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Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.

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Ce que l'IVG canonisée dit de notre société

 

C'est fait, notre gouvernement qui gère très mal un pays au bord de la faillite, et dont le président veut l'entraîner dans un conflit armé avec la Russie, avait visiblement un besoin pressant d'introduire l'IVG dans la constitution française. Un empressement qui était d'autant plus étrange qu'aucune formation politique aujourd'hui ne remet en question l'avortement. À dire vrai l'opposition à l'avortement en France est extrêmement minoritaire. En général, la critique à l'encontre de l'avortement est surtout affaire de condition sur celui-ci. Après combien de temps on peut avorter, ou ce genre de chose. L'obsession pour le droit à l'avortement revendiqué, près de 50 ans après les lois Veil, a quelque chose d'extrêmement étrange. Disons-le tout net, cette introduction dans la constitution est totalement inutile en plus d'être absurde. Une constitution n'est pas un texte de loi, c'est un texte qui est là pour organiser le pouvoir et les différentes procédures qui donne tel ou tel pouvoir à telle ou telle institution. En aucun cas, on ne fait de la politique, de l'économie ou autre chose de ce type dans une constitution.

 

Alors les olibrius qui ont voulu introduire l'IVG dans la constitution sont d'ailleurs de sacrés plaisantins. En effet, le président Macron et son gouvernement n'ont eu de cesse de violer la constitution depuis qu'ils sont au pouvoir. Le président a abusé de l'article 49-3, et abuse assez largement de ses prérogatives. Tous les jours l'esprit de notre droit est violé par ce personnage et ses serviteurs. Le voir dès lors faire des simagrées pour soi-disant sanctuariser l'IVG en l'introduisant dans la constitution a quelque chose de très malsain. Du reste, soyons logiques, s'ils ont modifié la constitution pour y mettre l'IVG, un autre gouvernement pourra faire l'inverse. Par leurs actions, ils montrent assez largement que justement la constitution ne sanctuarise rien du tout. Et avec le gouvernement Macron, elle a largement perdu de sa sacralité. Et ce n'est pas la première fois puisque nos gouvernants violent nos institutions depuis longtemps eux qui ont vendu la souveraineté française à l'UE et à l'OTAN. Faut-il rappeler la forfaiture de Nicolas Sarkozy qui fit voter une constitution européenne identique à celle que le peuple avait rejetée largement par référendum ?

 

L’hystérie féministe

 

Cependant, oublions un peu le caractère absurde de cette décision et réfléchissons aux motivations étranges qui l'ont produite. En premier lieu bien évidemment il y a une stratégie de communication. Cela permet à la gauche sociétale de faire parler d'elle sans prendre de risque avec un sujet qui ne produit au fond aucune réelle dissension. La preuve, on n'a eu droit à aucune manifestation contre le projet montrant au passage la validité de la thèse d'Emmanuel Todd sur la mort finale du catholicisme en France. Tout comme le mariage pour tous, l'introduction de l'IVG dans la constitution est une preuve supplémentaire de la mort définitive des anciennes croyances dans la population. Certains y voient un progrès, je le perçois à titre personnel de plus en plus comme un signe de décadence. N'y voyait point de sermon chrétien de ma part, je suis athée. Par contre, l’absence d’intérêt pour tout y compris les questions de vie et de mort à de quoi inquiéter. Le nihilisme est bien ce qui caractérise notre époque avec aussi comme conséquence des illogismes massifs. En effet n'est-il pas étonnant d'un côté de valoriser de façon excessive ce qui est en partie un meurtre quoiqu'en disent les partisans de l'IVG décomplexée, et de l'autre interdire la peine de mort pour les meurtriers ? En toute logique il y a là une dichotomie de raisonnement absolue ici.

 

 

Entendons-nous bien, je ne suis pas contre l'IVG . Par contre, je considère qu'il s'agit d'un acte extrême qui est en partie le résultat d'un échec. Et c'est d'ailleurs un acte qui peut avoir des répercussions délétères sur la mère. J'en sais quelque chose, ma propre mère a avorté lorsque j'étais enfant, et elle m'en parle encore avec anxiété des décennies plus tard. L'IVG n'est pas un moyen de contraception. Il est d'ailleurs très étrange que le nombre d'IVG ne se soit pas effondré depuis 40 ans, car en matière de contraception les moyens modernes sont nombreux. Or, on constate une certaine stabilité du nombre d'IVG avec 14 avortements pour 1000 femmes en age de procréer par an environ. On constate d'ailleurs une hausse des IVG depuis quelques années. La crise du COVID et la dégradation de la situation économique ont probablement joué sur cette hausse. Je ne m'étendrais pas sur le sujet. Ce n'est pas ce qui m'intéresse ici. Mais avouons que cet unanimisme sans questionnement pour une pratique qui consiste à empêcher de nouveaux individus de venir au monde est assez suspect, surtout dans un pays en plein effondrement démographique. On pourrait y voir une culture de la mort, qui irait de pair avec le suicide économique et maintenant militaire dans lesquels nos élites veulent nous conduire.

 

Pour Macron cette affaire a aussi permis de créer un consensus autour de cette décision et de sa personne. Pour une fois, il a l'impression d'être populaire. C'est un acte de communication qui ne coûte rien et qui lui permet de se donner une bonne image auprès de l'électorat féminin. Rappelons que ce qui caractérise ce personnage c'est sa propre mise en scène permanente. Il n'a ni projet national ni intérêt pour le collectif. C'est un être théâtral qui fait semblant de jouer un rôle, mais qui met surtout sa propre personne en avant. C'est une constante chez lui et cela transparaît encore plus avec la guerre en Ukraine et ses délires guerriers aussi ridicules que dangereux pour notre nation. Cependant si ces considérations communicantes ont joué leur rôle, il y a sans doute d'autres facteurs à prendre en compte. Des facteurs sociaux et anthropologiques.

 

Comment ne pas voir par exemple l'américanisation de nos élites comme un facteur déterminant dans cette sanctuarisation de l'IVG ? En effet, comme je l'ai dit, il n'y a aucun mouvement de masse en France remettant en question l'IVG. Pourtant à écouter nos féministes de télévision, il s'agissait d'une urgence. L'explication la plus probable est l'influence culturelle américaine. Gorgées de séries Netflix et d'information d’outre-Atlantique, nos féministes ont confondu la France avec la situation américaine. Car aux USA il existe effectivement des mouvements encore très importants de lutte contre l'IVG. Certains états d'ailleurs l'interdisent ou en tout cas régulent fortement cette pratique. Cependant, il faut être, excusez-moi, mais vraiment soumis à l'empire américain pour confondre à ce point la situation des USA avec la nôtre. Si en France comme aux USA le ras-le-bol des politiques menées par le camp dit progressiste génère une colère très légitime et une poussée des partis plutôt extrémistes. Il est tout à fait grotesque de penser que ce phénomène aura les mêmes conséquences sociopolitiques dans les deux pays. La France n'est pas les USA. Nos traditions sont différentes en tout point et encore une fois personne en France ne remet l'IVG en cause fondamentalement. Cela traduit ici l'affaissement culturel français et la déconnexion des élites avec leur propre pays qu'elles assimilent à un état américain en quelque sorte. Une preuve supplémentaire de notre vassalisation mentale.

 

L'autre facteur est plutôt à chercher dans les thèses d'Emmanuel Todd, encore lui. Il faut dire qu'avant son ouvrage sulfureux sur la défaite de l'occident il avait écrit un livre tout aussi hétérodoxe sur la question des femmes et du féminisme. « Où en sont-elles ? » est un livre qui a trouvé finalement peu d’écho quand il est sorti. Il faut dire que le timing fut plutôt mauvais puisqu'il est sorti un peu avant début de la guerre en Ukraine en janvier 2022. Il était très original et a soulevé l'importance du changement anthropologique que nous avons connu depuis un siècle sur le statut de la femme et ses conséquences sur les sociétés occidentales. Contrairement au discours dominant, nous ne sommes pas dans une société patriarcale. D'ailleurs, les sociétés occidentales n'ont jamais été patriarcales. À la limite, elles étaient dominées en partie par les hommes. Mais le statut de la femme en occident n'a jamais été aussi bas qu'en Chine, en Inde, ou au Moyen-Orient.

 

Et la France catholique a eu en plus une tradition bien plus féministe encore que ce qui pouvait se faire dans bon nombre d'autres nations européennes à l’exception de la Suède. Emmanuel Todd a d'ailleurs très bien montré que la révolution féministe en France n'a pas été une révolution et qu'en réalité elle a été très facilement acceptée par la population masculine du pays. Rien avoir avec les luttes dans les pays protestants anglo-saxons par exemple. Là encore, le féminisme français ne connaît pas son histoire et importe les luttes de pays très différents sur le plan anthropologique et historique. Mais Emmanuel Todd souligne tout de même ce paradoxe qu'il y a entre cette hystérie affichée par les féministes en France et la réalité de leur lutte qui n'en a jamais été une en fait. La survalorisation de la lutte féministe française a deux origines à mon avis. D'une part, il s'agit de valoriser des organisations qui perdent petit à petit leur intérêt depuis que les femmes ont obtenu les mêmes droits que les hommes. Tout comme "SOS racismes" qui a eu besoin d'inventer du racisme pour justifier son existence. Les organisations féministes ont besoin d'inventer un patriarcat imaginaire pour justifier leur propre existence.

 

Ces chiffres ont surtout été utilisé pour créer une opposition H/F au lieu de parler de l'échec global de la réforme du lycée
La réalité de l'échec scolaire des garçons en un graphique

 

Le second facteur est l'angoisse que ressentent les femmes depuis qu'elles sont soumises comme les hommes à la contrainte salariale et économique. C'est tout le propos de Todd et qui explique les divagations féministes délirantes qu'on entend en permanence dans les médias et qui consistent à survaloriser les femmes et à en faire des victimes permanentes. Je prends un exemple très récent. On vient d'apprendre que la réforme scolaire du lycée a fait s'effondrer le nombre d'étudiants en BAC scientifique. Et que disent les médias d'après vous ? Que la réforme a fait chuter le nombre de jeunes femmes en Bac scientifique. Alors que la chute touche les deux sexes même si cela touche un peu plus les femmes. Je pourrais faire un inventaire à la Prévert de ce type de dichotomie analytique consistant à surmédiatiser des problèmes féminins tout en passant sous silence de vrais problèmes touchant plutôt l'autre sexe. On vous parlera de la surreprésentation des hommes dans tel ou tel secteur tout en oubliant de parler de la surféminisation des secteurs comme l'enseignement, la médecine ou pire la magistrature. Le traitement délirant de l'IVG et sa canonisation républicaine semble donc être un effet secondaire de cette évolution sociologique. L'on pourrait dire qu'elle caractérise une situation de matriarcat en réalité. Les femmes faisant nettement plus d'études que les hommes maintenant, elles prennent un pouvoir de plus en plus important tout en cachant cette évolution déséquilibrée par leur victimisation permanente. Je rappellerais simplement cette réalité, l'échec scolaire en France touche essentiellement les garçons. C'est étrange pour une société patriarcale, ne trouvez-vous pas ?

 

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L
Le vrai sujet est comment entretenir une société de femmes célibataires diplômées du tertiaire quand la même société ne produit plus rien et n'a plus les moyens non plus de faire l'impasse sur cette carence en s'abritant derrière une montagne de dettes.<br /> Réponse ; en célébrant des solutions magiques comme cette inscription du droit à l'IVG dans la constitution, laquelle ressemble encore mieux ainsi à un tract woke ce qui lèvera toute inhibition lorsque l'heure sera venue de la mettre au panier - je ne vois pas d'autre postérité désormais à ce machin vu l'état où on l'a mise.<br /> La magie du magicien clownesque de l'Elysée consiste en effet à faire croire mordicus à la pérennité indiscutable de cette société matriarcale de fait, sans s'interroger sur sa viabilité possible compte tenu de l'évolution générale du monde actuel.<br /> J'ai déjà défendu dans mes commentaires sur votre blog l'idée que le féminisme contemporain en France est devenu un phénomène proprement réactionnaire lequel frappe tout mouvement d'ascension sociale lorsque les conditions qui ont permis cette dynamique se dérobent.<br /> Survient alors la phase de crispation où l'on tente d'exorciser la réalité en s'accrochant à des privilèges symboliques que l'on tente de graver dans le marbre, cela d'autant plus que les-dits privilèges deviennent toujours plus incertains à mesure que l'on descend l'échelle sociale.<br /> Il n'est pas indifférent d'ailleurs que le fer de lance de cette véritable révolution réactionnaire soit incarné largement par le corps ultra féminisé de la magistrature, le masque de "l'état de droit" ayant toujours été celui du néo-libéralisme pour faire passer ses lubies sociétales au rouleau compresseur par le biais de ses légions judiciaires.<br /> Vous soulignez à juste titre que ce mouvement participe à l'ambiance délétère qui marque ce que Todd identifie comme du nihilisme, ce qui est aussi dans la continuité de vos deux derniers billets.<br /> Ce nihilisme aurait pour moteur l'effondrement des croyances religieuses en occident, en l'occurrence celles des grands monothéismes chrétiens (Todd "oublie" au passage que le protestantisme était aussi une passerelle en retour vers un autre grand monothéisme originel qu'était le monothéisme juif, lequel par les temps qui courent ne semble pas être épargné non plus par le démon décadent du nihilisme).<br /> Cette théorie brillante et argumentée n'explique pas pour autant le masque buté dans son rictus de haine que présente de plus plus le visage du nihilisme en France à travers ses classes dirigeantes, comme vous-même vous en posiez la question dans vos textes récents.<br /> Et je ne crois pas que la question du féminisme échappe à la règle, car même si la majorité de la population semble peu concernée sur le point particulier de L'IVG, il semble que les mêmes classes dirigeantes se servent de cette question comme d'une énième attaque frontale et clivante contre l'opinion désabusée du peuple, cela dans le cadre d'une véritable stratégie de harcèlement permanent.<br /> S'il est en fait un livre de Todd à convoquer pour expliquer cette nouvelle "exception française", ce serait celui sur la permanence des luttes de classe en France, ouvrage que j'ai personnellement traduit en une quasi loi historique concernant notre pays et qui tient en une formule fut-elle lapidaire ; il n'y a pas d'autre identité collective du peuple Francais que cette guerre de classe permanente et tout porte à croire que la France est en train de rentrer dans un nouveau paroxysme qui mènera soit à sa disparition, soit à un nouvel épisode de guerre civile mais qui sera la matrice d'une nouvelle aventure collective.<br /> Le nihilisme français sait au moins parfaitement où il va dans sa méthode ; il y a une aristocratie stato-financière et le noyau dur électoral sur lequel elle repose qui a décidé de persévérer dans son être en faisant la guerre au reste de la population, c'est aussi simple que cela et aussi vrai qu'il n'existe aucun corps constitué ni aucune force politique qui soit prête à poser la problématique française en ces termes pourtant si évidents pour moi.<br /> Ce spectre hante pourtant l'imaginaire de tout le monde, je le vérifie tous les jours à travers les propos souvent effrayants que tiennent des gens en apparence inoffensifs dans les échoppes de ma cité. Il ne faut donc pas trop s'illusionner sur l'avachissement politique présumé des français (dernier tube des salons où l'on cause et qui me rappelle le célèbre "la France s'ennuie" de l'avant soixante huit), lesquels n'ont plus aucune raison de se passionner pour un navire vermoulu qui a depuis longtemps largué les amarres avec eux.<br /> Comme le chantait Niño Ferrer, "tout le monde sait bien qu'il y aura la guerre", la vraie, Notre Guerre, et c'est pour conjurer cette guerre là, laquelle signifierait ni plus moins leur perte violente, que les oligarchies qui ont mis la France en coupe réglée cherchent à donner le change en mettant en scène une guerre fantasmatique contre une puissance étrangère hors de leur portée, cela afin de mieux verrouiller le couvercle sur la cocotte minute bouillonnante et son contenu imprévisible qu'est devenu le pays.<br /> Peine perdue ! En choyant et surarmant sa Police, Macron et sa clique n'ont fait que conjurer le romantisme révolutionnaire, celui dont le chant du cygne aura sans doute été l'affaire des Gilets jaunes, en nous rejouant avec les acteurs habituels une énième mouture des Misérables debout sur les Barricades au beau milieu des Champs Elysées, l'avenue la plus théâtrale du monde.<br /> Cela d'autant plus qu'il va être difficile même pour les "meilleurs" cabinets conseils de faire passer le "vaccinez-vous pour le bien des autres" travesti en "allez vous faire buter pour le bien du monde libre" (il se raconte à ce sujet beaucoup de conneries du côté de certains esprits forts du souverainisme comme Aberkane). Dur en gros de transformer la jeunesse TikTok française en jeunesse ukrainienne, surtout alors que Poutine a tendance à devenir l'idole de la première dans ses bas quartiers par haine atavique de la France (d'ailleurs entretenue de longue date par nos grands manipulateurs qui ne sont plus à un effet pervers près).<br /> Dans le prochain chaos qui nous menace, les policiers seront eux-mêmes trop heureux de pouvoir se barricader dans leurs casernes et leurs commissariats et il n'y aura plus de jogger farceur à aller traquer par hélicoptère pour défaut d'attestation de sortie.<br /> Ce qui nous ramène à notre sujet frivole, soit le rôle de "nos" femmes dans le processus qui va nous conduire immanquablement au chaos.<br /> Todd identifiait le point de basculement révolutionnaire d'un pays lorsque la moitié de sa population atteignait le niveau d'alphabétisation. Moment toujours violent, ne serait-ce que sur le plan symbolique, qui ouvrait ensuite la voie à un processus de pacification sociale parce que le niveau général d'éducation se poursuivait sur sa lancée et en particulier celui des femmes, lequel joue alors dans le sens d'un polissage des mœurs.<br /> Cela est flagrant au moins pour la France si l'on compare le niveau de violence plutôt retenu de mai 68, acmé de la geste révolutionnaire nationale, avec les grandes fièvres sanglantes politiques et sociales qui l'ont précédé.<br /> Mais ne peut-on imaginer un processus inverse avec au bout du compte les mêmes effets paroxystiques ? Précisément au moment où la déliquescence éducative du corps social devient critique pour sa stabilité et où la dillution de l'émancipation féminine (ce que certains appellent sa récupération) dans le totalitarisme néolibéral asexué ne joue plus en faveur de la pacification des moeurs mais bien dans le sens inverse.<br /> Féminines ou pas, lorsque toutes les valeurs sociales se confondent avec celles du marché, le dernier refuge de la gratuité ne peut-il être autre que celui de la violence ? Et violence forcément masculine puisque l'émasculation politique fait obligatoirement partie du projet totalitaire néo-libéral.<br /> Je connais les objections à mon constat ; "oui mais la violence ne résout rien" (comme si l'histoire était un problème à résoudre) ; "sans organisation de masse point de salut" alors que je peux donner mille exemples qui montrent combienà l'origine l'organisation est une nécessité créée par la violence lorsqu'elle devient inévitable et que c'est seulement à cette condition que l'on peut s'interroger sur la forme de l'organisation -pas obligatoirement "de masse" d'ailleurs.<br /> Au contraire ce sont souvent les organisations déjà constituées et se réclamant même d'un discours "révolutionnaire" qui jouent alors le rôle de frein rouillé à tout dépassement d'une situation devenue intenable. Cela est typiquement le cas dans la France d'aujourd'hui qui n'est pas sans avoir des traits communs avec la situation algérienne à la veille de la décolonisation, le coup de pied dans la fourmilière étant venu d'éléments marginaux (le futur FLN) aux partis indépendantistes déjà formés et expérimentés.<br /> On va me dire que les situations surtout matérielles ne sont pas comparables, mais est-ce si sûr ? On peut faire confiance à la clique Macron et ses commanditaires pour ramener rapidement le niveau de vie des français au niveau de son endettement de pays ruiné, vassalisé, voire carrément colonisé par les États-Unis et leur relais de la dés-Union Européenne, une fois que les derniers feux de son état providence se seront éteints.<br /> Quant au timing, je me borne à constater que la même clique, malgré les fortunes qu'elle engloutit dans ses cabinets conseils d'ignares, gavés à l'ingénierie sociale comme des moines trappistes au salut éternel, est tombée des deux pieds dans le piège russe, celui qui prétend résoudre tous les problèmes intérieurs en désignant un ennemi tête de turc extérieur.<br /> Ce genre de "solution" n'amène en fait qu'à rendre les problèmes internes encore plus inextricables et à accélérer leur dénouement dans la violence, l'histoire russe des deux derniers siècles est là pour le prouver à condition de savoir au moins lire.<br /> Cela même dans l'hypothèse où cette guerre annoncée à grand flonflon ne serait qu'un leurre de plus visant à contrôler un peu plus la population par la frousse (il est probable que nous aurons droit à une mise en scène sanglante sous faux drapeau russe avant les élections américaines).<br /> Mais je sais que ceux qu'il faut bien appeler nos ennemis ne s'arrêteront que lorsqu'ils crèveront de trouille et de chagrin face à la vague furieuse et vengeresse qui menacera de les emporter.<br /> Et le char branlant de l'aventure humaine de repartir vers d'autres horizons de haine et d'injustice après quelques temps de répit...<br /> <br /> C'est ainsi brigadier, toi qui ne manquera pas de nous lire mais en vain, une fois que le vin est tiré il faut encore savoir tirer.
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Y
Long commentaire mon cher La Gaule. <br /> <br /> Je pense également que l’inscription de l'IVG dans la constitution n'est qu'un énième moyen de nos élites pour faire de la communication. À dire vrai l'absence de croyance collective amène naturellement à un comportement de petit communicant . Je suis même certain que Macron ne se pose même pas la question de savoir si la société de plus en plus matriarcale qu'on a construite est viable à long terme. Et tout porte à croire aujourd'hui qu'elle ne l'est probablement pas. Mais de toute manière la déglobalisation qui a commencé maintenant devrait rééquilibrer les choses. Nous ne pourrons pas éternellement accumuler les déficits commerciaux. La question est de savoir quels effets auront la nécessité de réindustrialiser sur l'équilibre homme-femme. Si la globalisation comme l'a expliqué Todd a favorisé de façon excessive le matriarcat, pourrait-on imaginer un retour à l'équilibre et la fin des délires de la femme toute puissante avec la déglobalisation ? Je n'en suis pas certain, les femmes pourraient très bien s'orienter plus vers l'industrie même si cela n'a pas été le cas jusqu'à présent. <br /> <br /> Pour ce qui est de la lutte des classes évidemment qu'en France c'est souvent le cœur du sujet. Le féminisme est une idéologie qui a fait miroiter une illusion d'égalité entre les femmes qui n'a jamais existé. Le féminisme français parle des intérêts et de la vie des femmes des milieux bourgeois avant tout. Le fait que le féminisme fasse par exemple du travail un milieu émancipateur est en soi révélateur du milieu social dont cette idéologie est issue. Pour la grande majorité des femmes comme pour les hommes, le travail n'est pas émancipateur, c'est une nécessité souvent nuisible. <br /> <br /> Pour la révolte je ne sais pas. Honnêtement nous sommes un pays de vieux. On le voit d'ailleurs dans les sondages. Le parti de Macron c'est vraiment le parti des vieux croulants et des rentiers. Les révoltes d'autrefois étaient portées par une pyramide des âges qui ressemblait vraiment à une pyramide et pas à un entonnoir. Je pense toujours qu'on va plutôt aller vers des chocs externes, la France est dans une situation de blocage politique total.