Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
/image%2F1492474%2F20250303%2Fob_0f8c20_attrape-reves-simple.jpg)
On arrête plus Ursula Von der Leyen et Emmanuel Macron. Les deux sbires de l'empire américain, qui étaient déjà plus va-t’en guerre que les USA sous l'administration Biden, semblent devenu complètement fou furieux depuis l'arrivée de Trump au pouvoir. Nous pourrions ici conjecturer longuement sur l'origine de cette folie militariste. Soit ils sont réellement convaincus que la Russie va attaquer l'UE. D'où leur volonté affichée de réarmer l'UE, mais c'est un peu tardif et les discours militaristes tenus maintenant depuis trois ans n'ont semble-t-ils pas vraiment été suivi d'effet. On parle, on éructe, on hurle, mais dans le monde réel rien ne se passe. L'industrie militaire européenne reste nanoscopique, et la seule chose de concrète c'est l'achat de matériel américain douteux comme les F35 par nos collègues européens, qui n'ont même pas la décence minimale d'acheter français ou européen.
Du reste, rappelons que la fin des empires ne fut pas le produit d'une volonté, mais d'un état de fait. Les empires ne se sont pas disloqués parce que leurs dirigeants ont voulu y mettre fin, mais parce que le coût de leur maintien supplantait largement les gains qu'ils produisaient. Il est facile de maintenir un empire sur des populations analphabètes qui n'ont pas de conscience nationale. C'est autre chose lorsque l'esprit national apparaît et que les populations veulent être dirigées par des gens qui sont de leur nationalité. Si l'on n’a pas cela en tête, on ne peut pas comprendre pourquoi ces immenses empires anglais, espagnols, français ou russes se sont effondrés aussi vite qu'ils se sont formés parfois. Garder des populations qui ne veulent pas de vous sous votre coupe, cela peut coûter très cher aujourd'hui. Et si des pays le font encore c'est souvent parce que les balances démographiques et militaires sont très déséquilibrées en leur faveur. Penser que la Russie va envahir l'Europe ou même seulement la Pologne est de ce point de vue complètement grotesque. La Russie est une immense nation avec un territoire de 17 millions de kilomètres carrés, le plus grand pays du monde en superficie. Mais elle n'a que 147 millions d'habitants, un peu plus du double de la France, et sa natalité est dramatiquement basse comme celle de tous les pays européens d'ailleurs. Il est donc absurde de penser qu'elle va utiliser ses moyens humains qui sont en plus en rétraction pour contrôler des pays aux densités de population très élevées. Cela n'a juste aucun sens. La Russie manque de bras, pas de terre, et elle ne va pas utiliser ce qui lui reste d'homme en âge de faire la guerre pour aller contrôler la Pologne ou l'Allemagne, c'est ridicule.
On peut penser que Macron et Von Der Leyen sont des idiots aveuglés par leurs croyances. C'est tout à fait possible. Mais on peut aussi imaginer qu'en réalité tout ceci c'est qu'un montage de communication destiné uniquement à faire avancer d'autres buts. Nous voyions bien que la Russie en réalité même si elle le voulait ne pourrait pas envahir l'Europe et si elle le faisait, même en imaginant qu'elle y arrive, elle n'aurait pas les moyens humains pour se maintenir. Et nos dirigeants le savent en réalité parfaitement. La démilitarisation du continent ne fut pas le fruit d'un passage irresponsable, mais le produit d'une observation factuelle. Il n'y a plus de risque de guerre sur le continent à part peut-être entre la Grèce et la Turquie qui au passage sont tout les deux membres de l'OTAN. Notre continent n'a en réalité qu'une seule véritable menace existentielle, c'est son effondrement démographique dramatique. Un effondrement qui favorise l'immigration de masse qui ressemble de plus en plus à une colonisation de peuplement. Ce ne sont pas les Russes qui remettent en question nos modes de vie et qui posent des problèmes de violence dans nos rues. Mais cela nos hommes politiques n'en ont cure, et ne parlent réellement d'immigration que du bout des lèvres, et seulement quand un événement funeste se produit. Même s'il est vrai que ces événements funestes semblent de plus en plus fréquents.
Le véritable moteur de la russophobie maladive actuelle en Europe est à mon humble avis la simple stratégie du bouc émissaire. La Russie sert de justification existentielle à l'UE. Et c'est d'autant plus vrai que les USA se désengagent du continent, du moins pour l'instant et en apparence. J'ai encore quelques doutes sur la volonté réelle des USA de rompre avec l'OTAN et de mettre fin à leur présence en Europe. Je pense que Trump n'a en réalité pour seul but que l'accroissement de l'achat de matériel militaire américain en jouant à faire peur à ses larbins. L'OTAN est trop lucrative pour les USA pour qu'ils laissent tomber volontaire la poule aux œufs d'or. D'autant qu'une relance de la production militaire endogène en Europe pourrait rapidement nuire aux exportations militaires des USA. L'UE est par contre pour l'instant abandonnée par son créateur les USA. Et les élites européennes ressemblent en fait à des canards sans têtes comme on dit couramment. La Russie sert donc dans ce cadre d'ennemi commun. C'est la seule stratégie qui reste à une construction complètement artificielle qui n'a plus aucun argument à vendre à la population pour justifier son existence.
Comprenez bien, l'Europe a été vendue comme un marché qui produirait une grande prospérité. L'euro comme une monnaie qui apporterait plus de croissance et plus de sécurité tout en donnant plus d’indépendance au continent européen face aux USA. Or, que constate-t-on depuis 25 ans ? Que l'UE ne cesse de décliner économiquement. Que l'euro loin d'avoir fait converger les économies européennes les a fait complètement diverger en favorisant une Europe allemande, les Italiens et les Français se retrouvant grands perdant économiquement et politiquement. L'euro a même fait reculer le continent par rapport au dollar sur les marchés financiers et l'UE est lanterne rouge de la recherche scientifique mondiale. Il n'y a plus aucun projet européen technique ou scientifique d'envergure et les seules qui existent sont en fait le produit des actions étatiques qui existaient avant l'euro et le transfert des pouvoirs économiques vers la Commission européenne. Car au cœur de l'UE, il y a le laissez-faire économique comme mécanisme d'orientation des politiques économiques. L'UE est ainsi la seule organisation politique à avoir une politique économique idéologique inscrite dans sa constitution, le néolibéralisme.
La grande peur des dirigeants européens est donc d'avoir à assumer cet immense échec collectif. Ils ne veulent pas crever l’abcès et admettre que l'UE et l'euro furent d'immenses erreurs. Ils plongent donc dans la recherche de boucs émissaires externes. C'est la Russie aujourd'hui, ou Trump, demain ce sera autre chose. Mais en attendant, les problèmes ne sont pas réglés, la plaie s'infecte, et le continent est littéralement en train de mourir. Il est donc plus que temps de tout stopper et de s'attaquer enfin au cœur des problèmes. Pour cela il faut enfin rompre avec le discours pro-européen délirant et admettre la réalité de l'échec de cette construction. Il est plus que temps de mettre fin aux enfantillages, surtout en France, car nous sommes le pays qui est la pire situation sur le plan économique. Ce n'est pas la Russie qui a provoqué nos difficultés, mais bien les politiques macroéconomiques menées depuis 50 ans au nom de l'Europe et des fantasmes stupides qui tournent autour. Nos dirigeants parlent tout le temps du risque pour nous de sortir de l'histoire, mais la réalité c'est que les Européens ont décidé collectivement depuis plus de 50 ans de sortir de l'histoire. Vous sortez de l'histoire quand vous ne produisiez plus ce que vous consommez et que vous préférez vivre de vos rentes sans rien faire. C'est cela qui nous fait sortir de l'histoire. Et l'UE c'est notre sortie de l'histoire en réalité.