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Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.

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La rupture viendra-t-elle de France ou d'Allemagne ?

 

C'est donc officiel maintenant que Marine Le Pen sera finalement candidate à la présidence de la république pour l'élection de 2027. Une élection dont pour l'instant le président actuel n'a toujours pas annoncé de date précise ce qui est à la fois très étrange et assez inquiétant connaissant ce triste personnage. Il faut dire que les juges jouent visiblement au chat et à la souris avec la présidente du RN. Comme l'a très bien souligné Régis de Castelnau, ils ne semblent pas assumer le caractère hautement politique de leurs actions visant à éliminer le RN sans passer par les urnes. Ils ont donc choisi le bracelet électronique cherchant à disqualifier la candidate sans vraiment l'assumer. L'on savait la justice en France extrêmement politisée, en particulier depuis l'affaire Fillon, maintenant tout le monde peut le voir littéralement.

 

Ces acharnements contre les opposants au macronisme sont d'autant plus surprenants que l'on peut observer une grande légèreté face à des faits bien plus graves concernant les proches de Macron ou Macron lui-même. Alexis Kohler par exemple n'en finit plus d'être protégé de toute poursuite judiciaire à son encontre. Et l'on attend toujours les conséquences judiciaires de l'affaire Alstom pour ne parler que de celle-ci. Alors, comprenez bien que je ne défends en aucun cas des comportements illégaux chez les élus. Il est tout à fait normal de poursuivre quelqu'un qui a visiblement fait des malversations même si cette personne est un représentant. Mais l'on sait bien qu'en politique tous les coups sont permis et ce n'est pas nouveau. Mais en démocratie ce n'est pas aux juges et aux notables de choisir qui peut être élu ou pas. L'usage de la justice pour modifier le résultat des élections de façon volontaire est hautement problématique. Il est tout à fait probable que sans l'affaire ridicule du costume de sa femme Fillon aurait été au second tour de la présidentielle en 2017. Avouons que sans Macron les neuf dernières années auraient été assez différentes surtout en matière de politique étrangère. Je dis cela en étant pourtant largement opposé à la ligne Fillon de 2017 sur le plan économique.

 

Si la justice doit s'appliquer même aux élus alors elle doit s'appliquer de façon totalement neutre ce qui est justement le problème aujourd'hui. On a l'impression, et ce n'est pas qu'une impression, que la justice ne s'active que lorsque des élections arrivent et que des opposants à l'idéologie dominante la magistrature risque de peser dans la balance électorale. Ce n'est pas ce que l'on peut appeler de l'impartialité. Et toute l'affaire concernant Marine Le Pen est de cet acabit. Nous nous retrouvons donc grâce aux génies de notre magistrature avec une candidate très favorite dans les sondages sous bracelet électronique. Tout ça pour une affaire qui n'est en aucun cas une affaire d'enrichissement personnel en plus. Mais la France n'est évidemment pas la seule dans ce cas, toutes les bourgeoisies d'Europe, trop bien représentée dans les milieux judiciaires, paniquent face aux conséquences à long terme de leur propre idéologie.

 

L'effondrement de l'européisme centriste

 

En Angleterre Nigel Farage fait face à l'agressivité de l'establishment britannique qui panique avec la très forte montée de UKIP. Car contrairement à ce qu'essaient de faire croire nos journalistes en France, le Brexit n'est pas du tout rejeté, bien au contraire, ce sont les élites qui trahissent l'esprit du Brexit en permanence et qui sont de plus en plus rejetées par la population. La démission récente du Premier ministre pourtant élu il y a peu de temps le montre. Cela n'empêche pourtant pas nos journalistes de dire que Farage est populaire malgré le Brexit, il ne leur viendrait pas à l'idée qu'il soit populaire justement à cause du Brexit. Le biais européiste rend fortement aveugle sur certaines évidences. Dès lors, ce succès risque de mettre ce parti au pouvoir, rappelons que le système britannique est peu représentatif avec un système à un tour où le parti qui arrive en tête devient surreprésenté au parlement. Cela assure toujours des majorités et donc la gouvernabilité. Le problème c'est que le gouvernement est parfois bien peu représentatif, ce qui était le cas du gouvernement Starmer.

 

On se retrouve dans la même situation en Allemagne également . En effet comme vous le savez sans doute le gouvernement allemand est de plus en plus impopulaire. L'échec du système allemand devient de plus en plus visible et l'Allemagne semble connaître aujourd'hui ce que la France a connu des années 80 aux années 2000, une désindustrialisation massive créant chômage de masse et précarité. L'anxiété économique en Allemagne augmente proportionnellement aux plans de licenciement de l'industrie. D'autant qu'aucune perspective ne peut désormais être donnée. La collusion de l'énergie chère, et de la montée en gamme de la Chine produit une catastrophe économique sans précédent. Dans ce contexte il est donc normal que la population se tourne vers des alternatives au système. Et en Allemagne c'est surtout l'AFD qui en profite.

 

Et c'est justement l'AFD qui commence à sérieusement inquiéter le système européen. Bien plus finalement que Marine Le Pen qui critique souvent les conséquences de l'UE et de l'euro, mais qui a bien fait ses séances de soumission à la doxa eurolibérale comme il faut. Car, rappelons-le, même si le RN prétend être une alternative patriotique aux centristes, il ne veut ni sortir de l'UE ni rompre avec l'UE d'une façon ou d'une autre. Comme dans le cas de LFI on a ici le cas d'école d'un parti faussement alternatif qui pliera certainement dès la première remarque négative de la part de la Commission européenne ou de la BCE. À l'inverse l'AFD s'affiche ouvertement anti-UE. De plus, l'Allemagne est au cœur du système européen, elle en est même la dirigeante plus ou moins affirmée. Si un gouvernement allemand devenait anti-UE cela signifierait simplement la fin de la construction européenne immédiatement.

 

Vous comprenez donc la panique à Bruxelles. La France on peut la faire plier si elle ne sort pas de l'euro. L'Allemagne même cette menace ne fonctionnerait pas. Il faut donc empêcher ce parti de continuer à grimper. Et l'on apprend ainsi que le parlement européen veut par exemple bannir le parti européen fondé par l'AFD. La tentation est grande en Allemagne de faire interdire ce parti, mais cela ne ferait que déplacer le problème exactement comme en France et ailleurs en Europe. Nous arrivons à la catastrophe que beaucoup avaient annoncée en Europe à commencer par le pauvre Philippe Seguin qui avait pratiquement tout prévu à long terme des conséquences de Maastricht. Le retour du nationalisme, qu'il soit parfois constructif, ou excessif, est directement le produit de l'européisme . Le dogmatisme et la violence des élites qui ont plongé les peuples d'Europe dans le déclin et la paralysie ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes.

 

La seule question qui vaille aujourd'hui n'est pas de savoir si l'UE va disparaître, c'est déjà inéluctable. La question est de savoir comment cela va se produire et quel maillon de la chaîne européiste va craquer en premier. Est-ce que ce sera par des voies politiques avec une sortie de l'Allemagne, ou, rêvons un peu, de la France, même si c'est très peu probable. Ou est-ce que le système va imploser par le domaine économique avec un vent de panique monétaire et financier. L'implosion de la bulle IA américaine pourrait être un déclencheur d'ailleurs. Cette dernière devient extrêmement inquiétante comme le montre Frédéric Lordon, qui s'il est parfois excessif et incohérent sur les questions macroéconomiques, reste un grand connaisseur des systèmes financiers internationaux. Nous vivons vraiment des temps mouvementés, et il est grand temps que la France mène sa propre barque au milieu de l'océan économique planétaire pour ne pas avoir à couler avec l'énorme Titanic européen.

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L
@La Gaule 09/07/2026 18:22<br /> Attention, à la différence de la France, il existe un parti de gauche souverainiste significatif : le BSW. Celui-ci visiblement est en proie à des débats internes conséquents, quant à une alliance avec l'AFD. Cela peut tout changer, car ce pont entre la Gx et la Dx, c'est précisément ce qui peut renverser le système.<br /> <br /> Pour ce qui concerne la rupture avec l'UE et autres, c'est souvent le maillon le plus faible qui cède en premier. En l'occurrence la France.
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Y
Je vais être cynique, mais laissons les Allemands se suicider si ça leur chante. Notre intérêt à nous est de quitter l'OTAN et l'UE et de laisser derrière nous cet asile de fou que sont l'UE et l'occident.
L
@Yann Auteur 12/07/2026 09:47<br /> <br /> Le budget militaire de l'Allemagne est en croissance considérable, le double de celui de la France : Ce n'est pas pour décorer à mon avis (https://www.opex360.com/2025/07/31/en-2026-le-budget-militaire-de-lallemagne-sera-presque-deux-fois-plus-eleve-que-celui-de-la-france/) <br /> <br /> N'oublions pas qu'ils ont mené une guerre en Yougoslavie il y a 3 décennies, ce qui constituait à mes yeux une répétition générale pour la guerre contre la Russie. De fait, l'OTAN est engagée dans la guerre en Ukraine de multiples manières. Certes les troupes officielles ne sont pas encore engagées, puisque tant que l'on peut s'appuyer sur des proxies, c'est toujours plus confortable. Ils parient aussi sans doute sur une usure interne, à la syrienne par exemple.<br /> <br /> Toutefois, si la Russie devait résister plus significativement, la guerre directe deviendra inévitable. C'est cela qu'ils préparent. Après entre s'engager dans une guerre et être en mesure de la mener et de la gagner, il y a toujours plus qu'une marche d'escalier…
Y
J'ai toujours beaucoup de mal à imaginer nos élites lançant une guerre directe avec la Russie. Il ne faut vraiment plus avoir aucun sens des réalités pour ça.
Y
Je n'en ai pas parlé parce que le BSW pèse beaucoup moins lourd même s'il progresse aussi. Comme en France la population commence à en avoir marre des centristes eurolibéraux. La France est faible, mais dans le cas de la chaine européenne les pays les plus faibles ont tendance à plier face à l'UE. On l'a vu avec la pauvre Grèce dont les élites ont préféré saccager le pays que de remettre en cause l'euro. Je pense malheureusement que les élites françaises feront exactement la même chose. Idem en Italie d'ailleurs. L'une des cause du blocage est aussi à chercher du coté du vieillissement de la population, il y a probablement trop peu de jeunes français désormais pour qu'un mouvement renverse le système en dehors des urnes. Ce qui donne cette situation de paralysie.
L
Pour reprendre votre image de la chaîne, les forces de corrosion intérieure restent en France négligeables. Il faudrait une énorme pression extérieure pour provoquer la rupture et je n'en vois qu'une capable de provoquer ce miracle : une aventure militaire qui tournerait mal pour ses apprentis sorciers, ce que j'ai toujours défendu ici. Nous serons donc en mesure de vérifier bientôt si l'hypothèse est plausible puisqu'en Iran le fabuleux traité de paix annoncé se consume déjà sous les bombes (un grand classique de l'histoire des États-Unis). <br /> Quand à l'Ukraine, qui cède sur tous les fronts sauf celui des médias français, le seul moyen à court terme pour l'Otan de conjurer la vérité de la défaite aux yeux des populations européennes sera d'entrer en guerre contre la Russie et tout se jouera pas plus tard qu'en Septembre. Il n'y aura pas de moyen ni de long terme, là est le danger d'une escalade incontrôlable. <br /> Au mieux (là je fais mon Todd pour ne pas trop désespérer Yann et stériliser sa créativité prospective) la clique de Bruxelles connaîtra le sort des militaires argentins après la guerre des Malouines, se faire virer au son des casseroles mais je n'y crois pas trop. Une Von der Leyen ou un Macron sont plus dangereux qu'un général Alcazar argentin. Il faudra vraiment foutre la trouilles à tous ceux qui ont permis leur arrivée au pouvoir et Ils sont nombreux.
L
Peu de chance que l'AFD parvienne au pouvoir en Allemagne et pour les mêmes raisons (l'union sacrée des castors) que le RN en France. Pourtant L'AFD représente un bien plus grand danger pour l'UE et cela pour une autre raison sur laquelle glisse bien des commentateurs tant elle renvoie à un passé terrifiant pour les apôtres du machin européen. <br /> L'AFD - et de manière beaucoup plus éclatante que la ligue du nord en Italie par exemple - a une dimension régionale et surtout régionaliste que n'a pas le RN dont le succès dans certaines régions (ancien nord industriel, midi méditerranéen) provenait à l'origine de particularismes socio-économiques locaux. L'AFD au contraire est le témoin de l'annexion ratée d'un territoire longtemps resté séparé du reste de l'Allemagne et qui aurait très bien pu le rester, renouant ainsi avec l'histoire ô combien hétérogène de ce pays.<br /> L'AFD est en fait la mauvaise conscience aussi bien de l'Allemagne que du reste de l'union européenne dont la construction s'est largement réalisée sur cette jolie fable de la réunification allemande. Le spectre auquel renvoie L'AFD désormais, aussi mortel pour l'UE qu'une très hypothétique victoire de ce parti aux élections générales, est celui d'une sécession de l'ancienne Allemagne de l'est. Après tout, les anciens empires de langue tudesque d'Europe Centrale en ont vu d'autres, dont l'UE ne serait qu'un dernier avatar.
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Y
Il est vrai qu'on ne parle que très rarement de la violence que fut la "réunification" allemande. Moi même je n'en ai pris conscience qu'en lisant certains allemands de l'Est regrettant presque la RDA.