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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 16:27

 depression070109a.jpg Comme nos dirigeants ont décidé de condamner l'Europe à la dépression économique, il me semble assez opportun d'expliquer ce qui va se produire et de définir avec vous ce que l'on nomme la déflation et la dépression. Voyez cette article comme un complément au texte sur la dette, l'inflation et la dévaluation. Après tout nous tournons autour des mêmes notions. Les dirigeants européens n'ont pas compris la situation du continent y compris en Allemagne et se contentent d'asperger le marché financier de liquidités sans résoudre le problème de fond, on peut d'ailleurs raisonnablement affirmer que c'est la même chose aux USA. L'incapacité à traiter la question du libre-échange et de la surévaluation monétaire conduit à la démolition systématique de la masse salariale induisant un défaut de demande intérieure constante . Mais la différence entre l'UE et les USA tient essentiellement au rôle du dollars comme monnaie de réserve internationale, une fois de plus les USA ont fait du demi-keynésianisme parce qu'ils peuvent se le permettre,enfin jusqu'à présent. L'effondrement prévisible de l'euro permettant à court terme de voir la valeur du dollars s'apprécier.

 

En effet grâce au  rôle de monnaie d'échange international de la monnaie américaine , les USA peuvent compter sur la nécessité pour le monde de posséder des dollars pour acheter des matières premières ou encore sur le fait que des états comme la Chine ne peuvent pas encore se débarrasser de leur bon du trésor américain sous peine de voir le dollars s'effondrer et les réserves monétaires des pays excédentaire avec.  Ainsi la crise de l'euro est elle en train de pousser à la redollarisation du monde c'est ce que décrit l'économiste  Norman Palma sur son blog. On peut donc affirmer l'échec de la stratégie de l'euro qui avait pour but de mettre fin à la domination du dollars américain. Cependant cette stratégie n'avait en réalité aucune chance de marcher, l'euro ne pouvait en aucun cas remplacer le dollars comme monnaie de réserve internationale, seul une action coordonnée de l'Europe de l'Asie et des pays producteurs de matières premières peut mettre fin à cette anomalie issu de la seconde guerre mondiale. Et seule une nouvelle convention internationale peut mettre fin à une pratique monétaire inscrite dans les usages depuis plus de 50 ans. Il faut donc cesser de croire que l'on mettra fin au dollars grâce à l'euro car avec cette monnaie c'est l'Europe qui souffre et non les USA qui peuvent toujours user de leur imprimante magique.

 

      La différence entre les USA et l'Europe est donc liée en grande partie au fait que nous ne jouons pas avec les mêmes cartes, si les USA peuvent à court terme ne pas se soucier de l'effet de leur déficit commercial ce n'est pas le cas de l'Europe. Mais cette contrainte extérieure n'est pas une fatalité en soit sauf si l'on s'obstine comme le font malheureusement les élites européennes à ne solutionner le déficit commercial que par la contraction de la demande intérieure. En effet il y a deux solutions aux déficits commerciaux : soit réduire les importations en augmentant le coût de celles-ci, c'est la solution de la dévaluation et du protectionnisme elle redirige la demande vers la production locale, soit on réduit les importations par la contraction de la demande intérieure, c'est malheureusement celle que nos dirigeants pratiquent depuis trente ans avec acharnement. Ils espèrent ainsi que la hausse hypothétique des exportations mettra fin un jour au manque de croissance qui résulte des politiques de déflation. En clair la politique de déflation que l'Europe met en place en ce moment consiste à mettre son destin entre les mains de puissances étrangères dont on attend une éventuelle augmentation des importations.

 

  C'est finalement très infantile et assez représentatif de l'évolution du continent européen depuis 50 ans. Nous avons cesser de penser par nous même et d'agir par nous même, nous attendons que les USA ou demain la Chine agissent pour ensuite les suivre. C'est un cas typique de servitude volontaire et l'Europe n'est pas le renouveau de l'indépendance du continent comme certain la vendaient, mais au contraire le parachèvement d'une Europe post-historique condamnée à l'extinction démographique et économique, futur terrain vague que possèderont des puissances étrangères. On peut tout de même espérer que les peuples d'Europe réagirons avant leur propre mort. D'autant que la déflation que nous prépare l'intelligentsia européenne ne pourra pas être courte comme dans le cas du Japon, elle ne pourra pas s'appuyer sur les exportations car nous ne sommes plus compétitifs, et ce même en divisant par deux les salaires. La déflation que prépare l'Europe ne se terminera pas comme celle des années 90 fruit du franc fort et des politique du SME(système monétaire européen), prédécesseur funeste de l'euro. Contrairement à l'époque l'Europe ne pourra pas,  cette fois tirer, son économie par ses exportations vers les USA, car ces derniers importeront surtout des produits chinois ou coréens. La déflation va donc se transformer petit à petit en dépression et voila comment.  

 

1-La déflation

 

    La déflation est un processus définit comme étant la diminution de la masse monétaire en circulation. Par extension on la définit aussi comme étant une baisse des prix ce qui n'est pas forcement vrai. Il y a, comme dans le cas de l'inflation, une confusion entre deux principes qui sont en partie lié mais dont  le lien n'est pas un phénomène  total de cause à effet. La diminution de la masse monétaire ne déclenche pas automatiquement une baisse des prix tout comme la hausse de la masse monétaire de déclenche pas forcement de l'inflation.  Quoi qu'il en soit la déflation consiste en une baisse généralisée de la monnaie en circulation. Cette déflation a bien évidement pour origine le sur-endettement des états, des ménages et des entreprises. En effet pendant un certain temps nos pays ont compensés leur manque de revenues à distribuer produit par la désindustrialisation et la baisse des revenues du travail par l'endettement des ménages et des états, créant ainsi artificiellement une demande qui n'était pas compensée par une production concomitante. Le résultat fut la production de déficits commerciaux, et la faible croissance comme en Allemagne, car une bonne part du miracle commercial Allemand tient surtout de la faible croissance que ce pays connait depuis dix ans et d'un chômage croissant couplé à un déclin démographique lui même puissant moteur de déflation. La déflation arrive lorsqu'il faut rembourser les dettes à ce moment là, l'effet de croissance artificiel qui s'était produit par l'endettement à court terme produit un multiplicateur keynésien inversé, produisant un contraction extrêmement puissant de l'économie qui tourne moins vite qu'elle ne le devrait s'il n y' avait pas de dette.

 

2-La dépression

 

    La dépression apparait lorsque la déflation s'est maintenue un  certain temps, elle consiste en un changement de vision du futur des acteurs économiques. Ces derniers anticipent une baisse des prix et agissent de en fonction de ces prévisions. Les ménages se mettent par exemple à reporter à plus tard des achats car ils savent que les prix se mettent à baisser, de la même manières les entreprises se mettent à réduire leurs investissements parce qu'elles prévoient une baisse de la demande qui leur sera adressée. Ces prévision pessimistes des acteurs économiques entrainent une mécanique négative de destruction de l'activité économique c'est ce que nous avions connus pendant les années 30 et c'est ce que l'Europe est sur le point de redécouvrir. Bien sure cette décroissance de l'économie accroit les dettes ce qui détruit encore plus la possibilité de retrouver un semblant de croissance. La dépression est donc une déflation qui s'auto-entretient et dont il est très difficile de sortir une fois qu'on y est rentrée.

 

Si l'Europe a évité depuis trente ans la dépression c'est uniquement grâce à l'Oncle Sam et à sa planche à billet magique, les stabilisateurs keynésiens comme l'assurance chômage ou les aides sociales ont aussi ralentit le processus. Mais comme je l'ai dit précédemment, il n'y aura plus de porte de sortie cette fois et l'euro aggrave considérablement la situation, ce dernier n'était pas là lors de la dernière grande crise européen de 1992-93. A l'époque certain pays était sortie du SME et avaient relancé leurs économies grâce aux dévaluations, et la relance américaine avait fini par produire une reprise de l'économie européenne grâce aux exportations. Rien de tout çà ne se produira cette fois, en 2002-03 quand les USA ont relancé leur croissance par l'endettement, c'est essentiellement l'Asie qui a absorbé la croissance de la demande, notre continent a végété pendant ces dix dernières années avec la croissance la plus faible du monde. Les USA ont remplacé leur producteurs Européens par les producteurs d'Asie l'empire monétaire US n'a plus besoin de nous il a trouvé moins cher ailleurs.

 

Mais ce n'était pas encore la dépression, les bulles immobilière en Espagne, en GB ou en France on maintenue une légère hausse de la demande sur le continent  pendant toute cette période, et c'est fini. C'est pourquoi cette politique de déflation que les élites européennes veulent mettre en place ne produira pas une relance à terme, le monde a changé et l'Europe est trop grosse pour être tiré par les exportations ce que ne semble pas comprendre nos amis allemands. C'est donc vers une dépression permanente que nous nous dirigeons à combien montera le chômage mystère. La grande élasticité des salaires introduite par les réformes néolibérales de ces vingts dernières années va probablement permettre au continent  de connaitre la douceur des taux de chômage à 30 ou 40%. Car contrairement à la légende libérale si les dépression ne s'aggrave pas indéfiniment c'est grâce à la non-élasticité salariale, plus les salaires peuvent varier avec la crise et plus la dépression peut être grave. J'attends avec impatience les effets collatéraux spectaculaires qu'une éventuelles suppression du SMIC produirait en France. Bien sure tout ceci ne prend pas en compte la réaction populaire qui par définition est imprévisible, souhaitons juste que la population ne réagissent pas trop tardivement. Elle seule peut maintenant mettre fin à ce délire mortifère de dépression volontaire.

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

Estelle 20/11/2014 14:41


Bonjour, article intéressant bien qu'il y ait beaucoup de fautes d'orthographe. Bonne continuation.

RST 06/06/2010 09:36



@ Yann


Je ne dis pas "que hausser la masse monétaire c'est faire de la hausse des prix". Je dis que la signification des mots change et qu’il faut en tenir compte.


La définition originelle du mot inflation était une augmentation de la masse monétaire et maintenant cela signifie hausse des prix. Il faut vivre avec son temps me semble-t-il et aujourd’hui,
augmentation de la masse monétaire se dit "augmentation de la masse monétaire" et hausse des prix "inflation".




David CABAS 05/06/2010 18:33




Face au chantage de l'empire financier :


 


Crise des « subprimes », crise bancaire, accélération de la destruction de l'agriculture, de l’industrie et des emplois. Puis aujourd’hui crise de l’euro, crise de la dette publique des
États, destruction du service public, chantage sur les retraites. Sans oublier les divers plans injustes pour sauver les banques !


 


Nous devons nous organiser et nous mobiliser massivement pour demander à faire la lumière sur la crise financière en convoquant immédiatement une commission d'enquête parlementaire !


 


Nous ne devons pas faire le choix de la défaite ! Alors rejoins moi sur mon groupe facebook : http://fr-fr.facebook.com/group.php?gid=104166076293247&ref=ts


 


David CABAS


david.cabas.over-blog.fr


 






yann 05/06/2010 16:49



@Olaf


Oui c'est pathétique.


@ valuebreak


Il y a des solutions techniques pour se passer du pétrole mais on préfère engloutir l'argent publique pour sauver le système financier.


@malakine


De toute façon quand on regarde l'augmentation de la masse monétaire et l'inflation le lien n'est pas aussi évident que ce que les économistes libéraux pensent. Et puis l'expérience montre que
sans hausse des prix la croissance est trés difficile surtout en France et dans les pays latins vouloir une hausse des prix la plus basse possible est donc suicidaire dans nos pays.


Il faudrait d'ailleurs rappeler que ce qui compte ce n'est pas l'inflation mais la hausse du pouvoir d'achat si les prix augmentent de 5% mais que ton salaire augmente de 6% tu gagne en pouvoir
d'achat si les prix stagnent mais que ton salaire baisse pour cause de concurrence avec les chinois tu perds ton pouvoir d'achat.La paranoïa sur l'inflation montre bien que les intérêts des
rentiers et des financiers sont aujourd'hui vue comme étant l'intérêt général or il n'en est rien.


 


@RST


Et bien parce que je ne suis pas un néolibérale je n'emploie donc pas leur fausses théories. Je ne confond pas hausse de la masse monétaire et hausse des prix. Admettre cette confusion c'est déjà
entrer dans leur jeu de faux cul. Et puis la précision du langage c'est essentiel pour la compréhension correct des phénomènes. Si tu dis que hausser la masse monétaire c'est faire de la hausse
des prix (c'est ce que tu dis si inflation=hausse des prix) alors tu valide la paranoïa sur l'inflation monétaire. Je te signale que Jean Luc Gréau fait aussi la distinction dans l'avenir du
capitalisme.



RST 04/06/2010 18:12



Yann,


Comme pour l’inflation, je ne comprends pas que tu en restes à des définitions qui n’ont plus cours.


 


Définition (selon l'INSEE) : « La déflation est le gain du pouvoir d'achat de la monnaie qui se traduit par une diminution générale et durable des prix ; c'est une inflation
négative. »