Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
/image%2F1492474%2F20260604%2Fob_788770_reparation-800.png)
Nous finissons donc aujourd'hui notre questionnement sur le redressement de la France. Les deux premières parties étaient consacrées en quelque sorte à l'origine de nos problèmes. La troisième commençait à se poser la question des solutions. Comme préalable évidemment, il y a la sortie de l'Union européenne. On ne le répétera jamais assez, mais la construction européenne par nature est un élément de paralysie politique profondément antidémocratique. L'UE vient d'ailleurs une nouvelle fois de le démontrer ,puisqu’à peine rentrée dans la zone euro, la pauvre Bulgarie est mise sous tutelle pour déficit excessif. Je ne sais pas quelle est la raison pour cette rentrée tardive et suicidaire dans la zone euro de la part des élites bulgares, mais c'était factuellement une immense bêtise.
On s'en aperçoit qu'à chaque crise l'UE est un mécanisme qui soumet les peuples d'Europe à l'Allemagne et aux ingérences externes particulièrement américaines. L'UE ne protège absolument pas le continent, bien au contraire. La sortie est donc un préalable absolu à un redressement national. Mais ce n'est qu'une condition, l'échec relatif de la Grande-Bretagne tient bien plus aux politiques menées par les gouvernements anglais qu'à la sortie de l'UE qui devient le bouc émissaire d'une élite complètement délégitimé. C'est d'ailleurs ce qu'explique très bien le diplomate et haut fonctionnaire britannique David Frost dans une intervention qu'il a fait en suisse à l'occasion du débat sur l'accord entre la Suisse et l'UE. La Suisse étant un véritable furoncle problématique pour la construction européenne qui s'évertue à faire croire aux Européens qu'il n'y a pas d'avenir sans elle pour les peuples d'Europe. La Suisse, comme la Norvège ou l'Islande, montrent largement que l'UE ne sert en réalité à rien quand elle n'est pas carrément nuisible. La recherche d'extension de l'empire européiste sert donc désormais surtout à effacer ces exemples malheureux d'un continent qui aurait pu avoir un autre destin que celui d'être soumis à la bureaucratie bruxellois et aux intérêts économiques allemands.
David Frost montre rapidement que les problèmes de la Grande-Bretagne sont des problèmes créés par les Britanniques eux-mêmes. Le plus bel exemple est sur la question énergétique. En effet, Margaret Thatcher dans les années 70-80 a camouflé ses échecs économiques par le développement massif du pétrole et du gaz de la mer du nard. La Grande-Bretagne contrairement à la France n'a pas choisi le nucléaire après le choix pétrolier. Toute l'économie anglaise s'est donc spécialisée dans l'usage du gaz. Le problème bien évidemment c'est que ces réserves se sont vite épuisées. Le résultat nous le connaissons aujourd'hui, les Anglais ont un prix de l'énergie devenu le plus élevé d'Europe. Un boulé que le pays va traîner probablement très longtemps, surtout que les dirigeants britanniques sont particulièrement russophobes. La Russie étant le seul fournisseur raisonnable entre de quantité pour eux après ce qui s'est passé au Moyen-Orient . Bref les problèmes anglais viennent de loin et n'ont en réalité pas grand rapport avec la sortie de l'UE. D'autant qu'il faut le rappeler que les Anglais n'ont jamais été assez stupides pour adhérer à l'euro.
/image%2F1492474%2F20260604%2Fob_aab554_uk-energy-price-trend-cpi.jpg)
Rompre définitivement avec l'UE et l'Allemagne
Mais revenons donc à la France. Quel devraient être les priorités de notre pays une fois la question européenne résolue ? En premier lieu pour financer notre réindustrialisation nous devrons recréer le circuit du trésor, la banque de France sera le seul organisme prêtant à l'état à des taux raisonnables. Il faut mettre fin à la logique libérale qui consiste à faire des marchés les arbitres des investissements publics. Vous comprenez bien que cela aussi nécessite en préalable de sortir de l'euro. Si un gouvernement souverainiste est élu, il doit donc immédiatement annoncer la sortie de l'UE. Je suis en désaccord ici avec les membres de l'UPR et l'utilisation de l'article 50 qui autorise un état à sortir de l'UE. Nous n'avons pas à utiliser une autorisation pour sortir de l'UE. Si les Français décident de porter au pouvoir de vrais souverainistes, et non des escrocs du RN alors il faut affirmer cette sortie sans attendre. La souveraineté n'est pas quelque chose qui se donne, c'est quelque chose que l'on affirme. Le peuple français est seul souverain sur ses terres et ses politiques. Nul autre peuple ne peut le contraindre à faire ce qu'il ne veut pas sur son sol. C'est d'abord ça la souveraineté, une affirmation démocratique du peuple souverain de lui même. Tous les calculs sur le droit européen et autres billevesées ne sont que perte de sens et de temps. C'est un raisonnement à l'Allemande si je puis dire. Nous ne sommes pas allemands.
Il faut affirmer la souveraineté française et envoyer se faire voir les autorités européennes qui n'ont aucune légitimité. D'autant plus que tous les traités signés par l'UE depuis 2005 sont en fait illégaux au regard de la France puisque le peuple français avait rejeté le TCE. La forfaiture de 2008 fut une trahison illégale de nos représentants. Nous n'avons donc rien à négocier. Reprendre notre souveraineté reviendra dès lors simplement à faire les politiques que nous voulons en ignorant simplement les requêtes de l'UE, et en lui coupant les vivres au passage, puisque la France est contributeur net. Mais ne nous faisons pas d'illusion, l'UE va tout tenter pour nous arrêter et l'Allemagne en particulier. Il ne faudra pas hésiter à utiliser les armes les plus fortes comme les menaces énergétiques face à une Allemagne qui est redevenue impérialiste. De la même manière, la place géographique de la France nous permettra de couper le commerce entre les membres de l'UE si nécessaire.
Une fois cette question réglée, et les Allemands rentrés chez eux à faire des plans de conquêtes délirants contre la Russie, nous pourrons nous atteler au redressement à proprement dit. Comme je l'ai dit la dernière fois, la première étape est la dévaluation. Mais celle-ci doit s'accompagner d'une politique industrielle et d'un véritable commissariat au plan. Ces plans doivent s'intéresser au redressement de chaque pan de la souveraineté nationale et décider quelles sont les priorités. À l'heure actuelle la première chose à faire est sans doute d'assainir la question énergétique en particulier sur la question de l'électricité. Il faut mettre fin aux idioties concurrentielles européennes, et refaire d'EDF le seul fournisseur, et gestionnaire de l'électricité. L'échec patent du marché européen de l'électricité n'est plus à démontrer. Et ne parlons pas des stupides énergies intermittentes. Un grand plan visant à renouveler notre parc électrique et à le développer paraît aussi censé. Nous devons remettre la priorité d'une électricité moins chère avec un réseau relativement stable. Pour les énergies intermittentes déjà développées, nous devons réguler leur production par les développements des fameux STEP, qui sont des barrages hydroélectriques utilisés pour stocker l'énergie lorsqu'il y a surplus. Les plans existent déjà, il ne manque qu'une volonté politique pour le faire.
Après l'électricité nous devons voir quel domaine développer en priorité. Les yeux sont tournés aujourd'hui sur les IA. Comme je l'ai dit, c'est une perte de temps et d'énergie. Ce qu'il faut surtout développer c'est ce qui permet à cette industrie nouvelle d'exister c'est-à-dire les semi-conducteurs. La France doit devenir autonome dans ce domaine et il s'agit là d'un travail immense qui nécessitera des investissements et de la formation sur dix ans au moins. Pour accélérer les choses dans le domaine, il nous faudra des partenariats avec des pays producteurs bien évidemment. Ce qui pourrait faciliter les choses serait d'exploiter les terres rares que la France possède . On en revient ici à l'exploitation des océans en particulier dont nous avions parlé il y a quelques années. La France possède un immense domaine maritime dont on sait qu'il est riche en terres rares. Une exploitation importante ferait de la France un pays attractif pour le développement des technologies de semi-conducteurs.
/image%2F1492474%2F20260604%2Fob_173257_3cf1c86-636964026-2142-exploitation-mi.png)
L'important dans le développement industriel est de développer toute la chaîne de production et pas seulement un bout comme nos élites le font en voulant absolument des usines clef en main. Car bien souvent si vous n'avez qu'une usine d'assemblage, vous importez toutes les pièces. Ce qu'il faut, c'est développer tout un écosystème industriel. Chose qu'on ne fait plus en France depuis que nous nous sommes lancés dans les délocalisations dans les années 70. La priorité n'est donc pas forcément de donner la priorité aux productions les plus avancées, mais de créer de nouveau des pôles industriels. Tout est bon à prendre même les industries de base comme l'extraction, la métallurgie ou le textile. Ce sera infiniment plus profitable à terme d'un ridicule centre de donnée pour faire de l'IA en Chine ou aux USA. Il faut à mon sens se fixer un objectif simple, que la France à terme puisse subvenir à ses propres besoins à un niveau d'au moins 80% en volume, quel que soit le secteur. Il ne s'agit pas de rejeter l'échange économique totalement, mais de faire en sorte qu'il ne soit pas si fort qu'il nous rende impuissants en cas de problème international pour diverse raison. Il faut sortir de la logique de la spécialisation économique dans la mondialisation même si cela veut dire avoir un niveau de vie un peu plus faible en moyenne. La souveraineté, la liberté de notre peuple à décider de son destin, et la démocratie, sont à ce prix et je pense que le prix à payer n'est pas si élevé.
La seconde chose à comprendre est qu'il faut créer des débouchés stables pour notre industrie. Ce qui rend nécessaire le protectionnisme. Qu'il soit sous forme de commande réservée, de droit de douane ou de quotas, il faut faire en sorte que les industriels produisant en France aient une assise stable sur laquelle s'appuyer pour faire d'autres investissements. Ces débouchés doivent être permanents et être soutenus par la puissance publique si la demande interne s'affaiblit à cause d'une crise. Cela rejoint bien évidemment la vision keynésienne d'un état qui régule l'économie et ne laisse pas faire le marché. Avec du protectionnisme, une planification, une monnaie adaptée, un prix de l'énergie correct et des débouchés assurés, il n'y a aucune raison pour que la réindustrialisation ne se produise pas alors. Bien évidemment il faudra également y rajouter des politiques de formation ambitieuses. La baisse de la population active à cause du déclin des naissances devra d'ailleurs nous obliger à réduire les formations pour les secteurs tertiaires et favoriser les formations scientifiques et technologiques. Cela soulève d'ailleurs l'importance de la relance de la natalité, mais ce sera pour un autre sujet.