Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
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C'est encore l'été pour quelques semaines et il fait chaud. C'est l'occasion de parler d'autres sujets que les questions politiques ou économiques comme je le fais régulièrement sur ce blog. Et cela fait très longtemps que je n'ai pas parlé de sujets plus originaux sur ce blog, il faut bien l'admettre, même s'il m'arrivait parfois de le faire au tout début de ce blog. Après tout, prendre de la hauteur et se poser des questions sur l'existence ou le sens de la vie n'a jamais tué personne, et permet aussi de relativiser les questions économiques ou géopolitiques. Aujourd'hui, nous allons donc parler un peu d'astronomie et d'espace, c'est un de mes sujets fétiches depuis que je suis enfant. J'ai d'ailleurs toujours un peu regretté de ne pas m'être orienté vers ce secteur pendant mes études, mais c'est une autre hors sujet.
Si nous avons l'impression sur le plan politique et géopolitique de vivre un véritable enfer en France et plus généralement en occident, et si la planète semble entrer dans une zone d'instabilité massive sur le plan politique et économique, les astronomes, eux, vivent un véritable âge d'or. Cela peut sembler paradoxal, mais c'est pourtant vrai. Alors Emmanuel Todd pourrait lui aussi dire que les historiens et les démographes comme lui vivent aussi un âge d'or. La situation planétaire instable étant probablement fascinante pour des regards scientifiques portés sur l'analyse des sociétés humaines. Mais dans le cas des astronomes et de l'astrophysique, c'est tout de même un âge d'or moins cynique. En effet, depuis 1995, et la découverte par les astronomes suisses Michel Mayor et Didier Queloz à l'Observatoire de Haute-Provence de la première exoplanète de l'histoire, Pegase 51b, la recherche dans le domaine a explosé. Désormais, les scientifiques utilisent des moyens de détections incroyables pour accélérer la découverte d'exoplanète et plus précisément de planète telluriques comparable à la terre. Avec toujours cette question qui colle à l'humanité depuis des siècles « Sommes-nous seuls dans l'univers ? »
Ce qui est incroyable dans cette affaire c'est que jusqu'à la découverte de Pegase 51b la majeure partie des scientifiques du domaine pensait que les exoplanètes étaient probablement très rares et impossibles à observer. Aujourd'hui en juillet 2025, on en dénombrait pourtant officiellement 7560. C'est à méditer pour ceux qui croient dur comme fer aux certitudes du moment dans tout un tas de domaines. En fait, les planètes sont très courantes et on a déjà découvert de nombreux systèmes complexes avec beaucoup de planètes qui n'ont rien à envier au nôtre. La seule limite à ces découvertes était la complexité technique à les observer indirectement. Mais à partir de 2009, tout a changé avec le lancement du fameux satellite Kepler qui a été ensuite rejoint par le fameux satellite TES, lancé en 2018 et qui multiplie les découvertes depuis. Et en 2021 un nouvel instrument, le satellite James webb, a complété la machine même s'il ne sert pas uniquement à la recherche d'exoplanètes. La dernière découverte en date est incroyable puisque l'on vient de découvrir une planète géante gazeuse autour d'Alpha du Centaure l'étoile la plus proche de nous. Et cette géante gazeuse de la taille de Jupiter se trouve dans la zone d'habitabilité de l'étoile, c'est à dire à la bonne distance pour que de la température de surface soit compatible avec de l'eau à l'état liquide. Si cela exclut la présence d'une planète comme la terre, car elle aurait été éjectée par la gravité de la géante gazeuse, il n'est pas impossible de penser que cette géante a des lunes. Après tout ,nos géantes ont beaucoup de lunes. Donc il serait potentiellement possible qu'il y ait une lune similaire à la terre. Pour info on trouve la liste des planètes découvertes potentiellement habitables sur wikipédia.
Je spécule ici bien sûr d'autant qu'on n'a probablement pas les moyens d'observer des lunes autour de planètes si lointaines à l'heure actuelle. Mais ces découvertes soulignent la rupture qui ont été permises en particulier par les progrès des caméras CCD ces dernières décennies. Le progrès de l'instrumentation a ainsi produit une cassure dans de nombreuses croyances des astronomes et des astrophysiciens. À méditer pour nos économistes qui se pensent scientifiques, mais qui ne regardent jamais les faits pour s'enfermer dans des raisonnements tautologiques. C'est bien l'observation qui fait la science et non l'apparente logique d'un raisonnement. Si les astronomes sont capables de remettre en question leurs certitudes, il serait bien que d'autres prétendues sciences en prennent exemple.
Donner du sens à la vie humaine
Et les ruptures de compréhension ne s'arrêtent pas à la découverte de planètes bizarres qui ne devraient pas exister ou à l'expansion de l'univers qui s'accélère sans que l'on comprenne vraiment pourquoi. James Webb a découvert il y a peu de temps les galaxies les plus éloignées qu'il soit possible d'observer. Sachant que plus vous vous éloignez et plus vous remontez le temps puisque la lumière met beaucoup de temps à nous parvenir. La galaxie la plus éloignée est donc aussi la plus ancienne. Or le problème c'est que d'après les théories actuelles de telles galaxies à l'époque observée ne devraient pas pouvoir exister. Cela rompt complètement avec tous les modèles de physique actuels. Autant vous dire que c'est une véritable bombe intellectuelle que les scientifiques ont reçu avec ces galaxies géantes nées seulement 430 millions d'années après le big bang. Une remise en question tout aussi embêtante que passionnante, comme souvent avec la science. Comme c'est régulièrement le cas, les nouveaux instruments d'observation apportent finalement plus de questions que de réponses.
Alors, revenons un peu sur terre, qu'est ce que ces connaissances et ces informations peuvent avoir comme importance ? Tout d'abord l'astronomie remet en question la place de l'humain dans l'univers. Et quand je dis de l'humain cela, va des hommes les plus humbles aux plus puissants. L'orgueil et l'hubris de certains prennent ici un tournant carrément grotesque. En définitive, nous ne sommes pas grand-chose et nous flottons sur un minuscule caillou au milieu de nulle part. Cela pourrait d'ailleurs tout à fait être effrayant quand on y pense. Notre destinée ne dépend en réalité que très peu de nos propres actions. Qu'une supernova explose à moins de 65 années-lumière de la terre et c'en est fini de la vie terrestre. Même chose si un trou noir s'approchait par le plus malheureux des hasards de notre système solaire. Notre planète tourne dans un petit système solaire qui lui même orbite autour du centre de la galaxie lui-même abritant un immense trou noir. De quoi donner des frayeurs atroces dignes des peurs maladives d'un auteur comme Lovecraft. Cela montre aussi que la vie est extrêmement précieuse et fragile. Elle ne tient finalement pas à grand-chose même si elle doit être assez répandue dans l'univers au moins dans ses formes les plus simples. Nous ne sommes probablement pas près de découvrir des petits hommes verts.
Alors que nos civilisations traversent un moment de vide existentiel, que la vie humaine elle-même perd de sa valeur et que plus rien n'a de sens, car dieu est mort comme disait Nietzsche. Nous pourrions nous dire que ces découvertes aggravent cette réalité. Et pourtant elles pourraient tout au contraire donner un sens nouveau à nos existences en tant que seule espèce capable de production technologique sur terre. Et si finalement l'existence humaine avait un sens, celui d'être capable d'apporter la vie ailleurs? Nous pourrions alors nous voir en quelque sorte comme les représentants de la vie terrestre, ceux qui peuvent l'amener ailleurs là où le hasard n'a pas pu la faire éclore. Nous penserions alors que l'humanité n'est pas un poison pour la vie terrestre comme le crient les réactionnaires de l'écologie, mais son évolution logique, le moyen par lequel la vie continue ce qu'elle a toujours fait, à savoir s'étendre toujours plus loin même dans les lieux les plus inhospitaliers de la planète. Ne serait-ce pas finalement l'un des moyens de combattre ce nihilisme moderne qui nous ronge, jusqu'à souhaiter la disparition de notre espèce par l'effondrement démographique ?