Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
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Tout d'abord, bonne année 2026 à tous. L'année 2025 fut difficile pour le pays, mais riche en évènements quand on y pense. En particulier sur le plan géopolitique. Quand j'y pense, cela fait déjà trois ans et demi que j'ai repris le blog en essayant d'être un peu plus régulier qu'autrefois. Ce modeste blog datant en réalité de 2009, j'ai parfois l'impression que c'était il y a un siècle déjà. Mais j'ai toujours l'impression que rien ne change et que mon pauvre pays que j'aime tant ne sortira jamais de la lente agonie dans laquelle il est entré à partir des années 70. Nous nous enfonçons toujours un peu plus même lorsque l'on pense avoir touché le fond comme c'est le cas avec Emmanuel Macron. Je ne parlerai pas de son discours d'hier, j'avoue ne pas l'avoir écouté. Ce personnage grotesque n'a simplement aucun intérêt pour moi-même si l'on peut penser parfois que l'histoire l'utilise à des fins étranges et contre-intuitives. Comme pour le pauvre Gollum dans la célèbre œuvre de Tolkien, Macron pourrait avoir un destin, non pas glorieux, comme il aimerait le penser, mais comme outil de renouvellement du champ politique français à son insu en déclenchant un ras-le-bol généralisé du pays.
De fait, l'on peut espérer finalement que cette année 2026 soit avant tout une année de transition. On ne sait pas encore bien évidemment si la guerre en Ukraine va officiellement se terminer même si les jeux sont déjà faits. Emmanuel Macron et toute la classe politique française et européenne risquent de passer un très mauvais moment lorsque la paix sera signée sans eux malgré les énormités qu'ils ont sorties sur ce conflit depuis son début. Je suis assez d'accord avec Emmanuel Todd sur cette question, les élites européennes vont être complètement délégitimées. Et si les élites françaises le sont déjà passablement c'est une tout autre affaire dans les autres pays d'Europe en particulier en Allemagne ou la montée de l'AFD est tout simplement spectaculaire. La défaite officielle en Ukraine pourrait précipiter ce pays dans une crise de régime à terme beaucoup plus violente qu'en France, puisque les Allemands sont des gens sérieux, eux.
Même si l'UE fête aujourd'hui le suicide collectif bulgare avec l'entrée de ce pays dans la zone euro, l'énergie n'y est plus. L'UE est un canard sans tête qui n'a ni stratégie ni pensée collective. Et ce n'est guère étonnant puisque comme je l'ai déjà expliqué à mainte reprise, l'UE a été conçue pour justement tuer la possibilité de faire des politiques économiques. La seule chose que l'UE sait faire c'est signer des traités de libre-échange et déréguler toujours plus l'économie et abaisser les droits des travailleurs. Elle fera exactement la même chose en 2026, en 2027, en 2050 et cela jusqu'à la mort de tous les Européens. Car le monde change, l'UE ne change pas, elle ne s'adapte pas, elle laisse faire le marché. Notre région du monde décline de plus en plus vite et la montée en puissance très rapide de la Chine devrait non seulement casser l'économie allemande, mais aussi bientôt les pays qui jusque là avaient largement bénéficié de l'UE comme la Pologne ou la République tchèque. L'hypothèse d'une entrée de l'Ukraine dans l'UE accélérerait probablement encore plus la montée des tensions entre les pays d'Europe se partageant les dernières miettes d'industrie, que la Chine n'aura pas cannibalisée.
Ce qui est certain en tout cas c'est que si les pays européens restent dans cette situation, le continent devrait connaître un déclin équivalent à celui de l'Empire ottoman au 19e siècle. Il avait l'un des plus fameuses manufactures artisanales du monde, mais le laissez-faire et le libre-échange ont condamné très rapidement cet immense Empire. Il est tout à fait possible d'imaginer une Europe réduite à un territoire de misère dans les dix ans qui viennent. C'est déjà arrivé dans l'histoire et pour les mêmes raisons qui conduisent aujourd'hui le continent au déclin, le laissez-faire économique. 2026 sera donc une année importante pour voir les changements dans l'UE. L'Allemagne laissera-t-elle son industrie mourir comme la France ? Ce sera la grande question économique de 2026. pour l'instant Berlin essaie de limiter les dégâts en subventionnant l'énergie, mais cela souligne surtout que les dirigeants allemands n'ont pas conscience que le prix de l'énergie n'est qu'une partie du problème.
Je ne sais pas si cela est le produit d'un certain racisme ou d'un manque d'ouverture d'esprit, mais la focalisation sur la question du prix de l'énergie fait rater l'essentiel du problème à savoir que la Chine devient le seul pays mercantiliste de la planète, elle écrase tous les autres. Et la situation ne changera pas avant des années, le temps que l'effondrement des naissances fasse ses effets sur le dynamisme chinois. Il est vain de croire que l'on pourra concurrencer un tel pays maintenant qu'il a rattrapé son retard éducatif et technologique, c'est tout simplement irréaliste et même raciste de penser ça. Le protectionnisme minimal est la seule porte de sortie et les exportations vont devenir de plus en plus difficiles pour les anciens pays développés. Donc 2026 va être l'année où peut-être les Européens vont enfin réaliser qu'ils sont finis économiquement s'ils laissent les portes ouvertes. Si nous sommes incapables de comprendre cela en restant dans nos certitudes suprématistes, nous deviendrons le nouveau tiers-monde, mais sans avoir les ressources naturelles et avec le froid.
Mais il n'y a pas qu'en Europe que 2026 va être une année charnière, ce sera probablement le cas aussi aux USA. Tout d'abord, parce que les élections de mi-mandat arrivent cette année aux USA. Et les derniers résultats électoraux pour Trump, et son mouvement, n'ont pas été terribles, c'est le moins que l'on puisse dire. Le mouvement MAGA commence à avoir du plomb dans l'aile et à décevoir beaucoup de ses électeurs. Mais il pourrait encore conserver le pouvoir en comptant sur la très grande nullité de ses adversaires. Il faut dire que si certains crient au triomphe en particulier avec les derniers chiffres de la croissance économique, il faut prendre ces chiffres avec des pincettes. La bulle IA tire la croissance US en camouflant la crise dans les autres secteurs de l'économie américaine. Et si le protectionnisme de Trump a effectivement réduit les importations directes en provenance de la Chine, le déficit global reste au même niveau qu'avant l'arrivée de Trump. Ce qui est un échec assez profond de ses politiques. Comme je l'ai déjà expliqué, les producteurs exportent simplement d'autres pays que la Chine. Et la solidité des exportations chinoises montre qu'en réalité les productions chinoises sont simplement assemblées ailleurs pour passer les douanes USA sans trop de taxe.
J'ai vu dans l'élection de Trump une resucée de l'élection de Ronald Reagan dans les années 80. Il avait aussi un discours de rupture et de protection pour l'industrie US qui s'est finalement transformé en de simples accords de financement de la dette extérieure US par le Japon et l'Allemagne à l'époque. Il n'y a jamais eu de réindustrialisation. C'est un peu pareil avec Trump. Son protectionnisme est approximatif et vise simplement à nuire à la Chine bien plus qu'à réindustrialiser réellement les USA. Nous verrons cependant cette année si le Trumpisme a réellement relancé l'industrie locale. J'ai quelques doutes sur la question, mais je peux bien évidemment me tromper. Nous ferons le point dans quelques mois sur les USA. Mais finissons également par l'évolution de l'autre grande puissance à savoir la Chine. On pourrait dire que tout va bien pour eux puisque la Chine commence à dominer le commerce international. Malheureusement, c'est surtout le signe des problèmes internes du pays. Les industriels cherchent des débouchés externes parce que la demande intérieure ne suit pas la production. Dans les derniers trimestres, les exportations ont représenté la moitié de la croissance chinoise.
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À mon sens la crise interne chinoise va petit à petit entraîner une crise de la demande mondiale. La chine à travers son poids et sa domination technologique et industrielle va exporter sa déflation interne vers l'extérieur. Et contrairement aux idées reçues, une déflation n'est pas une bonne chose. Cela pousse les consommateurs à attendre et à repousser leur consommation, tout comme cela pousse à épargner. Par effet secondaire, les producteurs finissent à terme par réduire leurs investissements, ce qui pousse le chômage à la hausse et donc nourri encore plus la baisse de la consommation et la déflation. C'est une mécanique bien comprise depuis la crise de 1929. Cette crise de surproduction est aujourd'hui bien entamée en Chine d'autant que le taux d'épargne reste délirant . Les politiques de grands travaux de l'état chinois ne suffisent plus à compenser la tendance à la sous-consommation de la population chinoise. Et cela va devenir désormais le problème de la planète exactement comme la crise américaine est devenue mondiale dans les années 30 à cause du poids exercé par ce pays.