Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
/image%2F1492474%2F20250710%2Fob_5bbaed_acheter-hlm-252.png)
L'état vient donc de reculer pour la première fois sur la question de l'exclusion des logements ne correspondant pas aux normes des DPE. Le recul est faible puisque cela concerne seulement les logements qui se chauffent à l'électrique. Et pour l'instant le principe de l'isolement généralisé n'est pas encore remis en cause. Mais comme sur la question de la production d'électricité, on voit que le doute commence petit à petit à s'instiller dans le débat public. Ces petites victoires sur l'idéologie pseudoécologiste sont importantes même si la bête est loin d'être morte. Comme sur le nucléaire et les énergies faussement renouvelables, il y a tout un discours d'autorité qui ne repose en réalité sur rien de scientifique. Je passerai rapidement sur la question du CO2 qui est un gaz essentiel à la vie terrestre et dont le poids sur le réchauffement climatique est hautement discutable. Mais même en pensant agir pour l'écologie en réduisant le CO2, le DPE ainsi que les énergies dites vertes ne sont pas du tout des solutions.
Ce recul s'explique aussi par l'immense crise du logement que cette mesure a provoqué. Sur un marché qui était déjà en tension, le retrait de plusieurs millions de logements de la location ne pouvait que produire un drame. Plus que de la bêtise, ces mesures montrent le peu d'intérêt que les bourgeois des grandes villes qui peuplent nos organes de décision n'ont que faire du français moyen. Elle caractérise la fameuse fracture entre la France périphérique et les centres-ville dont parle régulièrement Christophe Guilluy. Ce dernier a d'ailleurs réagi sur ces questions écologiques dans un article de Marianne dernièrement. Il décrit l'écologie comme un outil pour protéger ses intérêts. Je ne suis pas totalement certain de cela même s'il est clair que l'idéologie écologiste est clairement utilisée par certains intérêts notamment économiques. Mais sur la masse qui croit dans ces choses, je pense qu'il y a surtout un phénomène de mode et d'adhésion de groupe.
On peut en effet totalement décrire l'écologisme comme un mouvement religieux, ce que certains penseurs n'hésitent plus à faire. C'est d'ailleurs ce que je pensais déjà de ce mouvement lorsque j'ai commencé ce blog. Je dis cela et pourtant j'aime beaucoup certains auteurs que l'on pourrait qualifier d'écologistes comme Jacques Ellul. Mais il y a une grande différence entre ceux qui ont pensé le problème que pose le développement humain vis-à-vis de l'environnement et ce que l'on nomme écologie aujourd'hui. On est en effet bien loin des vertus ascétiques que pouvait prôner Ellul à son époque. Au contraire, même l'écologisme est devenu un outil capitaliste pour justifier des dépenses absurdes dans l'appareillage et la consommation censée être plus écologique. Alors que l'écologisme devrait bien au contraire prôner la baisse de la consommation sous toutes ses formes si elle était réellement cohérente. Il faut croire que l'écologie a été prise en otage par des intérêts qui la dépasse, mais ce n'est pas la première idéologie à être ainsi dévoyé de son projet d'origine par la bourgeoisie d'affaires.
Je rappellerai ici rapidement que l'isolation des logements si elle peut paraître logique et permettre des économies d'énergie en pratique, ce n'est pas le cas. De nombreux pays en Europe se sont lancés dans cette aventure avant la France à l'image de l'Allemagne. Or il n'y a eu aucun effet collectif d'économie d'énergie. Malheureusement, il faut bien le dire, c'est surtout le prix de l'électricité qui a eu le plus d'effet sur la consommation de la population, en particulier en France. Or cela se traduit en fait par le fait que de plus en plus de Français ne se chauffent plus. L'Allemagne a englouti des centaines de milliards dans l'isolation sans faire d'économie. Combien de centrales nucléaires aurait-elle pu construire avec une telle somme ? Est-ce que cela n'aurait pas été plus judicieux même selon les critères écologiques de construire des centrales nucléaires plutôt que d'isoler les logements et faire des éoliennes et des panneaux solaires ? Le solaire et l'éolienne gaspillent en plus d'immenses quantités de matières premières rares pour être construits.
Et pour en finir avec ce sujet écologique, rappelons que la France et l'UE ne pèsent pratiquement rien dans la production de CO2 mondial. La Chine dépasse même la production par tête de CO2 de l'UE. Disons-le clairement même si l'on croit que le CO2 est un problème, l'Europe ne peut pas le résoudre, car elle ne représente même pas 10% des émissions mondiales. Sans la Chine, les USA et l'Inde, l'action sur ce sujet c'est peine perdue . Autant dire qu'on fait souffrir les Européens pour rien, enfin si ça permet d'enrichir certains groupes et certains industriels. Mais le continent avec son énergie extrêmement cher paie très cher ces dogmes et il n'est pas certain que cela ne provoque pas à terme un effondrement économique et social total.
La question du logement
/image%2F1492474%2F20250710%2Fob_604b90_friggit.png)
Mais revenons au sujet du logement à proprement parler. Si les normes de plus en plus draconiennes sur les logements ont nourri les augmentations des coûts et la raréfaction des logements disponibles en particulier en location, ce n'est pas le seul facteur explicatif loin de là. Comme on peut le voir sur le graphique du Friggit qui donne l'évolution du prix du logement en fonction des revenus, on voit bien qu'il y a un lien avec la mise en place de l'euro. Et ce n'est pas un hasard. En effet, l'augmentation massive des prix a lieu après la mise en place de l'euro. La raison est assez simple, l'un des effets de l'euro a été la baisse des taux d'emprunt . Depuis la mise en place de l'euro, les taux d'intérêt n'ont pas cessé de baisser ce qui a poussé de plus en plus de personnes à emprunter pour acheter un logement. Comme aux USA on a même eu le phénomène d'emprunt pour achat puis revient. En effet, la hausse des prix du logement permettait de faire une plus-value assez rapidement après l'achat d'un logement remboursant ainsi largement le crédit. Rappelons que c'est ce mécanisme qui est à la source de la crise du crédit aux USA en 2007-2008.
Dans le cas français, c'est clairement l'euro qui a permis ces baisses trop fortes des taux et donc la bulle immobilière. Le logement a été également un aspirateur d'investissement. L'épargne investie dans la pierre n'étant pas investi dans des choses plus productives comme l'investissement industriel, on peut se demander dans quelle mesure ce phénomène a accéléré la désindustrialisation du pays. La multiplication des agences immobilières dans les années 2010 étant parallèle à l'accélération des délocalisations et à la destruction de notre tissu industriel. Les taux trop bas semblent avoir très mal orienté le capital en quelque sorte. Nous avons un peu la gueule de bois des années Stéphane Plaza si je puis plaisanter un peu sur le sujet. Dans ce cadre il y a aussi d'autres facteurs à prendre en compte, dont la démographie. Si la population française augmente beaucoup moins vite que dans les années 60, il y a quand même un phénomène massif à prendre en compte, le célibat. La population n’augmente plus tellement sauf artificiellement avec l'immigration. Mais le célibat en lui-même est porteur de pression sur le logement.
Autrefois, on vivait en famille, et l'on se logeait très rarement seul. Aujourd'hui, il est beaucoup plus courant de voir des personnes vivre seules dans leur logement. Le boom des célibataires non seulement fait s'effondrer les naissances, mais il produit aussi un manque de logement sur le marché immobilier. C'est particulièrement vrai pour la location. Cette évolution n'a pas du tout été prise en compte dans les politiques publiques en particulier pour le logement. En toute logique nous devrions avoir beaucoup plus de logements pour personnes seules en particulier dans les logements sociaux. Enfin dernier facteur, la désindustrialisation qui a vidé certaines villes de leur population et concentré les gens dans les grandes métropoles produisant des emplois de services. Là c'est un peu le serpent qui se mord la queue puisque comme je l'ai dit la bulle immobilière a aussi nourri la désindustrialisation.
Comme nous l'avons vu rapidement, la crise du logement est multifactorielle. Mais ce qui est certain c'est que le marché de l'immobilier dérégulé montre qu'il ne fonctionne pas vraiment. Il n'y a pas d'autorégulation et il est urgent de revenir à des politiques plus interventionnistes. Non pas en imposant des normes inutiles, mais en construisant pour répondre à certains besoins spécifiques nouveaux. Il est également urgent de repenser la politique de la ville et de l'insérer dans une nouvelle politique économique de réindustrialisation. Et pour se faire, la sortie de l'euro est un paramètre extrêmement important puisque l'on pourra à nouveau mettre des taux plus raisonnables et empêcher les bulles de se former. Mais aussi parce qu'une politique de réindustrialisation sera très certainement plus favorable aux petites villes moins coûteuses. En créant des emplois dans les villes petites et moyennes, on aura certainement plus de facilité à réguler les prix du logement à faire revenir les grandes villes à des niveaux plus raisonnables. Tout ceci ne peut donc être résolu que dans un cadre de souveraineté économique dont nous sommes pour l'instant totalement privés comme vous le savez déjà.