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27 novembre 2023 1 27 /11 /novembre /2023 14:50

 

 

Il fallait bien en parler puisque cette réalité aujourd'hui crève les yeux. Je précise tout de même au préalable que je ne compte guère m'abaisser à jacasser comme d'autres sur les questions des faits divers. Je l'ai déjà dit sur mon texte concernant les médias, les faits divers servent essentiellement à faire monter l'audience et à exciter les populations pour faire du chiffre et du bruit. Pour les hommes politiques, cela sert à ne pas parler sérieusement des problèmes. Aussi tragique que soit des faits divers, il faut d'abord se focaliser sur les statistiques générales et ne pas tomber bêtement dans le piège de la communication communicante dont raffolent en particulier les parties de gauche les plus extrémistes. Cependant, il arrive que des faits divers soient en réalité des symptômes réels d'un problème plus général et plus grave de la société. Les attaques et les meurtres contre les enseignants en font partie tout comme l'attaque qui a eu lieu récemment dans le village de Crépol et le meurtre odieux d'un jeune homme de 16 ans à peine est un symptôme d'une maladie plus générale qui touche fortement la population masculine maghrébine. Car il faut bien nommer les choses si l'on ne veut pas ajouter au malheur du monde. Et si l'on regarde les données objectives, on voit rapidement que le problème n'est pas l'islam ou le racisme supposé de la société française, mais d'abord et avant tout un problème d'éducation des jeunes garçons de cette origine.

 

Les statistiques sont formelles, l'échec scolaire de cette partie de la population est là pour confirmer cette triste réalité. Les jeunes garçons maghrébins échouent bien plus que les autres à s'insérer économiquement dans le pays. L'échec scolaire les touche particulièrement. Plus généralement, précisons que l'échec scolaire touche plus les jeunes garçons français que les filles, mais dans des proportions bien moindres. Il semble donc que notre société soit moins capable qu'avant d'éduquer correctement les garçons et dans le cas des jeunes maghrébins les proportions sont énormes. Lorsque l'on regarde rapidement ces statistiques, on se rend compte de la déformation que provoquent les médias et le système politique français sur la question. D'un côté la droite se focalise sur l'islam créant d'ailleurs artificiellement un lien fantasmagorique avec ce qui se passe en Israël. Et même si les quelques crétins nazis d'origine maghrébine peuvent se trouver une excuse lamentable en faisant appelle à la cause palestinienne ou à l'islam, cela ne veut pas dire qu'au fond c'est la vérité. La haine qu'ils portent en eux se traduit par un racisme vis-à-vis de la société d’accueil, mais sa motivation provient surtout de l'échec à l'intégration. Un échec qui est d'autant plus humiliant que leurs sœurs elles s'intègrent assez bien. Ce phénomène nourrit d'ailleurs aussi probablement tout le discours bassement machiste et masculiniste qui s'est développé ces dernières années et qui est passablement fort chez les populations masculines maghrébines.

 

L'échec scolaire des garçons maghrébins est plus que significatif

 

De l'autre côté de l'échiquier politique, la gauche continue à nier la réalité sur la plus grande délinquance des populations d'origine étrangère. Alors que son rôle aurait dû être de trouver l'origine du problème pour éviter que l'infection du racisme et de la violence ne s'étende, elle s’obstine à dire qu'il n’y a pas de maladie et de problème. Et que tout se résume au racisme structurel français. Inversant bien souvent les faits, elle fait des victimes les bourreaux et des bourreaux de tristes victimes du racisme consubstantiel à la société française. Cependant, la méthode est maintenant éventée. Inlassablement employée depuis les années 80, cette façon de faire du racisme la source de tous les problèmes a fini par lasser la population. Les générations, nées dans les années 80 et plus tard, ont vécu avec l'immigration contrairement aux générations du baby-boom. Ils connaissent la réalité de terrain et savent que s'il y a racisme ce n'est pas souvent du côté français qu'il se tient. Mais comme la gauche n'a pas cherché la véritable source du problème, ce qui aurait nécessité des efforts pas forcément très payants électoralement à court terme, nous nous retrouvons aujourd’hui face à un véritable problème de conflit interethnique. On pourrait même penser que l'antiracisme compulsif et fantasmatique a fini par produire un véritable racisme en retour à force de jouer les explications vaseuses et trop éloignées de la réalité de terrain.

 

La gauche post-populaire

 

Alors d'où vient cette passion de la gauche pour les immigrés ? De son supposé universalisme ? De son antiracisme naturel ? D'une passion dévorante pour les bons sauvages à la mode Jean Jacques Rousseau ? Si tout ceci a probablement joué, il faut surtout remonter dans le contexte des années 70-80 pour comprendre. À l'époque l'importante inflation a été accompagnée d'une forte hausse des salaires. Les rapports de force entre le capital et le travail devenaient trop défavorables au premier. Comme l'avait très bien anticipé Keynes à terme, les rentiers finiront dévorés par l'inflation. Cependant, les couches sociales dominantes en France et en occident ne l'entendaient pas ainsi. Il fallait donc une stratégie pour casser le salariat en occident et calmer les classes moyennes. Cette méthode fut l'idéologie néolibérale. Une sorte de libéralisme ripoliné à la mode des années 70. La liberté partout tout le temps dans tous les domaines. La gauche socialiste empreinte d'une culture assez antiautoritaire va s'amouracher de ce libéralisme surtout sur le plan des mœurs en faisant semblant de ne pas voir le volet économique. La montée du travail tertiaire n'a pas été sans influence sur cette évolution, les gains de productivité ayant réduit le poids de l'emploi agricole et industriel pendant les trente glorieuses.

 

La gauche communiste va résister un temps au rouleau compresseur du libéralisme de gauche. Ce fut la grande période de Georges Marchais qui avait bien vu que l'immigration de masse était surtout une arme du capital pour casser le salarié local. Mais il va y avoir l'élection de Mitterrand qui va accélérer le processus de remplacement de la gauche social par la gauche libéral-libertaire. Si le reste de l'échiquier politique va volontiers crier au loup avec l'élection de Mitterrand, ce fut surtout l'avènement de la gauche libérale au pouvoir. J'ai toujours soupçonné le PS de l'époque d'avoir voulu décrédibiliser les politiques alternatives avec sa politique entre 1981 et 1983. Avec le recul j'en suis certains, dès le départ Mitterrand comptait couler le modèle français pour obliger la France à réaliser son fantasme européen. Mitterrand savait très bien qu'en faisant un plan de relance sans un minimum de protectionnisme et de politique monétaire libre (la France était dans le SME, le prédécesseur de l'euro), c'était voué à l'échec. Quoiqu'il en soit ce prétexte permet la mue du parti socialiste et de la gauche en un centrisme mou, européiste, et libéral. Le discours sur l'antiracisme né vraiment à cette époque. On fait du français moyen un raciste compulsif et on décrédibilise la France, son histoire et son drapeau. Le FN accède aux médias à partir de 84 pour finir le travail et diaboliser la nation qui était le seul rempart contre l’appétit du capital.

 

 

Cette mutation est à l'origine de l'étrange gauche française actuelle. Une gauche pétrie de bons sentiments en apparence, mais qui ne fait jamais face à ses propres contradictions. D'un côté on veut revaloriser les salaires, mettre au pas les riches. De l'autre on valorise la mondialisation, l'Europe et le libre-échange. On veut officiellement protéger les salariés, mais on veut faire dans le même temps entrer sur le territoire librement toutes les populations qui le souhaitent. Comme si l'augmentation artificielle de la population n'avait aucun impact sur le marché du travail déjà très difficile ou sur la bulle immobilière. L'infantilisme incantatoire semble être devenu la véritable identité de la gauche. On ne s'intéresse plus au réel, on rêve le monde comme il doit être au lieu de s'affronter aux vicissitudes de l'existence. Parce qu'en réalité on ne cherche pas vraiment à changer les choses, on amuse la galerie, et on défend son segment de marché politique. Il en va de même pour les questions de délinquance ou d'immigration. Ce comportement n'est pas le fruit du hasard. L'électorat de gauche a muté en même temps que la gauche s'est libéralisée en oubliant les couches populaires dans leur précarité, la désindustrialisation et dans le chômage de masse. L'électorat de Mélenchon par exemple touche aussi une grosse part des diplômés et des CSP+ . C'est un électorat en fait assez proche de celui de Macron sur le plan des diplômes. En proportion de leur quantité, il y a plus de BAC+5 qui votent Mélenchon que de niveau Bac. Si Macron reçoit le vote des gagnants du globalisme et de l'Europe, Mélenchon lui reçoit probablement les diplômés déclassés. Ceux qui par leur diplôme auraient dû faire partie des gagnants, mais qui ne le sont pas parce que la globalisation est de plus en plus dure y compris chez les cadres supérieurs. Ce sont des précaires cultivés qui font semblant d'être rebelle à l'image du pathétique Usul.

 

Ces diplômés ratés, si je puis dire, ont une colère vis-à-vis du système économique, mais adhèrent en réalité dans les grandes lignes aux valeurs macronistes libérales, que ce soit sur le plan des mœurs ou de l'immigration par exemple. Ce sont des déclassés en quelque sorte et c'est généralement sur le plan politique les populations les plus dangereuses, si l'on se fit à l'histoire politique européenne. On le voit donc si la gauche reste officiellement de gauche son électorat n'a plus grand-chose à avoir avec la gauche d'après-guerre, qui était essentiellement populaire. La gauche actuelle voit dans l’immigré une figure protectrice pour ses intérêts. Il permet à la fois de justifier l'attaque contre l'ennemie qu'est la nation, il permet de remplir les fonctions économiques nécessitant de très faibles salaires. Et en plus « l'ouverture » à l'autre donne une image sympathique facile à monnayer. À mes yeux il n'y a simplement plus de gauche en France. Ce que l'on nomme la gauche aujourd'hui n'est qu'une droite libérale honteuse de la défense ouverte de ses intérêts. Ne vous y trompez pas, à chaque élection ils choisiront toujours le côté du manche, comme Mélenchon quand il a appelé à voter Macron. De la même manière s'ils doivent choisir entre la France et un autre camp, ils choisiront toujours l'autre camp même si ce camp rêve en secret de les pendre en place publique.

 

 

 

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