Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
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Je vous souhaite, un peu en avance, un joyeux Noël à tous. L'année fut riche en événements et donc en sujet pour le blog. Même s'il faut bien admettre que cette année fut très difficile pour notre pays, celui-ci s'enfonçant dans une crise économique et politique de plus en plus grave. Emmanuel Macron en refusant le résultat des urnes en démissionnant, comme le voulait le sens de nos institutions même si cela n'était pas formellement écrit, a conduit le pays dans une impasse. Une impasse qui lui permet de continuer ses politiques absurdes, mais qui est passablement dommageable pour le pays à long terme et pour la démocratie. Il oublie d'ailleurs que pour qu'une politique soit réellement efficace elle doit être soutenue par la majeure partie de la population, surtout dans le domaine économique. Difficile de redresser la barre si personne ne vous suit et que vos politiques s'arrêtent à quelque propos donné seul derrière un prompteur. C'est pourtant ce que le macronisme fait depuis quelques années déjà sans grand succès comme on pouvait le prévoir.
Comme nous en avons déjà parlé, la Macronie face à ses échecs répétés a multiplié les mensonges d'état. Le désastre de la politique de l'offre qui a fait exploser la dette publique, les déficits, sans pour autant dynamiser l'investissement productif, a produit la crise que nous vivons actuellement. Car contrairement aux discours qu'on entend souvent de la part de libéraux, ce n'est pas la dépense publique pour les services publics qui a explosé, mais bien les aides aux entreprises. Plus particulièrement, les baisses d'impôt, et la défiscalisation, qui devaient soi-disant apporter la croissance, en enlevant les lestes des pauvres entrepreneurs si mal traités dans notre république communiste. La réalité c'est que l'état a suivi à la lettre les recommandations des idéologues du libéralisme, et cela n'a rien produit à part un manque à gagner pour l'état et une explosion de dette. Et pour cause, nous en avons déjà parlé sur ce blog. Pour investir, il ne suffit pas d'avoir des marges. Vous pouvez donner toutes les marges, et les bénéfices possibles pour les entreprises, elles n'investiront que si elles voient un intérêt à le faire et des gains à y gagner.
Je suis surpris parfois de voir à quel point les gens qui prétendent défendre les entreprises et les activités privées être à ce point incompétent quant à la compréhension des processus économique du capitalisme. À croire que ceux qui défendent le capitalisme ne le comprennent simplement pas. Ce qui en soi expliquerait au passage pourquoi ils glorifient autant ce système. Les politiques de l'offre n'ont de sens que s’il y a une forte demande adressée aux entreprises. Dans ce cas-là, effectivement baisser les charges et augmenter leurs marges peut les aider à investir plus et à créer plus d'emplois. Mais, si cette condition n'est pas là, et autant vous dire que cela fait longtemps qu'elle n'est plus là en France, et bien les entreprises n'investissent pas plus. En tout cas, elles n'investiront pas en France puisque les frontières sont ouvertes, à la limite, elles vont se désendetter. Mais cela ne dynamisera en aucun cas l'investissement dans le pays. Il y a derrière ces raisonnements une vision de l'entrepreneuriat et du capitalisme, quasi mystique et magique. L'entrepreneur tout puissant qui ne cherche que le bien du monde, la création et dont le seul problème serait le gros méchant état qui lui mettrait des boulets aux pieds.
Après 50 ans de néolibéralisme, et alors que le monde anglo-saxon essaie péniblement de sortir de la catastrophe que cette idéologie a engendrés, il est absolument pathétique de voir des gens continuer avec ces visions infantiles du capitalisme. En particulier chez les politiques à l'image d'un Alain Madelin ou d'un David Lisnard. Les entrepreneurs capitalistes sont égoïstes, ne pensent qu'à leurs bénéfices et n'ont cure de la situation du pays ou de la société dans laquelle ils vivent. Il faut bien se mettre ça dans le crâne. Le goût du lucre et le veau d'or sont des outils puissants pour mobiliser les hommes, surtout dans une société qui ne croit plus en rien et qui n'a plus que ça pour agir collectivement, mais mal utilisé, ils peuvent se révéler fatals à une société. Le macronisme a très mal utilisé l'engouement pour l'enrichissement de nos entrepreneurs. Ils n'ont pas su l'encadrer de façon à ce que leurs égoïsmes finissent par réellement favoriser l'intérêt général. En même temps, lorsque l'on croit naïvement que l'intérêt général découle des seuls mécanismes du marché, il ne faut guère s'étonner de cette erreur.
La France a besoin d'un gros bâton
Avant de faire des politiques économiques, il est donc important de comprendre comment fonctionne réellement le monde économique. Et quoiqu'en disent les démagos du libéralisme, ils ne sont pas beaucoup plus aptes à en parler que les communistes. Ces derniers avaient au moins conscience des limites du système capitaliste, même si leurs solutions furent bien souvent inadaptés à la mentalité des populations. Pour en revenir à notre sujet, l'échec de la politique de l'offre a transformé la macronie, qui fut pendant un court laps de temps populaire, du moins chez les couches sociales supérieures, en une machine à faire de la propagande d'état. Ne pouvant pas changer la réalité, on a changé la représentation de la réalité. C'est particulièrement vrai sur les données comme le chômage et la production industrielle. On a vanté une baisse du chômage qui fut en réalité extrêmement modeste, et qui a consisté surtout à produire une multiplication d'emplois précaires et d'autoentrepreneur. De l'autre, on a carrément vendu une réindustrialisation qui n'a jamais eu lieu. En jouant sur les mots, en parlant du nombre d'usines sans jamais parler de production en valeur et en quantité.
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De fait, il semble qu'aujourd'hui la macronie soit enfin rattrapé par ses mensonges et que plus personne ne les croit même quand, par le plus grand des hasards, ils disent la vérité sur un quelconque sujet. De fait aujourd'hui la France a effectivement un grave problème d'emploi, et il est bien malheureux que la macronie par ses mensonges ait fini par faire croire que ce n'était plus le cas. Pour preuve, la réforme de l'assurance chômage, qui n'a fait que multiplier les pauvres et non baisser le nombre de chômeurs. Car non, les chômeurs ne le sont pas par choix, contrairement aux discours crétins tenus par les tenants du libéralisme. C'est pourtant ce fantasme du plein emploi macronien qui justifier ces politiques de démolition des droits des chômeurs, droits pour lesquels ils avaient pourtant cotisé. Cerise sur le gâteau, en jetant autant de gens dans la misère, Macron a simplement aggravé la crise de la demande intérieure alimentant l'orientation à la baisse des investissements des entreprises. Car c'est la demande anticipée qui pilote essentiellement l'investissement privé, et pas grand-chose d'autre.
Si nous voulons relancer l'investissement des entreprises, il faut donc d'abord reconstruire un environnement dans lequel elles auraient intérêt à le faire à moins de changer complètement de système économique et d'abandonner le capitalisme. Pour ce faire, il faut manier à la fois la carotte et le bâton, les libéraux aiment bien manier la carotte, mais oublient que cela ne mènera nulle part, si l'on ne manie pas aussi le bâton avec. La carotte c'est à la fois des politiques fiscales favorables, et une demande intérieure qui leur ait adressé qui les motive à investir. Le bâton, ce sont les frontières et les politiques monétaires. Des frontières sur les capitaux pour limiter leurs investissements à l'extérieur du pays, des frontières sur les marchandises pour leur interdire de jouer sur les importations pour répondre à la demande nationale. Et enfin une politique de change favorable à la production nationale visant à amoindrir le coût de nos exportations et à revaloriser le coût des importations. Sans ce cadre-là, il n'y a simplement aucune chance pour redresser la barre de l'investissement nationale.
Car si vous faites une augmentation de la demande interne par des investissements publics, comme c'est souvent vendu à gauche, vous ne créeriez essentiellement que des activités de services, les industriels pouvant importer d'ailleurs pour beaucoup moins cher. Ce qui mécaniquement se traduirait par une dégradation de notre balance commerciale qui est déjà passablement déficitaire. À l'inverse si vous ne faites que dévaluer et baisser les charges, vous accroîtriez la compétitivité externe, mais comme les autres pays de l'UE font de même, et que la croissance sur le continent est très faible, vous ne feriez qu'améliorer la balance commerciale sans créer vraiment de croissance et d'emploi. Pour sortir de la crise actuelle, il faut donc une véritable politique keynésienne. À savoir une politique qui combine une amélioration de compétitivité externe par des dévaluations, et du protectionnisme, à une relance de la demande interne pour stimuler l'investissement privé. Évidemment, ce genre de politique n'est pas possible dans le cadre européen actuel.