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Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.

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La crise de la dette est le produit du néolibéralisme

 

Alors que tout le monde parle des retraites sur lesquels les libéraux imputent tous les problèmes de la France, l'on voit pourtant dans le même temps poindre une crise de la dette dans la plupart des pays jadis développés. Des USA au Japon, les taux d'emprunt explosent au fur et à mesure que l'incertitude plane sur l'avenir économique de ces pays. C'est un paradoxe si l'on s'en tient à l'explication de la dette par les retraites. Les USA sont tout autant endettés que la France, et même beaucoup plus, si l'on prend la dette extérieure. La France n'ayant pas un déficit de la balance des paiements contrairement aux USA. L'argument sur les retraites par répartition responsable de l'endettement ne tient donc pas vraiment la route puisque les USA pratiquent la retraite par capitalisation.

 

 

À dire vrai, l'explosion des dettes n'a que peu de rapport avec la question des retraites. Ce qui ne signifie pas qu'il ne faille pas changer les règles et réduire le poids des retraités dans le système. Il est vrai qu'avec l'allongement de la durée de vie il est normal d'augmenter le temps de cotisation, personne n'est réellement contre. De la même manière, il faut globalement réduire leur poids actuel qui pèse trop sur les jeunes ménages. Mais il y a tout un panel d'action possible avant d'en arriver à la stupide solution de la capitalisation qui de toute façon ne réglerait strictement rien au problème. D'autant que les jeunes se verraient ainsi contraints de payer deux fois, car le passage entre les deux systèmes serait techniquement extrêmement compliqué et coûteux. La France a des problèmes bien plus urgents comme le chômage qui explose, et les déficits commerciaux, nourrit par la désindustrialisation du pays. Du reste, rappelons que nos élites pour ne pas avoir à sortir de l'euro ont fait exploser les subventions aux entreprises. C'est totalement visible depuis 2014, une date qui correspond comme par hasard à l'arrivée de Macron au poste de ministre de l'Économie. Et si l'on regarde le gonflement de la dette, on trouve la crise de 2008 et la crise du COVID comme gros accélérateurs de la dette. Encore une fois aucun rapport avec les retraites.

 

 

Il est d'ailleurs curieux de voir à quel point le problème du chômage est passé totalement sous les radars alors que justement le chômage c'est des cotisants en moins pour le système de retraite.On augmenter le temps de cotisation et l'âge de la retraite n'a de sens que si les gens trouvent à s'employer. Tout ce que vous faites en repoussant l'âge de départ à la retraite sans plein emploi c'est produire des chômeurs supplémentaires. On le voit ici, tout ce discours sur les retraites est en réalité de l'enfumage pour ne pas parler des véritables problèmes. La plupart des gens qui vous parlent de capitalisation ne s'intéressent pas vraiment au problème économique français. Il y a un mélange de haine du collectif qu'on retrouve chez les libertariens parce qu'ils qualifient de « socialiste » toute forme de contrainte collective. Rendez-vous compte que pour certains de ces idiots dogmatiques Hitler était de gauche.. Ensuite il y a bien évidemment tout un tas d'intérêts privés qui lorgnent sur une éventuelle capitalisation du système français. Les mêmes intérêts qui voudraient bien la fin de la sécurité sociale dans le même temps.

 

Tout ce débat est donc biaisé. Mais comme je l'ai dit, cela n'a pas grand rapport avec la dette et la crise de la dette actuelle qui est d'abord la conséquence à long terme de choix macroéconomiques absurdes faits dans les années 70 et même à la fin des années 60 dans le cas de la France. Il faut tout d'abord rappeler quelque chose dont je parle souvent, l'emprunt sur les marchés financiers est une nouveauté historique. Entre 1945 et 1967, l'état français n'empruntait qu'à la banque de France. L'émission monétaire et la croissance de la masse monétaire n'étaient pas le fruit d'emprunt sur des marchés privé, mais le produit d'une émission publique de monnaie. C'est extrêmement important à comprendre, l'emprunt sur les marchés est une contrainte inventée de toute pièce par les libéraux pour imposer la fameuse rigueur aux états. En gros les libéraux ont mis en quelque sorte le marché financier comme acteur de régulation du fonctionnement économique des états. En France la date de cette absurdité est de 1967, de Gaulle était encore là.

 

Il n'a sans doute pas réalisé l'importance de cette décision, après tout l'économie allait très bien à l'époque et l'emprunt au marché n'était pas un problème. Sauf qu'emprunter à des taux mêmes à peine plus élevés qu'à la banque de France change considérablement l'évolution de la masse monétaire à terme. Et surtout cela change complètement la façon dont les états vont finir par gérer leurs affaires. On remarquera au passage que ces emprunts sur les marchés financiers ont précédé la crise inflationniste des années 70. On peut même sérieusement se demander si ce n'est pas cette privatisation progressive de l'émission monétaire qui ne fut pas la véritable cause de l'inflation très forte de cette époque associée à la guerre du Vietnam et aux crises pétrolières. La fameuse mécanique qui devait empêcher l'inflation par le surinvestissement des états n'a manifestement pas très bien marché à l'époque puisque l'inflation a justement explosé après leur mise en œuvre.

 

Mais si la contrition par les marchés financiers n'a pas réussi à arrêter l'inflation alors, elle a quand même réussi à casser les investissements publics en occident et en France. Les dépenses d'investissement s'effondrent dans les années 70-80 au nom de la fameuse rigueur comptable. Dans le même temps on organise, toujours sous la houlette de l'idéologie libérale, ou néolibérale, la dérégulation de tous les systèmes économiques. On supprime les frontières commerciales et financières, on fait exploser l'immigration, on privatise massivement. Je sais que chez certains libéraux Mitterrand est vu comme un affreux communiste qui a tué la France. Ils oublient l'histoire telle qu'elle s'est réellement déroulée. Mitterrand n'a appliqué son programme que deux ans et encore de 1981 à 1983. On peut d'ailleurs y voir une perfidie puisque beaucoup de gens de son parti à l'époque avaient réclamé une dévaluation et du protectionnisme pour minimiser les effets de la relance sur les importations. Il ne l'a pas fait.

 

J'ai toujours soupçonné Mitterrand d'avoir volontairement saboté sa politique pour justifier ce qui arriva juste après savoir la politique de la rigueur libéral et pour défendre sa construction européenne. Une France plus faible était une meilleure chose pour parvenir à son fantasme européiste. Car le reste de la politique de Mitterrand ne fut rien d'autre que ça, des politiques libérales. Des privatisations des dérégulations économiques avec deux chefs d'orchestre Michel Rocard et l'européiste compulsif Jacques Delors. Si Mitterrand a bien une responsabilité, c'est dans sa trahison de ses électeurs et non dans l'application d'un socialisme imaginaire. Depuis, nous n'avons jamais dévié des politiques dites néolibérales. L'état n'intervient plus dans l'économie. Il n'y a plus de politique industrielle, il n'y a même plus de politique monétaire, car tout a été transféré à l'UE et à la BCE. Parler de socialisme en France est donc un pur mensonge. L'endettement quant à lui est le produit de ces politiques, car l'état ne pouvait laisser la population crever de faim. On a donc réparé les dégâts de la dérégulation macroéconomique et du libre-échange par des politiques sociales. En définitive le néolibéralisme et la sociale démocratie se sont associés pendant 40 ans en fonctionnant en duo. L'un permettant à l’autre de subsister pour un temps au moins.

 

Aux USA ce ne sont pas par des politiques sociales que le système s'est maintenu, mais par une inflation des politiques et des budgets de dépenses militaires. L'armée qui emploie énormément de monde fait tourner à la fois l'industrie d'armement et l'industrie hitech par ses commandes de masse. Le reste de la population s'est employé dans les services résiduels produits par cet étrange système. La balance des paiements américaine était financée par les dépenses des étrangers pour acheter du capital américain survalorisé. La planche à billets américaine leur permettant d'acheter avec des dollars n'importe quelle marchandise du monde sans se soucier des grands déséquilibres puisque le reste du monde était obligé d'avoir des dollars pour financer son commerce en matières premières. Nous arrivons à la fin de ce système aujourd'hui. Les banques centrales ne veulent plus acheter des bons du trésor américain, elles préfèrent l'or. L'or qui est devenu la première exportation des USA, une chose qui devrait sérieusement inquiéter tout le monde.

 

 

Le déficit de la balance des paiements américaine qui a beaucoup grossi depuis 2020 est la véritable raison de la panique américaine. Le protectionnisme de Trump aurait pu améliorer la situation s'il avait été correctement fait et uniquement utilisé à des fins de réindustrialisation. Mais voilà, il a voulu à la fois sauver la nation américaine et l'empire, ce qui était un objectif contradictoire. Il ne sauvera ni l'un ni l'autre, plongeant les USA et l'occident dans une crise monétaire très grave. En Europe, l'aveuglement libéral produit par 50 ans d'idéologie et par une UE dont toute la structure est fondée sur les idées libérales justement empêche les nations membres de réagir à l'agression commerciale chinoise. Il est pourtant évident que le laissez-faire conduira le continent à la tiers-mondisation. Mais il faut croire qu'on ne sort pas de 50 ans d'illusion idéologique si facilement, la preuve, certains veulent nous y enfoncer encore plus en prétendant résoudre nos difficultés en laissant faire le marché.

 

 

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Bonjour,<br /> <br /> Je vais commencer en disant que je suis tout à fait d’accord sur le mythe que ce sont les retraites qui ont créé la dette, et si je ne suis pas en opposition avec d’idée que je me faisais du circuit du trésor, ce dernier semble avoir été démantelé pour de bonnes raisons.<br /> <br /> Je n’ai pas réussi à trouver de quoi vous parliez quand à la loi de 67 ( réforme Debré-Harberer ?). Vous semblez faire référence à la supposée obligation d’emprunter sur les marchés financiers de la loi de 73. Mauvaise réputation de cette loi qui semble infondée : https://lessurligneurs.eu/non-la-dette-publique-na-pas-ete-creee-par-une-loi-rothschild-de-1973/ . <br /> Si vous prenez le temps de faire une recherche détaillée sur le circuit du trésor et ses inconvénients. Vous réaliserez assez vite qu’on est dans les faits pas très loin du concept d’emprunts forcés, ou du système chinois qui tend à offrir des rendements réels négatifs à sa population. Le coût est moins visible au niveau de l’état, mais frappe tout de même la société. L’article wikipedia est assez bien fait : https://fr.wikipedia.org/wiki/Circuit_du_Tr%C3%A9sor. <br /> Quelques inconvénient : "Conséquences pour les FrançaisÉrosion monétaire : L'épargne liquide perdait de son pouvoir d'achat en raison d'une inflation persistante.Absence d'alternatives : Le contrôle des changes et des marchés limitait les placements alternatifs hors de France.Financement public prioritaire : L'argent des déposants servait d'abord à porter la dette de l'État plutôt qu'à rémunérer le risque des épargnants." --> Avec des effets probablement régressifs.<br /> <br /> Pour justifier votre argument, que la dette n’est pas dûe aux retraites vous auriez mieux fait de suggérer cet article : https://www.ifrap.org/budget-et-fiscalite/depuis-1974-les-interets-de-la-dette-representent-53-de-lendettement-cumule-par-la-france.<br /> <br /> Prendre les US comme exemple sur la question de la dette est plutôt illogique et contre les intérêts d’un croyant à la religion de l’état stratège, comme vous semblez d’ailleurs partiellement le réaliser dans la deuxième partie.<br /> Il vous manque le concept théorique pour expliquer le fonctionnement des US, l’IMCC : https://en.wikipedia.org/wiki/Military%E2%80%93industrial_complex ou encore : https://www.fairobserver.com/world-news/the-us-military-industrial-congressional-complex-is-a-nightmare-now/.<br /> La version TLDR étant que les élites politiques, militaro-industrielles et le financier associés sont dans une alliance informelle qui tire bénéfice d’une guerre permanente. Ce qui explique largement le budget en déficit permanent et l’explosion de la dette. In fine, une capture de l’état stratège au profit d’intérêts privés.<br /> On pourrait presque y ajouter une lettre à part pour le secteur technologique qui est au final une émanation des dépenses de défense. Mais les subventions, et le protectionnisme associés ont une part nettement plus réduite dans la dette. <br /> <br /> Ajoutez ici le niveau de violence politique américain dont vous êtes conscient, et une large partie de l’irrationalité apparente de Trump s’explique.<br /> <br /> Point marginal mais intéressant :<br /> " Aux États-Unis, le gouvernement fournit, avec la Social Security, des revenus de retraite par la répartition, mais ce système est conçu comme un filet de sécurité qui vise seulement à limiter la pauvreté des plus âgés, et la capitalisation représente des montants considérables[précision nécessaire]. Le système de capitalisation des retraites américaines repose sur le plan 401(k), qui défiscalise les sommes (dans les limites d'un plafonnement) investies pour la retraite par les salariés ou les travailleurs indépendants." Source :https://fr.wikipedia.org/wiki/Retraite_par_capitalisation.<br /> <br /> <br /> Si on revient au sujet qui vous horripile, à savoir la réduction de la capacité de l’état à accroître la masse monétaire via l’emprunt sur les marchés financiers, puis l’indépendance politique théorique accordée aux banques centrales. Vous notez assez justement, que le problème de la dette est en augmentation rapide depuis 2008, avec une croissance pas top, et même une stagnation des flux physiques en Europe. Or en particulier pour l’Europe, c’est justement à partir de 2008 qu’on a de plus en plus d’interventions des banques centrales pour créer de la demande, limiter des faillites privée ou publiques, et réduire les taux d’emprunts des états. Ce qui ressemble furieusement aux avantages que vous trouviez au circuit du trésor. Sans compter que cela survient suite aux gestions de crises de plus en plus keynésiennes de l’UE.<br /> <br /> Vous avez raison de fustiger la compensation des dégâts du franc fort, de l’euro, de l’UE, mais là aussi il vous manque un concept théorique important que vous attribuez en permanence au libéralisme : le clientélisme. Le politicien sert en priorité ses intérêts, et ceux du pays ne sont considérés que s’ils sont alignés sur la première priorité. C’est en ça qu’a dégénéré votre état stratège.<br /> <br /> <br /> D’ailleurs, vos amalgames systématique Euro / libéraux sont largement mensongers et vous le savez parfaitement. Il est vrai que le courant ordo-libéral a estimé l’Euro gérable si tout le monde avait la discipline allemande. Mais vous vous servez de ces exemples pour essayez de tirer sur les courants monétaristes et autrichiens qui étaient opposés à l’euro :<br /> " Les libéraux opposés à l'euro : la critique autrichienne et monétaristePour les libéraux de l'École autrichienne ou certains monétaristes américains, l'euro est une construction artificielle condamnée à l'instabilité.Une monnaie unique sans marché libre du travail : Le prix Nobel Milton Friedman avait prédit dès les années 1990 que l'euro échouerait, car les travailleurs européens ne se déplacent pas assez facilement d'un pays à l'autre pour compenser les chocs économiques.La centralisation technocratique : Fixer un taux d'intérêt unique pour des économies aussi différentes que l'Allemagne et la Grèce est une aberration économique. Cela crée des bulles financières (comme l'immobilier en Espagne avant 2008).Le risque d'une "Europe des transferts" : Les libéraux anti-euro craignent que la monnaie unique ne force les pays vertueux à payer pour les pays dépensiers, transformant l'UE en une union de transferts sociaux massifs (comme le confirment leurs critiques face aux plans de relance européens récents)."<br /> <br /> Et d’ailleurs, si vous vous étiez suffisamment renseignés sur la manière dont ses courants auraient traité le problème Euro, vous sauriez que ça serait via une sortie de ce dernier. Et pas en utilisant ce qui au final du palliatif sauce keynesienne.<br /> <br /> C’est assez amusant de voir qu’en attaquant ouvertement le libéralisme, vous avez fait une satyre du keynésianisme. <br /> <br /> <br /> Par contre, vous avez tout à fait raison quand au suremploi du mot « Socialisme» côté libertarien. Ça vise à éviter de dire en permanence « clientéliste et étatiste ». <br /> Vous devriez d’ailleurs lire quelques articles libéraux quand à la coopération. Contrairement aux bêtises que vous racontez, même les anarcaps ne prônent pas l’individualisme. Et ils tolèreraient tout à fait la formation de syndicats. Et sur des courants plus modérés comme les minarchistes, tout le monde a en tête que 15-20 points de PIB en transferts sociaux a été démontré comme étant bénéfique à l’économie.
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