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20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 21:50

 

Retour du blog après moult événements politiques et une élection en ligne mire. Il était temps de reprendre du service, me direz-vous. Tu es un incroyable fainéant mon cher Yann, pourrait-on rajouter. L'élection de Macron, bien qu'ayant été souhaité sur ce blog pour des raisons essentiellement stratégiques et cyniques, n'en demeura pas moins un crève-cœur pour le vieux blogueur du Bondosage. Voir la France s'avachir dans la plus grossière caricature du néolibéralisme alors même que le reste du monde commençait enfin à voir cette idéologie pour ce qu'elle a savoir une escroquerie intellectuelle doublée d'une absurdité scientifique totale, ce fut extrêmement dur. À tel point que l'inspiration et la volonté d'écrire s'en allèrent aussi loin de moi que le bon sens et la vertu de l'esprit macroniste. Mais le temps a passé, et ce que je lis ici ou là chez les opposants au système ou chez les tenants de ce dernier me semble aujourd'hui tellement loin des besoins réels de la société qu'il me fallait à nouveau prendre ma plume numérique. Car les idéologies et les pensées simplistes semblent s'être multipliées avec le nouveau tenancier de l’Élysée . En limitant la politique à la communication et aux slogans publicitaires, Macron a considérablement accéléré la dégradation du débat public français aujourd'hui au ra des pâquerettes. Et comme vous le savez sur ce blog généralement l'on cherche toujours une certaine véracité et précision. Loin des idéologies et de la communication approximative la recherche de la vérité passe par la nécessite de la confrontation aux faits et à la mesure des choses. En ces temps troublés où la communication devient la vérité par l’inondation constante des flux télévisuels et numériques, il est hautement important de prendre du recul. Car si la France souffre des politiques absurdes du néolibéralisme, de l'euro et de l'UE, il n'en reste pas moins vrai que c'est surtout par la communication que ces idioties dominent.

 

C'est qu'il s'en est passé des choses depuis la dernière publication sur ce blog. La situation globale de la France s'est considérablement aggravée et les multiples espoirs que pouvait donner l'élection de Trump ou le Brexit semblent s'évanouir dans le néant. Non que ces événements aient fait totalement un flop sans quoi les dominants du système ne mettraient pas tant de cœur à l'ouvrage pour en vider toute substance. Mais que la croyance Toddienne sur le fait que le monde anglo-saxon serait sorti du néolibéralisme était un peu prématurée si ce n'est globalement fausse. Car comment interpréter les évolutions récentes dans ces pays avec d'un coté un Trump qui a mis rapidement en place ses politiques de baisse d'impôt, bien dans l'esprit néolibéral, tout en traînant des pieds pour pratiquer son protectionnisme plus verbal que factuel. Trump a tous simplement fait la même chose qu'Obama à savoir creuser les dettes publiques et les déficits commerciaux pour créer une croissance bien maigre. Le tout camouflé par un discours protectionniste non suivi d'action. En un sens, Trump n'a pas rompu avec le globalisme, il a simplement rompu avec le discours globaliste tout comme Reagan dans les années 80 qui conspuait les excédants Japonais, mais qui n'a jamais rien fait contre concrètement. Le résultat est que depuis Trump est arrivé au pouvoir le déficit commercial des USA bats des records, on applaudit le champion. De l'autre côté, comment donc interpréter les actions du gouvernement britannique qui traîne des pieds pour rompre avec l'UE en cherchant avec la complicité des élites de l'UE un moyen de faire durer l'application du Brexit le plus longtemps possible en attendant sa probable annulation pure et simple.

 

Dans le cas du Brexit n'est-il d'ailleurs pas étrange qu'aucun dirigeant de sa très gracieuse majesté n'ait eu l'idée simple de continuer à appliquer les traités signés avec l'UE tout en les écrasants au fur et à mesure par de nouveaux traités bilatéraux qui seraient négociés au cas par cas avec les différentes nations européennes? Il suffisait pourtant de déclarer les traités nouveaux comme systématiquement supérieurs aux anciens pour n'avoir pas à négocier quoi que ce soit avec l'UE. Une espèce de mis à jour pour traité international si vous préférez. Pourquoi donc se lancer dans le nettoyage des écuries d'Augias si ce n'est justement pour justifier l'abandon de toute forme d'indépendance nationale. Fatiguer les électeurs pour justifier l'abandon pur et simple du Brexit tel semble être la vraie raison de la lenteur des procédures. Supputer qu'il s'agit là uniquement de la stratégie de l'UE c'est évidemment faux, ce sont surtout les élites britanniques qui fomentent cette stratégie. Ne pouvant réfuter ouvertement comme en France l'opinion publique les élites britanniques ont simplement trouvé un stratagème pour continuer la folie européiste d'une autre manière. Les classes urbaines déconnectées des réalités font montre en Grande-Bretagne comme en France d'une incroyable capacité à créer une réalité orwellienne pour camoufler leurs méfaits. Adieu le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, et vive le droit des sachants approximatifs au nom de de leur supériorité morale imaginaire. Au passage, cela devrait faire réfléchir les adeptes de l'UPR pour qui l'application d'un article suffirait à résoudre tous les problèmes et à sortir de l'UE. Il s'agit là véritablement d'une idiotie. Nul besoin d'un texte quand la légitimité populaire et nationale est présente. La sortie de l'UE si elle devient un jour politiquement possible en France devra se faire sans aucune négociation de quoi que ce soit, mais comme un fait accompli, la paperasse n'étant que de l'intendance secondaire. Rien ne dépasse la légitimité de la souveraineté du peuple français et certainement pas un texte d'une constitution qui avait en plus été rejeté par référendum.

 

Macron entre Caligula et Boris Eltsine

Mais si les événements dans le monde anglo-saxon semblent nous décevoir à long terme, c'est bien en France que la farce néolibérale atteint vraiment le summum . Emmanuel Macron a parfaitement rempli son rôle de démolisseur libéral que j'avais imaginé. Il m'a quand même surpris par sa capacité notoirement extraordinaire à démontrer par l'absurde l'inefficacité de ces mêmes politiques . C'est qu'en plus Macron est une véritable incarnation de l'idéal libérale dans toute sa splendeur. Incapable d'altruisme ou de capacité minimale de compétence sociale, Macron démontre toute la violence du libéralisme brute. Il n'agit que dans son intérêt rien que pour son intérêt. La façon dont il renvoie l'ascenseur aux milieux économiques qui lui ont permis de monter au pouvoir est des plus démonstrative. Rien chez Macron ne dépasse l'horizon de sa propre réussite, l'idée de groupe ou d'intérêt supérieur à sa personne ou aux individus qu'ils côtoient ne dépasse jamais le niveau du slogan marketing. Il est d'ailleurs, j'en suis sûr, convaincu que tous les autres sont comme lui, c'est-à-dire des usurpateurs du nous et du collectif. Il pense comme tout libéral que l'homme n'agit que par intérêt personnel rien d'autre.

 

La politique de Macron n'a cependant rien de nouvelle contrairement aux discours répétés en boucle par ses adorateurs. C'est exactement les mêmes politiques que celles de ses prédécesseurs depuis Giscard. C'est une bonne vieille politique dite de l'offre qui consiste comme toujours à compresser la demande intérieure en espérant que le saint marché veuille bien nous récompenser par un peu de croissance grâce aux exportations. Il est quand même assez étonnant de voir tant de gens si « cultivés » continuer à s'extasier devant tant de pratiques économiques faisandées. C'est qu'il faut impérativement que cela paraisse neuf voyez-vous puisque tout le monde sait au fond que ces politiques ne marchent pas, puisqu'elles n'ont jamais vraiment marché. On serait au courant depuis 45 ans si c'était le cas. Mais Macron a ceci de spécial qu'il se fiche vraiment que cela fonctionne ou pas. Après tout, il n'est pas vraiment là pour diriger le pays, mais pour faire un plan de carrière. Et sur ce plan à n'en pas douter ses politiques fonctionnent. La dernière vacherie consistant à vendre des monopoles publics à des acteurs privés ses sbires auront quand même du mal à le justifier au nom de l'intérêt supérieur de la nation. Il ne s'agit ni plus ni moins que d'une pratique de corruption géante. Mais une corruption à ce niveau-là la France ne l'avait probablement jamais connu. C'est ici que la comparaison historique peut se faire. Plus la macronerie avance et plus la période actuelle que connaît la France fait penser aux années 90 en URSS avec Attali en guise de Spin doctor américain et Macron comme équivalent de Boris Eltsine. Et il n'a même pas l'intelligence de camoufler ses motivations réelles comme ses prédécesseurs à l'image de Nicolas Sarkozy. Il est vraiment unique.

 

Comme l'ancien président de l'URSS Macron qui ne s'intéresse qu'à ses propres intérêts détruit la structure même de l'état. Les ventes privées servent à faire du renvoi d'ascenseur à ceux qui ont financé son plan de carrière. Elles servent également à préparer son futur. Cette situation française correspond exactement au déclin de la république telle que le concevait des auteurs comme Montesquieu car comme il le disait dans « De l'esprit des lois »  :

 

« Autrefois le bien des particuliers faisait le trésor public; mais pour lors le trésor public devient le patrimoine des particuliers. La république est une dépouille; et sa force n'est plus que le pouvoir de quelques citoyens et la licence de tous. »

 

C'est en ce sens que Macron entre dans l'histoire, non comme le sauveur de la nation qu'il a prétendu être et comme son extraordinaire ego semble l'illusionner, mais bien comme le fossoyeur terminal d'une nation mourante. À cela s'ajoute ses frasques qui ne seraient pas si graves en tant que telles, si elles n'étaient pas accompagnées par sa brutalité politique et qui mis en corrélation nous présente notre président comme dangereux malade . Voilà donc le président français naviguant donc entre Boris Eltsine et Caligula. Nous n'avons pas encore eu droit au cheval ministre, mais qui sait, son quinquennat est encore bien loin d'être terminé.

 

La trahison du FN et les faux opposants.

 

Mais face à cette horreur qui nous gouverne peut-on espérer un renouveau en face ? J'avoue avoir été surpris par la tournure qu'a prise le FN au lendemain des élections présidentielles. Alors même que le parti de Marine Lepen avait tout pour réussir et avait battu tous ses records en nombre de voix, elle a tout abandonné et laissé le courant souverainiste à la poubelle se débarrassant de Philippot du courant qu'il représentait et surtout de ses idées. À première vue il s'agissait d'une stratégie électorale, c'est du moins ainsi que les sbires de la vraie extrême droite ont présenté les choses. Prétextant que la sortie de l'UE et de l'euro était trop anxiogène. Je rétorquerais ici que l'échec économique italien montre au contraire tout le sérieux qu'il y a à sortir de l'Europe. Et que mentir aux électeurs en disant que l'on changerait quoi que ce soit sans sortir de l'UE est une infamie. Pire le FN a pris un tournant littéralement libéral sur le plan économique, la seule chose qui distingue Lepen de Macron étant la question migratoire. Une question qui fut pourtant largement secondaire dans les mouvements des gilets jaunes par exemple phénomène que l'extrême droite a fait semblant de ne pas voir. L'on voit donc ici que le FN est bel et bien une escroquerie du même tonneau que la gauche mélenchoniste. Avec l'anti-immigration à la place du partage des richesses. Le FN devenu RN a simplement abdiqué toute volonté de changement réel en France et se contente de faire son petit commerce sur l'immigration.

 

L'on devient dès lors très pessimiste sur l'avenir du pays. Il n'y a à l'heure actuelle aucune porte de sortie sérieuse pour la France. Les quelques mouvements un tant soit peu réalistes et cohérents voulant une sortie de l'UE et de l'euro comme préalable à reconstruction nationale ayant peu de chance de monter au pouvoir. Je n'ai pas encore parlé des gilets jaunes parce que contrairement à beaucoup d'alternatifs j'ai eu de la peine à considérer ce mouvement comme réellement important. Au risque de choquer il s'agit plus pour moi d'un cri d'agonie que d'un mouvement capable de changer quoi que ce soit à la situation. La forte dépolitisation de la population française a conduit à cette situation. Sans une pensée cohérente et structurée et des objectifs clairs, ces manifestations ne mènent à rien surtout avec un dirigeant si peu apte à la négociation. On peut le dire aujourd'hui, l'histoire de la France ne s'écrit plus sur son sol . Non qu'elle ne puisse plus l'écrire théoriquement, mais parce qu'elle a cessé simplement d'exister . La France est partagée, totalement fracturée, chaque habitant du pays ne voit plus midi qu'à sa porte. C'est vrai pour Macron, mais c'est en un sens vrai pour les gilets jaunes aussi. Pour penser la politique il faut d'abord penser à autre chose qu'à soi même ou à sa situation personnelle. C'est ce qui distingue l'habitant du citoyen. Or si la France actuelle ne manque pas d'habitants, elle manque surtout cruellement de citoyens.

 

Le mouvement des gilets jaunes a échoué, non pas parce que les gens qui le compose sont médiocres, ou mal intentionnés . Mais parce qu'il n'a pas entraîné de mouvement dans une partie des classes moyennes et chez les intellectuels. Il n'a pas dépassé sa condition sociale et il ne le pouvait probablement pas en fait. Le mouvement des gilets jaunes a donc surtout révélé l'incroyable fracturation de la société française. Des gens d'origine immigrés qui n'ont cure des problèmes des Français au bourgeois des centres-ville dont les discours quasi fascistes appelaient littéralement à tuer du pauvre. La France a montré dans sa réaction et sa non-réaction à ce mouvement populaire qu'elle n'était plus un pays, mais un ramassis de groupes sociaux sans aucune interaction commune. Chaque groupe agissant uniquement dans son propre intérêt et écrabouillant le voisin si besoin est. On a même assisté à des prémisses de déshumanisation des autres groupes sociaux faisant penser aux prédispositions intellectuelles aux courants fascistes et nazis d'avant-guerre. C'est particulièrement vrai chez les couches sociales les plus aisées, ce qui n'est guère étonnant quand on connaît le rôle que ces couches sociales ont joué dans la montée de ces idéologies. Je dois bien avouer que les bourgeois français me font de plus en plus peur et ce ne sont pas les multiples mesures policières du gouvernement qui vont me rassurer bien au contraire. Il faudra peut-être que je pense à déménager le blog à l'étranger qui sait.

 

Nous allons donc nous acheminer vers une tiers-mondisation accélérée du pays. Je ne serais guère étonné de voir dans quelques années le président vendre des bouts du territoire pour continuer la chienlit libérale. Je suis persuadé que nos îles et départements pourraient probablement intéresser les Chinois. C'est déjà le cas en Grèce, pourquoi pas en France après tout, les mentalités sont déjà prête. Tant que les bourgeois peuvent continuer à diner en ville, peu importe que la nation brûle. Ce qui sera intéressant dans les années avenir ce sera de voir l'évolution de l'Allemagne. Des discours eurocritiques commencent à apparaître outre-Rhin, c'est d'ici probablement que viendra peut-être notre salut. Tout cela sur un fond de crise économique mondiale renouvelée, la supercherie économique Trumpienne commençant à apparaître au grand jour, mais nous y reviendrons dans un texte ultérieur. Je vous retrouverais normalement régulièrement sur le blog. J'essaie humblement de me remotiver malgré la situation abominable dans laquelle nous sommes comme le montre malheureusement ce rapide tour d'horizon.

 

 

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commentaires

J
Merci Yann d'être revenu! Vos analyses me manquaient à force de lire tout et n'importe quoi. Comme vous le dîtes si bien "la communication devient la vérité par l’inondation constante des flux télévisuels et numériques" et votre blog peut (à son échelle) contre-balancer toute cette désinformation pour ceux qui vous lisent. Bon retour! Et bonne lutte!
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Y
Merci Jo . Content de vous revoir sur le blog. Je n'ai rien n'inventé ce n'est qu'une variante de la célèbre phrase de Goebbels sur le mensonge. Les nazis étaient juste en avance sur notre époque sur ce plan malheureusement.
L
Merci d'être revenu. Je suis moi-même au fond du trou, fatigué de causer dans le vide quand tout le monde suis sa logomachie particulière.<br /> Je suis à peu près d'accord avec tout ce que vous dites, sauf peut-être sur le "RN" dont il me semble que la carte géopolitique vous échappe -je sais de quoi je parle, j'en ai fait partie de ce marigot. <br /> Ce "parti" est plus que jamais la carte maîtresse des intérêts américains en France, dont il reproduit sur le territoire national les conflits claniques, et raison pour laquelle Marion MLP -la créature de Steve Bannon- a eu un tapis rouge déroulé devant elle aux USA.<br /> En face, MLP la potiche et le sinistre Robert Ménard (Bruno Mégret en pire) constituent l'autre béquille de cette impasse voulue et programmée.<br /> Maintenant je conçois que pour marquer simplement leur opposition à Macron, des esprits malgré tout éclairés continuent à voter pour cette engeance. Moi, je ne sais plus.<br /> Bon... Il me reste à lire vos textes, ceux-là et plein d'autres avant d'en causer à nouveau. Je serai bientôt en retraite (47 ans de boulots de merde suffisent) et j'aurai sans doute plus de temps pour le faire.<br /> Bonne continuation et à bientôt donc.
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Y
Steve Bannon m'a l'air d'un type qui roule surtout pour son idéologie plus que pour les USA en tant que tel. Voir l'influence des USA sur l'évolution du FN me semble un peu exagéré. <br /> <br /> <br /> Concernant le vote Macron il va falloir accepter qu'on est dans une période flou . A vrai dire on peut probablement s'attendre à tout et n'importe quoi. Comme l'a dit Gaucher dans son débat récent avec Todd que vous avez surement déjà vu, le mouvement des Gilets Jaunes pouvait être imaginé, mais difficilement prévisible dans la forme qu'il a pris. On va probablement avoir de nombreuses surprises du genre dans les années qui viennent . Macron disparaitra surement aussi bizarrement qu'il est apparu. Il reste à continuer à discuter là où l'on peut et à apporter un peu de contradiction à la logorrhée libérale omnipotente. <br /> <br /> Sinon bonne retraite .