Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
/image%2F1492474%2F20260709%2Fob_aa6091_stress-au-travail-ou-se-trouve-le-poin.png)
C'est donc officiel maintenant que Marine Le Pen sera finalement candidate à la présidence de la république pour l'élection de 2027. Une élection dont pour l'instant le président actuel n'a toujours pas annoncé de date précise ce qui est à la fois très étrange et assez inquiétant connaissant ce triste personnage. Il faut dire que les juges jouent visiblement au chat et à la souris avec la présidente du RN. Comme l'a très bien souligné Régis de Castelnau, ils ne semblent pas assumer le caractère hautement politique de leurs actions visant à éliminer le RN sans passer par les urnes. Ils ont donc choisi le bracelet électronique cherchant à disqualifier la candidate sans vraiment l'assumer. L'on savait la justice en France extrêmement politisée, en particulier depuis l'affaire Fillon, maintenant tout le monde peut le voir littéralement.
Ces acharnements contre les opposants au macronisme sont d'autant plus surprenants que l'on peut observer une grande légèreté face à des faits bien plus graves concernant les proches de Macron ou Macron lui-même. Alexis Kohler par exemple n'en finit plus d'être protégé de toute poursuite judiciaire à son encontre. Et l'on attend toujours les conséquences judiciaires de l'affaire Alstom pour ne parler que de celle-ci. Alors, comprenez bien que je ne défends en aucun cas des comportements illégaux chez les élus. Il est tout à fait normal de poursuivre quelqu'un qui a visiblement fait des malversations même si cette personne est un représentant. Mais l'on sait bien qu'en politique tous les coups sont permis et ce n'est pas nouveau. Mais en démocratie ce n'est pas aux juges et aux notables de choisir qui peut être élu ou pas. L'usage de la justice pour modifier le résultat des élections de façon volontaire est hautement problématique. Il est tout à fait probable que sans l'affaire ridicule du costume de sa femme Fillon aurait été au second tour de la présidentielle en 2017. Avouons que sans Macron les neuf dernières années auraient été assez différentes surtout en matière de politique étrangère. Je dis cela en étant pourtant largement opposé à la ligne Fillon de 2017 sur le plan économique.
Si la justice doit s'appliquer même aux élus alors elle doit s'appliquer de façon totalement neutre ce qui est justement le problème aujourd'hui. On a l'impression, et ce n'est pas qu'une impression, que la justice ne s'active que lorsque des élections arrivent et que des opposants à l'idéologie dominante la magistrature risque de peser dans la balance électorale. Ce n'est pas ce que l'on peut appeler de l'impartialité. Et toute l'affaire concernant Marine Le Pen est de cet acabit. Nous nous retrouvons donc grâce aux génies de notre magistrature avec une candidate très favorite dans les sondages sous bracelet électronique. Tout ça pour une affaire qui n'est en aucun cas une affaire d'enrichissement personnel en plus. Mais la France n'est évidemment pas la seule dans ce cas, toutes les bourgeoisies d'Europe, trop bien représentée dans les milieux judiciaires, paniquent face aux conséquences à long terme de leur propre idéologie.
L'effondrement de l'européisme centriste
En Angleterre Nigel Farage fait face à l'agressivité de l'establishment britannique qui panique avec la très forte montée de UKIP. Car contrairement à ce qu'essaient de faire croire nos journalistes en France, le Brexit n'est pas du tout rejeté, bien au contraire, ce sont les élites qui trahissent l'esprit du Brexit en permanence et qui sont de plus en plus rejetées par la population. La démission récente du Premier ministre pourtant élu il y a peu de temps le montre. Cela n'empêche pourtant pas nos journalistes de dire que Farage est populaire malgré le Brexit, il ne leur viendrait pas à l'idée qu'il soit populaire justement à cause du Brexit. Le biais européiste rend fortement aveugle sur certaines évidences. Dès lors, ce succès risque de mettre ce parti au pouvoir, rappelons que le système britannique est peu représentatif avec un système à un tour où le parti qui arrive en tête devient surreprésenté au parlement. Cela assure toujours des majorités et donc la gouvernabilité. Le problème c'est que le gouvernement est parfois bien peu représentatif, ce qui était le cas du gouvernement Starmer.
On se retrouve dans la même situation en Allemagne également . En effet comme vous le savez sans doute le gouvernement allemand est de plus en plus impopulaire. L'échec du système allemand devient de plus en plus visible et l'Allemagne semble connaître aujourd'hui ce que la France a connu des années 80 aux années 2000, une désindustrialisation massive créant chômage de masse et précarité. L'anxiété économique en Allemagne augmente proportionnellement aux plans de licenciement de l'industrie. D'autant qu'aucune perspective ne peut désormais être donnée. La collusion de l'énergie chère, et de la montée en gamme de la Chine produit une catastrophe économique sans précédent. Dans ce contexte il est donc normal que la population se tourne vers des alternatives au système. Et en Allemagne c'est surtout l'AFD qui en profite.
Et c'est justement l'AFD qui commence à sérieusement inquiéter le système européen. Bien plus finalement que Marine Le Pen qui critique souvent les conséquences de l'UE et de l'euro, mais qui a bien fait ses séances de soumission à la doxa eurolibérale comme il faut. Car, rappelons-le, même si le RN prétend être une alternative patriotique aux centristes, il ne veut ni sortir de l'UE ni rompre avec l'UE d'une façon ou d'une autre. Comme dans le cas de LFI on a ici le cas d'école d'un parti faussement alternatif qui pliera certainement dès la première remarque négative de la part de la Commission européenne ou de la BCE. À l'inverse l'AFD s'affiche ouvertement anti-UE. De plus, l'Allemagne est au cœur du système européen, elle en est même la dirigeante plus ou moins affirmée. Si un gouvernement allemand devenait anti-UE cela signifierait simplement la fin de la construction européenne immédiatement.
Vous comprenez donc la panique à Bruxelles. La France on peut la faire plier si elle ne sort pas de l'euro. L'Allemagne même cette menace ne fonctionnerait pas. Il faut donc empêcher ce parti de continuer à grimper. Et l'on apprend ainsi que le parlement européen veut par exemple bannir le parti européen fondé par l'AFD. La tentation est grande en Allemagne de faire interdire ce parti, mais cela ne ferait que déplacer le problème exactement comme en France et ailleurs en Europe. Nous arrivons à la catastrophe que beaucoup avaient annoncée en Europe à commencer par le pauvre Philippe Seguin qui avait pratiquement tout prévu à long terme des conséquences de Maastricht. Le retour du nationalisme, qu'il soit parfois constructif, ou excessif, est directement le produit de l'européisme . Le dogmatisme et la violence des élites qui ont plongé les peuples d'Europe dans le déclin et la paralysie ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes.
La seule question qui vaille aujourd'hui n'est pas de savoir si l'UE va disparaître, c'est déjà inéluctable. La question est de savoir comment cela va se produire et quel maillon de la chaîne européiste va craquer en premier. Est-ce que ce sera par des voies politiques avec une sortie de l'Allemagne, ou, rêvons un peu, de la France, même si c'est très peu probable. Ou est-ce que le système va imploser par le domaine économique avec un vent de panique monétaire et financier. L'implosion de la bulle IA américaine pourrait être un déclencheur d'ailleurs. Cette dernière devient extrêmement inquiétante comme le montre Frédéric Lordon, qui s'il est parfois excessif et incohérent sur les questions macroéconomiques, reste un grand connaisseur des systèmes financiers internationaux. Nous vivons vraiment des temps mouvementés, et il est grand temps que la France mène sa propre barque au milieu de l'océan économique planétaire pour ne pas avoir à couler avec l'énorme Titanic européen.