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Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.

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L'UE ne changera jamais

 

Lorsque l'on dit que l'actualité va très vite en ce moment, c'est un euphémisme. On pourrait ici à nouveau parler de l'actualité dramatique au Proche-Orient et des folies de Trump qui passent son temps à envoyer des signaux totalement contradictoires aux médias et à ses électeurs. On ne parlera pas d'ailleurs du soupçon tout à fait justifié de délit d'initié pour ses proches qui se sont fortement enrichis avec la crise et les déclarations intempestives de Trump soufflant le chaud et le froid sur les marchés et le prix du baril de pétrole. Les USA en sont à un stade où l'on peut simplement se demander si les guerres provoquées ne le sont pas pour des raisons morales, même bancales, de stratégies rationnelles, économiques ou géopolitiques, mais simplement par intérêt de gain personnel. On en est là véritablement, mais cela expliquerait les grandes absurdités des décisions prises qui n'ont aucun sens du point de vue de l'intérêt global bien évidemment, mais même du simple intérêt américain. Trump a probablement accéléré de dix ans l'effondrement de l'Empire et du dollar.

 

Mais comme je l'ai dit si l'actualité va vite avec Trump c'est toute l'évolution de la planète qui s'accélère. En Asie on a déjà des pays qui connaissent des pénuries de pétrole et de gaz. C'est le cas en Thaïlande, aux Philippines, et il commence à y avoir des problèmes en Inde. On rentre dans le dur cette fois, et même des risques de famine ne sont plus du tout à exclure. Même l'agence internationale de l'énergie s'inquiète de la gravité de la situation, il n'y a que les apparatchiks de la télévision française pour dire que tout va bien se passer. Alors, que l'on ne veuille pas provoquer des émeutes, et des paniques, on peut comprendre, mais en venir à nier pratiquement toute conséquence ce n'est pas très responsable, mais on a l'habitude avec les dirigeants français maintenant. Cependant, cette accélération se voit aussi dans un autre domaine, celui du mensonge public.

 

En effet, comme vous en avez sans doute entendu parler dernièrement, il y a deux semaines à peine les autorités de l'UE, et madame Von Der Leyen, reconnaissaient que la décision de l'arrêt du nucléaire en Europe était peut-être une erreur. On est ici dans la litote bien évidemment, c'était un choix complètement idiot en réalité. Je ne vais pas reparler ici des orientations grotesques d'une grande partie des hommes politiques français qui ont suivi pendant longtemps le dogme des antinucléaires. On pourrait reparler de Voyney ou de Jospin, mais nous l'avons dans son « hommage » récent. Rappelons qu'un certain Emmanuel Macron en 2018 faisait une annonce fracassante visant à détruire non moins de 14 réacteurs nucléaires d'ici 2035. Mais la crise de 2022 est passée par là, sans parler des pannes en Espagne des énergies intermittentes qui étaient censées nous apporter « l'indépendance » énergétique et la non-pollution. Voilà ce qui arrive lorsqu'on laisse des idéologues faire de la politique et de la technique, c'est la catastrophe.

 

Alors beaucoup se sont réjouis de l'annonce, et l'on pouvait penser qu'enfin le nucléaire allait pourvoir à nouveau être considéré comme un moyen d'obtenir une plus grande autonomie en matière d'énergie, et bien finalement non. Deux semaines à peine après cette annonce, voilà que Bruxelles veut faire une enquête pour distorsion de concurrence face aux aides que l'état octroie à EDF pour développer seulement 6 nouveaux EPR. Ce qui est déjà bien en dessous de ce qu'il faudrait si nous voulions réellement électrifier tous nos usages comme le veut la fameuse transition écologique. Cette nouvelle attaque contre le nucléaire français n'est pas forcément fomentée par nos ennemis allemands comme c'est la coutume. Il s'agit probablement simplement de l'application des principes européiste de concurrence libre et non faussée. Un principe qui généralement ne s'applique qu'aux entreprises et aux secteurs qui n'ont probablement pas su graisser les bonnes pattes au parlement européen.

 

De fait, cela constitue une attaque directe contre la France, à nouveau pourrait-on dire. Et cela, alors même que plus que jamais, le secteur électronucléaire français va être essentiel dans la crise énergétique qui vient. Mais cela montre surtout la rigidité du système européen qui a été conçu dès le départ pour ne pas pouvoir s'adapter au monde qui l'entoure. C'est un système de règle mis en place pour imposer une certaine vision de la politique et de l'économie. Et ce dès le départ. Il s'agissait tout d'abord de dépolitiser la politique si je puis dire. C'est-à-dire de faire sortir petit à petit les questions essentielles des choix démocratiques. L'UE s'est toujours gossé de ses valeurs libérales et démocratiques. Si sur le plan économique elle l'est assurément, sur le plan politique, et démocratique, elle est littéralement à l'opposée du libéralisme politique.

 

Comme je l'ai déjà expliqué, il y a une opposition latente entre le libéralisme économique et politique. Une opposition qui devient de plus en plus évidente avec le projet européiste. Dans ce cas précis, on voit littéralement une incapacité à s'adapter au réel qui ne rentre pas dans le cadre de la pensée préétablie des dogmes. En l'occurrence ici que la concurrence soit faussée par l'aide pour développer des réacteurs EPR est sans importance à côté du besoin vital d'une plus grande autonomie stratégique. Le fait que la bureaucratie européenne soit incapable de comprendre cela est en soi révélateur du dysfonctionnement structurel d'un système bâti uniquement sur des règles, quelles que soient ces règles, mais sans système de représentation politique au-dessus. Si le néolibéralisme a un rôle structurel dans ces décisions absurdes, car il est en quelque sorte le logiciel de fonctionnement du système européen. Des règles différentes ne changeraient pas forcément grand-chose au problème en réalité.

 

Car le cœur de la maladie c'est cette incapacité à s'adapter aux changements. Cette absence de plasticité est le produit d'un état sans peuple, et sans politiques. Où la démocratie n'est qu'une blague, et où la population, et ses intérêts, n'ont aucune influence sur les décisions qui sont prises. L'UE aurait été communiste, relativement keynésien , ou autre chose que cela n'aurait pas changé vraiment sa destinée. Car le monde réel ne colle pas totalement aux représentations que nous en avons. Particulièrement dans les moments de crises et des changements géopolitiques majeurs comme nous le connaissons aujourd'hui. Cet épisode montre non seulement le double discours des dirigeants européens qui font comme si personne n'avait de mémoire, mais aussi l’extrême rigidité du système européen. Cette incapacité à s'adapter fait de l'UE un mort en sursis, reste à savoir quel choc finira par faire s'effondrer cette structure artificielle. Comme je l'ai déjà dit, je parie toujours sur une implosion organisée par l'Allemagne elle-même. Et la montée de l'AFD extrêmement critique envers l'UE semble montrer que c'est la bonne hypothèse.

 

 

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R
Bon article, il y a cependant un point sur lequel vous vous contredisez «Un principe qui généralement ne s'applique qu'aux entreprises et aux secteurs qui n'ont probablement pas su graisser les bonnes pattes au parlement européen.» et «L'UE s'est toujours gossé de ses valeurs libérales et démocratiques. Si sur le plan économique elle l'est assurément, sur le plan politique, et démocratique, elle est littéralement à l'opposée du libéralisme politique.»<br /> <br /> Votre première phrase est tout à fait juste, et reflète que l’UE n’est pas libérale économiquement. Un des principes du libéralisme économique est d’avoir un minimum d’interventionnisme économique pour éviter que la politique économique soit menées en fonction des pattes graissées.<br /> Ce point et la faillite précoce des modèles erronés expliquent souvent la plus grande efficacité du privé.<br /> <br /> Par contre, ce que vous pouvez avancer comme point. C’est qu’au vu de la planification longue nécessaire, la non élasticité des prix et sa non substitualité, l’énergie devrait probablement être incluse dans la définition du régalien.<br /> J’ai vu quelques libéraux se questionner sur le sujet, même si le crois que la majorité pense encore que le privé surperformerait ici.<br /> Le modèle français, laisse à penser ( en tout cas dans mon cas), que cela devrait être inclus au régalien. Car plus notre civilisation progresse et plus l’importance de l’énergie se rapproche, voire dépassera celle de la monnaie.<br /> Et s’il y a bien un acteur qui peut avoir un excellent ROI tout en vendant l’énergie à prix coutant, c’est bien l’état.
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Y
"Le modèle français, laisse à penser ( en tout cas dans mon cas), que cela devrait être inclus au régalien. Car plus notre civilisation progresse et plus l’importance de l’énergie se rapproche, voire dépassera celle de la monnaie."<br /> <br /> Personnellement je pense que la notion de monopole naturel qui avait été utilisé après guerre était la bonne. On laisse au marché ce qui peut fonctionner en concurrence, et à l'état ce qui ne peut pas l'être pour des raisons diverses d'efficacité ou de possibilité. Certains secteurs sont naturellement monopolistiques . Vous parlez de l'énergie, mais c'est également le cas par exemple sur des choses comme les OS des ordinateurs. Ce que Bill Gates avait bien compris d'ailleurs. Il y a beaucoup de domaines d'ailleurs aujourd'hui où la notion de concurrence n'a plus de sens puisqu'il n'y a plus assez d'acteurs pour parler de marché véritablement. On se retrouve avec des cartels et des monopoles privés, la pire des situations si je puis me permettre.
L
Les français éteindront la lumière, s'ils ne se trompent pas de bouton. L'autre c'est pour éclairer le jardin, transformé en dépotoir. Bon article comme d'hab sinon.
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Y
C'est malheureusement probable, la France fille ainée de l'UE...