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Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.

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Que c'est loin 2027.

 

Vous l'avez sans doute remarqué, c'est tellement rare que l'on ne peut remarquer que ça, Emmanuel Macron vient de prendre une décision correcte pour la France en interdisant le survol des avions américains pour alimenter la guerre en Iran. Il rejoint ainsi l'Espagne, la Suisse, l'Italie et l'Autriche dans ce que l'on pourrait appeler l'axe catholique antiguerre même si la Suisse n'est pas vraiment catholique. Cela confirme toutefois l'intuition d'Emmanuel Todd sur le comportement des catholiques zéro par rapport aux protestants zéro, certains semblent moins nihilistes que les autres. Même si encore une fois ici la Suisse fait figure d'exception même s'il y a quand même beaucoup de catholiques en Suisse, il est aussi possible que dans le cas de ce pays la tradition de neutralité sauvegarde un peu le pays contre ces tentations nihilistes qui semblent dévorer les pays anciennement protestants.

 

Quoiqu'il en soit pour une fois, Macron a pris une bonne décision, probablement pour de mauvaises raisons le connaissant, ou sous l'effet de pressions internes, mais réjouissons-nous tout de même que la France ne participe pas à ce délire militariste. Les bonnes nouvelles sont quand même rares et il est bon de s'en réjouir quand elles arrivent. Alors cela ne constitue rien de décisif, et cela ne change pas le comportement très trouble de la Macronie vis-à-vis des USA et d'Israël, mais au moins nous n'avons pas franchi le point de non-retour du délire militaire. La macronie fête même son dixième anniversaire, paraît-il, on se demande bien ce qu'ils peuvent fêter cependant, lorsque l'on regarde leur bilan. Alors je suis persuadé qu'ils se sont bien engraissés, et que sur le plan personnel, les membres d'En Marche ont connu des années formidables, pour le pays par contre c'est beaucoup moins sûr. Cette bonne décision de Macron ne pouvant en aucun cas rattraper des années de démolition des intérêts français, de mauvaises très mauvaises politiques macroéconomiques, et surtout l'échec patent du cœur du macronisme qu'est la pensée postnationale et européiste.

 

L'évolution du monde montre l'échec de l'idéologie postnationale faite de règles et de mécanisme de droit installés au-dessus des nations. C'est cette idéologie qui se fracasse aujourd'hui sur le mur de la réalité, une réalité faite de nations et d'intérêts divergents. Les générations européennes d'aujourd'hui vont devoir redécouvrir un monde qu'elles pensaient être un reliquat du passé. Et la Macronie qui était le summum de l'idéologie globaliste et postnationale ne pourra pas survivre à l'évolution actuelle du monde. En tout cas, si le macronisme survie, ce ne sera qu'en faisant une mue qui le rendrait méconnaissable par ses fondateurs. Cette idéologie postnationale n'était en réalité que le paravent, naïf et hypocrite, de l'impérialisme américain disparaît aujourd'hui sous les coups de l'empire qui l'avait pourtant construit. Ne pouvant plus maintenir leur empire en suivant les règles tacites qu'ils avaient imposées à tous le roi américain est aujourd'hui nu. Et il en va de même pour ses instruments de puissance que sont l'UE et l'OTAN.

 

La question est donc maintenant de savoir combien de temps ces structures artificielles qui avaient été construites pour garantir la domination américaine pourront survivre au déclin de l'empire US et aux changements massifs auxquels nous assistons. D'ores et déjà, la question de la survie de l'OTAN est posée puisque les USA et Trump affirment de plus en plus ouvertement vouloir sortir de cette organisation, Trump étant furieux du refus d'une partie des Européens de les suivre dans ses aventures même si l'OTAN est normalement une structure de défense et rien d'autre. Cela démontre ici simplement que les Américains n'ont jamais pris au sérieux les règles qu'ils avaient eux-mêmes conçues. Ils sont au-dessus des règles, celles-ci ne s'appliquant qu'aux états vassaux. Mais voilà, le temps de la domination absolue des USA est révolu, et certains vassaux rechignent désormais à obéir comme ils le faisaient autrefois. Ce qui est surprenant dans l'affaire c'est ce que fut l'Espagne et non la France qui joua les rebelles en premier comme elle le faisait depuis de Gaulle.

 

 

Pour l'UE la question se pose également et probablement plus rapidement qu'on ne le pense. En effet, nous nous dirigeons vers une crise économique extrêmement grave et peut-être même des pénuries graves de denrées alimentaires à terme. En effet des pénuries sur les productions d'urée, de soufre, et d'ammoniac, sont en marche, les pays du golf étant de gros producteurs, ces produits sont essentiels à la production agricole moderne. Cela aura bien évidemment un impact sur les prix assez rapidement, mais aussi nécessairement sur le volume de production. Il faut donc s'attendre à des problèmes probablement pires que lors de la crise du COVID et qui se répercutera sur des années même si le conflit venait à s'arrêter demain. On n'est pas du tout à labris de phénomènes de famine, y compris dans nos pays.

 

 

Et la présidentielle de 2027 dans tout ça ?

 

Et dans toute cette affaire et cette crise qui se développe, il y a encore notre système électoral qui fait semblant de fonctionner. Les médias sont déjà aux ordres pour essayer d'imposer le candidat centriste du système, Emmanuel Macron ne pouvant plus se représenter. On sort comme toujours les sondages d'opinion bien préparés pour favoriser le candidat choisi, en l'occurrence aujourd'hui il semble que ce soit Edouard Philippe qui n'a pourtant pas vraiment laissé de trace positive lorsqu'il était Premier ministre. On peut même dire qu'il fut absolument catastrophique. Mais cela n'a pas d'importance pour nos bourgeois, il faut surtout que rien de fondamental ne change. Car ce que cherche par-dessus tout l'élite française aujourd'hui c'est la conservation de ses privilèges. Des privilèges qui font pourtant justement partie du problème. On le voit dans l'immense capharnaüm qu'est devenue l'enquête sur le fonctionnement du service public télévisuel.

 

Depuis les années 70, la bourgeoisie d'affaires a fait payer ses choix idéologiques et politiques essentiellement aux classes populaires et aux classes moyennes. Que ce soit sur les effets de la globalisation, de la dérégulation financière, du franc fort puis de l'euro, ou sur le plan migratoire, à chaque fois ce sont toujours les mêmes couches sociales qui ont payé le prix. Mais voilà ,on arrive au bout de cette logique et ces couches sociales sont aujourd'hui exsangues. Le pays est surendetté avec de gros déficits commerciaux et une désindustrialisation massive. Il n'est plus possible de continuer comme si de rien n'était. Le prochain président de la République devra nécessairement rompre avec le système ou faire face à des conflits extrêmement violents. C'est d'autant plus vrai que nous voyons aujourd'hui se développer le communautarisme ethnique et politique de grande ampleur. La stratégie de LFI qui a consisté à réduire en grande partie la politique à des histoires de race va bientôt perdre le contrôle du monstre qu'ils ont en partie façonné.

 

La question de la solidarité nationale va bientôt se poser puisque les gens ne seront plus vraiment dans la même nation. Il y aura celle de l'ancienne France et celle de la nouvelle France. On voit d'ailleurs dans cette affaire tout le danger que représente l'immigration de masse à terme, quoiqu'en disent les quelques républicains qui croient encore en leur chimère intégratrice. Installer plusieurs peuples sur une même terre, cela ne peut finir qu'en conflit. Nous avons donc en gestation une crise multifactorielle dont il sera très difficile de prévoir toutes les évolutions à terme. La crise mondiale va probablement être le carburant qui va finir par mettre le feu à la structure fortement inflammable produite par l'idéologie globaliste et européiste de ces 50 dernières années. La prochaine élection pourrait être la dernière chance de rétablir un semblant de gouvernance nationale avant la grande catastrophe.

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L
Et oui, l'exemple de la guerre d'Iran vérifie deux choses de manière éclatante :<br /> 1) Le capitalisme financier est un mur indépassable, soit on reste les bras ballants devant lui soit on le détruit de l'extérieur. L'histoire de Trump est finalement de la même essence que celle de Tsipras en Grèce la décennie précédente. Se soumettre ou se démettre. Sauf que Trump avait toutes les cartes en main pour réussir mais il s'agissait des cartes d'un jeu périmé pompeusement appelé La Démocratie", les maîtres du jeu ayant leur réserve de bonne carte sous la table.<br /> 2) Marx l'avait souligné, le capitalisme porte la guerre comme les nuées amènent l'orage et sa contradiction ultime se nomme la guerre. Le système actuel n'est donc pas victime de ses contradictions mais de la guerre obligée née de ses contradictions. Et les vainqueurs de cette guerre seront ceux qui seront les mieux à même de la mener car il arrive toujours un temps où les guerriers l'emportent sur les gros malins.<br /> La violence est le moteur de l'histoire et l'ignorer revient à vouloir démarrer une voiture en faisant abstraction des clés de contact (on peut toujours le faire en trichant mais cela n'a qu'un temps). <br /> Sinon l'histoire s'appellerait l'Éternité soit le paradis sur terre, celui de Marx en l'occurrence lequel pêchait par optimisme comme tous les positivistes (j'aurai pu aussi bien citer Todd). Après quoi l'humanité aura le droit à quelques décennies de répit (la normalité pour les positivistes) le temps que revienne le temps des gros malins et de leurs frères ennemis. Les grands prêtres intellectuels prêchant la contradiction sans violence.<br /> En attendant, et puisque la France paisible ne compte plus, je dirai comme Régis de Castelnau bravo aux iraniens et encore merci.
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L
Excellent article, comme toujours. Un seul bémol : l'élection de la dernière chance était 2022.<br /> La plongée profonde dans la Barbarie est désormais inévitable. Toutefois, plus tôt on change d'orientation, moins longue sera la plongée.
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Y
Je ne sais pas pourquoi, mais cela me rassure de voir des gens encore plus pessimistes que moi ;)