Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
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Les médias ont énormément parlé dernièrement de la politique de Donald Trump concernant l'immigration en particulier de la désormais célèbre organisation ICE qui est utilisé massivement de façon assez spectaculaire contre l'immigration clandestine aux USA. La méthode de Trump est effectivement assez expéditive et probablement inutilement violente par moment. Il faut tout de même admettre deux choses sur cette question. Tout d'abord pour une fois un homme politique applique réellement son programme. Il a été élu en partie pour mettre fin à l'immigration illégale et il le fait. C'est assez différent de ce qui se passe en Europe où la plupart des partis et des hommes politiques qui parlent de mettre fin à l'immigration ne le font jamais, quand ils ne font pas carrément le contraire à l'image de la politique de Meloni en Italie qui a troqué les illégaux contre des légaux en changeant simplement leur statut. La plupart des partis politiques en Europe font ainsi parce que le patronat européen veut toujours plus d'immigrés parce qu'il a une peur atroce de l'inflation et de la hausse des salaires.
Même si la méthode déplaît, il est indéniable qu'il y a ici une application des principes démocratiques par le respect du vote des électeurs. Car la démocratie ce n'est pas le droit au-dessus du peuple, il faut le rappeler. Ce que l'on appelle aujourd'hui l'état de droit est en réalité de plus en plus la négation des principes démocratiques qui déplaisent à une élite bien installée et suffisamment à l'abri financièrement pour ne pas subir en permanence les conséquences de ses délires idéologiques. L'immigration de masse est bien un exemple massif de l'hypocrisie des puissants qui jouent bien souvent aux libéraux et aux gauchistes lorsqu'il s'agit des frontières, mais qui sont bien souvent d'extrême droite lorsqu'il s'agit d'éviter les immigrés dans leurs quotidiens. Les exemples pullulent sur cette question. De fait si je critique souvent Trump qui sur les questions économiques trahit bien souvent sa parole ou fait preuve d'une sacrée incompétence, sur la question migratoire on ne peut que saluer l'effort, même s'il est maladroit et trop brutal parfois. Il remet l'église au milieu du village et le vote américain au-dessus de l'état de droit qui essaie d'étouffer la démocratie depuis beaucoup trop longtemps aux USA, comme en Europe.
Cela est d'ailleurs d'autant plus à saluer que cette politique ne plaît pas nécessairement dans son milieu. On se souvient de la dispute entre Musk et Trump au sujet de l'immigration. L'industrie de la tech américaine ayant besoin d'ingénieurs que les USA ne produisent plus en quantité suffisante depuis longtemps. Il est vrai qu'ici la politique d'arrêt de l'immigration devrait être accompagnée d'une politique de formation plus accessible pour les Américains, les études coûtant horriblement cher dans ce pays. Mais on a ici une contradiction entre la tradition du laissez-faire américaine et l'intérêt national qui nécessiterait une intervention étatique massive. Cependant, les USA ont montré qu'ils étaient parfois capables de pragmatisme, il n'est pas impossible que Trump finisse par s'attaquer au très coûteux système éducatif américain pour remplir ses usines et ses centres de recherche en manque d'ingénieurs et de scientifiques asiatiques à terme.
La seconde chose à admettre est que tous les peuples du monde ont le droit de vivre sur leurs terres. Cela concerne les USA comme les autres pays. Alors on va me rétorquer que les USA ont volé cette terre, mais si l'on remonte dans le temps on pourrait dire la même chose de pratiquement tous les peuples du monde. Seuls les premiers chasseurs-cueilleurs qui ont mis les pieds sur des terres vierges d'humanité peuvent être qualifiés de premiers habitants. Dès lors, bon nombre de pays pourraient être qualifiés de colonie ou d'envahisseur. Admettre cela ne signifie pas pour autant que l'on accepte la violence coloniale aujourd'hui bien évidemment. On pensera ici en particulier à ce qui se passe au Moyen-Orient. Si l'on reconnaît à tous les peuples le droit de vivre chez eux comme ils l'entendent, et de garder leur peuple tel qu'il est, alors il est amoral de le reprocher aux Américains ou au français. Nos peuples ont le même droit que les autres à vivre sur leurs terres historiques comme ils l'ont toujours fait sans qu'on leur impose des peuples étrangers, leur imposant, leurs mœurs, leurs lois et leurs religions. Refuser cela comme le fait de plus en plus ouvertement l'extrême gauche communautariste, cela revient à légitimer a posteriori le colonialisme des siècles passés.
Car oui, l'immigration de masse est une forme de colonialisme qui ne dit pas son nom. Elle est d'ailleurs une forme d'exploitation puisqu'elle permet aux immigrés de s'enrichir eux et leur famille au détriment bien souvent sur système économique local. C'est particulièrement vrai dans les pays européens qui jouissaient jusque là de systèmes sociaux généreux et dont on voit bien aujourd'hui que l'immigration en a perverti le fonctionnement. L'immigration moderne tout comme le colonialisme permet aussi à quelques groupes locaux de s'enrichir d'une part en tirant vers le bas les salaires locaux d'autre part en nourrissant certains marchés spéculatifs à l'image du logement. Il est très étrange d'ailleurs qu'en France personne ne parle jamais du lien entre les difficultés pour se loger, et l'immigration de masse. Le lien est pourtant évident même si tous les problèmes ne viennent pas de là. Il est certain qu'une baisse massive de l'immigration en France serait assez efficace pour réduire la pression sur le marché immobilier en particulier dans le logement social, le logement étudiant et la location.
Le retour des nations et des frontières
Comme vous le comprenez ici sans doute j'ai donc de la peine à qualifier d'extrême droite la volonté d'un retour à la maîtrise de la gestion de l'immigration, tout ceci me paraît au contraire tout à fait sain. Et je suis beaucoup plus inquiet pour les pays européens qui trouvent tout à fait normal de ne pas écouter la très importante majorité de leur population qui ne veut plus d'immigration de masse. On peut bien évidemment être critique sur la forme que cela prend, mais pas le fond pas en réalité, du moins si l'on a un minimum d'attachement aux principes démocratiques, et à la notion de nation ou de souveraineté. Le retour de la nation ne peut pas de toute façon se faire sans violence au moins intellectuelle. Nous avons vécu en occident dans une forme de dislocation sociale et politique silencieux pendant trop longtemps. Les gens n'ont plus l'habitude de l'autorité qu'elle soit étatique ou autre. Le principe même de l'application de la loi devient même parfois une violence insupportable pour toute une partie de notre population désormais. Ce qui est en soi hautement problématique.
Il en ira de même pour l'immigration. Non, les étrangers ne doivent pas avoir les mêmes droits que les Français en France, cela devrait couler de source, mais même cette simple évidence est aujourd'hui difficiles à défendre dans le débat public tant nous avons pris de mauvaises habitudes depuis 50 ans. La preuve que le débat va être difficile, les écolos viennent de faire passer leurs lois sur le droit de vote des étrangers extracommunautaires aux municipales. Le vote des Européens est déjà absurde, mais celle d'extra européen est encore pire, c'est la négation même du principe de nationalité. Heureusement elle ne devrait probablement pas finir par être entérinée par notre système politique. Cela traduit toute foi une fuite en avant dans l'individu-roi qui n'a aucune attache ni aucun lieu avec aucun groupe, le stade terminal de l'idéologie libéral-libertaire. Les années qui viennent vont être celles de la reconstruction d'un cadre national qui va devoir rearticuler le lien entre l'individu, ses droits, mais aussi ses devoirs et ses contraintes envers la collectivité qui lui permet justement d'exister en tant qu'individu.
Les Français comme les autres peuples d'occident vont devoir réapprendre qu'une nationalité n'est pas qu'un mot sur un papier, c'est ce qui conditionne la solidarité du groupe et les principes mêmes de la démocratie. De fait, si un étranger veut participer à la nation français, il doit lui-même devenir français, ou l'on vide de sens le mot nationalité. C'est en ce sens que l'on peut dire que les années qui viennent vont être des années de rejet de l'immigration. Cela accompagnera la remontée du fait national, même si en Europe la chape de plomb de la construction européenne essaiera d'empêcher ce mouvement. Il est probablement inéluctable, un peuple qui prend ou reprend conscience de lui-même ne peut pas organiser sa propre disparition, il n'y a que les sociétés organisées autour des principes de l'égoïsme individualistes qui peuvent l'imaginer sans s'en inquiéter. Or c'est justement cette idéologie qui prend l'eau de toute part avec l'effondrement progressif de la globalisation.