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Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.

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C'est la faute aux vieux !

 

Notre pathétique personnel politique et médiatique n'en finit plus de s'enfoncer dans la médiocrité chaque jour qui passe et les Français avec. Le pauvre Bayrou qui vole vers un échec pour son budget et pour son gouvernement cherche inlassablement des boucs émissaires pour éviter de parler des véritables raisons de la médiocre situation du pays. Hier, les Français ne travaillaient pas assez, aujourd'hui, c'est les vieux et les boomeurs qui posent problème. Les débats publics se résument désormais à trouver des coupables dans certaines couches de la population, jamais celle des très riches, bien évidemment. Ainsi l'on peut voir ce phénomène de haine de la couche sociale inférieure dont parle souvent Emmanuel Todd, chaque groupe cherchant à accuser celle du dessous de tous ses problèmes. Et il en va de même des mouvements dits « populaire ».

 

Le mouvement du 10 septembre prochain, ou le fameux « c'est Nicolas qui paie », ressemblent quand même pas mal à des outils avancés de contrôle social visant à détourner encore une fois les Français des véritables enjeux. Les discours libertariens ridicules qui fait de la France un pays communiste qui se multiplie et sont souvent mis en avant sont bien souvent très silencieux sur les effets de l'euro ou du libre-échange. Que ce soit volontaire ou non, on peut constater que l'aggravation des problèmes n'entraîne pas de débat de fond, mais des collections d'idées reçues cousu par des médias médiocres aux services bien souvent de ceux qui sont à la source de nos problèmes. Ainsi le président du MEDEF, qui est souvent très motivé pour parler de l'assistanat en France, et qui voyait d'un bon œil le détricotage massif des droits des chômeurs qui avaient pourtant cotisé pour ça, trouve que vraiment il ne faut pas mettre fin aux subventions des entreprises.

 

Ceci est un fantasme selon le président du MEDEF

 

Il y a assisté et assisté, voyez-vous. C'est un peu comme le célèbre sketch des inconnus sur les bons et les mauvais chasseurs. Pour le MEDEF visiblement il y a les bons et les mauvais assistés. Leur qualité dépendant bien évidemment de la taille de leur portefeuille et de leur proximité avec le pouvoir politique. Comme vous le savez sûrement en chinois, le mot crise, signifie aussi opportunité, et cela est très bien compris par nos élites parasitaires qui pillent inlassablement le pays depuis 50 ans. La crise qui s'annonce bien plus violente que les autres, car le pays va de plus en plus mal entraîne donc encore une fois cette course à l'opportunité capitalistique. On voit par exemple très bien comment les débats médiatiques sont utilisés pour faire avancer la cause de cette stupide idée de capitalisation. La capitalisation en dehors du fait qu'elle serait très difficile à mettre en œuvre ne pouvant en aucun cas résoudre le problème de fond lié au vieillissement de la population et à la natalité beaucoup trop basse. Mais le but des vendeurs de nuages libéraux n'est pas de résoudre les problèmes, mais bien de vendre une non-solution qui pourrait leur rapporter beaucoup à certains.

 

Nous touchons ici du doigt le cœur du problème français et plus généralement occidental. Comme je le dis souvent, il n'y a aucune raison pour que les marchés s'autorégulent. La somme des intérêts individuels ne faisant pas l'intérêt général. Il n'y a pas de main invisible, magique, ou de providence, pour nous sauver de cette incohérence fondamentale au cœur du fonctionnement de nos sociétés. Mais ce qui est vrai pour le marché économique l'est tout autant pour les idées politiques finalement. La disparition du comportement citoyen sous l'influence de la culture individualiste a produit un marché de l'idée et de la pensée politique. Un marché truqué comme beaucoup de marchés, où ce ne sont pas les meilleurs qui gagnent, mais ceux qui ont pipé les dés au départ. En l'occurrence ici, les propriétaires des grands médias qui comme par hasard sont aussi les grandes fortunes du pays.

 

Ce faisant, loin d'avoir des débats citoyens argumentés l'on se retrouve systématiquement avec des catalogues publicitaires de petits vendeur de potion miracle. Ici la potion de la privatisation des services publics, là la potion de la tronçonneuse à la Milei. Ou encore la pilule miracle du « Demain on rase gratis » de l'extrême gauche. Il ne s'agit pas de résoudre les problèmes, mais d'utiliser les débats publics pour faire avancer des intérêts bien privés. C'est à mon sens ce qui montre la mort totale du système démocratique en occident. Tout comme dans le cas du marché libre, l’action individuelle tournée uniquement vers elle-même et ses intérêts personnels ou catégoriels ne fait que produire un maelström d'idées incohérentes, incapables de résoudre les problèmes de la société. Et c'est bien normal puisque ce n'est pas le but réel des protagonistes. Le débat public n'est donc plus qu'une collection d'ego à la pensée étriquée cherchant à se nourrir sur la carcasse restante de notre pauvre État-nation à l'agonie.

 

Répondre aux problèmes de fond

 

Se comporter en citoyen exige à minima un éloignement des questionnements par rapport à sa propre personne et à son propre milieu. Je ne suis pas certain que les Français d'aujourd'hui soient encore capables du minimum d'ascèse que cela réclame. Le consumérisme a malheureusement fait son œuvre. Mais si nous nous concentrons sur les problèmes réels de la France et non sur ces débats stériles entre défenseurs d'intérêts particuliers alors les problèmes sont en réalités assez simples à déceler et à comprendre. Tout d'abord, la dette qui semble tant inquiéter puisque nos dirigeants survendent une intervention du FMI qui n'a aucun sens pour un pays dans la balance des paiements est excédentaire, mais passons. La première question à se poser n'est même pas d'où vient la dette, mais pourquoi empruntons-nous sur les marchés financiers ? Cette question-là, personne ne la pose, en tout cas certainement pas dans les grands médias, ni même à gauche de la gauche. Les gens font en réalité beaucoup d'efforts pour ne pas comprendre le système de domination dans lequel ils vivent. Nous avions déjà abordé plusieurs fois cette question. Jusqu'en 1967 la France n'empruntait qu'à la banque de France. Le tour de passe-passe qui a contraint l'état à emprunter sur les marchés financiers fut la première corde au cou attaché sur l'état et le citoyen par le système financier, et les USA au passage. Comprenez bien que cette décision fut arbitraire, rien n'obligeait la France à prendre cette direction, c'est l'idéologie de quelques technocrates qui ont imposé ça. Le marché financier devait dresser la population à se comporter comme il fallait, c'était même ouvertement assumé par des types comme Raymond Barre.

 

Les autres cordes vous les connaissez aussi, j'en parle souvent. La libre circulation des marchandises a permis aux entreprises de casser le salariat français en délocalisant massivement les activités. L'immigration a servi à soumettre les corps de métiers non délocalisables comme le BTP ou l'hôtellerie. La troisième corde fut la libre circulation des capitaux qui empêche l'état de mettre la fiscalité qu'il souhaite, car sinon les riches peuvent partir ce que la Grande-Bretagne vient de subir par exemple. Il est impossible de taxer les multinationales et les riches quand vous laissez le capital se balader librement. Et ce n'est pas la faute des paradis fiscaux qui ne font qu'utiliser à leur avantage ce système. C'est d'abord la libre circulation des capitaux qu'il faut remettre en question et donc l'UE et l'acte unique européen. La dernière corde est monétaire. En collant le franc à la monnaie allemande avec le franc fort puis en faisant l'euro, nos élites ont mis la dernière corde autour du cou des Français et de leur état. Cela rend impossible toute politique de redressement. Et les seules politiques possibles se résument à réduire toujours les droits, les salaires, les retraites, etc., jusqu'à la mort de tous les Français si je puis dire.

 

Vous comprenez bien dans ces conditions que parler de telle ou telle catégorie sociale n'a aucun sens. C'est l'ensemble de l'enchaînement causal de nos problèmes qu'il faut penser, même si cela ennuie bien évidemment les créateurs véritables de nos problèmes à l'image des européistes qui ne veulent surtout pas qu'on remette en cause l'euro ou l'UE. Réduire le débat public à des réformettes idiotes tapant sur telle ou telle catégorie de la population, les jeunes, les vieux, les chômeurs, les fonctionnaires est une insulte à l'intelligence. Ce n'est pas de la politique, mais de la barbarie. La barbarie que nous avons construite inlassablement depuis des décennies en décidant que l'individualisme c'est formidable et que si chacun fait ce qu'il veut dans son coin tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. Et bien non, il n'y a aucune chance pour que ce soit le cas. Les problèmes français résultent d'erreurs collectives, de passivité des citoyens qui ont mis des imbéciles communicants au pouvoir, de l'élite économique et politique bien évidemment. Nous sommes tous plus ou moins responsables de la situation, car ce qui nous manque le plus c'est esprit de noblesse. La capacité à voir plus loin que notre propre intérêt. Sans cela, je ne vois pas très bien comment nous pourrions porter au pouvoir autre chose que des barbares en costume trois pièces, nous expliquant qu'en piquant les vieux, et les miséreux, on sauvera le pays. .

 

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