Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
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Comme vous le savez sûrement, les médias ont récemment fait leur une sur le fameux déclassement français puisque notre pays a désormais un niveau de vie inférieur à la moyenne de l'UE. Alors nous n'allons pas ici nier la panne française et les difficultés du pays au sein de l'UE. Il est d'ailleurs, pour l'occasion, urgent de rappeler que le déclin français coïncide avec la construction européenne et que la France va très mal depuis qu'elle a indexé sa monnaie sur celle de l'Allemagne à partir de 1987. Car pour la France l'euro a commencé en réalité dès les années 80 même si à l'époque nous n'étions collés qu'à l'Allemagne. Mais lorsque l'on parle de niveau de vie moyen, il faut aussi parler de démographie. La France a eu ces 20 dernières années une situation démographique moins catastrophique que ses voisins. L'Italie et l'Allemagne par exemple perdent des habitants naturellement désormais.
Lorsque le PIB stagne, le pays dont la population s'accroît encore connaît donc mécaniquement une baisse relative du niveau de vie. Le « déclassement » français est donc surtout le résultat d'une démographie qui a été jusqu'en 2015-2020 moins suicidaire. Mais rassurons-nous, la France va vite rattraper ses petits camarades dans le suicide collectif de la dépression démographique. Nous pourrons alors exulter de voir notre PIB par habitant augmenter simplement par l'effondrement démographique. Le petit graphique ci-dessous montre l'évolution de la population active entre les pays européens entre 2008 et 2015 seulement, mais le différentiel s'est aggravé depuis. La France souffre donc d'abord d'une moins mauvaise démographie. L'euro et l'absence de politique économique rationnelle, c'est-à-dire fondée sur autre chose que le laissez-faire, ont transformé notre avantage démographique en poids économique favorisant chômage et déclassement économique.
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L'ignorance des facteurs démographiques permet d'ailleurs aux « journalistes » et aux « économistes » des médias de raconter tout et n’importe quoi en matière économique. Nous en avions déjà parlé, mais la situation en Italie par exemple n'a rien de glorieux contrairement aux grands discours tenus favorables à Meloni. Il faut dire que la droite française est particulièrement embêtée dès qu'il s'agit de parler de l'UE et de l'euro. Elle ne veut surtout pas rompre avec un système qui favorise son milieu social et les rentes. La peur du retour de l'inflation en cas de sortie de l'UE est la grande hantise du patronat français et des rentiers. Ils savent pertinemment qu'en cas de sortie de l'UE les Français n'hésiteraient pas à dévaluer et à revenir à des politiques macroéconomiques plus interventionnistes. Cela favoriserait aussi les salariés. La construction européenne est la garantie pour nos ploutocrates d'avoir un gouvernement français sous leurs bottes. Et la droite est proche de ces milieux économiques, même la direction du RN, il ne faut pas se leurrer sur cette question.
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Il est donc hors de question de remettre l'UE en doute ou d'en sortir. C'est ce qui donne ces étranges candidats à la manière d'une Sarah Knafo qui ose se présenter en gaulliste alors qu'elle ne veut ni rompre avec l'UE, ni avec l'euro, et qu'elle lèche les bottes du trumpisme, et du courant libertariens US aussi francophobe que paranoïaque, et anti-état. Dans ce contexte, il faut présenter des pays qui sont dans l'UE et qui « réussissent » eux, parce que bien évidemment il n'y a pas le grand méchant état socialiste derrière eux. Bien évidemment c'est de la fumisterie intellectuelle, mais d'un point de vue médiatique cela fonctionne. On arrive à rentrer dans la tête de la population, que l'Italie renaît grâce à Meloni, alors que le pays est exsangue surendetté avec un PIB qui stagne depuis 25 ans et une production industrielle en berne. Pires que cela, malgré le déclin démographique rapide, les jeunes Italiens préfèrent quitter le pays. Signe sûr d'un désastre collectif. Rappelons que l'Italie est le pays qui a le plus souffert de l'euro, derrière la Grèce, mais devant la France. La prétendue hausse du niveau de vie ne tient qu'à une baisse rapide de la population. Baisse que Meloni veut compenser en inondant le pays d'immigrés. C'est là que l'on voit toute l'hypocrisie de cette soi-disant extrême droite anti-immigrée qui tourne casaque sur le sujet dès que les intérêts du patronat local sont en jeu.
La grande peur de la souveraineté nationale
La réalité française que l'on peut observer c'est donc que la construction européenne est avant tout un outil au service des puissances d'argent du pays pour contraindre la France et la population française à des politiques dont elles n'ont jamais voulu. Le déclassement que l'on peut observer, même s'il est relatif en réalité, car c'est tout le continent qui est en cours de déclassement, ne gêne pas nos élites bien au contraire. Elles préfèrent diriger un pays pauvre, mais qui obéit et qui favorise leurs intérêts plutôt qu'une nation prospère, mais où il faudrait négocier avec les salariés et verser moins de dividendes aux actionnaires. La question de la souveraineté est donc avant tout une affaire de rapport de force entre la population française et ses ploutocrates. Car si l'influence étrangère, celle des USA ou de l'Allemagne, joue, bien évidemment, cela ne pourrait en aucun cas empêcher les français de reprendre leur destin en main si seulement ce qui leur sert d'élite le désirait. Mais bien au contraire cette élite fait tout pour soumettre le pays à des puissances étrangères et à l'UE.
Un nouvel exemple nous a été donné dernièrement avec l'avis négatif du gouvernement sur la recherche de l'exploitation des ressources d'hydrocarbure en Guyane. Il est possible qu'il n'y en ait pas bien évidemment, mais cette volonté de ne pas savoir, ou de ne pas chercher à développer des activités productives en France montre une véritable volonté de soumettre le pays à des puissances étrangères. Je passerai la question de la vente massive d'entreprises stratégique par Macron, et ses prédécesseurs, la question est très connue. Mais cela va plus loin que cela. Comment se fait-il que la France ne fasse aucun effort pour exploiter ses ressources naturelles ? Notre pays a d'immenses ressources potentielles, y compris sur son domaine maritime. On sort l'argument écologique, mais n'est-ce pas en réalité parce que nos dirigeants n'ont aucune envie que le pays soit plus autonome ?
Tous les efforts qui ont été faits depuis 30 ans pour démolir EDF et le système nucléaire français étaient-ils réellement mus par des pensées écologistes, ou est-ce que cela ne camouflait pas simplement la volonté d'en finir avec ce pays que nos élites détestent en réalité ? Pensez donc à Superphoenix, aux turbines Arabelles, aux données françaises essentiellement stockés aux USA par l'intermédiaire des GAFAM. Une étude vient d'ailleurs de montrer que la France est de loin le pays le plus soumis en Europe aux technologies américaines. Étrange pour une nation qui était sous de Gaulle, la seule à avoir une autonomie stratégique en Europe. Plus récemment on a appris que le groupe LMB Aerospace allait lui aussi rejoindre l'immense collectif d'entreprises françaises vendu aux USA. Nous sommes littéralement pillés par ceux qui nous dirigent, ce n'est plus vraiment une hypothèse à ce stade. Ils vont donc se lamenter sur le déclassement français alors que ce sont eux qui ont fabriqué volontairement ce déclassement. Pires que cela, ils vont probablement se servir de ce déclassement pour justifier une accélération dans les « réformes » libérales qui justement produisent ce déclassement . À ce stade il ne reste plus au français qu'à faire un grand balayage, car visiblement nous n'avons plus grand-chose à attendre du processus électoral vérolé qui est le nôtre.