Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
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Décidément Donald Trump aura réussi à décevoir même ses plus grands adversaires. À titre personnel je n'attendais strictement rien de lui, mais son comportement en Iran et de plus en plus en Ukraine montre qu'il n'est vraiment pas du tout fiable. Alors ben évidemment on peut aussi en conclure que ce n'est pas le président américain qui dirige, mais les lobbys internes ce qui est sans doute assez vrai. Reste que la situation mondiale redevient extrêmement dangereuse avec désormais deux nœuds commerciaux très importants qui se retrouvent fermés, celui d'Ormuz bien évidemment, mais maintenant ce sont les Houthis, alliés des Iraniens, qui attaquent en mer Rouge. Autant vous dire que cela signifie que plus aucun navire n'osera passer par là . Un coup d'œil à une carte permet de vite comprendre le problème. L'Arabie Saoudite et sa région se retrouvent en grande partie coupées du commerce international.
Or je ne vais pas vous faire un dessin, une grande partie des hydrocarbures viennent d'ici. Sans parler du reste comme l'hélium ou les engrais azotés. Bref, on se retrouve petit à petit dans une situation pire encore que celle qui avait précédé le début des accords américano-iraniens dont Trump n'a visiblement jamais rien eu à faire. Nous assistons donc à une nouvelle flambée du prix du pétrole avec cette fois des réserves extrêmement réduite à l'échelle mondiale. Si la Chine grâce à ses énormes réserves a pu amortir les chocs, il n'est pas du tout certain qu'il en soit de même dans les prochains mois. Et il faut insister sur le fait que les USA malgré leur production nationale n'ont pas les réserves non plus pour tenir. Car ils sont aussi dépendants d'importations de pétrole étranger, leurs raffineries ne correspondant qu'à un type de pétrole qu'ils ne produisent pas en quantité suffisante. Comme le rappel souvent et très justement Jacques Sapir, il n'y a pas un type de pétrole, mais plusieurs, avec différents types d'applications.
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Même les USA sont donc touchés par cette crise. Ce qui confirme l'extrême bêtise de la direction américaine actuelle, bêtise au sens de l'intérêt général. On peut se demander si les pontes américains ne se font pas un fric délirant dans l'affaire, ce qui est assez classique dans une ploutocratie finalement. Ils ont besoin d'un pétrole lourd qu'ils ne produisent pas en quantité suffisante sur leur sol. Le pétrole de schiste américain est léger lui et il est exporté. Vous me direz que c'est idiot de ne pas raffiner leur pétrole eux-mêmes puisqu'ils en ont en construisant des raffineries adaptées, mais c'est aussi le résultat du laissez-faire commercial que les USA ont pratiqué et prôné pendant 50 ans. La crise que nous vivons est multifactorielle, mais elle a des racines anciennes et profondes surtout aux USA.
Mais au-delà de la question à court et moyen terme de la crise pétrolière et économique que ce désastre provoque, il faut aussi se questionner sur les répercussions à long terme en matière de sécurité militaire. En effet, il est désormais assez clair pour tous les pays du monde que les USA sont un danger pour tout pays n'ayant pas l'arme nucléaire sous la main. La tranquillité du régime nord-coréen dénote en effet avec la situation des peuples du moyen orient qu'ils soient ennemis ou Alliés des USA d'ailleurs. Les alliés des USA payent d'ailleurs aujourd'hui un très lourd tribut pour avoir des bases américaines sur leur sol qui devaient soi-disant assurer leur sécurité. On voit aujourd'hui l'inverse, ces bases en font des cibles de choix alors que l'Iran n'a pas les moyens, du moins pour l'instant, de frapper directement le territoire américain. Je dis pour l'instant parce que l'on n’est jamais à une surprise près. Les Iraniens ayant de très bons ingénieurs ils pourraient très bien produire des ICBM ayant la portée suffisante à terme. Il est vrai qu'un tir même symbolique sur le territoire américain lui-même aurait des répercussions psychologiques invraisemblables sur un peuple se pensant depuis trop longtemps intouchable.
Il va falloir organiser la militarisation nucléaire de la planète
Quoiqu'il en soit, nous, assistons donc au début d'une future prolifération nucléaire. Et si certains pouvaient être convaincus de la nécessité de lutter contre, je ne pense pas qu'il soit désormais possible d'empêcher cette course. Les USA et l'occident sont allés trop loin dans l'imbécillité et l'instabilité géopolitique pour que cette course puisse être empêchée. Tant qu'il y avait un semblant de raison à la tête de l'occident et un respect au moins apparent des accords internationaux, l'on pouvait convaincre que des accords de sécurité étaient suffisants pour empêcher des conflits et sécuriser des nations. Mais désormais, le roi occidental est nu. Plus personne ne croira des accords signés par les USA ou même les Européens qui ont ouvertement trahi les accords de Minsk poussant la Russie au conflit avec l'Ukraine. Nous n'avons pas encore une aussi mauvaise réputation que les USA, mais on les suit de près surtout avec la France enfermée dans l'UE et l'OTAN. Nous avons grandement perdu du crédit à l'international.
Il ne faut donc pas en vouloir aux grands pays du monde s'ils cherchent désormais à se fournir en arme nucléaire. Nous ne pourrons nous y opposer même s'il peut y avoir des arguments très rationnels contre cette course. La multiplication des pays nucléaires pouvant augmenter les risques de fuites vers des acteurs privés et des terroristes par exemple. Certains états peu stables pourraient produire une catastrophe s'ils détenaient l'arme nucléaire en cas de renversement politique et militaire. Quoique cet argument peut se retourner contre l'occident actuel puisque les USA et les pays européens semblent de moins en moins stables à mesure qu'ils perdent de leur superbe économique. Bref, il y a de vrais arguments contre la dissémination nucléaire. Mais ces arguments ont peu de poids face au risque que représente désormais l'interventionnisme américain ou la simple nécessité de souveraineté nationale.
Nous devons donc plutôt accompagner ce changement pour en limiter les risques en matière de sécurité internationale. Alors vous allez me dire, oui, mais et les risques de guerre ? L'expérience montre quand même que lorsque des pays ont l'arme nucléaire ils évitent un affrontement direct, sans quoi l'Europe aurait été probablement un champ de bataille entre l'URSS et les USA dans l'immédiate après-guerre. De la même manière, si l'Inde et le Pakistan ne sont pas montés aux extrêmes récemment, c'est sans doute aussi à cause de la peur du nucléaire. Je sais bien que c'est paradoxal, mais la vie est pleine de paradoxes, que voulez-vous ? Tout se passe comme si l'annihilation potentielle totale était la seule chose empêchant des nations modernes à se suicider par des guerres de grande ampleur. On peut le regretter, mais c'est ainsi. Peut-être que finalement si l'Iran et même l'Arabie Saoudite avaient l'arme nucléaire, cela résoudrait les problèmes de conflits dans la région. Pour l'instant, le seul acteur qui la possède étant Israël. Ce qui paradoxalement crée un véritable risque d'emploi.
L'encadrement du développement du nucléaire devrait se faire à l'échelle internationale en accord avec toutes les puissances nucléaires actuelles. Le but étant de rassurer les pays qui cherchent à l'obtenir et d'encadrer ce développement pour ne pas déclencher des courses à l'armement délirantes et dangereuses. Le seul problème est de savoir si l'occident, et particulièrement les USA, est prêt à accepter cette réalité qui réduira à néant et définitivement leur capacité d'intervention dans ces pays.