Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 22:00

gaz1-a58ef.jpg  Grande découverte figurez vous que le sud de la France serait plein de gaz, pas du gaz naturel à l'image de la production provenant de Russie ou d'Algérie, mais du gaz de  schiste qui serait présent dans des roches sédimentaires argileuses.  Gros problème les méthodes de forages semblent plus que problématiques, et il y a des questions à se poser quand à l'intelligence qu'il y a à toujours user d'hydrocarbures, alors même que leur extraction a un coût environnemental et économique complètement délirant. Ceux qui suivent ce blog depuis longtemps savent que je ne suis pas un grand apôtre de la protection  de l'environnement en tant que tel, je me méfie en règle général de l'attitude des écologistes extrémistes et je ne suis pas un adepte de la décroissance. Cependant dans le cas de l'exploitation des gaz de shiste je serais clairement de leur coté car il s'agit là d'une production complètement irresponsable à plus d'un titre.

 

  En premier lieu ces techniques de forage mettent en danger l'eau potable qui est un bien relativement précieux dans le sud de la France. Rare sont les étés où les nappes phréatiques ne sont pas à sec, utiliser une eau qui manque pourtant souvent, pour extraire du gaz voilà bien une idée complètement stupide. Ensuite ces méthodes de forage semblent extrêmement polluante, à se titre il y a un documentaire Gasland qui est sortie sur les conséquences de ces techniques aux USA et il n'y a vraiment pas de quoi pavoiser. Ce document visible sur le lien suivant explique par exemple comment l'on pratique la fracturation hydrolique qui est utilisée pour extraire les gaz de shistes.  Cela produit une fragilisassion du sol puis des  des micro-séismes, on imagine de suite d'éventuels éboulements  à  long terme.

 

 

 

         Mais Il y a aussi un problème encore plus grave, c'est que ces exploitations de plus en plus folles visent  ni plus ni moins à donner encore du temps à la civilisation des hydrocarbures. Temps qui jusqu'à présent n'a pas vraiment été mis à profit pour sortir du tout pétrole ou du tout gaz dans le cas présent. C'est une preuve supplémentaire de l'incroyable court termisme de notre civilisation qui court de solutions momentanées, en solutions momentanées, en donnant aux générations suivante le soin de résoudre le problème de fond. Bien évidement on pourrait se réjouir du fait qu'il y est du gaz en France, et cela s'ajoute à l'éventuelle exploitation du pétrole en  région parisienne dont les réserves seraient soit disant de 120 ans de consommation nationale. En tant que partisan de la souveraineté nationale cet état de fait pourrait me réjouir, mais le type d'exploitation dont il s'agit pose de si gros problèmes que le prix en est trop élevé. Ensuite ce n'est tout simplement pas une solution de long terme, creuser toujours plus profondément ou en fracassant le sol pour puiser les dernière ressources d'hydrocarbures,  tout en détruisant de vastes territoires de notre beau pays n'est pas vraiment faire acte d'intelligence à long terme. D'autant que de l'énergie il y en a à profusion sous forme solaire, géothermique, éolienne etc.. Pourquoi à se point vouloir perpétuer un mode de consommation énergétique qui tôt ou tard finira par s'épuiser. On ne doit jamais alimenter un flux permanent par un stock qui s'épuise, surtout lorsqu'il y a des alternatives tout à fait réalisables pour peu que l'on se sorte un peu les doigt du c....

 

forage-horizontal-et-fracturation-hydraulique.jpg

 

  Alors certes ces réserves représenteraient 4 fois les réserves de gaz naturel actuellement exploité dans le monde, mais leur prix d'extraction est largement supérieur quand aux effets environnementaux ils sont trés élevés. Tout cela pour faire perdurer un peu plus longtemps un mode de consommation énergétique sans avenir. 

 

Pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué, cher et polluant.

 

      La grande question que l'on peut se poser en voyant les choix réalisés en matière d'investissement sur la production énergétique par le secteur privé, c'est de se demander pourquoi les grandes entreprises cherchent systématiquement à développer des technologies aussi coûteuses en terme d'infrastructures. Car comme nous l'avions vue il y a peu, des énergies comme les biocarburants de seconde génération, à l'exemple de l'huile de micro-algue, existent déjà et pourraient représenter de vrais alternatives aux hydrocarbures.   Dans les domaines des panneaux solaires, de l'éolien ou de l'hydrolien, il y aussi de grand progrès effectués. Pourtant les grands groupes à l'image de Totale   investissent essentiellement dans le maintient de la structure économique basée sur les hydrocarbures. Il n'est d'ailleurs pas étonnant de voir les pouvoirs publics en Europe ou aux USA, aujourd'hui largement arrosé par le lobby de ces multinationales, favoriser ces technologies pourtant des plus discutables. Et que l'on ne sorte pas l'argument de l'indépendance nationale pour justifier ces investissemnt en Europe et aux USA, en effet nos pays sont certes dépendant du pétrole, mais dans la balances des paiements se sont surtout les produits chinois à bas prix qui creusent notre dépendance plus encore que l'énergie. Voir les USA justifier leur politique d'investissement dans les gaz de shistes dont il sont les premiers producteurs, au nom de l'indépendance de leur pays à de quoi faire sourire quand ont connaît la balance des paiements de l'Oncle Sam. A la rigueur cela serait vrai pour la Chine ou le Japon mais pas vraiment pour la France ou les USA, dans ces pays il y a d'autres importations à réduire en priorité. Et puis les énergie renouvelable donnerait tout autant d'indépendance énergétique avec le gros avantage de pouvoir durer indéfiniment.

 

    Donc la question c'est pourquoi continuer à investir toujours plus pour extraire des hydrocarbures, dont on sait pourtant pertinemment qu'ils finiront un jour par s'épuiser? Pourquoi ne pas chercher directement à faire des technologies durables, pour employer un terme à la mode, c'est à dire capables de perdurer pour des siècles et des siècles. On pourrait répondre à cette question par le fait que l'être humain est un grand conservateur qu'il ne change ses habitudes que contrains et forcé. Il y a probablement du vrai dans cette affirmation, cependant l'homme moderne veut surtout pouvoir continuer à regarder sa télévision, à se chauffer ,à s'éclairer la nuit, et à pouvoir prendre un transport le menant là où il doit se rendre par nécessité. Que l'énergie qui lui permette cela, vienne du fond d'un puits de pétrole, d'une réserve de gaz de shiste se situant dans les Cevennes, ou d'un four solaire en Espagne il s'en fiche, tant qu'il peut l'utiliser. Plus valable est le fait que les grandes entreprises pétrolières ont acquis des savoir-faire qu'elles veulent user jusqu'à la corde, ne sachant pas vraiment quoi faire d'autre. Le conservatisme serait dans la structure même de ces géants de l'énergie qui détiennent par ailleurs tout les leviers économiques pour agir. On retrouve ici la problématique liée à la taille des groupes humains qui produisent des inerties sociales difficiles à  freiner. Mais à titre personnel je crois que la vrai raison provient de la différence de nature entre les technologies durables et les  technologies d'extraction de gaz ou de pétrole.

 

    Cette différence tient au niveau de l'investissement de base nécessaire à la mise en production. Les énergies dites propres ne nécessitent généralement pas les mêmes niveaux d'investissement à l'unité que les exploitations d'hydrocarbure. Elles ont aussi comme caractéristique de faire une production complètement décentralisée  à l'image des panneaux solaires que des particuliers peuvent à loisir acheter pour produire eux mêmes de l'électricité. Dans le cas du pétrole à micro-algue et des biocarburants de seconde génération c'est encore pire, puisque l'on peut imaginer à long terme voir des agriculteurs ou des gens ayant des espaces exploitables devenir des producteurs autonomes n'ayant de compte à rendre à personne et certainement pas à ces super-multinationales du pétrole. En clair contrairement aux technologies de gaz et de pétrole ou même nucléaire, les énergies renouvelables actuelles sont décentralisatrices en matière de production, elles sont naturellement  anti-monopolistiques. Or s'il y a  bien quelque chose que le capital déteste c'est bien la concurrence et la multiplicité des acteurs sur un même marché. Contrairement à la légende libérale, le capitalisme n'est pas du tout pour la compétition, au contraire même, celle-ci ruine ses marges et empêche une forte ponction sur le "marché" captif. Les cartels et les monopoles sont en réalité les structures préférées des capitalistes qui peuvent ainsi exercer leur toute puissance sur le reste de la population. Ils peuvent augmenter leurs marges et leur tarifs sans avoir à craindre un effondrement de leur vente puisqu'ils sont incontournables. C'est bien pour cela qu'en France les secteurs à caractère monopolistique ont été nationalisé après guerre. En effet mieux vaut un controle étatique et public plutôt qu'un monopole privé quand la concurrence ne peut exister pour diverses raisons. 

 

Donc il est évident que le secteur privé et notamment celui qui dispose des moyens les plus imposant financièrement fera tout pour maintenir ses monopoles et ne financera qu'à la marge les alternatives, à moins bien sûr qu'ils ne trouvent une technologie propre capable de créer des monopoles. Et pourquoi leur en vouloir d'ailleurs? Ce n'est pas à des acteurs privés de faire prévaloir l'intérêt général, mais bien à l'état et aux structures publiques. Seul des investissements publics massifs dans les énergies alternatives pourront nous faire sortir des hydrocarbures à relativement brève échéance. Il n'y a rien à attendre du secteur privé, les grosses entreprises, seules capables d'investissement massifs, n'ayant pas intérêt à la fin des hydrocarbures et de leurs monopoles productifs. Malheureusement  l'état qui devrait être un acteur indépendant du secteur privé ne l'est plus et l'est de moins en moins, les USA nous montrant l'exemple le plus flagrant. 

Partager cet article

Repost 0
Published by Yann - dans écologie
commenter cet article

commentaires

olaf 29/01/2011 09:12



Il s'agit d'ITER critiqué par G De Gennes et Charpak, parmi d'autres :


http://fr.wikipedia.org/wiki/International_Thermonuclear_Experimental_Reactor



Joe Liqueur 29/01/2011 01:51



@ Olaf


Faites-vous bien allusion au projet HIPER, dont Yann a aussi parlé il y a quelque temps ? Si c'est le cas je
suis bien d'accord avec vous !



Joe Liqueur 29/01/2011 01:47



@ Yann


Quand tu dis que "le pétrole ce n'est rien d'autre que de l'énergie solaire stockée par la photosynthèse"… Oui mais justement, elle est (déjà) stockée… Ce qui fait tout son intérêt !



olaf 28/01/2011 12:28



C'est comme l'évolution des espèces, il faut explorer beaucoup de pistes pour aboutir.


Concernant la fusion nucléaire, tous les oeufs ont été mis dans le panier ITER qui pourtant est très contesté par beaucoup de physiciens notoires.



Joe Liqueur 28/01/2011 00:41



@ Yann


Complètement d'accord avec ta réponse à Olaf : "quand on sait en plus que le monde dépense plus d'argent dans le marketing que dans le recherche scientifique tous budgets (dont militaire)
confondus on comprend pourquoi les recherches essentielles vont à la vitesse de l'escargot. L'argent ne va vraiment pas où il devrait aller". Et encore une fois, pour que l'"argent" (je parlerais
bien plus volontiers de main-d'œuvre, parce que l'"argent" ça ne veut pas dire grand-chose), donc pour que la main-d'œuvre aille là où elle doit aller, il faut une planification
étatique, on en revient toujours là. C'est bien là la grande tare du fondamentalisme capitaliste : la main-d'œuvre est employée n'importe comment, à des tâches totalement inutiles (et parfois
même nuisibles !), alors qu'il y a d'immenses défis à relever.


Sur l'antimatière je ne me lancerai pas dans un débat scientifique avec toi, je suis très loin d'avoir le minimum de compétences nécessaires, mais je me souviens avoir lu quelque part (et ça
venait d'un vrai scientifique je crois, j'essaierai de retrouver le lien) que l'explosion accidentelle d'un réacteur matière-antimatière embarqué (sur un vaisseau spatial par exemple) ne serait
pas plus dangereuse que celle d'un moteur chimique, et donc beaucoup moins dangereuse que celle d'un réacteur à fusion nucléaire. Je précise encore une fois que pour l'antimatière, je pensais
avant tout à l'exploration spatiale plutôt qu'à la production d'énergie domestique… Vu que j'ai aussi cru comprendre que l'antimatière devait être confinée (via des champs magnétiques si je me
souviens bien), et que le problème était pour le moins ardu !


A propos des matières premières, j'ai sans doute été un peu rapide (et je n'ai toujours pas vu tes liens !). J'ai un peu laissé de côté une distinction importante : le pétrole (ou l'uranium) sont
radicalement transformés, ou même détruits, par combustion ou fission, quand ils sont utilisés pour la production d'énergie, alors que les métaux rares sont simplement utilisés tels quels (je
simplifie sans doute ; pour le pétrole qui sert à construire le composite des pales d'éoliennes c'est sans doute moins évident). Mais toujours est-il que dans le premier cas, on ne peut pas
recycler, ou très difficilement (sans parler de la pollution dangereuse pour la santé humaine), alors que dans le second cas on peut envisager de recycler, même si le recyclage lui-même demande
de l'énergie, donc des matières premières, et même s'il y a toujours des pertes dans le circuit.


Concernant la balance commerciale, outre le lien qu'A-J Holbecq avait donné dans un de ses récents commentaires ici, j'avais aussi gardé dans un coin ce billet que j'ai enfin lu et qui me paraît très intéressant - et qui pour le coup
te donne plutôt raison je dois dire (voir le tableau 4 en particulier). Un billet vraiment remarquable en tout cas. Je n'ai pas les compétences nécessaires en économie pour me risquer à un
jugement définitif, mais je trouve que ce Samuel a fait un sacré boulot… et je suis plutôt en phase avec ses réflexions.


En bref je suis totalement d'accord pour que l'on ne mette pas tous nos œufs dans le même panier, et qu'on en mette un peu dans tous les paniers qui se présentent… mais je persiste à croire
malgré tout qu'il faut établir des priorités, ce qui revient certes à faire des paris, et que la fusion nucléaire, à ce stade, devrait être l'objectif prioritaire, en attendant peut-être autre
chose de mieux.


Et plus généralement, comme le dit très bien Samuel dans sa conclusion, "à long terme, un pays riche peut-il compter sur autre chose que sur la puissance de son propre appareil productif, s'il
souhaite conserver sa prospérité ? Et s'il laisse se désintégrer son appareil productif, en laissant à d'autres pays le soin de produire ce qu'il consomme (sans que cela soit complètement
réciproque), ne risque-t-il pas de se réveiller un jour l'esclave de ceux qui jusqu'à ce jour l'auront servi comme leur maître ?".