Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
Jacques Marseille est mort, le chantre de la pensée unique et fonctionnaire attaché au dénigrement de la fonction publique, icône de médias avec Baverez, vient donc de nous quitter. Je ne vous cacherez pas le fait que cette mort ne me fait ni chaud ni froid, mais qu'elle me sert de prétexte à montrer l'incroyable holdup réalisé par une minorité de "penseur" sur le paf télévisuel français.
En effet qui n'a jamais entendu les longues litanies Marseillaise sur la fonction publique trop grosse, trop dispendieuse, ou les Baveraizeries sur le déclin de la France, l'incroyable modèle anglais et sur la révolution néolibérale espagnole qui allait mener ces pays vers un règne de mille ans de prospérité. Une pensée faites d'idées reçues et de non affrontement avec le réel soutenu par une absence total de débat. Ce mécanisme qui voit l'ensemble des médias parler d'une seule voix fut appelé il y a longtemps la pensée unique
Mais par quel mécanisme une minuscule quantité d'individus arrivent ils à dominer tout l'espace médiatique au point d'avoir étouffé pendant des décennies toute pensée alternative au cléricalisme néolibérale. Et ce phénomène ne touche malheureusement pas que la seule sphère de l'économie et de la politique, le débat sur le réchauffement climatique par exemple est lui aussi monopolistique. Ainsi y-a-ils des scientifiques qui affirment à l'inverse du GIEC que le climat de la planète va se refroidir et non se réchauffer, mais étrangement c'est la seule thèse du GIEC ultra-réchauffiste que l'on entend. De la même manière a-t-on vue un unanimisme médiatique total autour du besoin de vaccination suite à l'arrivée d'une hypothétique grippe, ici les instances publiques se sont ridiculiser, mais le plus grave c'est que c'est bien l'emballement médiatique qui est à l'origine de l'obsession gouvernementale. On pourrait y rajouter la vache folle et l'obsession sanitaire qui a bien participer à l'inflation de la viande bovine dans les années 90.
La peur d'être la cible des médias est devenu une espèce de contrainte sur d'autre sphère de pouvoir, le quatrième pouvoir est devenue en réalité le seul pouvoir véritable, celui qui fait, défait ou empêche l'ascension d'un politique. Celui qui s'impose aux juges jusqu'à briser la vie d'innocents. Un pouvoir qui écrase tout pensée alternatives sur quelque sujet que ce soit immigration, économie, vie familiale, sexe, drogue, jeux vidéo et j'en passe.
Un exemple vidéo de propagande mis en avant par leplanB avec en plus un bout de Jacques Marseille
La pensée unique est-elle une propagande organisée?
Oui et non s'il y a bien évidement des individus fortunés qui influencent les médias par leur puissance de feu économique cela ne peut pas expliquer l'incroyable homogénéité médiatique sur la plupart des sujets. De plus si cette influence à un sens dans l'économie ou la politique elle n'en a aucun dans le domaine judiciaire par exemple ou dans les sciences dures. Pourtant même dans ces domaines les médias jouent un rôle souvent néfaste. Comme le disait Bourdieu il est fréquent que des individus n'ayant pas percé dans leur domaine et n'ayant pas réussit à convaincre leur pairs usent des médias et notamment de la télévision pour faire pression de l'extérieur sur tel ou tel institution. Les médias devenant les arbitres souvent incultes et pressés sur ce qui est bien ou pas, sur ce qui est vrai ou faux, sans bien sure user des outils nécessaires à la recherche de la vérité. parce que ces outils sont d'une part trop long pour le temps médiatique, mais surtout parce que la vérité n'intéresse pas les médias. Les exemples les plus grossier en la matière étant BHL ou encore les frères Bogdanoff.
Donc la mécanique d'unité intellectuelle qui traverse nos médias n'a pas pour principale origine un complot ou un lobby. Si tel était le cas on entendrait plus de dissonances, moins d'unanimité. Il faut plutôt regarder dans les mécanismes de foule et ceux notamment qui régissent les marchés. Comme le disait Keynes quand il parlait des marchés financiers mieux vaut avoir tort avec la foule que raison contre elle. De la même manière les médias sont obligés pour des raisons de survie économique d'entrer en résonance avec la foule et la masse de la population du moins avec l'opinion qu'ils croient être celle de la population.
L'audimat et la convention
Pour qu'un journal ou une chaine de télé puisse survivre il lui faut impérativement avoir des lecteurs ou des téléspectateurs. Les faiseurs de médias vont donc, comme tout bon chef d'entreprise, essayer d'anticiper la demande pour pouvoir y adapter l'offre et maximiser ainsi les retombées publicitaires. Pour qu'un débat ou un sujet puisse donc attraper le téléspectateur, il faut impérativement que ce dernier arrive à comprendre et à apprécier ce qu'il regarde. Les médias vont donc naturellement répéter ce qu'ils croient être l'opinion de la population, du moins l'opinion majoritaire de la population. Mais comment savoir qu'elle est l'opinion majoritaire de la population? En lisant ou en regardant les autres médias pardi, ce qui créé effectivement une boucle rétroactive des médias sur eux même un raisonnement tautologique. Ceci créé un phénomène de convention non formel, qui peut d'ailleurs entrer en rupture brutal. Tel l'eau qui gel à zéro degrés et décongèle immédiatement à zéro et plus, il s'agit de rupture non-linéaire brutal. Ainsi les médias pourraient-ils rapidement devenir ultra-protectionniste s'ils y voyaient là l'opinion majoritaire. Car de la même manière qu'ils étaient tous keynésiens avant la crise des années 70, ils sont tous néolibéraux aujourd'hui, les médias se fichent des idées dominantes tant qu'ils sont sure qu'elles sont dominantes et cela afin d'atteindre leurs objectifs de rentabilité économique.
Il y a aussi un autre mécanisme qui permet de garantir l'audimat c'est en produisant des informations dites omnibus à savoir qui ne porte pas sur des sujets complexes et qui peuvent toucher un maximum de gens. Les informations omnibus doivent être comprises par tous sans aucun bagage intellectuel et intéresser tout le monde, l'information omnibus par excellence est évidement le fait divers. Ainsi l'explosion du fait divers est pour ainsi dire consubstantiel aux médias masses, çà rempli les vides et c'est même le vide intellectuel des faits divers qui remplit le mieux la gamelle. C'est malheureusement une simple observation statistique, entre le foot et la politique qu'est ce qui attire le mieux les spectateurs? Voila un autre point qui de flatte guère l'idée disant les médias seraient essentiels à la démocratie.
Les médias et les sondages d'opinion un mélange mortel pour la démocratie élective?
Il y a pire encore au sujet des médias c'est leur intrusion dans les mécanismes même de la chose politique. Non seulement ils poussent les politiques à ne s'intéresser qu'aux sujet qu'ils pensent être important pour eux, mais en plus ils se permettent de plus en plus de nommer les politiciens aptes ou non à entrer sur la scène publique. L'outil qui permet au médias d'agir directement à l'intérieur des partis est le sondage d'opinion.
Ces sondages sont devenus l'alpha et l'oméga des choix de futurs candidat . L'affaire Ségolène Royale fut de ce point de vue exemplaire puisque sans les sondages cette femme n'aurait probablement pas été candidate à l'élection présidentielle. Certains y on vue une stratégie de Nicolas Sarkozy prétextant que ce dernier manipulait, grâce à ses amis haut placés, les médias. Mais la vérité plus probable c'est que ce sont les médias eux même qui ont instillé, pour des raisons purement marketing, l'idée de madame Royale comme candidate. La suite est simple en créant un sondage favorable à Royale le parti socialiste s'est cru obligé d'en faire son égérie car elle était supposer être, d'après les sondage et les médias, la candidate favorite contre Sarkozy. On connait la triste suite pour la gauche française. Les médias ne sont pas à la botte des politiques c'est en vérité l'inverse, d'ailleurs l'explosion de popularité de De Villepin dans les sondages montrent que les médias verraient bien ce dernier battre Sarkozy, il faut dire que la vengeance ça appâte l'auditeur. C'est le contre effet ClearStream en devenant victime De Villepin renverse tel un judoka l'attaque initiale de Sarkozy car les médias sont toujours du coté des supposés victimes car c'est bon pour l'audimat, du moins le pensent-ils.
Mais il y a encore plus grave, si je puis dire, puisque l'usage massif des sondages par les médias va faire changer le vote des citoyens. En effet imaginez que vous êtes un électeur du PG de Jean Luc Mélenchon et qu'on vous disent si tu vote Mélenchon statistiquement, d'après les sondages, Sarkozy gagne en 2012, mais si tu vote PS au premier tour là il peut être battu. L'électeur de gauche va hésiter et peut-être voter, non pour son candidat préféré, celui qui est le plus proche de ses idées, mais pour faire barrage. C'est le fameux vote utile qui est en pourtant en soit une négation de la démocratie. En effet dans la démocratie électorale les élus sont représentatifs parce que les électeurs les ont choisit pour leurs idées. Si les électeurs votent non pas en fonction des programmes, mais uniquement en fonction du candidat le plus proche de leurs idées qui a le plus de chance de gagner alors ce n'est plus l'électeur qui choisit mais le sondeur. Ce n'est plus la démocratie mais la médiacratie ou la sondocratie comme vous voulez.
Donc a titre personnel je me demande si globalement la démocratie ne se porterait pas mieux sans les sondages d'opinion. Et de la même manière, peut-être, faudrait-il cantonner la télévision à la seule chose qu'elle sache vraiment faire, le divertissement. Plutôt que de nationaliser TF1 comme l'avait proposer Emmanuel Todd en 2008 pourquoi ne pas supprimer les journaux télé, considérons la télé comme un divertissement pure qu'elle laisse donc l'information à des médias plus lent et surtout aptes à l'analyse et à la profondeur. De toute façon l'info et la démocratie elle s'en fiche .