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Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.

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Le demi-service militaire


 

Emmanuel Macron a l'art d'occuper en permanence les médias que ce soit par la tenue de propos absurdes, de politiques idiotes, ou par le lancement d'idées pas forcément stupides, mais qui seront toujours très mal appliqués, finissant par être contre-productifs. On se souvient encore de sa volonté pas forcément stupide il y a quelques années que la France puisse participer à une réunion des BRICS. L'idée en soi n'était pas totalement stupide pour une fois, mais la façon de faire avec ses gros sabots et le manque de diplomatie a transformé cette idée pas trop mauvaise en catastrophe diplomatique. Il en va de même avec le nouveau service militaire volontaire, qui peut être à la fois interprété comme une idée pas mauvaise en soi, mais qui en pratique s'avère être complètement raté.

 

Alors à titre personnel je vais être franc, je fais partie de la première génération à ne pas avoir eu à faire le service militaire. Tout comme Emmanuel Macron je n'ai eu droit qu'à la fameuse journée d'appel. Il me semble que je l'ai effectué pendant l'été 2000, je m'en souviens parce que le Tramway de Montpellier venait d'être mis en service cet été-là. Je ne parle donc pas en tant que personne expérimentée du service militaire. Je ne donne ici que mon point de vue de citoyen. La suppression du service militaire fut sans aucun doute une grave erreur de la part de Chirac et de nos élites. Et il faut le rappeler même si Chirac prétendait être gaulliste, c'est lui qui en réalité nous a fait réintégrer le commandement intégré de l'OTAN. On accuse souvent Sarkozy, et à juste titre, mais c'est bien cet escroc de Chirac qui a trahi le pays en premier, tout comme il l'avait fait sur l'Europe d'ailleurs.

 

Le service militaire n'avait de sens que dans un pays libre où l'armée était en quelque sorte au service du peuple français. La conscription était associée au patriotisme et à la défense de la nation. Elle est née d'ailleurs en partie avec la nation française. Ce type d'utilisation massive de la population dans des guerres n'avait jamais atteint ce point avant la naissance du patriotisme moderne. En aucun cas, les levées de paysans du moyen-âge ne pouvaient y être comparées. Surtout que, derrière la conscription et la levée de troupe, il fallait que l'intendance suive pour armer et équiper ces troupes nouvelles. La conscription et le service militaire obligatoire sont donc intimement liés à la notion de nation et de patriotisme. La fin du service militaire dans les années 90 était donc la suite logique de la grande déconstruction nationale qui perpétrait par nos élites pour la réalisation du grand fantasme européen.

 

Dans le même temps, l'armée de défense qu'était l'armée française jusqu'aux années 90 est devenue une armée de métiers et une armée de projection. C'est-à-dire une armée qui devait pouvoir être déployée n'importe où sur terre, car on partait du principe que la guerre ne pourrait plus se produire sur notre sol. Évidemment, une armée que l'on peut déployer loin, cela coûte beaucoup plus cher qu'une armée dont le but est surtout la défense territoriale. Ceci explique la très grande réduction de nos capacités militaires en nombre de troupes. La seule réduction des dépenses militaires ne pouvant expliquer à elle seule la transformation de l'armée française en une armée bonzaï, comme l'a très bien décrit Jacques Sapir. Au risque d'insulter les militaires français, notre armée est passée d'une armée de défense à une véritable armée de mercenaires travaillant en réalité pour des intérêts qui n'étaient que très rarement ceux de la France.

 

Car la réintégration du commandement de l'OTAN, puis la présidence Sarkozy ont fait revenir la France à l'état de soumission qu'était le nôtre avant l'arrivée du général de Gaulle au pouvoir. Si l'on regarde les différents conflits pour lesquels la France a participé depuis sa réintégration, il s'agissait à chaque fois de la défense des intérêts anglo-saxons et surtout américains. On comprend dès lors pourquoi il fallait une armée de métiers. Car s'il est facile de contrôler l'information dans le cadre de ce type de mission avec ce genre d'organisation militaire. La conscription rend par contre extrêmement difficile le contrôle du narratif. Les Américains l'ont bien compris pendant la guerre du Vietnam, ce fut d'ailleurs la même chose en France avec le traumatisme de la guerre d'Algérie. Même si dans ce cas il s'agissait bien d'une mission de défense nationale, même si dans le cadre de la décolonisation. La fin du service militaire avait donc deux aspects. Le premier était la continuation naturelle de la déconstruction nationale. La France c'était ringard, pour paraphraser le pitoyable Alain Souchon, dont les propos récents ont encore mis en avant l'égocentrisme apatride de la génération 68. Le second but était de pouvoir utiliser l'armée à des fins pas très glorieuses dans des conflits aux contours flous et aux intérêts douteux pour notre propre pays. L'armée de métier permettant en quelque sorte de faire un peu n'importe quoi sans rendre de compte à personne et surtout pas au peuple français, les militaires de métier étant tenus au silence.

 

Une armée nationale sans nation et sans industrie

 

On voit donc tout de suite le problème avec le projet de monsieur Macron. Un projet qui comme d'habitude ne vise pas vraiment le sujet dont il parle, que ce soit la défense de la nation, ou la cohésion nationale. Il s'agit comme toujours avec Macron de faire de la communication et d'occuper les médias qui ne doivent jamais oublier son existence. Depuis huit ans nous avons du Macron fait ceci ou Macron fait cela, en permanence à la télévision sans qu'aucune des promesses ou des projets qu'ils annonçaient ne soit arrivé à un quelconque résultat. Il n'y a jamais eu de réindustrialisation, tout comme il n'y a jamais eu de baisse du chômage. On peut donc déjà annoncer que son projet de service volontaire va simplement faire un flop comme d'habitude. Mais il aura occupé les médias pendant un petit laps de temps, et après tout il n'y a que ça qui compte vraiment à ses yeux.

 

Mais le plus étrange est ce paradoxe d'un homme qui a passé son temps à nous expliquer que la France, c'était fini en gros. On se rappelle tous de ses propos sur la culture française qui n'existe pas. Il a démoli nos dernières capacités industrielles et vendu nos turbines nucléaires aux Américains. Et il vient nous expliquer maintenant qu'au nom de la souveraineté française il faudrait rétablir le service militaire. S'il avait un soupçon de cohérence, il demanderait au moins une conscription européenne . Puisque c'est le grand fantasme de nos élites apatrides qu'ils créent donc la fameuse armée européenne et on verra combien de conscrits répondraient à l'appel qu'on rigole. Comme à chaque fois il n'y a ni cohérence ni pensée articulée derrière ces politiques. On est dans le marketing pur. Pourtant il y aurait matière à creuser. Relancer un véritable service militaire national à l'image de ce qui se pratique en Suisse ne serait pas une mauvaise chose en soi. Mais cela doit être accompagné d'un sens de l'intérêt national et de la défense de nos intérêts. C'est très loin d'être le cas à l'heure actuelle, surtout lorsqu'on a un président qui a passé son temps à vouloir déclencher un conflit avec la Russie pour un pays, l'Ukraine, qui n'a strictement aucun rapport avec nos intérêts stratégiques n'en déplaise aux européistes bornés.

 

Et avoir une armée fonctionnelle en soi ce n'est pas être souverain. Encore faut-il que l'intendance suive. Or l'intendance, à savoir la production, a été très largement délocalisée. La Chine mettrait l'UE au sol en quelques semaines d'embargo si telle était sa volonté. Ne pas avoir conscience de ces réalités et mettre la charrue militaire avant les bœufs qu'est la production, c'est ne rien comprendre à la réalité du monde. Même sur des choses aussi essentielles que la nourriture la France n'est plus autonome. Dès lors, parler de la souveraineté nationale en agitant des drapeaux, en mettant un service militaire volontaire et en faisant voler quelques avions, c'est juste le comble du ridicule.

 

 

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L
J'ai moi-même échappé au service militaire mais parce que les structures de l'institution étaient en sous-capacité pour accueillir la vague des boomers dont je faisais partie. La radiographie générale de mon anatomie avait déjà dépisté une anomalie sérieuse au niveau de ma colonne vertébrale (une cinquième lombaire incomplète passée à l'as du système scolaire) dont je souffre encore épisodiquement et l'on m'a fait savoir que cela me dispenserait au moins des fameuses "classes". <br /> Comme il devait y avoir une surcharge d'effectifs dans les bureaux, l'on m'a ensuite carrément demandé si j'avais envie de le faire, en s'enquérant au passage d'éventuels problèmes de toxicomanie ou d'alcool. Ayant avoué que j'aimais bien les soirées arrosées entre potes, je me suis alors retrouvé exempté P4 avec tendance alcoolique (sic mais la suite de ma vie a prouvé que cela n'était pas faux). <br /> Cela aurait pu la foutre mal en regard de mon père qui était militaire de carrière mais lui, comme beaucoup de ses pairs et bien qu'il fut aussi instructeur de jeunes appelés, considérait déjà le service national de l'époque comme pratiquement inutile et pas forcément en regard de considérations géopolitiques. D'ailleurs, cela faisait belle lurette qu'il m'avait appris à tirer dans un stand du coin. <br /> Pour lui le service national aurait eu un sens si l'on y avait réellement appris solidement aux jeunes à se battre et à se servir de matériel militaire dans des conditions de combat réelles. Mais cela n'était pas du tout le cas et ce rite de passage ne servait à rien d'autre qu'à inculquer une discipline de groupe dans un but social, surtout après la grande peur des jeunes née de mai 68, ce qui amenait mon père à conclure philosophiquement : "on les fait chier pour rien".<br /> Au moment de sa suppression, l'un des arguments en pointe pour son maintien était d'ailleurs devenu le soucis d'intégrer les jeunes issus de l'immigration ce qui ne faisait que déplacer le problème évoqué précédemment par mon père. <br /> Le problème est donc moins de rétablir en soi un service militaire que de déterminer clairement qu'elle type d'éducation militaire lui pemettrait de forger des générations de vrais combattants aptes à défendre le pays sinon la nation et de le faire avec enthousiasme.<br /> Pour finir je gage que nos classes dirigeantes redouteraient un système Suisse avec son système de formation permanente et son régime très citoyen de détention des armes à feu, l'un des plus libéraux du monde même si l'on mitraille moins dans les rues suisses que dans les françaises.
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L
@u roi Yann<br /> <br /> "Réformé P4 c'était assez mal vu, me semble-t-il ?"<br /> <br /> Pour rentrer dans la fonction publique, certainement, quoique j'ai connu un client dans le même cas qui avait franchi le barrage moyennant une contre-expective psychiatrique. Il a fait ensuite un excellent inspecteur des impôts après avoir passé le concours de catégorie A haut la main. Il est vrai que flic ou douanier par exemple auraient été plus problématiques. <br /> Sinon dans l'hôtellerie où j'ai sévi quatre décennie durant, cela laissait indifférent de savoir que j'étais à moitié dingue. Tout le monde l'avait déjà remarqué, sans plus.
Y
Réformé P4 c'était assez mal vu, me semble-t-il? Personnellement j'ai les pieds plats donc je suppose que certaines choses m'auraient été impossibles pour le service. <br /> <br /> Sinon le fait que le service fut un rite de passage n'était pas mauvais en soi, cela avait aussi une certaine utilité. Au passage on pourrait aussi permettre aux jeunes de passer le permis de conduire dans ce cadre. J'ai un ami plus âgé qui avait passé le permis poids lourd à l'armée comme quoi cela pouvait aussi ouvrir des portes ensuite pour la vie civile. <br /> <br /> Comme vous le dites, tout le problème est de savoir ce que l'on veut faire avec ce service. Mais comme toujours avec Macron, on est dans la communication plus que dans la recherche de véritables politiques utiles pour le pays. <br /> Pour avoir connu quelques Suisses francophones, le service militaire ne semble plus avoir bonne presse là-bas. Mais peut-être que cela ne concernait que mes connaissances.