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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 20:32

 Algue.jpg S'il est une question essentielle pour l'avenir de nos sociétés c'est bien celle de l'énergie et au-delà même de l'énergie c'est la question de la durabilité de nos modes de consommations dans leur ensemble qu'il nous faut poser. Si nous sommes en se moment coincés dans le cadre d'une crise économique dont nos élites  semblent ne pas vouloir sortir. Il n'est pas vrai pour autant que cette crise produite par notre système économique soit la plus grave à long terme. En réalité la dépression occidentale produite par la libéralisation des échanges, cache une crise sous-jacente qui fera parler de plus en plus d'elle au fur et à mesure que les deux géants asiatiques se rapprocheront de nos standards de vie. Car ce n'est un secret pour personne, la production pétrolière a déjà atteint un plafond qui sera probablement impossible à franchir. Le fameux pic oil prendra de plus en plus d'ampleur et il est paradoxalement vrai que la crise actuelle donne du temps en réduisant la consommation de pétrole mondiale. Un peu à l'image de l'effondrement de l'URSS qui réduisit la consommation énergétique des pays de l'est déplaçant la date du pic pétrolier Russe de plus d'une dizaine d'années.

 

    Cependant l'on pourrait tout autant affirmer que le faible prix du pétrolier durant les années 80-90 a tout simplement fait avorter une évolution naturelle vers le changement énergétique. C'est le cas notamment de l'énergie la plus prometteuse pour l'avenir, je veux bien évidement parler des microalgues qui sont l'alternative la plus intéressante au pétrole. Un article très intéressant est d'ailleurs en ligne sur le site du projet Shamash, projet français visant à produire et à bien maitriser la production de biocarburant dit de seconde génération à partir de ces fameuses microalgues. Il se trouve d'ailleurs que la possibilité de faire du pétrole à partir de microalgues avait déjà été étudié suite aux premiers chocs pétroliers dans les années 70, mais que ces projets furent abandonnés avec la baisse des prix du pétrole. En France c'est en 1996 que la recherche fut abandonnée au motif que ces biocarburants ne seraient intéressants qu'avec un pétrole au dessus de 60$ le baril, çà tombe bien nous y sommes.   On voit bien ici l'effet du prix sur les motivations d'investissement et, au risque de choquer, je crois qu'il aurait été plus salutaire à long terme de maintenir très haut, même à coup de taxes, le prix  du pétrole pour pousser à la création d'alternatives. On le voit d'ailleurs les prix plus élevés aux Japon et en Europe ont poussé nos régions à être moins gaspilleuses en énergie que leur consœur américaine.  On ne peut que déplorer le retard pris en la matière sachant que la pénurie de pétrole et d'hydrocarbure en généra,l était inéluctable quelque soit  les estimations des réserves restantes. Il est assez irresponsable au finale de voir avec quelle légèreté nos dirigeants ont pris cette affaire. Comme si l'énergie était finalement quelque chose de secondaire alors qu'elle conditionne en réalité tout le reste, sans pétrole et énergie bon marché pas de gains de productivité donc pas d'enrichissement quelque soit votre modèle économique.

 

Les pays européens seront probablement les premiers à sortir du pétrole.

 

    Quelle affirmation n'est-ce pas?  Il y a des raisons tout à fait simples pour prévoir une sortie rapide du pétrole pour l'Europe. Nous n'aurons tout simplement pas le choix. Les nations européennes n'ont aucun avantage internationale à faire valoir dans la course mondiale au contrôle des hydrocarbures. En premier lieu il faut rappeler un principe de base économique, c'est une contrainte qui s'exerce sur le continent depuis que nous avons eu la triste idée d'imiter le modèle motorisé et pétrolier américain après guerre.  En réalité jusqu'au milieu des année 50 l'Europe était excédentaire en production d'énergie, nos pays exportaient énormément de charbon, chose qui a été un peu oublié depuis. C'est à cette époque que nous avons construit ce modèle déséquilibré qui a rendu nos nations toujours plus dépendantes d'une énergie importées jusqu'à la catastrophe des premiers chocs pétroliers dans les années 70. Cette contrainte pétrolière, car s'en est une, s'est traduite dans nos économies par l'obligation de dégager des excédents commerciaux dans d'autres secteurs que celui de l'énergie. Car pour pouvoir acheter notre pétrole ou notre gaz naturel, nous sommes obligés d'accumuler des excédents pour avoir  les dollars permettant d'acheter ce pétrole. Et oui les USA eux n'ont pas cette contrainte, tout avantagés qu'ils sont par leur monnaie impériale. Le pétrole étant acheté et échangé en dollars les USA peuvent se permettre d'acheter du pétrole sans contrepartie commerciale juste avec des billets qu'il ne tient qu'à eux d'émettre, comme disait De Gaulle. A n'en pas douter cet avantage va rapidement s'effriter avec la monté en puissance de l'Asie, mais pour l'instant le dollars reste la seule monnaie de référence internationale. Donc les USA vont pourvoir continuer sans se soucier aucunement de rééquilibrer leur balance des paiements ce n'est malheureusement pas notre cas.

 

    Autre point les pays occidentaux ne sont plus le centre du monde de la production, les pays asiatiques nous remplacent rapidement dans tout les domaines de l'industrie. A 'heure actuelle il n'y a d'ailleurs plus que l'Allemagne et ses satellites pour produire encore des excédents commerciaux permettant ces achats sans endettement extérieur . Mais à long terme même le géant allemand se retrouvera avec des déficits commerciaux . Et ce d'autant plus que l'excédent allemand se fait surtout face à d'autres pays industrialisés. Dès lors on peut se poser une question, si les pays producteurs de pétrole et de matières premières préfèrent acheter chinois, comment ferons nous pour acheter notre pétrole?  Cette question est très importante car nous allons le voir il n'y a que deux solutions sur le plan politique:

 

  1-Diminution du niveau de vie

 

  Première solution, nous essayons d'être compétitif économiquement à l'échelle internationale face aux chinois. Or étant donnée l'évolution technique de ce pays et son coût du travail, nous n'aurons pas d'autre choix que de diminuer drastiquement le niveau de vie de notre population pour y arriver.  Et ici le protectionnisme ne nous servira à rien, à par peut-être les dévaluations et encore. En effet il ne s'agit pas ici de favoriser la production locale au détriment des importations pour garder des emplosi industriels, mais d'être capable de dégager un excédent dans tel ou tel secteur pour arriver à payer notre énergie provenant d'hydrocarbures. Maintenir coûte que coûte l'usage du pétrole et du gaz dans nos pays, nous contraindra à abaisser en partie notre niveau de vie pour pouvoir faire face à la monté en puissance des nouvelles nations industrielles. Ici l'on peut finalement admettre que l'hypothèse de Samir Amin sur l'inversion des termes de l'échange n'était peut-être pas totalement infondée. En effet les pays producteurs de matières premières semblent devenir plus puissants au fur et à mesure que le nombre de puissances avec des capacités industrielles augmentent. Le nombre de producteurs de matières premières se réduisant alors que les producteurs de biens industriels augmentent, on assiste peut-être à une inversion des puissances. Les pays producteurs de matières premières devenant dominant face à des pays industriels en concurrence et dépendant d'eux. Il s'agit là d'une raison supplémentaire à la deuxième solution à notre problème.

 

2-Rechercher une alternative aux hydrocarbures

 

  Deuxième solution, nous abandonnons le modèle pétrole/gaz qui est le notre pour tenter de nouvelles sources d'énergies qui ne nécessiteraient pas d'importations.  En changeant de mode de consommation nous rendons inutile l'accumulation d'excédents pour payer notre énergie. C'est la seule manière de ne pas entrer en concurrence économique ou militaire avec les puissances émergentes. Et de toute façon l'Europe n'a ni la puissance militaire pour s'imposer, contrairement aux USA, ni les capacités économiques de la Chine ou de l'Inde demain. On comprendra donc que cette option est en réalité la seule qui s'ouvre à notre continent si nous ne voulons pas à terme devenir une nouvelle région du tiers-monde.

 

Les alternatives énergétiques

 

    Une fois que l'on a admis que la seule solution est la sortie rapide de l'usage des hydrocarbures reste à se demander quel pourrait être la ou les alternatives. En premier lieu, et on l'a souvent dit, il nous faudra déjà apprendre à utiliser au mieux l'énergie.Quand on sait qu'en France plus de la moitié des déplacements en voiture sont pour des distances de moins de un kilomètre, on a largement ici de quoi faire des économies. On doit également repenser nos villes, les densifier pour réduire énormément la distance séparant les lieux de travail des lieux d'habitation. Nous ne devons pas compter ici sur les mécanismes du marché ces deniers n'agissent que dans l'urgence une fois qu'il est trop tard produisant des variations brutales et instables des prix. Comme nous l'avons vue sur le pétrole à microalgue le marché a une vision à court terme et ne se préoccupe pas de ce qu'il adviendra de la société dans 20 ou 30 ans. Or la structure des villes par exemple, demande une stratégie de longue haleine et une planification.  Autre problème il va nous falloir repenser notre agriculture, qui à l'heure actuelle devrait plutôt s'appeler pétroculture tant l'usage du pétrole est intensif pour produire notre nourriture. En effet les engrais et les pesticides qui sont au centre de l'agriculture moderne usent de pétrole pour être produit. Là encore il va nous falloir repenser de A à Z notre mode de production et cela ne va pas être une partie de plaisir comme je l'avais montré dans la médiathèque consacrée à l'agriculture.

 

  Maintenant concernant les alternatives énergétiques elles mêmes, nous avons de nombreuses pistes à suivre simultanément tant il y a des incertitudes sur le devenir de chacune d'elles. Il existe les énergies écologiques bien connu comme les éoliennes et les panneaux solaires, le problème c'est que ces derniers nécessitent une industrie derrière, une industrie qui est rentable parce qu'utilisant du pétrole. Il n'est pas dit que les éoliennes ou les panneaux solaires soient encore intéressants économiquement s'il manque du pétrole. Cependant on peut imaginer dans l'avenir des panneaux solaire organiques par exemple, qui ne nécessiteraient plus une production de semi-conducteurs pour être produit ce qui changerait passablement la donne. On a aussi tout ce qui est du domaine de l'hydraulique les barrages bien sûr même si la France est déjà saturée, mais aussi les hydroliennes ou aqualiennes qui sont l'équivalent sous marin des éoliennes.   Il y a également la filière nucléaire mais l'épuisement mondiale de l'uranium aura tôt fait d'invalider cette solution même si certains rêvent encore d'une plus grande efficacité en matière d'usage de la matière fissile prolongeant ainsi la durée  de vie du nucléaire fissile. Mais  le domaine du nucléaire qui reste le plus intéressant est le domaine de la fusion, cependant les temps de développement sont tels que même en cas de succès l'énergie de fusion arrivera trop tard pour sauver nos sociétés. Ensuite nous pourrions parler de l'énergie géothermique si abondante sur terre mais dont on a encore du mal à extirper efficacement l'énergie. On pourrait imaginer que certain pays richement dotés comme l'Islande transforme leur énergie géothermique très abondante (l'Islande étant située en plein sur la dorsale médio-océanique entre la plaque tectonique américaine et européenne) en hydrogène ou d'autres composés plus stables et faciles à transporter. On transformerait ainsi l'Islande en grande producteur d'énergie pour l'Europe. Mais la géothermie c'est aussi utiliser les différences de chaleur du sol et de l'altitude pour produire de l'énergie, on peut imaginer tout un tas d'applications visant à produire de l'électricité grâce aux différences thermiques.

 

  Enfin il reste les biocarburants de seconde génération créés à partir  de microalgues ou de bois, ce dernier pouvant lui aussiproductivite.jpg être transformer en carburant.  Il existe plus de 200000 espèce d'algues différentes mais seules les algues autotrophes sont réellement intéressantes pour la production d'énergie primaire car elles tirent directement leur alimentation de minéraux et non de composés de carbones organiques. Le graphique suivant montre la productivité de certaines microalgues face à des oléagineux dont on a fait les premiers biocarburant. Ces derniers furent d'ailleurs appelés agrocarburant, il ont une  sinistre réputation puisque ces derniers, en entrant en concurrence avec l'agriculture vivrière,  ne sont pas étrangers à la flambée des prix de la nourriture à l'échelle mondiale. Comme on le voit le colza a un rendement au m² ridicule comparait aux algues. Même chose pour le tournesol ou la canne à sucre. L'autre avantage c'est que le microalgues, poussant dans l'eau, leur production sera plus facile à obtenir sous des climats variés  que pour la canne à sucre par exemple celle-ci n'est viable que sous un climat tropical ce qui réduit largement son usage énergétique.

 

bioreacteur.jpgPour obtenir un biocarburant convenable les biologistes stress les microalgues pour leur faire produire un maximum de lipides. En clair il les engraissent, en trouvant les meilleurs façon de les alimenter et de les exposer à la lumière, en les privant d'azote ou d'autre chose. Les recherches portent essentiellement sur cette optimisation et sur le choix des meilleurs microalgues possibles. Cependant étant donné le nombre d'espèce, on peut imaginer que l'optimisation continuera même après une éventuelle production de masse de biocarburant à microalgue.   Parallèlement les microalgues peuvent aussi servir à piéger le CO2 dans une optique écologique, des expériences montrent même qu'elles peuvent dépolluer une atmosphère des métaux lourds qui s'y trouvent.

 

  Il reste cependant de nombreuses recherches à mener pour savoir si oui ou non la microalgues pourrait devenir de le pétrole de demain. les estimations éconmique étant trés difficile à réaliser tant le nombre de fateur à prendre en compte est important c'est ici que les pouvoir publics devrait intervenir. Cependant l'état français finance peu ce type de recherche pourtant prometteuses à relativement court terme. L'état devrait le plus vite possible mettre en place une structure visant à financer massivement les recherches de ce type car la sortie du pétrole devient un impératif si nous ne voulons que la France de demain deviennent une nation misérable et sans avenir.  Il faut lancer des tests à grande échelle pour aider les chercheurs à se faire une idée de la viabilité économique de la chose, quitte ensuite à abandonner si cela ne mène à rien. Car on ne peut pas tout prévoir à partir de calculs même très bien ficelés.  Il faut un effort au moins équivalent à celui de la reconstruction après guerre en terme économique pour pouvoir nous sortir par toute les voies possibles du merdier pétrolier. Le temps presse, il faudrait peut-être à nouveau s'occuper des choses sérieuses et faire de  la vrai politique au lieu de perdre du temps avec les marchés financiers et les délires libre-échangistes de l'UE ou de l'OMC. Car la politique est une chose trop sérieuses pour être laissé à des gens qui ont une mentalité de banquier. 

 

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Published by Yann - dans écologie
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commentaires

Ovide 18/03/2011 14:15



C'est vrai, d'ailleurs il me semble que certains réacteurs verts peuvent être couplés à des centrales ou des usines pour capter le CO2 émis. A vrai dire, je ne connais pas très bien les
pollutions engendrées par ce type de carburants en sortie de pots d'échappements. C'est ce qui m'inquiète le plus. Vivant en ville, la pollution et les risques conséquents pour la santé (et la
mienne en particulier) m'inquiète plus à courts termes que le réchauffement climatique.


Pour les algoles à base d'algues génétiquement modifiées, je me fonde sur cet article.


http://energiesdelamer.blogspot.com/2010/11/sapphire-energy-un-carburant-algal-dans.html



yann 17/03/2011 20:27



@Ovide


"N'avons-nous pas déjà trop brûlé de carburant ?"


Si vous dites en substance que nous avons trop brûler de carburant en faisant référence au dégagement de CO2 et au réchauffement climatique, je vous arrêtes tout de suite. Les algues sont des
organismes photosynthétiques, elles absorbent le CO2 grace à la photosynthèse qui ensuite sera à nouveau dégagé lors de la combustion du carburant. L'huile d'algue c'est un biocarburant, le CO2
que dégage sa consommation fait partie du cycle du carbone et n'augmente donc pas le taux de ce gaz dans l'atmosphère contrairement aux énergies fossiles.


 


Sur les monidifcations génétiques il est possibles que certains scientifiques cherchent à améliorer ces plantes apr ce type de procédé mais à mon avis c'est largement prématuré. Il existe un
nombre incroyable d'espèce d'algues et de micro-algues dont on  ne connait réellement qu'une infime partie. Avant de voir les améliorer il faudrait déjà toutes les répertorier car certaines
sont surement nettement plus productives. Pour les étude que j'ai lu du projet Shamash l'Inria n'utilise que des algues naturelles, tout leur boulot consiste à sélectionner les meilleurs et à
voir de quel façon les cultiver au mieux. Ils ont déjà fait d'importants progrès puisque Airbus et Peugeot commencent à étudier en pratique l'usage de ces carburants dans leurs moteurs. Pour ce
qui est des risques de pollution il me semble quand même beaucoup moins important qu'avec le nucléaire ou même les gaz de schiste.



Ovide 17/03/2011 14:54



Excellent article. Je rajouterais néanmoins que les microalgues si prometteuses n'en sont pas moins dangereuses à hautes doses, mais je ne vais pas vous refaire le coup du poison. En effet, on
parle de "réacteur vert" avec des algues modifiées génétiquement (c'est une manie aujourd'hui). Or, si en France, ces algues sont produites dans des endroits confinés, les fameux réacteurs, ce
qui limite les risques, ce n'est pas le cas partout. Aux Etats-unis, certaines expériences ont lieu à l'air libre, en plein désert. Il y a donc des risques de fuites et de propagation dans
l'environnement d'organismes autonomes et incontrolables.


Enfin, c'est algues produisent du carburant et c'est justement aussi un problème. N'avons-nous pas déjà trop brûlé de carburant ?



A-J Holbecq 18/12/2010 07:29



Ca t'intéressera...


http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/medecine/d/de-lenergie-verte-produite-par-des-algues-bleues_26666/



Jazzman 17/12/2010 07:13



@Joe


Je voulais dire qu'une fois qu'un bâtiment est bien isolé, il reste le problème de renouveler l'air sans faire entrer/sortir de la chaleur en même temps. Le terme de pollution domestique ne me
semble pas très approprié.