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Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.

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Le destin de l'euro s'écrit en Allemagne

 

Les mauvaises nouvelles s'accumulent chez nos voisins allemands avec une dégradation des comptes extérieurs et une récession économique en vue. La servilité des dirigeants germaniques vis-à-vis de l'Empire américain s'est maintenant largement retournée contre eux. Depuis la rupture économique avec la Russie et notamment la fin de l'utilisation du gaz russe l'industrie allemande s'enfonce dans la crise. Et l'inquiétude du milieu patronal allemand semble véritablement croître. C'est d'autant plus légitime d'ailleurs que les USA loin de s'être arrêté au sabotage des liens entre Moscou et Berlin, s'est aussi aussi arrangé pour récupérer une partie de l'industrie allemande à travers ses aides protectionnistes. Plus le temps passe, plus on peut se demander si la politique de la crise entretenue par les USA en Ukraine ne visait pas seulement l'Union européenne et son dirigeant l'Allemagne. Car c'est bien l'Europe de l'Ouest qui est le plus durement frappée économiquement dans ce conflit en dehors de l'Ukraine elle-même. Au final, pour la Russie cette histoire n'a as été si dramatique, elle semble même sortir de plus en plus renforcée grâce à l'évolution géopolitique. La Chine quant à elle s'est vue renforcée aussi par cette crise la faisant passer de plus en plus comme étant la seule et unique véritable superpuissance tant par les moyens que par la sagesse de sa diplomatie. Les USA eux ont utilisé la crise pour détruire l'économie européenne et allemande et espérer se réindustrialiser à leurs dépens.

 

On le voit, comme le disait Emmanuel Todd, l'Allemagne se retrouve dans une position extrêmement délicate. D'un côté l'Allemagne a une stratégie mercantiliste claire, l'euro protégeant l'Allemagne de la concurrence de ses voisins directs, ces derniers ont perdu totalement leur industrie, en particulier la France. Il agit également comme une protection par sa sous-évaluation. En effet, si l'euro est beaucoup trop fort pour la France, la rendant totalement non compétitive, dans le cas allemand c'est l'inverse. L'euro est trop faible pour l'Allemagne rendant ses exportations largement moins chères. En effet sans l'euro, le deutsche mark s'envolerait à cause des excédents commerciaux réduisant la compétitivité du pays et rééquilibrant partiellement les grands déséquilibres du commerce allemand. La stratégie allemande est basée sur l'euro qui lui offre des armes à la fois à l'intérieur de l'Europe et à l'extérieur. L'excédent anormal de l'Allemagne depuis 20 ans est entièrement lié à ça. Le Japon qui a longtemps fonctionné de façon proche de l'Allemagne n'a pas bénéficié d'un tel mécanisme et n'a pas aujourd'hui d'énormes excédents.

 

De l'autre côté, cette stratégie a probablement fâché Washington qui semblait perdre un temps le contrôle de l'UE au profit de l'Allemagne par le biais économique. L'Allemagne ayant éliminé économiquement ses deux adversaires français et italiens. Cependant, Berlin reste très dépendante du parapluie militaire américain, ce qui explique très certainement la non-réaction germanique face aux actions pour le pipeline Nordstream ou pour la situation avec la Russie. Il y a quand même la question du commerce avec la Chine. Pour Berlin la perte du marché chinois serait un désastre à court terme même si la Chine devient un concurrent sérieux y compris sur les activités dans lesquelles l'Allemagne n'avait jusqu'ici jamais été inquiétée. À court terme les USA auront sûrement du mal à séparer l'Allemagne de la Chine, les choses pourraient évoluer quand Berlin perdra complètement ses avantages commerciaux face à l'empire du Milieu. Les choses dans le domaine évoluent très vites, la Chine concurrence déjà l'Allemagne sur les machines-outils et les biens d'équipement. Et je ne parlerais même pas de la voiture électrique qui pourrait bien tuer l'industrie automobile allemande, un secteur où la Chine est très largement dominante.

 

L'euro, une monnaie absurde qui a détruit le continent

 

Il faut tout de même relativiser la crise récente de l'industrie allemande. Elle a beaucoup souffert avec les mesures COVID ou encore la hausse du prix de l'énergie, mais l'Allemagne continue de maintenir son excédent commercial. Il est moins fort, mais il est toujours là. La plongée dans le déficit commercial de l'ensemble de la zone euro est liée à la fois à la baisse de l'excédent allemand, mais aussi à la dégradation du commerce extérieur des autres membres en particulier la France et ses 164 milliards d'euros de déficit. De fait, il n'y a comme je l'ai souvent dit aucun mécanisme de rééquilibrage au sein de la zone euro. Les concepteurs de cette monnaie stupide n'y ont même pas pensé. Le seul mécanisme est la stupide règle des 3% de déficit public qui n'a absolument aucun sens d'un point de vue macroéconomique.

 

Balance commerciale allemande toujours excédentaire

 

Le véritable problème de la stratégie allemande et qui va se retourner contre elle petit à petit c'est l'affaiblissement économique que l'euro produit sur l'ensemble du continent. Certes, l'Allemagne semble bénéficier économiquement de l'euro, mais c'est en réalité un trompe-l’œil. Avoir des excédents commerciaux n'est pas une bonne chose en soi. Cela traduit une volonté de domination vis-à-vis d'autres peuples, mais cela hypothèque également la croissance économique de l'ensemble qui y est soumis. L'Allemagne malgré ses excédants commerciaux rentre petit à petit en récession. Et si l'on regarde à long terme, la croissance économique allemande était en fait bien meilleure avant l'euro. Alors qu'à l'époque elle était loin d'avoir des excédents. L'obsession mercantile allemande est donc une stratégie qui n'est pas si payante que ça. Je pense même qu'en détruisant économiquement ses voisins l’Allemagne détruit le continent et se condamne en réalité à devenir un simple satellite d'autres puissances bien plus peuplées et grandes. L'Allemagne, pour régner, a désertifié économiquement le continent. Loin d'avoir fait de l'Europe un démultiplicateur de puissance, elle a dû la ratiner pour la dominer. Mais la faible croissance de ses voisins finit par avoir des effets délétères sur la dynamique économique allemande elle-même.

 

La situation est maintenant dramatique. La zone euro est la région du monde qui a la plus faible croissance depuis vingt ans. Cette faible croissance a de nombreux effets en dehors de la stagnation du pouvoir d'achat, cela signifie aussi peu d'investissement, notamment en R&D. Le continent est absent dans un nombre croissant de développements technologiques et se fait dépasser, y compris sur les technologies où il dominait. Les statistiques sur les dépôts de brevet, s'ils ne disent pas tout sur le niveau scientifique d'un pays, montrent quand même le déclassement du continent sur le plan technologique et scientifique. Alors oui l'Allemagne est toute puissante économiquement sur le continent, mais à quel prix ? L'UE devient un satellite des USA plus ou moins ouvertement alors même qu'il y a vingt ans la France l'Allemagne et la Russie avaient ensemble dit non à l'invasion absurde de l'Irak. On le voit par ce simple exemple, loin d'avoir renforcé le continent, l'euro l'a largement entraîné dans le déclin sous la domination d'un seul de ses membres. J'ai toujours pensé que la force de l'Europe a toujours été sa division culturelle et politique qui a empêché cette zone géopolitique de stagner. L'unification de l'Europe loin d'avoir renforcé le continent a accéléré son déclassement.

 

Les choses pourraient cependant changer à l'avenir. En effet même avec les avantages de l'euro l'Allemagne à cause de son déclin démographique et du rattrapage de la Chine va de moins en moins bénéficier des effets de l'euro. Le pays a déjà un gros déficit avec la Chine qu'elle compense avec ses excédents chez les autres pays européens et dans le monde anglo-saxon. Même si cela paraît paradoxal, seul un effondrement de la puissance commerciale allemande pourrait hypothétiquement faire changer la situation sur le continent. Une fois que les élites allemandes auront compris qu'elles ne seront pas le fournisseur de la planète, comme elles l'espéraient pour pallier au déclin démographique, elles devront changer de stratégie. La montée en puissance rapide de la Chine puis de l'Inde devrait bientôt casser l'engouement allemand pour le libre-échange. Cela commence déjà d'ailleurs l'Allemagne devenant de plus en plus protectionniste et interventionniste. Les subventions annoncées pour maintenir le prix de l'énergie en Allemagne constituent clairement une violation des principes européens de non-interventionnisme et montrent le côté hypocrite des dirigeants allemands qui font exactement ce qu'ils interdisent aux autres membres de l'UE.

 

On était habitué à cette hypocrisie, mais elle devient de plus en plus visible. L'utilisation du charbon en lieu et place du nucléaire pour compenser le gaz russe a montré aussi cette hypocrisie à la vue de tous. L'Allemagne se fiche complètement du réchauffement climatique, on peut même se demander si les élites allemandes y croient réellement. Elles ont par contre tout fait que les voisins ne puissent profiter économiquement du renchérissement du prix de l'énergie. Grâce au mécanisme de l'arenh et du marché européen de l'énergie. L'Allemagne a ainsi pu empêcher la France de profiter de son parc nucléaire pour lui damner le pion comme elle aurait pu le faire si elle avait été correctement dirigée. Heureusement, l'Allemagne a pu compter sur ses gouverneurs de provinces installer au pouvoir en France. Mais ces accumulations de tactique pour se maintenir au pouvoir à court terme n'empêcheront pas la rapide dégradation du commerce extérieur allemand à terme. L'Allemagne devrait donc logiquement devenir de plus en plus protectionniste. Il se pourrait même qu'à long terme elle prône un protectionnisme européen par la force des choses pour maintenir son précarré sur le continent qui sera le dernier marché où elle dominera commercialement parlant. Il faut espérer que ce retour du protectionnisme en Allemagne permette enfin un réveil en France et en Italie, les deux grands perdants de l'unification monétaire. C'est le seul espoir à long terme que j'ai pour notre pays malheureusement.

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