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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 21:30

    Le score du FN aux cantonales vient de réveiller les membres du PS qui se voient déjà en haut de l'affiche comme le disait la célèbre chanson d'Aznavour. Les socialistes se préparent déjà à la gestion du pouvoir en lieu et place de leurs clones de l'UMP. Mais l'enthousiasme est tel qu'ils en arrivent même à dire ouvertement qu'ils préparent une grande purge néolibérale, même s'ils ne le disent pas ainsi. En effet, les socialistes français, comme tous leurs collègues un peu partout en Europe ne veulent pas détricoter le système social, mais seulement rembourser l'infâme dette qui décidément menace beaucoup trop nos futurs descendants de l'an 2040 ou 2050. Si l'effacement de la dette nécessite quelques réductions du système social, ce ne serait que pour quelques décennies . Les réformes sont toujours plus douces quand la gôôôôche est au pouvoir, elle promet monts et merveilles pour dans quelques années, mais ces promesses ont la fâcheuse tendance à ne jamais arriver. Alors bien évidement ce n'est pas sur ce blog que l'on dira qu'il ne faut pas effacer la dette, par contre la méthode imaginée par les socialistes, vous vous en doutez bien malheureusement, est complément cadenassé dans le cadre du libéralisme comptable srote d'idéologie de petit commerçant faisant ses comptes à la fin de la journée à coup de soustractions et d'additions. Un cadre qui nous tient lieu de politique économique depuis trente ans. Un cadre qui nous a  menés où nous en sommes, mais que les socialistes français n'ont toujours pas renié et ils sont toujours euro-libéralo-enthousiastes.

 

L'escroquerie de la dette qui légitime les politiques du pire

 

  On a déjà vu il y a quelque temps que la dette publique avait été amorcée par le choix de l'abandon de l'émission monétaire public en 1973. La dette a gonflé d'année en année sous l'effet de l'emprunt constant avec taux d'intérêt sur les marchés financiers. Ces derniers ont servi de justificatif à la contraction de l'état providence au nom de la gestion en "bon père de famille" discours nauséabond et fallacieux puisque la comparaison est absurde, un état n'est pas une famille. De plus c'est depuis que ce système est en place que l'état devient chaque année moins solvable on trouve mieux comme bonne gestion.  Si l'état avait emprunté à la banque de France plutôt qu'aux marchés financiers, il n'y aurait aujourd'hui pratiquement pas de dette publique. Et il est probablement que le budget de l'état serait à l'équilibre aujourd'hui,  le service de la dette étant dorénavant le premier budget de France. Mais cet emprunt obligatoire sur les marchés n'est pas tombé comme çà du ciel, il ne provient pas non plus de l'opération du Saint-Esprit, ce sont des hommes politiques qui l'ont instauré dans un but précis, imposer le libéralisme anglo-saxon à la France. L'idéologie libérale voulait contraindre les états par l'emprunt sur les marchés financiers, à limiter leurs investissements et ainsi théoriquement limiter l'inflation et donc favoriser la rente et le capital, les deux seules causes que défendent vraiment les libéraux. Libéraux dont ont sait d'expérience qu'ils ne libèrent personne comme le disait De Gaulle, si ce n'est les riches de leurs contraintes fiscales.  Mais cette politique n'a pas limité l'inflation, au contraire même, les premières années  d'application de ces mesures ont en fait accéléré l'inflation avant de casser à long terme toute dynamique de croissance. Nous vivons toujours dans un régime de faible croissance à cause de ce choix idéologique qui empêche les politiques de plein emploi. Mais hier le carcan était franco-français, car il s'agissait d'une loi française, aujourd'hui celle-ci a été étendue à toute l'Europe de Maastricht puis à celle du TCE.

 

  Lorsque l'on a conscience du caractère absurde de la dette actuelle, surtout avec l'augmentation provenant du rachat des créances pourries des banques privées par l'état français entre 2008 et 2010, la seule réaction saine est de refuser de payer, en tout cas de payer avec de l'argent public provenant des impôts de la population. Un parti politique se réclamant du socialisme qui met comme principal but lors de son accession au pouvoir de réduire la dette par des politiques de réduction des dépenses, alors que les services publics sont déjà en phase terminale est un parti de criminels et d'escrocs, rien de plus. C'est pourtant ce qu'annonce d'ores et déjà le PS dans cette dépêche. Emmanuel Todd ne croyait pas si bien dire quand il a dit que le FN était le seul parti avec un programme économique raisonnable. En proposant de réduire le déficit public aux niveaux indiqués sans monétisation et sans dévaluation et même sans une politique protectionniste visant à faire revenir un peu de capitaux et d'investissement en France, le PS ne pourra que provoquer une nouvelle récession.  A l'image de ce qui se passe aujourd'hui en Grèce ou en Irlande deux pays ayant pratiqué récemment des purges néolibérales avec le succès qu'on sait . Avec ses propositions le PS montre qu'il est le bras armé du FMI et du libéralisme économique, il n'a strictement rien compris à la crise ni à son origine. Ce n'est donc pas au FN qu'il faut faire barrage, mais bien au PS.

 

Le PS n'a rien compris aux problèmes monétaires la preuve en vidéo:

 

  André-Jacques Holbecq a fait poser une question très précise sur le sujet de la dette publique la réponse de Hollande est assez démonstrative pour ceux qui croient encore à un espoir sur les politiques économiques alternatives au PS:

 

 

 

 

  C'est simple Hollande a complètement intériorisé la doxa libérale, ou plus précisement la doctrine monétariste, il ne se pose même pas  la question de savoir pourquoi le système fonctionne ainsi, ni si cela est très approprié. Pour lui les choses sont comme elles sont, point. On ne sort pas du cercle de la raison. A n'en pas douter c'était un excellent élève qui a bien appris ses leçons et qui ne les remettra jamais en cause. Contrairement à ce que disait Todd ce n'est pas forcement une bonne chose d'être dirigé par les premiers de la classe, ces derniers manquent souvent d'initiative personnelle et de gout pour les questionnements de fond.

 

Pour résumer la pensée de Hollande et ses solutions sur l'emprunt public:

 

Si on ne peut pas emprunter, nous, à des taux bas sur les marchés financiers, alors il faut que l'Europe emprunte  en son nom pour ainsi réduire les taux d'intérêts des emprunts contractés par chaque état membre... 

 

C'est atterrant comme le dirait mon collègue RST, je fais ici référence à l'un de ses derniers papiers. Avec Hollande nous partons pour l'enferment européïste et libéral pour l'éternité, enfin jusqu'à ce que nous soyons tous morts plus exactement ce qui ne tardera pas avec de tels dirigeants.

 

PS:Au fait si vous n'avez pas encore compris en quoi Hollande est soit un imbécile, soit un malhonnête, c'est que vous n'avez pas beaucoup suivi ce blog depuis 2009. Rien ne nous oblige à emprunter sur les marchés financiers, les seules emprunts obligatoires résultent du déficit extérieur du commerce. Or la France n'est en déficit commercial que depuis 2003 environ, c'est à dire depuis que l'euro que défend Hollande s'est mis au dessus du niveau tolérable pour l'économie française. Aussi longtemps qu'un pays à des réserves de change et une balance commercial à peu près à l'équilibre suivant les années, il n'a pas à emprunter à l'extérieur. L'emprunt sur les marchés financiers, souvent étrangers, pour payer des investissements publics en France est tout simplement une absurdité ou une escroquerie suivant l'individu qui défend cette position.

 

*La vidéo provient du site postjorion.

 

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

john paval 17/07/2011 19:04



La dette publique?  C'est un mythe!  Il n'y a qu'une seule question qui compte.  QUI EST-CE QUI GOUVERNE --- NOUS OU LES BANQUIERS?  Si c'est nous, la dette publique n'est pas
un problème.  On dit aux banquiers comment nous allons nous arranger pour le repayer en douceur.  Point final.  AUCUN PROBLEME.  En revanche, si ce sont les banquier qui NOUS
gouverne, oui, il y a un problème, puisqu'ils peuvent nous dictent les termes et l'action gouvernmentale nécessaire pour satisfaire leurs exigeances.  Dès qu'un politicien traite la dette
publique comme un problème qu'il faut résoudre pour apaiser les banquiers, c'est déjà abandonné.  Il a déjà accepté d'étre gouverné par les banques, au lieu d'assummer la responsabilité,
comme un serviteur du PEUPLE, de gouverner les banques et d'imposer sur les banques les termes qui serviront le bien du peuple.  Et on ne peut PAS etre socialiste ET serviteur des
banquiers.  C'est impossible.  Les socialistes servent le peuple, pas les banquiers.  Point final.  Nom d'un chien, quand est ce que les français vont UTILISER leurs cerveaux
pour comprendre cette simple vérité, entres autres?????!!!!!



Emmanuel B 09/04/2011 11:28



Pour pouvoir juger de l'évolution du PS, il faut lire leur dernier document. On peut aussi écouter Guillaume Bachelay, en ce moment-même, sur France-Culture (Le Rendez-vous des politiques -
samedi 11h-12h) et on doit pouvoir le télécharger ensuite.


C'est franchement intéressant.



A-J Holbecq 08/04/2011 21:34



@Emmanuel B


Wait and see... mais je ne crois pas que le PS n'ait changé et ne changera.



Emmanuel B 08/04/2011 14:55



@ AJ Holbecq,


 


Pourquoi? Par compulsion de la trahison, comme les méchants dans les séries Marvels? Par atavisme génétique? Parce qu'ils sont la seule, la pure incarnation du mal métaphysique?


 


Pour ma part, je crois que les lignes bougent.


 


Alors peut-être que je me trompe. Peut-être que les classes moyennes votant pour le PS sont toujours aussi indifférentes aux ravages du libre-échangisme; peut-être que les médias sont encore
prêts à communier dans la même soupe orthodoxe et que les révisions contemporaines resteront de surface; peut-être que la nouvelle génération n'arrivera pas imposer son point-de-vue au PS;
peut-être qu'après avoir eu à défendre les idées protectionnistes contenues dans le projet rendu public d'avril à juin 2011, le candidat sorti des primaires s'émancipera de ce carcan et proposera
un programme de flou généralisé, puis appliquera un programme social-libéral grand teint une fois au pouvoir. Peut-être, peut-être, peut-être... Et je dis ça sans ironie cette fois.


 


Mais, il me semble observer partout une évolution de sens contraire. Tenez, prenez la dernière initiative de Jean-Claude Trichet de remonter les taux d'intérêts. Avez-vous observé à quel point
elle se heurte à une incrédulité généralisée dans les médias? Même chez ceux qui restent incapables d'articuler formellement une critique qui nécessiterait de reconnaître de nouveaux paradigmes,
l'impression générale est qu'il y a quelque chose comme de la folie douce dans cette décision.


 


Au risque de la tautologie : oui, quand les lignes bougent, les lignes bougent.



A-J Holbecq 08/04/2011 07:32



@Emmanuel B


 


... sauf que de toute façon il me semble évident qu'ayant trahis le peuple en 1983 et en 2008, je suis quasi certain qu'ils referaient de même en 2012 ou 2013 : " les évènements européens et
mondiaux nous imposent de revenir à un système de total libre échange ... d'ailleurs deux vrais socialistes, Lamy et Stauss khan nous le confirment..."