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Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.

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Les flammes du laissez-faire

 

L'Aude prend feu et ce ne sont pas seulement des hectares de garrigue qui s'enflamment, mais les pensées et les discours aussi . C'est que, malgré les discours grotesques sur le réchauffement climatique, les langues se délits sur cette question. C'est avant tout l'imprévoyance et le laisser-aller de ces dernières décennies qui ont alimenté cette catastrophe bien plus qu'une affaire de simple météo. Tout comme c'est le cas souvent pour les inondations, la météo n'est souvent qu'un révélateur de comportement collectif inadéquat pour rester courtois. Après tout, que voit-on dans cette affaire. Premièrement, c'est que l'état et les pompiers, n'ont plus les moyens nécessaires à l'exercice de leurs fonctions, c'est-à-dire éteindre les incendies dans ce cas précis. Nous savions déjà que l'état n'avait plus les moyens de faire la police, encore moins de faire la justice, ni de soigner correctement, ni même d'instruire correctement les gamins. Maintenant, on sait que même les moyens de luttes contre les incendies sont manquants. On voit à quel point les 1000 milliards de dettes supplémentaires produites par Macron et ses politiques ont été bien employés.

 

Le manque des Canadairs est de ce point de vue très parlant. Les Canadairs ne sont bien évidemment pas la seule chose qui manque, le matériel terrestre est tout aussi important, probablement même d'avantage. Mais que dans le pays d'Airbus et de Dassault on manque d'avions pour éteindre les incendies est en un sens tout à fait grotesque et révélateur. D'autant que comme d'habitude la seule action des gouvernements se résume à faire des commandes , à l'étranger de préférence bien évidemment. Comme dans le cas de la crise Covid que tout le monde semble avoir oublié, sauf les conséquences sur la dette publique française, l'état se contente de faire appel au marché pour résoudre ses problèmes. On n'a pas de masques, commandons aux Chinois. On n'a pas de vaccin, commandons aux Américains. On n'a pas d'avions anti-incendie, commandons aux Canadiens. Il ne leur viendrait jamais à l'idée de lancer une filière de production en France et pour cause leur cerveau a été rempli des billevesées libérales toute leur vie. Dire que Colbert était français et que la France a tout oublié du colbertisme, et ses bons côtés, tout du moins pour n'en retenir que les mauvais.

 

De fait, cette situation sur les incendies révèle l'impuissance publique volontaire d'un état qui ne se donne plus les moyens de résoudre les problèmes en pratique. Il en va dans ce domaine comme dans tous les autres. Nous avons parlé il y a peu de temps de la question du logement. Une grande partie du problème pourrait être résolu par la construction de logement public, mais ce genre de solution nous nous l'interdisons volontairement pensant stupidement que le saint marché régulerait la question. Ce qui n'est bien évidemment jamais le cas. Le marché n'est que la résultante de la collusion d'intérêt individuel souvent contradictoire et il est à mon sens totalement vain d'en attendre des solutions toute cuite. Dans cette affaire l'état aurait pu se saisir de l'occasion pour entraîner des industriels à la production d'avions bombardiers d'eau par des investissements publics. Cependant, nous le savons bien, ce n'est pas possible au sein de l'UE.

 

Reste que l'action politique se doit d'avoir des instruments d'application. La politique ne consiste pas à faire de grands discours et à signer des chèques en blanc aux copains avec de l'argent public, comme semblent le penser les macronistes, ou à ce pauvre François Bayrou qui en est réduit à faire des vidéos YouTube pour finir d'abaisser sa fonction. Nous devons reprendre goût à l'investissement public et à la production nationale et cela passe non seulement par une rupture avec la construction européenne, mais également par un retour des vieilles traditions colbertistes françaises. Il faut bien se rendre compte que les seules choses qui font encore tourner ce pays viennent des vieilles politiques interventionnistes gaullistes, le parc nucléaire que nos crétins d'écologistes n'ont eu de cesse de vouloir démolir en est un bel exemple.

 

Réaménager le territoire

 

L'autre information qu'apportent ces incendies c'est d'une part la désertification humaine de certains de nos territoires, un phénomène qui va s'aggraver avec la dénatalité dans les prochaines décennies. Ainsi que la destruction du monde agricole français qui vivotait encore jusque là. Certains ont très justement souligné la disparition de l'entretien naturel que produisaient l'activité humaine et l'élevage . Je ne vous apprendrai rien en disant que les ovins sont des tondeuses sur patte si je puis dire. Or la France produit de moins en moins de viande, plus généralement importe de plus en plus de produits agricoles. Après la désindustrialisation on peut aussi parler maintenant de désertification agricole. Il ne s'agit plus seulement du phénomène produit autrefois par la mécanisation et la hausse des rendements agricoles qui ont effectivement fait énormément baisser le poids de l'agriculture dans l'emploi. Un phénomène qui a tout de même permis une hausse du niveau de vie de la population. Cette fois on peut parler de destruction de l'agriculture française dont le poids dans la consommation nationale ne cesse de baisser.

 

Il y a en plus de la question de la concurrence agricole à travers l'UE et le libre-échange , il y a un autre facteur particulier à l'Aude, c'est le déclin de la culture vinicole en France. Un phénomène qui vient rajouter à la concurrence étrangère une lourde charge. En effet comme vous le savez sûrement les Français boivent de moins en moins de vin. Si l'évolution était plutôt salutaire autrefois pour la santé publique, les Français buvaient beaucoup trop dans les années 60. Nous sommes aujourd'hui sur un effondrement total de la consommation. Pour le dire crûment, le vin est un peu devenu une boisson pour les vieux. Si l'on regarde la consommation générale d'alcool, elle s'est effondrée depuis 1960 et c'est particulièrement vrai pour le vin. Alors je ne vais pas critiquer cette évolution, je trouve au contraire que c'est une très bonne nouvelle. Même si à côté de ça les jeunes consomment malheureusement de plus en plus de substances qui sont probablement bien plus dangereuses encore que l'alcool. Cependant, cela a des conséquences massives pour les producteurs et les régions productrices comme l'Aude.

 

 

Et cette désertification de la production vinicole a bien évidemment un effet direct sur l'occupation des sols et leur entretien. La garrigue remplaçant les terrains agricoles, cela flambe beaucoup plus facilement si le temps y est propice. Et le temps est souvent propice aux incendies dans cette région, et cela a toujours été le cas, il n'y a pas besoin d'invoquer le grand croquemitaine du réchauffement climatique pour ça. Tout le sud de la France a toujours été sujet aux incendies. Comme dans le cas des inondations c'est bien souvent le changement dans l'occupation des sols qui sont responsables des catastrophes bien plus que la météo elle-même. Pour en revenir à cette question de la production vinicole, il est évident que cette production n'a pas un grand avenir. Il faudrait donc que les autorités publiques et les producteurs s'entendent pour faire une réorientation de la production. Cela passe nécessairement par l'intervention de l'état. Certains soulignent par exemple que la consommation d'ovins française est loin d'être comblée par notre production et qu'il serait donc judicieux de lancer une production dans ce secteur. Pourquoi pas. Le problème c'est qu'ici nous nous heurterons à la question européenne et au libre-échange.

 

Le vin n'a pas un grand avenir dans notre pays.

 

Pour lancer des productions, il faut trouver des gens pour se lancer dans l'affaire. Mais avec la course au moins disant salarial provoqué par le libre-échange, et notre problème de surévaluation monétaire de l'euro, il n'est pas certain qu'en l'état on arrive à attirer des gens dans ce secteur. Le métier est très difficile et probablement pas assez rémunérateur en l'état. D'autant que les autorités publiques se lancent régulièrement dans des délires d'abattage excessif de bêtes dans les élevages que ce soit dans les bovins actuellement ou comme ce fut le cas pour les volailles il y a peu de temps. Quoiqu'il en soit, si nous voulons à la fois diminuer les risques d'incendie, relancer la production agricole et rendre des capacités d'intervention à nos pompiers, il va falloir sérieusement arrêter les délires du laissez-faire. Il est plus que temps de sortir de la religion du marché tout puissant pour revenir à un interventionnisme étatique raisonnable. L'état n'est pas là pour faire la nounou et distribuer des aides sociales, mais bien plus pour garantir les capacités de production nationales. Et éviter les manques ou les pénuries dans certains secteurs. On arrive au bout du système qui a transformé notre état en assistance sociale après lui avoir enlevé ses capacités d'interventions macroéconomiques. Mettre des pansements par des aides sociales ne suffit plus à camoufler les insuffisances de ce système dérégulé.

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L
Les jeunes ne boivent plus de vin mais présentent de plus en plus d'obèses, ressemblant de plus en plus à des Américains (es) c'est-à-dire à rien. C'est bien connu que "l'exception française" (nourriture trop riche et trop grasse pour des gens restant malgré tout assez sveltes et plutôt mieux portant qu'ailleurs sur le plan cardio-vasculaire) avait à voir avec le Resvératrol du vin (un collègue ivoirien étudiant et doctorant m'avait invité à sa soutenance de thèse sur le sujet). <br /> Le vin était aussi un marqueur professionnel ou familial (culturel donc) de repas convivial pris à heure fixe, et pas de junk-food prise n'importe quand autour de table faites d'abord pour rester debout en solo et qui contribue à l'envahissement des rues par des ordures culinaires faisant le bonheur des rats. <br /> De nos jours les problèmes cardiaques explosent et certaines thérapies de masse n'en sont pas le seul facteur... <br /> <br /> Je consultais aussi récemment le dernier rapport de L'ONISR (sécurité routière) sur les accidents mortels de vélos. Il n'y a pas photo, 245 morts en 2023 contre 1363 en 1955. Les retours de retrouvailles arrosées dominicales à bicyclettes étaient mortels au sens propre et l'état des rues et des routes s'y prêtaient bien. <br /> Mais le problème n'a fait que se déplacer et l'on meurt et fait mourir aujourd'hui en roulant sans assurance shooté à n'importe quoi (le WE ma rue est jonchée de cartouches au péroxyde d'azote, rire au volant mort au tournant). <br /> Le vin était aussi considéré autrefois comme un fléau familial. Hors-sujet aujourd'hui où les familles monoparentales et les écrans seraient moins propices à la bouteille. Encore que... Etc. Etc.<br /> <br /> Oui, l'état pourrait réorienter la production... Surtout que les Américains et les russes entre autres peuvent se charger de l'ancienne chez eux. Pourquoi pas reconvertir le midi viticole sur le chanvre ou le pavot ? Les bassins de formation pour le contrôle qualité existent déjà.<br /> Maintenant sur le principe vous avez bien sûr raison, toute ironie mise à part en ce triste monde... <br /> <br /> "Pour le dire crûment, le vin est un peu devenu une boisson pour les vieux" <br /> <br /> À qui le dites vous et surtout un dimanche d'août où il fait 40 dehors ! <br /> Santé ! (Encore une que les quadras écolos n'auront pas).
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Y
Je n'ai rien contre le vin, même si je ne suis pas un grand adepte, je fais juste ici un constat. À titre personnel je préférerais que l'on ait gardé nos traditions tout en modérant la consommation qui était tout de même excessive à une certaine époque. Mais je ne vois pas comment l'on pourrait revenir en arrière sur ce plan.