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Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.

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La mort de l'UE est-elle pour bientôt ?

 

Nous finissions l'année avec une question simple et qui devrait être au cœur des préoccupations des Français tant le poids de cette institution est écrasant dans la responsabilité des difficultés économiques françaises, mais plus généralement européennes. L'UE pourrait-elle bientôt disparaître ? La question se pose puisque le créateur de la construction européenne à savoir les USA semble remettre en question à l'heure actuelle leur créature. Il est vrai que cette année fut difficile pour l'UE en matière économique. Le modèle allemand prend l'eau essentiellement à cause de la concurrence chinoise, le poids du prix de l'énergie dans cette affaire étant largement surestimé à mes yeux. C'est surtout la montée en gamme chinoise et l'invasion de productions automobiles de ce pays qui remettent en question le modèle germanique que l'Allemagne et l'UE ont imposé à tous les pays du continent à travers la monnaie unique.

 

De fait si l'UE était à l'origine un projet américain pour soumettre le continent à leurs intérêts, c'est l'Allemagne qui a utilisé ce projet ensuite en le retournant pour son propre intérêt avec la complicité des élites françaises dont on ne saura probablement jamais s'il s'agissait de corruption, de trahison volontaire, ou d'une bêtise profonde. Mais si l'UE était un projet présenté bien souvent comme la construction d'une nation européenne, la réalité est tout autre. L'UE fut avant tout la pointe avancée du globalisme et du néolibéralisme le plus déchaîné. L'autoritarisme et la bureaucratie auquel on attache l'UE aujourd’hui en la présentant comme une espèce de nouvelle URSS diffère très largement des principes communistes. La bureaucratie européenne n'a comme seule vocation que la réduction permanente de l'action des états membres. L'UE n'a qu'un seul but depuis le début, celui de réduire à rien les solidarités nationales, et les interventions étatiques. C'est dans ce but que furent façonnées l'énorme bureaucratie européenne et ses lois largement absurdes.

 

Ceux qui présentent le projet européen comme une unification du continent ou la volonté d'une structure étatique plus grande se trompent ou trompent volontairement les lecteurs naïfs. Au sein même de la structure européenne sont intégrés les principes du laissez-faire et du libre marché. La construction européenne fut à la fois un projet de vassalisation du continent aux intérêts US et une chambre d'expérimentation à grande échelle des délires néolibéraux et ordolibéraux. L'UE était donc l'avenir du monde tel que le pensaient ces courants économiques. Un monde sans nation, sans état en réalité, où chacun pourrait vaquer à ses propres occupations selon ses propres intérêts sans se préoccuper d'autre chose. C'était ça le fond du projet européen. Et c'est d'ailleurs pour cela qu'il a toujours eu pour seule ambition l'extension permanente sans aucun approfondissement de quoi que ce soit. Le but était d'aller plus loin que la globalisation en effaçant simplement l'idée même de nation. Rappelons que l'excellent documentaire sur la construction européenne de Camille Adam résume assez bien le projet.

 

L'UE, les Européens et la gueule de bois post-globaliste

 

Il peut sembler à première vue paradoxal de décrire l'UE comme une structure « libérale », mais il faut bien comprendre qu'il s'agit d'un libéralisme au sens économique du terme. La liberté qui importe pour l'UE a toujours été celle des entreprises et du capital. La liberté d'expression, la démocratie ou la liberté des citoyens n'a en réalité aucune importance pour ce courant, même si, à première vue, il y a le mot liberté dans leurs doctrines. C'est la fameuse opposition que je fais entre le libéralisme économique et le libéralisme politique. Une opposition que beaucoup ne veulent pas voir et qui pourtant me paraît fondamentale. Car dans un cas un euro égale une voix alors que dans l'autre un homme égale une voix. Les deux systèmes ne peuvent pas vivre ensemble sans de très nombreuses contradictions qui finissent par apparaître au bout d'un moment. Dans le cas de la construction européenne, l'on voit bien que le poids des citoyens ou des urnes est complètement nul en réalité. Le pouvoir des capitalistes, et des très nombreux lobbys qui interfèrent dans les institutions européennes, pèsent largement plus que les élections dans les grands choix économiques qui sont pris.

 

Mais comme vous le savez, l'UE a été conçue pour un monde dominé éternellement par les USA et leur doctrine globaliste. Le reste du monde devait devenir comme l'UE, un simple marché où aucune notion de frontière et de nation ne devait subsister en théorie. Cependant, ce rêve ultime d'un monde sans nation s'est fracassé sur la dure réalité du monde. Comme c'est toujours le cas avec les idéologies, me direz-vous. Le premier drame concerne l'UE elle-même. Si les principes du laissez-faire étaient vrais, aucune nation n'aurait dû se distinguer au sein de la construction européenne où la concurrence est libre et non faussée. Pourtant l'on distingue largement des gagnants et des perdants dans l'UE et dans la zone euro. L'Allemagne et la Pologne furent les grands gagnants du système. L'Italie et la France furent les deux grands perdants. Les inégalités intrinsèques entre les nations d'origine diverses ont été maximisées par le système européen. Loin de favoriser une convergence économique entre les peuples pour réaliser son monde de consommateur et producteurs sans frontières l'UE a fait complètement diverger les économies européennes.

 

La divergence est ancienne, mais elle a véritablement explosé avec la mise en place de l'euro. C'est le grand paradoxe de la construction européenne finalement. En voulant faire disparaître les nations d'Europe physiquement et économiquement, l'UE a finalement exacerbé les différences entre les peuples du continent, remettant même en marche des haines entre peuples qui avait pourtant disparu depuis la dernière guerre. L'UE a en fait montré en pratique que les peuples et les nations existent en dehors même des structures qui les représentent. Vous pouvez supprimer les frontières, les monnaies, les drapeaux et même les langues et pourtant demeurent l'anthropologie, les comportements sociaux et les rapports entre les individus et les familles qui sont propres à chaque peuple. Les Français sont des Français même si vous leur donnez la même monnaie que l'Allemagne. Tout ce que vous obtenez en faisant ça, c'est la paralysie du pays, et son appauvrissement. C'est bien le grand enseignement de la construction européenne, les nations sont bien plus profondes qu'on ne le croit généralement.

 

Le second problème de l'UE c'est que la globalisation, qu'elle devait devancer en tant que projet postnational, s'effondre. Sous les coups mêmes des Anglo-saxons qui l'avaient conçu. À dire vrai ce n'est guère surprenant puisqu'en réalité la globalisation était surtout une américanisation de la planète. Les USA étant au cœur du système par l'intermédiaire du rôle du dollar. Le projet étant cependant trop grand pour eux. Soumettre l'Europe et le Japon était sans doute possible, mais le reste du monde et la Chine c'était beaucoup trop. Dans le système globalisé c'est le plus gros qui s'impose, or les USA ont trouvé plus gros qu'eux avec la Chine. La globalisation devient donc de plus en plus une sinisation planétaire, c'est déjà largement le cas commercialement et industriellement. Les USA dominent encore le système linguistique, financier et culturel, mais pour combien de temps ? La part du dollar en termes de réserve ne cesse de s'éroder et l'éventuelle crevaison de la bulle IA pourrait précipiter la fin de l'Empire américain.

 

 

L'UE se retrouve donc devant deux énormes problèmes. Le premier est l'échec de l'unification économique. Le marché européen s'est transformé en une machine de transfert des richesses de l'Ouest vers l'Est dans l'intérêt de l'Allemagne et de ses satellites de production. En paralysant les nations membres, elle a également tué la créativité du continent. Ce qui explique le marasme général et l'absence européenne dans les technologies nouvelles. Le second c'est que le monde ne se dirige plus vers un monde globalisé sous domination US, mais vers une division entre plusieurs pôles économiques. Dans ce cadre l'Europe des nations d'un De Gaulle aurait pu devenir l'un de ces pôles en intégrant la Russie, mais l'UE et les USA ont rendu cela impossible. L'UE a donc perdu à la fois sur le fond, son modèle économique est un échec absolu. Mais aussi sur l'avenir, elle ne fait plus rêver parce que son rêve est anachronique. Un anachronique qui se voit de plus en plus l'UE étant incapable de se protéger ou d'avoir des projets collectifs puisque son but reste la dissolution des nations et le laissez-faire économique. Elle est donc distancée par tous les autres acteurs économiques qui eux n'hésitent pas du tout à utiliser tous les outils d'un état moderne en matière d'intervention économique.

 

Les allemands rêvent complètement en pensant pouvoir concurrencer la Chine

 

Alors que les Américains renversent la table parce que le jeu ne leur est plus favorable, les Européens restent paralysés par le système de la construction européenne. Même l'Allemagne qui souffre énormément de la montée en puissance de la Chine reste enfermée dans ses dogmes et pousse à signer toujours plus de traités de libre-échange. Elle vit ici dans des illusions. Le traité de libre-échange avec le Mercosur détruira l'agriculture française sans pour autant bénéficier aux exportateurs allemands. Même sur les biens d'équipement l'Allemagne est maintenant dépassée. Il faudrait donc un changement rapide de paradigme économique, et il faudrait refermer les frontières commerciales avant qu'il ne soit trop tard. Mais l'UE en est incapable. Son explosion est donc inéluctable. La seule question est de savoir quand. Il faut espérer que comme Emmanuel Todd l'affirme la défaite en Ukraine soit le déclencheur d'une remise en cause générale des élites européennes et de l'UE. Plus la fin, de l'UE, et de l'euro, tardera et plus la souffrance de la population sera grande.

 

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L
Ayant failli crever d'un troisième infarctus l'avant veille de Noël (les retraités inutiles s'accrochent, dirait avec mépris Jacques Attali à sa concierge) je me permets de savourer ici une petite victoire personnelle, puisque j'avais défendu ici contre vous l'idée que l'erratique Trump devait malgré tout et logiquement saborder la danseuse décrépie et acariâtre UE, la vassalité des États européens pouvant être avantageusement entretenue par des négociations au cas par cas.<br /> Mais rassurez-vous, vous n'êtes pour rien dans l'horizon bouché de mes coronaires, une relation psychosomatique avec l'avenir de la bureaucratie européenne étant plus vraisemblable (je ne plaisante qu'à moitié, je suis persuadé que ce régime rend malade un nombre incalculable de gens). <br /> De la même manière, je ne vais pas faire une nouvelle montée de troponine de notre petit différend sur le rapport entre le libéralisme économique et le libéralisme politique. Je reste simplement marxiste sur la question, ces deux doctrines n'étant pour moi que des superstructures superposées, la deuxième ayant toujours servi de cheval de Troie à la première pour arriver à la situation d'asservissement que nous connaissons aujourd'hui. <br /> Mais peut-être serons nous d'accord sur le fait que la superstructure (ou le gadget) "libéralisme politique" puisse stratégiquement servir de cheval de Troie en retour ? Cela afin de réaliser une réelle répression du pouvoir financier et de son bras armé le pouvoir médiatique. Si cela n'est que le moyen justifié par la fin, je veux bien être libéral jusqu'à l'os. <br /> À ce sujet, j'ai relu d'ailleurs plus attentivement à l'hosto "La défaite de l'Occident" de Todd (je l'avais mise dans mon sac de voyage juste avant de m'évanouir devant les pompiers). Je n'avais pas réalisé d'emblée à quel point le livre était pessimiste entre les lignes à travers la situation des États-Unis et de l'Angleterre ces deux berceaux du libéralisme (Le troisième est la France et il n'en dit pas un mot, c'est dire !). <br /> L'implosion du corps social de ces deux matrices étant actée, au point que Todd juge improbable autant qu'illusoire tout "réveil" des peuples respectifs, je ne vois pas comment le libéralisme politique pourrait leur survivre ? En tout cas, je vois mal le nécessaire retour à la nation emprunter à nouveau ce sentier battu. <br /> Cela dit, je dois m'occuper de ma convalescence et traiter une belle entrecôte grassouillette à souhait, à donner la nausée à mon cardiologue. Encore une que les euros-écolos végans n'auront pas. <br /> Bon réveillon et à l'an prochain.
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Y
Je suis navré d'apprendre vos problèmes de santé. J'espère votre bon rétablissement. <br /> <br /> « Mais peut-être serons nous d'accord sur le fait que la superstructure (ou le gadget) "libéralisme politique" puisse stratégiquement servir de cheval de Troie en retour ? »<br /> <br /> La population reste attachée à l'idée démocratique même si la démocratie dans laquelle nous avons prétendument vécu n'était qu'une arnaque bourgeoise et non la résurrection du système politique de l'époque de Périclès qui n'avait pas grand-chose à avoir avec ce que nous appelons la démocratie aujourd'hui. On peut effectivement s'appuyer sur cette affection pour l'idéal démocratique à fin de renverser la véritable tyrannie des rentiers qui s'est installée en France et en occident. D'autant qu'ils n'ont même plus l'argument de la prospérité et de l'innovation comme argument avec la Chine communiste qui leur met la pâtée du millénaire. <br /> <br /> « L'implosion du corps social de ces deux matrices étant actée, au point que Todd juge improbable autant qu'illusoire tout "réveil" des peuples respectifs, je ne vois pas comment le libéralisme politique pourrait leur survivre. En tout cas, je vois mal le nécessaire retour à la nation emprunter à nouveau ce sentier battu. »<br /> <br /> Les Français restent attachés à l'idée d'égalité. Si la démocratie peut survivre, c'est bien chez nous. Les USA et la GB peuvent très bien se contenter de vivre dans une société technoféodale en continuant à faire semblant de jouer les démocrates. Chez nous cela va beaucoup moins bien se passer, je pense.