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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 21:00

NucleaireJapon.jpgLa situation actuelle du Japon aura fait l'effet d'un coup de tonnerre dans l'univers de l'énergie nucléaire, en rappelant grâce à cette actualité les dangers inhérent à cette production d'énergie. Le Japon pays des tremblements de terre savait pertinemment qu'un jour ou l'autre une catastrophe de ce type se produirait sur son sol. C'est inscrit dans le destin d'une île qui s'enfonce petit à petit sous la plaque tectonique eurasienne et qui est au confluent de quatre plaques tectoniques (Pacifique, Nord-américaine, des Philippines et Eurasiatique). Un tremblement aussi puissant s'était d'ailleurs déjà produit à l'époque de l'ère Meiji au 19ème siècle. Mais le Japon d'alors n'avait que des constructions en bois et aucun machinerie moderne capable de transformer une catastrophe naturelle en un désastre thermonucléaire. A l'heure qu'il est on ne sait toujours pas s'il y a eu fusion d'un réacteur à l'image de ce qui s'est passé en 1987 à Tchernobyl ou si ce ne sont que quelques fuites, il faut espérer que ce ne soit pas aussi catastrophique que ce qui s'est passé en URSS. Quoiqu'il en soit nous n'éviterons pas dans les jours prochains  un débat sérieux sur la question du nucléaire fissile, et en ces temps de pétrole cher peut-être aurons nous enfin un débat global sur la question énergétique dont le nucléaire n'est qu'une des composantes.  Oui je sais je suis un grand rêveur qui pensent encore qu'il reste à  nos dirigeants une once de sens des responsabilités.

 

Une catastrophe en grande partie anthropocentrique

 

  La première remarque que l'on peut faire sur la situation japonaise c'est que finalement si elle prend une telle ampleur c'est bien à cause de nos modes de vie modernes. Comme je le disais au début de ce texte, dans le japon d'autrefois tout était fait pour s'adapter aux contrainte naturelles de l'île, la plupart des habitations étaient en bois et l'on vivait en sachant que ce type de catastrophe pouvait très bien arriver. Si le Japon actuel subit de tels dégâts c'est particulièrement dû à la modernité technique et à l'interdépendance créer par la technologie moderne. Bien évidement l'on peut se préparer en construisant intelligemment et en préparant la population, mais le fait est que la nature est finalement toujours la plus forte, et malgré son avancée technique le Japon a été vaincu par un tremblement de terre. Mais plus grave encore que des ponts ou des routes brisées qui peuvent facilement se reconstruire, c'est le danger d'une explosion nucléaire qui rend cette crise naturelle anthropocentrique. En cas de grave contamination sur un territoire aussi exiguë que le Japon les dégâts provoqués par les techniques humaines seraient largement supérieures à long terme à celle directement imputables au tremblement de terre. C'est finalement la technique qui conduit un simple évènement naturel à prendre de telles proportions.

 

    Il n'est bien évidement pas question ici de jouer le  rôle du gentil écolo donneur de leçons, il n'est pas dans mon intention de faire l'apologie du retour en arrière qui est  aujourd'hui de toute façon simplement impossible. Mais il serait bon que l'homme moderne ravise un peu ses ambitions et réapprenne un peu l'humilité face à une réalité complexe et difficile à prévoir. Au-delà de la technique en elle même, c'est surtout cette orgueil et cette esprit de puissance et de maîtrise absolue de la réalité qui nous entoure, qui nous met régulièrement dans ces situations. Et ce qui est vraie pour l'écologie et les désastres naturelles, l'est tout autant pour ce qui est de l'économie et de la gestion de nos sociétés en général.  L'image de ces centrales nucléaires qui explosent alors que tout avait été prévue pour que cela n'arrive pas, nous fait bien évidement penser aux génies de la finance ou à nos vendeurs de paradis universelle néolibéraux qui avaient tout prévu eux aussi. Le même orgueil et la même prétention conduit à des catastrophes qu'il aurait pourtant été possible d'éviter si nous avions juger que décidément, en ces matières, même un risque infime est beaucoup trop grand pour être pris. Notre optimisme et nos certitudes nous tuent aussi sûrement qu'ils nous aveuglent. Au final ce n'est pas tant la science et la technique en tant que tel le problème, c'est l'effet d'aveuglement qu'elles ont sur l'esprit humain. C'est cette passivité avec laquelle nous accueillons le progrès technique sans en questionner l'utilité ou les dangers suivant les cas. La science et la technique semblent ainsi exclues de tout débat démocratique, comme si elles échappaient à la raison et à la force humaine. Le résultat de cela nous le voyons aujourd'hui, des catastrophes et un monde qui n'a plus de sens. Une monde qui se plie face à  ce qui ne devrait être qu'un outil au service de l'humanité. Il nous faudra réapprendre à domestiquer l'outil si nous voulons survivre au 21ème siècle.  

 

Le nucléaire fissile n'a pas d'avenir

 

    Concernant le nucléaire à proprement parlé, il est plus que temps de le remettre en cause et ce pour plusieurs raisons. La première est bien évidement la question de la sûreté, si la France est tout de même moins à risque sur le plan des tremblements de terre que le Japon, nous ne sommes pas du tout à l'abri d'une telle catastrophe. Et même si le risque nucléaire est infime, ses conséquences sont telles qu'elles invalident tout calcul d'évaluation économétrique. A combien estimer la perte d'une ou deux régions françaises à cause de radiations, sans parler des morts et des maladies à long terme. La deuxième raison pour arrêter le nucléaire fissile est à cause des déchets dont nous ne savons que faire, à part les enterrer en créant des problèmes pour les prochaines générations.  Ce problème des déchets n'est pas une simple lubie d'écolos, la durée de vie des matériaux radioactifs dépassant largement le cadre humainement imaginable. Il est simplement irresponsable de dire que l'on s'en occuper sur les dix milles prochaines années alors même que l'on ne sait même pas à quoi ressemblera la France en 2020. Hypothétiquement nous pourrions nous en débarrasser dans l'espace ou en les envoyant sur le soleil, mais nous ne prendrons jamais le risque qu'ils se répandent dans l'atmosphère en cas d'explosion d'une fusée.

 

Mais l'argument le plus important en faveur de l'arrêt du nucléaire fissile, à mon sens, reste quand même la question de l'épuisement de l'uranium à moyen terme. Car comme dans le cas du pétrole, l'uranium nous n'en avons pas en grande quantité  et le pic de production a d'ailleurs déjà été atteint. Ce qui veut dire que même si l'uranium permet à l'heure actuelle de produire une énergie moins cher, cela ne reste pas vrai indéfiniment. Même à consommation constante l'uranium va rapidement s'épuiser, et il faut en plus compter avec les nouvelles puissances industrielles et l'effondrement des productions d'hydrocarbures qu'il faudra bien compenser. Pour cette raison parier sur l'énergie nucléaire fissile relève plus de l'aveuglement qu'autre chose.

 

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Ensuite il faut arrêter de présenter le nucléaire comme un gage d'indépendance nationale, c'était peut-vrai autrefois mais la France d'aujourd'hui importe son uranium comme elle importe son pétrole. Ce n'est donc plus une garantie d'indépendance puisque nous dépendons de producteurs étrangers pour nous ravitailler. Il est vrai toutefois que les pays producteurs son moins concentrés et ne sont pas des nations à problèmes pour la plupart. La carte ci-dessous montre les principaux producteurs d'uranium de la planète, ils représentent à eux dix 94% de la production planétaire et la France n'en fait pas partie.

 

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  Dans les années qui viennent nous allons faire face à une mutation énergétique de grande ampleur qu'on le veuille ou non, cela commencera nécessairement par une diminution de  la consommation. Soit cette  diminution sera planifiée et organisée avec l'obtention d'un meilleur rendement énergétique moyen, soit cela se produira sous l'effet d'un effondrement du niveau de vie causé par la poussé des prix de l'énergie. Mieux vaudrait bien évidement que les états organisent la transition eux même, mais ce n'est pas en croyant que le marché le fera qu'on y arrivera. Ici l'idéologie néolibérale freine les possibilités d'adaptation en contraignant les états dans des limites aussi stupides que mortifères, que ce soit à cause des limitations monétaires produit par la privatisation de l'émission de monnaie, ce qui empêche toute réelle politique d'investissement public, ou par la paralysie que cette idéologie instille dans la tête de nos dirigeants.  Cependant cette transition ne nous mènera pas vers une age  nucléaire, les raisons je viens de les donner, et de toute façon après ce qui vient de ce passer au Japon, il y a peu de chance pour que les populations veuillent continuer à jouer à la roulette russe du nucléaire fissile. Il nous faudra donc être inventif, et nous orienter vers d'autres énergies comme j'en ai souvent parlé sur ce blog, dans ce texte par exemple. Des biocarburants de seconde génération, aux panneaux solaires, en passant par la géothermie ou l'éolien, beaucoup de voies peuvent être empruntées. Mais il faut que les pouvoirs publics fassent un effort au moins aussi grande que ce  qui a nécessité le développement du nucléaire, ou la généralisation de la consommation de pétrole.Car il faut bien voir qu'il y a eu une volonté publique, autrefois,pour construire la société du tout pétrole ou les parcs nucléaires, ce n'est pas le marché tout seul qui a orienté nos sociétés dans ce sens. Ce sont des politiques publiques qui nous ont mis dans la situation actuelle, elles seules peuvent donc nous en sortir. Il nous faut une vraie politique industrielle et technologique de transition énergétique. A plus long terme on peut toujours espérer avoir un jour accès à la fusion nucléaire, mais cela reste encore de la science fiction à l'heure actuelle.

 

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Published by Yann - dans écologie
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commentaires

Jean Vladimir Térémetz 14/01/2012 13:00


Quelle radioactivité ? !   


 


                 Quelles énergies renouvelables ? ! 


 


                                    Quelles économies d’énergie ? ! 


 


                                                    Page 91 de
l’ouvrage


 


            www.liberes-des-mathematiques-savoir-enfin-ce-qu-est-l-univers.net :


 


 


                              L’énergie atomique inoffensive et inépuisable


 


 


   Les atomes de cet univers sont donc en perpétuelles pulsations. Pourquoi sur cette terre, leur  énergie pulsatoire, les micropoussées qu’ils ne cessent pourtant
de pro- duire, ne rayonnent-elles pas ? !


   Parce que ici sur cette terre, ils ne sont donc pas séparés les uns des autres, indépendants les uns des autres, mais sont agglomérés en molécules et ainsi ag- glomérés les uns
contre les autres, absorbent les micropoussées les uns des autres. 


   Mais alors pourquoi ces atomes, pourtant en continuelles pulsations, sont-ils tout de même agglomérés en molécules ?!  Pourquoi leurs continuelles micropoussées réciproques ne
les maintiennent-elles pas indépendants les uns des autres ? !


   Parce que bien sûr ils sont de tailles différentes et que continuellement, les grands atomes repoussant plus les petits que ceux-ci ne les repoussent, ils se retrouvent toujours tous
systèmatiquement agglomérés les uns contre les autres, les plus petits entourés de plus en plus grands qu’eux. 


   Au contraire, et nous y sommes, lorsque des atomes en présence sont tous d’une seule et même taille, pulsant tous continuellement à égalité, se repoussant tous con- tinuellement à
égalité les uns les autres, ils ne peuvent être agglomèrés les uns con- tre les autres et restent séparés les uns des autres.


   Ainsi donc il ne va suffir que de mettre en présence, non des atomes de toutes sortes de tailles comme on le fait actuellement dans les “Cavités Perot-Fabry” pour obtenir des
rayonnements “laser”, mais des atomes d’une seule et même taille (des plus grandes, celles dont les fréquences de pulsation nous sont inoffensives) pour que l’énergie de ces atomes rayonne
indéfiniment.


   Pour peu donc que nous accordions des cavités Perot-Fabry à la fréquence de pulsation des atomes d’une seule et même taille que nous aurons choisi d’y mettre et nous aurons alors des
cavités Perot-Fabry en perpétuelle “stimulation maximale”, ne nécessitant plus aucun apport d’énergie une fois emplies des atomes choisis et délivrant indéfiniment une énergie “lasèrique” que
nous transformerons bien évi- demment en énergie électrique, inoffensive, inépuisable et indépendante de tout.


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

clovis simard 24/08/2011 22:31



Bonjour,


 


Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.


 


Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.


 


La Page No-24, THÉORÈME DE L'ALLEMAND


 


Les trois (3) âges de la SCIENCE: FIN NUCLÉAIRE !!


 


Cordialement


 


Clovis Simard



clovis simard 30/05/2011 13:08



Bonjour,


Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.
      
Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.


La Page No-24, THÉORÈME DE L'ALLEMAND


Les trois (3) âges de la SCIENCE: FIN NUCLÉAIRE !!


Cordialement


Clovis Simard



yann 17/03/2011 20:15



@Damien


Il ne faut pas tomber non plus dans l'excès ce qui se passe au Japon est grave mais leur pays s'en remettra probablement. J'espère au moins que cette expérience malheureuse arrivera enfin à
convaincre nos autorités que le progrès a un prix et que parfois ce prix est trop élevé. Le nucléaire fissile est trop dangeureux pour être utilisé massivement dans la production énergétique.


@red2


L'Allemagne est bien sûr en avance dans son orientation énergétique. Par contre je ne suis pas sûr qu'il en soit déjà à pouvoir se passer du nucléaire. D'ailleurs ils sont peut-être meris à
brûler du charbon ou ce genre de chose, il faut que je me renseigne. Sur les panneaux solaire j'ai quelques espoirs sur les technologies OLED, celles-ci permettent de produire des semi-conducteur
en matière souple et organique à faible côut de production. Les panneaux solaires actuels ont un rendements pas terribles et coût quand meêm assez cher si l'on veut en généraliser l'usage il faut
faire baisser leurs prix et améliorer les rendements ou au moins la durée de vie.  De toute façon pour sortir du pétrole et du nucléaire il faudra certainement un mélange de tout un tas de
techniques complémentaires, le solaire ou l'éolien tout seul ne pourront pas compenser.


@Joe Liqueur


Je ne suis pas pessimiste je suis comme Saint Thomas je ne crois que ce que je vois . Et pour l'instant la fusion reste
de la SF en pratique on toujours pas de réactuer à fusion qui puisse remplacer les productions classiques. De plus je base toujours mes réflexions sur le pire des cas possibles, je suis de nature
prudente, je part donc du principe qu'il faille résoudre les problèmes avec des technologie qui fonctionnent déjà et non des technologies qui hypothétiquement pourraient fonctionner en
2050. Maintenant il faut bien évidement continuer à chercher, et pas uniquement dans le domaine de la fusion.



Joe Liqueur 17/03/2011 00:56



@ Red2


Le solaire pose aussi de sérieux problèmes d'approvisionnement en matières premières (silicium, métaux rares).


@ Yann


Je te trouve bien pessimiste concernant la fusion (et aussi concernant l'exportation extra-terrestre des déchets issus de la fission)… Science & Vie (numéro de mars) m'a paru un peu plus
optimiste (avec beaucoup de nuances) au sujet de la fusion. Plus généralement j'ai tendance à croire comme toi que la fission n'a pas d'avenir (et pour le problème d'approvisionnement en uranium
je te donne globalement raison) ; mais justement je pense que l'avenir c'est la fusion. En attendant je crois qu'on pourrait adopter la fission de troisième (EPR) ou quatrième génération (HTR), à
titre transitoire.