empire partie en fumée n'est plus qu'un bourbier sans avenir. L'Europe ne vit plus que par sa bureaucratie et ne tardera pas à rendre l'âme. L'angoissante question du projet national se posera dès lors à qui quiconque viendra après le grand nettoyage post-européen. Il ne suffira pas de faire du protectionnisme pour relancer la machine, il faudra aussi des projets d'investissements ambitieux à la hauteur des défis de notre époque.

 

    En plus des investissements massifs à réaliser dans le domaine de l'industrie et de l'énergie, il faudra aussi prendre en compte la mauvaise répartition de la population sur le territoire français. Trop de nos compatriotes se concentrent sur une faible partition du territoire et un grand déséquilibre s'est fait, créant petit à petit des zones désertiques. La France pourrait bien dans les décennies qui viennent, voir l'apparition sur son sol de régions totalement vides de population, des régions sauvages pour ainsi dire.  La création de nouvelles villes et d'une nouvelle capitale, bien placées, pourrait relancer certaines régions condamnées par l'histoire de notre géographie territoriale. Il suffit de regarder la carte ci-dessous pour voir les trous qui se forment au beau milieu du pays et lorsque l'on regarde la natalité et les mouvements de population les choses ne peuvent que s'aggraver.

 

france departements densite

    On peut donc voir le problème des villes nouvelles et d'une nouvelle capitale comme une solution, non seulement au problème de dynamisme du pays, de son optimisme, mais aussi comme un moyen de lutter contre un mouvement dangereux de désertification. C'est un moyen de redéployer la population sur le territoire national. Certains objecteront qu'ils ne voient pas le problème que pourrait représenter  de la sur-concentration de la population dans certains lieux. Ceux qui sont au fait des évolutions énergétiques futures en sont, eux, pleinement conscient. Car avec la fin du pétrole le coût de l'énergie va exploser et il n'est pas certain que des villes de 10 millions d'habitants comme Paris soient encore rentable à l'avenir. On pourrait rajouter à cela la qualité de vie qui se dégrade, passé un certain seuil de population. Faut-il rappeler d'ailleurs à ce propos que les régions les plus pauvres de France sont des régions faiblement peuplées et rurales et qu'elles ont aussi comme caractéristique d'avoir la délinquance la plus faible du pays. Pauvreté n'est donc pas égale à délinquance, par contre pauvreté plus grande concentration urbaine oui.  Créer de nouvelles villes et réduire la population de la région parisienne serait sans doute un moyen de lutter contre la délinquance urbaine actuelle.

 

La création d'une capitale toute neuve nous permettrais également de subventionner les PME françaises de façon indirecte. Faisons comme les chinois, donnons des lieux gratuitement aux PME qui s'installeraient dans la nouvelle ville. Si la nouvelle capitale est dotée de tout les équipements nécessaires, plus une ligne de TGV direct, plus du Fret par train ou par réseau fluvial et qu'en plus nous donnons gratuitement des bureaux et des installations, il y a de quoi donner un coup de fouet aux entreprise, qui s'y installeraient, en réduisant leur frais de structures au minimum.  L'avantage de ce type de subvention c'est que l'état n'interfère pas en choisissant tel ou tel entreprise de manière arbitraire comme c'est le cas des subventions habituelles. Non, ici il subventionne par la réduction des coûts d'installation, c'est beaucoup plus efficace et moins bureaucratique. Bien sure l'état y gagnera par les impôts que ces entreprises paieront de leurs activités nouvelles et par la dynamiques qu'elles aurons su insuffler au nouveau tissu économique locale. En attirant les entreprises les habitants suivront bien sure et petit à petit la nouvelle capital ou les nouvelles ville prendront leur envole. Bien sure tout ceci se ferait hypothétiquement dans le cadre d'une politique macroéconomique protectionniste.

 

Enfin ces nouvelles villes pourraient être totalement écologique et même pourquoi pas totalement automatisée. Imaginer des transports automatisé pour les marchandises à l'intérieure de la ville. Voir même des transports en commun automatisés, les progrès en la matière pourrait aujourd'hui rendre cela possible. Cela signifierait des coûts de transports largement moindre grâce à l'économie de personnel, une ville qui pourrait concentrer ses efforts en personnel là où l'homme est indispensable. Cela semble utopique ce que je vous racontes là, mais en concevant de A à Z une ville nouvelle, avec le niveau d'automatisation actuelle c'est faisable. De plus des véhicules automatisés dans les villes réduiraient à néants les risques d'accidents et optimiserait la vitesse de circulation. Ce seraient des villes qui serait mécaniquement beaucoup plus efficaces et productive que les villes actuelles parce qu'entièrement pensé pour l'optimisation de l'usage énergétique et la gestion des affaires courantes. 

 

Paris n'est plus la France

 

  Enfin autre avantage de la construction d'une nouvelle capitale, c'est bien sure de mettre fin à la domination idéologique de Paris. Le petit village parisien s'est de plus en plus distancié du reste du pays, il y a aujourd'hui une profonde coupure non-seulement entre les français et leurs élites, mais plus généralement entre la France et Paris. Paris n'est plus la France, la concentration de richesses, la financiarisation de l'économie parisienne, et l'embourgeoisement de son centre ville on fait perdre à Paris sa représentativité de la nation. Paris n'est plus vue que comme un club de bobos décadents, c'est bien sure caricatural, mais c'est quelque chose que l'on ressent dans l'opinion publique. Est-ce qu'un pays peut vivre avec une capitale que sa population n'aime plus? Autre problème, la consanguinité intellectuelle des élites, c'est quelque chose que Friedrich List avait bien vue lorsqu'il critiquait notre nation. En concentrant autant les intellectuelles et les forces vives d'un pays dans un seul lieu, on assèche le renouvellement intellectuel .  En multipliant les pôles de dynamisme vous évitez que l'effondrement de l'un d'eux n'entraine l'effondrement de la nation entière. La pluralité des lieux de dynamisme intellectuels évite ainsi la possibilité d'un effondrement total, la pensée unique en France doit beaucoup à la concentration géographique des lieux qui comptent. Il faut faire en sorte que de nos jours quelqu'un qui veut réussir ne soit plus obligé d'aller à Paris, la décentralisation n'y a pas réussit il faut donc utiliser une autre tactique pour y arriver.  Créer des nouvelles villes et une nouvelle capitale permet de résoudre aussi ce problème. Solution à laquelle  on peut rajouter le principe des monnaies régionales dont j'avais fait remarqué la pertinence dans ce texte en vue de la réalisation d'une vraie décentralisation.  

 

Maintenant reste à choisir le nom de cette nouvelle capitale, ce sera bien sure au peuple de trancher à travers un  référendum et une liste de propositions. A titre personnel je propose la nouvelle Alésia comme nom de capitale, tout un symbole n'est pas? C'est un moyen de faire aussi un rappel du passé cette ville étant le pont entre la France d'hier et celle de demain.

 

 

  Pour terminer, je tiens à mettre ce petit documentaire qui relate les actions du tsar Russe Pierre Le Grand qui a bâti la futur  Saint-Petersbourg, un projet incroyable et qui a joué un grand rôle dans l'histoire de la Russie.  C'est de ce type d'ambition dont notre pays a grandement besoin.

 

 

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Published by Yann - dans Idées folles
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commentaires

Emmanuel B 31/07/2010 16:06



Mais non, je ne suis pas particulièrement pessimiste ou passéiste.


Mais oui, je grince des dents quand je vois saccager de gaieté de coeur un paysage pour implanter ces stupides champs d'éoliennes, ou le développement sans fin et en dépit du bon sens de ces
zones commerciales qui transforment l'entrée des villes en cauchemar esthétique, le tout bien sûr étant sursubventionné. D'une manière générale, l'utopisme architectural ou aménageur me déplaît
plus ou moins intensément. Les villes-immeubles que vous évoquez dans votre dernier commentaire me font ainsi penser au Corbusier et son idée pernicieuse d'en finir avec la rue. On a
malheureusement vu à quoi cela aboutissait.


Pour le reste, je n'ai pas grand chose à ajouter au commentaire d'Aluserpit, avec lequel je suis largement d'accord.



Aluserpit 30/07/2010 01:03




@Yann


Je ne pense pas que ce projet soit faisable, ni qu'il puisse résoudre les problèmes posés par Paris. Même si ton article est très intéressant du point de vue théorique.


Comme je disais au cours d'un débat dans les commentaires de ton article sur la natalité 
(http://lebondosage.over-blog.fr/article-et-si-on-relancait-la-natalite-51618617-comments.html#anchorComment), la situation de Paris est profondément lié à l'histoire la géographie, tant humaine
que physique.


La répartition, le nombre et le poids respectif des grandes villes des différents états européens sont un héritage direct de leurs histoires politique : Les nations fondatrices, France et
Angleterre, unifiées depuis le bas moyen-âge, ont par conséquence une capitale hégémonique et centralisatrice dominant largement les autres grandes villes. A l’opposé du réseau polycentrique de
l’Italie et de l’Allemagne, nations ayant été jusqu’à leur unification récente (à l’échelle de l’Europe) divisées en de nombreux royaumes. Entre les deux, le duopole de l’Espagne est l’héritage
des deux royaumes d’Aragon et de Castille, dont l’unification véritable ne sera effective que longtemps après le mariage de leurs souverains, on dira encore longtemps « les Espagnes »
et non  « l’Espagne ».


Au niveau géographique, Paris est au centre d’un bassin sédimentaire dont la fertilité est une des cause du triomphe des Capétiens. Cela est moins important aujourd’hui (encore que…), mais cela
fait qu’aujourd’hui Paris structure profondément et sans contrepoids la France au nord du massif Central, hormis quelques périphéries (Bretagne, Nord, Alsace), environ la moitié de la population
française. Les réseaux de communications sont tous construits en toile d’araignée. Les routes nationales puis les autoroutes sont numérotées dans le sens des aiguilles d’une montre à partir de
Paris  (à partir de l’A1 au Nord), les anciens réseaux ferrés privés d’avant-guerre étaient divisés en quartier depuis Paris, avec chacun sa gare parisienne.


Tout ça pour dire qu’une nouvelle capitale trop proche de l’ancienne ne serait qu’un petit moucheron sur la toile d’araignée de 200 km de rayon tissée par Paris. Et en dehors de cette aire elle
serait soit dans le Massif Central peu attractif, soit au-delà et trop périphérique (même si en tant que toulousain, c’est dur à admettre J).


Plus globalement, il est intéressant de constater que l’on n’a plus fondé de villes en France ( et probablement dans la majeure partie de l’Europe) depuis l’Empire Romain, hormis le cas des
bastides du midi (après l’effondrement démographique dû à la Croisade des Albigeois, mais aussi pour des raisons géopolitiques), et de quelques autres exemples plus récents dus à des situations
particulaires (ports, mines, gares, stations de ski, etc.), ce qui est hors de propos ici. Comme le faisait remarquer Olaf, les villes nouvelles sont restées des plantes hors-sol, ça n’a pas
vraiment marché. En un sens, le fait que nous ne bâtissions plus de nouvelle ville est plutôt rassurant, cela prouve que notre civilisation ne s’est plus effondré depuis la chute de l’Empire
Romain.


Si on regarde bien, les pays ayant fondé des capitales ex nihilo sont essentiellement des pays neufs, la comparaison n’est pas vraiment pertinente avec nous.


De quand je pense que cette nouvelle capitale ne règlerais pas le problème de spécialisation de Paris,  le fameux « Paris n’est plus la France ». Une nouvelle capitale
attirerait tout ce qui tourne autour (administrations centrales, lobbyistes, médias, etc.). Par exemple les pakistanais disent d’Islamabad qu’elle est très pratique car elle est à coté du
Pakistan, tant elle est différente du reste du pays. Imagine la Défense, les hauts fonctionnaires, les banquiers et les journalistes narcissiques, en gros les défauts de Paris sans les siècles
d’histoire et la culture populaire, ça donne envie ! J


Sinon tu fais une erreur factuelle sur l’exode rural. Les campagnes se repeuplent. D’ailleurs la Lozère est aujourd’hui plus peuplée que dans les années 70 !


Je te conseille sur ce sujet « Les 4 mystères de la population française » d’Hervé Le Bras. Il y expose cela plus longuement. En gros, l’exode rural est de l’histoire ancienne depuis un
moment mais nous sommes bloqués par nos représentations mentales.


Désolé d’avoir été un peu long.


 


@ Malakine


Je pense que tu touche du doigt le vrai problème quand tu parle de réapprendre à fabriquer du « centre-ville ». J’aurais même tendance à dire de la « vraie » ville.


Je pense que le défi de l’urbanisme de notre temps se trouve là.




yann 27/07/2010 22:42



@La Gaule


Il faut vraiment que vous ouvriez un blog, pourquoi pas un blog d'histoire


@Emmanuel B


Vous êtes bien pessimiste, on apprend des ses erreurs. L'urbanisme des années 70 c'est terminé, pensez vous donc que la France n'a plus le talent de ses ancêtres pour bâtir des choses belles et
humaines?  Sinon sur le patrimoine il ne faut pas donner à mon sens plus d'importance aux mort qu'aux vivants, si nos anciens ont été si brillant c'est avant tout parce qu'ils regarder vers
l'avenir et se lançait des défis parfois immenses. Nous feront le plus grand honneur à notre patrimoine en étant à nouveau ambitieux et non en regrettant sans arrêt le passé.


 


@Amirage


La concentration et l'usage énergétique sont lié c'est indéniable. Une forte concetration permet la rentabilité des transports en commun. Mais quand je dit vouloir lutter contre la
surconcentration c'est qu'il y a une limite d'efficacité qui est difficile à placer mais qui existe. Disons qu'en dessous de cent milles habitant les transports en commun sont peu viable mais
qu'au dessus de plusieurs millions le cout des infrastructure peuvent être trop élevé. Ensuite il faut parler de la densité de population les villes nouvelles que je propose ne feront pas
forcement un millions d'habitant mais elles auront une forte densité toujours dans l'optique de rentabiliser au maximum les transports publiques. Paris par exemple fait 12 millions d'habitant
contre 15 pour New-York mais cette dernière est quatre fois plus étendue ce qui veut dire que la densité de population est presque quatre fois plus élevé à Paris qu'à New-York. Donc les
déplacements sont moindre dans la ville lumière, elle est moins énergétivore. On peut très bien imaginé une ville de cent milles habitants avec une densité supérieure à celle de Paris. Il y avait
même au Japon des projets visant à faire des villes bâtiments, on pourrait imaginer des villes qui seraient construite d'un seul bloque avec des ascenseurs latéraux et verticaux de façon à aller
n'importe où dans la ville. Cela parait être de la science fiction mais avec une telle organisation nous minimiserions au maximum l'usage énergétique, on pourrait même automatiser la relève des
déchet et l'entretient. 


A-J Holbecq


Oui c'est vrai que l'argument du coût serait sans doute avancé pour invalider de tels projets, et qu'il va falloir avant d'y pense reprendre notre indépendance monétaire.


 



A-J Holbecq 27/07/2010 16:34



Hélas on ne construit plus de cathédrales en France; impossible dis t-on...  "ça coûte trop cher"


Il faudrait donc "changer de paradigme" , car, comme j'aime à le
répéter (c'est la raison pour laquelle je le recopie..):


Si une collectivité a:


1 – un besoin (collectivement souhaitable),
2 – la volonté de le satisfaire,
3 – les moyens techniques et énergétiques,
4 – un excès de main d’œuvre et le savoir-faire,



… l’impossibilité souvent alléguée du manque de financement est une mauvaise excuse car une vraie richesse résultera d’une création monétaire éventuellement nécessaire pour la réaliser. Il faut
évidemment par la suite « détruire » cette monnaie;  l’impôt y pourvoira par remboursement progressif d’une dette sans intérêts (et donc la destruction des obligations
correspondantes) au fur et à mesure de l’usure, c’est-à-dire de l’amortissement, des richesses dont la production aura été permise par l’émission monétaire, ce qui, évidemment, n’empêche pas
l’émission de nouvelle monnaie pour de nouveaux projets.




Anne Bellanova 27/07/2010 15:52



J'adhère totalement à cette idée de nouvelle capitale et de villes nouvelles en France. L'analyse est très correcte et la rupture entre Paris et la France devient en effet de plus en plus
insoutenable. Commençons d'ailleurs par décentraliser les chaînes de télévision et leurs animateurs "parigots têtes de veaux" qui devraient vraiment commencer à découvrir l'autre France -
celle qui n'est pas Paris - avec un regard neuf (utopiste n'est-ce-pas ?) plutôt que de nous présenter régulièrement une "Province" vivant comme au siècle dernier (aaaaargh!).