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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 16:03

 Emmanuel-Todd_IsUgoria_5-12-11_DSC88321.jpg Le dernier débat de l'émission de Frédéric Taddéi a vu un affrontement entre Emmanuel Todd et le célèbre eurobéat certifié Jean Quatremer. Un débat qui n'en était pas vraiment un puis qu’à mon sens on ne débat pas avec des intégristes et des idéologues, on les affronte. Les idéologues européistes et germanophiles compulsifs s'en prennent en ce moment à Todd. D'après eux il serait un infâme germanophobe à cause de ses attaques verbales répétées contre l'Allemagne. Emmanuel Todd, dont j'adore les œuvres, est, il faut bien le dire, un sacré poil à gratter national. Et si je l'ai souvent critiqué pour ses orientations politiques, ou ses propos légèrement angéliques sur l'immigration. Il n'en demeure pas moins l'un des esprits les plus importants de l'histoire française récente. Et nul doute que l'on parlera encore des œuvres de Todd en 2100 alors que le pauvre Quatremer aura depuis longtemps été oublié et son UE avec lui. Enfin j'exagère, il paraîtra sûrement dans les œuvres d'un historien parlant des penseurs décadents du début du 21e siècle. On pourrait toutefois ici dire que le Todd s'est encore laissé emporter par ses propos et son exubérance habituelle en faisant aussi ouvertement un procès à l'Allemagne et à son élite. 

 

Après tout, ce ne serait pas la première fois que Todd s'emporte. Ce n'est pas un homme de média qui calcule ses propos en fonction du nombre de caméra qui l'observe. Il est toujours naturel, et peut éventuellement avoir des termes qu'il regrettera ensuite. Cependant sur l'Allemagne je lui donnerais entièrement raison, et je pense même qu'il a été bien timoré sur ce coup.

 

L'Allemagne un pays sans avenir

 

Car la seule véritable critique que l'on peut faire de Todd c'est son étrange surestimation de la nation allemande. Loin d'être germanophobe, il y a même chez Todd une espèce de méfiance excessive quant à la puissance allemande. Une méfiance étrange puisque Todd est mieux placé que quiconque en tant que démographe pour savoir que l'Allemagne est un pays qui décline et qui va décliner de plus en plus vite. La situation actuelle est d'ailleurs en grande partie le fruit de ce déclin démographique qui aura nécessairement des effets extrêmement graves sur l'économie de ce pays à long terme. On pourrait dire en un sens que l'excédent allemand actuel est une espèce de chant du signe, ou de dernier feu d'artifice avec extinction définitive. Osons le dire, au rythme démographique actuel les allemands parleront le turc bien avant que l’Europe ne se mette à parler l'allemand.

 

Cet étrange paradoxe qui nous fait voir une nation mourante comme dynamique tient à la perception purement économique de l'homme moderne. La vision éconocentrique, si je puis user d'un néologisme, rend la perception de la réalité des nations étrange. Les intelligentsias modernes ne voyant et n'analysant la réalité qu'à l'aune du PIB ou du commerce extérieur d'un pays. Pourtant l'économie n'est qu'un paramètre lui-même assez secondaire. La démographie, la pensée, le progrès technique, la géographie, les ressources naturelles sont tous des données largement plus importantes que le taux de croissance du PIB qui dépend d'ailleurs essentiellement de ces éléments précité. La nation allemande est en train de se vider de ses hommes. Un coup d’œil rapide au taux de natalité et à l'évolution démographique suffit à s'en convaincre. Il ne faut pas avoir peur de l'Allemagne, il faut avoir peur pour elle et pour les conséquences macroéconomiques que cette situation va engendrer.

Pop-allemande.png 

(Source : dastatis.de

 

Les Allemands nous entraînent avec eux

 

Ce déclin démographique allemand extrêmement prononcé a évidemment de nombreuses conséquences sur l'économie allemande. Mais comme dans tous processus démographiques, ces conséquences suivent une évolution avec des phases séquentielles fort différentes au fur et à mesure que le temps passe. De la même manière, la transition démographique dans tous les pays du monde a eu des conséquences macroéconomiques différentes suivant le stade de la transition dans lesquels les pays se sont retrouvés. Un mécanisme qui peut être favorable à un pays à un moment donné de l'histoire économique peut aussi casser ce dernier à long terme. La transition démographique passe ainsi toujours par une phase dans laquelle la population active gonfle très fortement lorsque la natalité baisse . Il existe ainsi un laps de temps d'une trentaine d’années où les vieux sont encore rares et les jeunes sont en moins grand nombre. Cet allègement collectif du nombre de personnes à charge permet momentanément d'avoir une surcroissance et d'élever la quantité de capital par tête plus rapidement. L'Asie de l'Est et la Chine notamment sont dans cette phase particulièrement favorable de leur transition démographique. On notera d'ailleurs que moins un pays va avoir d'enfants et plus à court terme il va pouvoir élever le capital disponible par tête. On pourrait citer la Corée du Sud pour l'illusion de dynamisme fourni à court terme par la très faible natalité. Malheureusement, cet effet produira un très fort ralentissement économique lorsque le ciseau démographique aura fait son œuvre. Les jeunes actifs en surnombre devenant des retraités en surnombre. L'hiver démographique certains pays le connaissent déjà, le Japon et l'Allemagne notamment. Et l'on va voir que les conséquences économiques sont extrêmement désagréables non seulement pour ces pays, mais aussi pour leurs voisins.

 

La décision récente du premier ministre japonais de dévaluer le Yen a surpris beaucoup de monde. Et effectivement entre novembre et aujourd'hui le Yen est passé de 82¥pour un dollar à plus de 103¥. Mon collègue Laurent Pinsolle s'est empressé de voir dans l’accélération de la croissance japonaise au premier trimestre les effets bénéfiques de la dévaluation. Évidemment il défend la dévaluation en France à travers la sortie de l'euro, ce que je veux moi aussi. Il peut y voir un argument favorable aux idées qu'il défend à court terme pour la France. Sauf que la situation du Japon avant la dévaluation est très différente de celle de la France. Ce pays n'avait pas de déficit commercial majeur. Le Japon doit faire face comme tout le monde à la concurrence de la Chine et de la Corée du Sud. Il y a eu aussi l'affaire Fukushima qui a dégradé la balance des paiements en augmentant la dépendance au pétrole du pays. Mais on ne peut pas dire que le Japon avait un gros problème de déficit commercial surtout avec l'Europe et les USA. Or la dévaluation va surtout permettre au Japon d'exporter plus en occident c'est-à-dire avec une région du monde avec laquelle il était déjà en excédent. En fait loin de nous réjouir nous devrions plutôt nous inquiéter, car le Japon a compris une chose, il doit imiter l'Allemagne.... Il n'y a pas eu de relance au Japon, les salaires font du surplace et la demande intérieure est neurasthénique à cause de la démographie déclinante et d'une forte hausse des inégalités de revenu. Le Japon est l'un des pays développés où le coefficient de Gini s'est le plus dégradé depuis les années 90. Avec la dévaluation le Japon a choisi de faire comme l'Allemagne et de tirer sa croissance par l'excédent commercial avec les pays développés. Il va aggraver la crise mondiale en tirant vers lui la maigre demande de l'occident. On est dans un immense jeu de chaise musicale ou chaque pays essaie de faire son beurre au détriment du voisin. Les Américains étant hors jeu puisque produisant la monnaient pour que le jeu continue. 

 

 Export-jap.png

Exportation japonaises jusqu'en 2011 (sources stat.go.jp)

Import-Jap.png 

 Importations japonaises jusqu'en 2011 (sources stat.go.jp)

 On voit bien en comparant les deux tableaux que le Japon avait des excédents avec l'Europe et les USA. Sans relance de la demande intérieure rien ne justifiait la dévaluation avec ces deux zones commerciales. Le vrai problème du Japon étant l'Asie de l'Est. 

 

Taux du Yen 

Dévaluation du Yen (source Bloomberg) 

 

Les Japonais ont des conceptions commerciales et économiques très proches de nos voisins allemands. Ils partagent en plus avec eux le même destin démographique. La différence entre les deux pays dans l'évolution commerciale récente est que l'Allemagne a un précarré de nations imbéciles soumises qui partage la même monnaie qu'elle. Le Japon n'a pas la possibilité comme l'Allemagne d'avoir une monnaie « faible » comme l'euro, tout en engendrant des excédents commerciaux pour stimuler sa croissance anémiée par sa démographie. En effet, l'euro évolue en fonction de la balance commerciale de l'ensemble des pays membres. Les déficits français, italiens, espagnols et autre compensent en quelque sorte les excédents allemands faisant de la zone euro une zone monétaire à l'équilibre. De fait, l'euro reste à son niveau stable, et l'Allemagne peut grâce à la faiblesse de ces voisins faire exploser ses excédents commerciaux. Le Japon, lui, est obligé de payer monétairement le prix de sa politique. Il faut bien comprendre que le Japon et l'Allemagne sont des nations mercantilistes anciennes, elles sont aujourd'hui concurrencées par les nouvelles venues et elles adaptent leurs stratégies de strangulation de l'occident à ces nouvelles venues.

 

Cependant si à l'origine ces stratégies commerciales agressives sont nées dans les années 70-80 avec l'ouverture aux échanges de leurs futurs victimes, la motivation de ces nations a quelque peu changé. En effet, la gueule de bois démographique commence à sérieusement se faire sentir que ce soit en Allemagne, ou encore pire au Japon. Le Japon ne faisant aucune politique migratoire il ne peut cacher comme l’Allemagne son effondrement humain. L'Allemagne quant à elle fait venir des immigrés en grand nombre, mais les problèmes s'accumulent comme chez nous. À long terme les démographes d'ailleurs pour dire que les nouvelles venues finissent souvent par faire aussi peu d'enfants que les locaux ce qui ne fait que prolonger l'agonie en quelque sorte. Cette contraction de la population produit mécaniquement une stagnation, voire une contraction du PIB, et ceci même si le PIB par tête augmente. Il induit dans les entreprises et la population un certain pessimisme sur le plan économique poussant à la réduction des investissements. La seule façon de compenser est alors de chercher ailleurs la demande qui manque à l'intérieur. De fait, au mercantilisme triomphant germano-nippon des années 70-90 a succédé un mercantilisme de survie. Il est probablement plus dangereux, car il est mu par un instinct de survie économique de ces nations. En un sens, on pourrait dire qu'avec la dévaluation du Yen intervenue cette année le Japon et l'Allemagne ont reformé l'Axe sur le plan commercial. Mais à la place d'un espace vital, ces pays cherchent maintenant une demande vitale chez les pays moins démographiquement suicidaires.

400px-Japanese_Population_chart.png 

Démographiquement l'Allemagne et le Japon ont le même destin. Va-t-on vers l'Axe des vieux?  

 

Stop à la francophobie française

 

Avec tout ceci on pourrait se dire comme Obélix « ils sont fous ces japonais et ces Allemands ». En quelque sorte oui puisque leur logique nous conduit irrémédiablement dans l'impasse, eux y compris. Puisque leurs excédents finissent par tuer leurs clients. Pour corser le tout, les Chinois et les Coréens sont aussi mercantilistes et ils suivent les mêmes traces démographiques que les prédécesseurs avec des déséquilibres encore plus graves d'ailleurs. On pourrait croire que quelques voix vont s'élever au milieu de cette folie pour dire qu'il faut peut-être relancer la natalité locale, et augmenter les salaires pour tirer la demande intérieure. Cependant, je crains qu'à moins d'une vraie réaction des victimes ces pays ne changent pas de politique. Nous nous dirigeons nécessairement vers un choc en retour, qu'il soit volontaire ou non.

 

Ce qui est cependant étrange c'est l'incroyable haine de soi que dégagent les élites françaises et une partie de sa population. Qui n'a pas entendu « les Français sont nuls », on a même des guignols d'extrême droite suisse nous disant du haut de leur paradis fiscal que la France est foutue, surtout à cause des immigrés. Cette haine de soi prend d'ailleurs des allures de farce chez l'extrême droite du FN dont le site fdesouche se fait le porte-parole. Pas un seul texte économique parlant de la France n'évitant les sempiternels délires sur la « France n’est qu'un pays d'assistés » ou le « imitons l'Allemagne, eux y sont travailleurs » . Avec des patriotes de ce genre, la France n'a plus besoin d'ennemis. De l'extrême gauche à l'extrême droite, tout le parc politique semble nourrir une incroyable haine de la nation française, un pessimisme totalement délirant. Pourtant notre démographie, même si trop faible, n'est pas catastrophique. Et étant donné les politiques absurdes pratiqués par nos élites depuis trente ans c'est un miracle que le pays ne soit pas dans une situation bien pire. Cela prouve au contraire l'incroyable résistance du pays. Plus tôt que d'essayer d’imiter une nation mourante comme l'Allemagne, laissons là s'enfoncer seul dans son délire. La simple sortie de l'euro fera déjà beaucoup de bien à l'économie française. Imposons à l'Allemagne l'équilibre de la balance commerciale à travers des taxes et des dévaluations, ils finiront par arrêter leur folie et retrouveront alors peut-être le chemin de la raison. Comme l'avait bien vue Todd dans l'illusion économique, les Français par leur veulerie et leur mentalité de dominé, poussent les Allemands à donner le pire d'eux mêmes.

 

Dans tous les cas, l'Allemagne ne peut pas être donnée en exemple. Ni le Japon d'ailleurs. Si encore Shinzo Abe avait relancé la demande intérieure et les salaires, la dévaluation aurait pu être considérée comme une relance keynésienne. Mais il n'en est rien. Les avantages comparatifs de ces pays mercantilistes se font au détriment de son propre avenir. Si tous les pays du monde pratiquaient la même politique qu'eux, nous irions droit vers l’extinction. Ce n'est donc pas un modèle généralisable. À nous français, d'inventer un modèle équilibré, fondé sur une politique d'équilibre extérieur et de relance intérieure. Nous devons inventer un modèle qui pourrait être généralisé. Pour cela il devra être fondé sur des équilibres économiques démographique et écologique à long terme. Le modèle germano-nippon est une impasse.

 

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

D.T 29/05/2013 23:52


Totalement d'accord sur l'Allemagne. Notre insistance à vouloir devenir un Etat sattelite de l'Allemagne est d'autant plus stupide que nous ne sommes aucunement dependant d'eux sur aucune
ressource ou industrie strategique ou essentielle. Nous feront mieux d'ameliorer nos relations avec la Russie ou le Venezuela qu'avec l'Allemagne.


Par contre plusieurs medias parlent bien de plan de relance au Japon. 90 ou 175 mds d'euros.


Bien que leur politique de devaluation soit aggressive pour nous, (quoique il faut rappeler qu'ils ont un deficit commercial à reduire). On peu s'en prendre qu'a nous mêmes de ne pas nous
defendre. Le Japon a au moins une politique bien moins inegalitaire que "l'eurosterité". Ca va être interessant de voir l'evolution de l'indice de Gini du Japon après cette politique.

trucmuche 28/05/2013 15:08


Angela peut se présenter en 2017...


" les Français ont plus confiance dans l’Allemagne que dans l’Union européenne. C’est la faible
confiance en eux et dans leur propre gouvernement qui les conduit à approuver un modèle économique et politique qui leur apparaît comme une réussite. Angela Merkel leur paraît
incarner le bon dirigeant européen."


http://www.telos-eu.com/fr/vie-politique/les-francais-sont-plus-germanophiles-queurophiles.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+Telos-FR+%28Telos-eu+%28FR%29%29

Rieux 28/05/2013 11:43


Cette affaire de droits de douanes sur les panneaux solaires chinois est une affaire de tout premier plan. J'arrive à peine à croire la proposition de la Commission mais la suite est vraiment
révélatrice, l'Allemagne ayant réussi à fédérer 20 pays de l'UE contre (je n'ai pas vu la liste). Peu d'évenements ont permis d'éclairer à ce point les déséquilibres intra UE. C'est du pain béni
pour faire de la com' sur nos idées, plus facile à diffuser que des discours sur les banques centrales par exemple. En tous les cas, un super hameçon. 

olaf 27/05/2013 19:42



Le retour à une monnaie commune risque d’être difficile :


La désintégration de la zone euro ne déclencherait
probablement pas de bombe atomique,
même virtuelle, contrairement à ce que craint le Bundder Steuerzahler.


Mais il n’est pas impossible qu’elle sème la désolation.
Le pire n’est pas sûr, mais il ne peut pas être exclu.


Target2 est bien une roulette russe dans les mains
des peuples et des décideurs de la zone euro.


http://www.latribune.fr/getFile.php...

red2 27/05/2013 19:20


L'affaire actuelle sur le photovoltaïque et le dumping chinois est quand même assez symptomatique du problème:


http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/20130527trib000766749/berlin-refuse-les-sanctions-europeennes-sur-le-photovoltaique-chinois.html


http://lexpansion.lexpress.fr/economie/pourquoi-l-allemagne-ne-veut-pas-d-une-guerre-commerciale-avec-la-chine_386641.html


http://www.lavoixdunord.fr/economie/panneaux-solaires-berlin-dit-non-aux-taxes-de-l-ue-contre-ia0b0n1280869


Nous n'avons clairement pas les mêmes intérêts économiques que les allemands. Ils profitent du libre échange grâce à leurs industrie du niche (haut de gamme, machines outils...) et de leur euro
sous évalué. Nous et les latins en attendant, on crève et l'Allemagne de Merkel elle s'en fiche pas mal, elle a seulement besoin de nous pour maintenir une monnaie sous évaluée, lui fournir une
main d’œuvre éduqué au besoin et de ne surtout pas lui faire trop de concurrence....


Sinon, bravo pour l'article, je suis toujours étonné au peu de place pris par la démographie dans les débats actuels. Celle de l’Afrique noire galopante et celle du Maghreb en voie d’équilibre
pour ce qui est du débat sur l'immigration et des révolutions arabes. Celle de l’Allemagne, de la Chine, du japon ou de la Corée à l’arrêt, paramètre majeur permettant la compétitivité de ces
pays, celle du Bangladesh et du Pakistan en suicide démographique type malthusien, ce qui explique en grande partie le peu de valeur de la vie humaine dans ces pays et les accidents horribles
dans ces usines textiles…


Dans ce cadre la France (avec une bonne partie de l’Amérique, nord comme sud, il est vrai) est un des pays les plus équilibré du monde cela devrait être reconnu comme un point fort. Mais dans le
délire du France bashing actuel, impossible de faire entendre cela à nos élites qui sont probablement en train de détruire cet équilibre précieux de par leurs politiques ultralibérales... Bande
de nazes !


Bref bel article, merci!