Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.

Publicité

Pour une politique d'autosuffisance nationale

 

 

Alors que le monde redevient ouvertement un endroit dangereux où la loi du plus fort s'impose, l'UE apparaît de plus en plus clairement comme un anachronisme. Cette réalité n'est pas encore totalement apparue à la population, mais l'incapacité de la construction européenne à défendre les intérêts des membres est de plus en plus nette. Alors, soyons clair, le monde en réalité n'a pas changé, c'est juste que la population et les élites semblent se réveiller d'un long rêve fantasmagorique qui est né dans les années 80 et a prospéré à la chute du mur de Berlin. Celui d'un monde uni dans le commerce et la globalisation. Un système que l'on a appelé la mondialisation, ou la globalisation, mais qui en réalité était un système impérial sous la domination des USA qui ponctionnait l'essentiel de la richesse produite dans le monde à travers les mécanismes du dollar et des déficits commerciaux américains.

 

C'est cette illusion qui s'écroule aujourd'hui, mais elle n'a jamais été autre chose qu'une illusion et un rêve avec ses théologiens comme le maintenant oublié Francis Fukushima. Le discours que Trump a tenu ainsi que son secrétaire au commerce Howard Lutnick qui a affirmé que la mondialisation a échoué. À savoir que la stratégie de domination des USA est un échec, le monde est trop grand et ils sont trop petits pour le dominer même si cela n'a pas été prononcé ainsi bien évidemment. Car ce n'est pas par amour de la liberté des peuples que les USA laissent tomber la globalisation, c'est parce qu'elle s'est en réalité retournée contre eux. Eux qui pensaient uniquement vivre de leurs rentes technologiques en touchant des dividendes indéfiniment se retrouvent renverser par la Chine qui remet en cause leur domination. Ce n'est pas nouveau en réalité, dès le début des années 80 la globalisation a déjà échappé de peu à son arrêt avec la crise économique entre l'Allemagne et le Japon d'un côté et les USA de l'autre. Cette crise s'est terminée par la capitulation germano-japonaise avec les accords du Plaza qui ont obligé le Japon à investir aux USA et à acheter de la dette américaine.

 

Mais cette fois Trump n'a pas réussi à faire ce que Reagan a fait dans les années 80, car l'adversaire est beaucoup plus gros et que le contexte de la guerre froide n'est plus là. Ne pouvant pas faire plier l'adversaire pour continuer la grande illusion d'une globalisation qui fonctionne, alors qu'elle est extrêmement déséquilibrée, les USA consomment, les autres produisent, ils jettent l'éponge, et essaient de réparer les dégâts en reconstruisant une industrie de façon extrêmement maladroite. C'est cela que nous vivons aujourd'hui, mais le problème ne date pas de Trump, le tournant réel date de la crise de 2008 où les USA et leur système économique et financier sont apparus comme un gigantesque casino hasardeux et irresponsable. Jusque là les nouveaux pays industrialisés à commencer par la Chine jouaient le jeu et achetaient massivement des titres de dette américains. Compensant ainsi les déséquilibres massifs de la balance commerciale, mais à partir de cette crise des subprimes la méfiance a grandi et la Chine et les BRICS ont commencé à abandonner leurs titres en dollars. Viendra ensuite l'abandon progressif du dollar dans les échanges commerciaux.

 

 

Nous vivons un moment de transition où l'ancien empire essaie de réparer comme il le peut les dégâts de son ancienne spécialisation dans la consommation, il est loin d'être certain qu'il y arrive. De l'autre côté, la grande puissance montante se retrouve dans l'embarras avec un excédent commercial de plus en plus énorme qui va provoquer de nouvelles crises et pas seulement avec les USA. L'Inde par exemple vient de connaître un déficit commercial record avec la Chine. C'est le genre de nouvelle dont on parle peu, mais qui a une énorme importance à long terme. L'Inde ne pourra pas se développer si la Chine continue à accumuler des excédents à son encontre pour compenser sa demande intérieure insuffisante due en partie à sa démographie, et pour compenser aussi la fermeture américaine. On le voit, nous ne sommes en réalité qu'au début de la déstructuration du système américain, dont les conséquences vont se faire sentir pendant des décennies. Et nous pouvons avoir des surprises comme l'effondrement brutal des marchés financiers avec la crevaison de la bulle IA ou un effondrement du dollar avec des effets difficiles à prévoir.

 

L'autosuffisance est la seule garantie de sécurité nationale

 

Ce contexte de chaos et d'instabilité mondial produit par l'effondrement de l'Empire américain rend la volonté de maintenir l'ancien ordre économique encore plus absurde et irresponsable. C'est pourtant très exactement ce que fait l'UE. Von der Leyen veut accélérer même le mouvement globaliste pour la pauvre Europe en signant des traités de libre-échange complètement absurdes avec des pays comme l'Inde aux salaires misérables, mais à la population tout à fait instruite, et des millions d'ingénieurs et d'ouvriers compétents. Alors il y a plusieurs explications à ce comportement économique suicidaire. En premier, l'UE est une bureaucratie sans état qui applique structurellement sa logique interne, celle de la dérégulation économique totale. L'UE n'est pas un projet communiste, comme le crient stupidement certains libertariens, c'est un projet extrêmement libéral dont le but était de déconstruire les états nations et faire une société de marché pur et parfait. La création récente d'un 28e état virtuel pour permettre une défiscalisation totale des entreprises va dans ce sens. Il s'agit de détruire le revenu des états pour dissoudre définitivement les nations, mais sans les remplacer par quoi que ce soit.

 

L'UE est une globalisation plus avancée où la notion même de nation ou de solidarité collective disparaît, c'est un rêve libertarien en réalité même si ces derniers ne le reconnaîtront pas parce que les résultats ne sont pas vraiment à la hauteur de leurs espérances. Le libre-échange avec l'Inde s'inscrit donc dans cette continuité. La seconde explication est d'ordre idéologique. Les gens qui dirigent l'UE, et la plupart des pays européens sont restés congelés intellectuellement dans les années 70-80. Une époque libérale qui a conduit au désastre actuel. La dernière explication est simplement le racisme. Les gens qui promeuvent la globalisation ont dans leur tête l'image d'un monde où chaque peuple se spécialise en fonction de ses « qualités » avec tout en haut le phénotype germanique et tout en bas le métèque africain. Je caricature à peine. Dans leur tête les Chinois ou les Indiens ne peuvent pas nous dépasser. On a beau leur expliquer que les Chinois ont découvert le magnétisme ou la poudre à canon et les Indiens découverts le zéro et le système décimal, ils sont persuadés que nous sommes supérieurs. Évidemment tout ceci ne peut que très très mal se terminer pour nous.

 

Plus d'UE n'est donc pas du tout la solution à l'agression US ou aux prétentions commerciales chinoises. La seule solution est le repli national même si nos démagos de la globalisation vous parleront de renfermement. À moins de vouloir transformer la France en un no man's land, il est urgent de rétablir une stratégie d'autosuffisance nationale surtout pour les secteurs essentiels. Nous ne vivons plus dans un monde où l'on peut garantir que demain le commerce sera libre sur tout un tas de choses. Mettre par exemple l'accès à la nourriture et aux médicaments dans les mains des importations et du marché global, c'est aujourd'hui complètement irresponsable. Que se passerait-il demain si un conflit entre grande puissance entraînait un arrêt des flux si nous ne produisons plus notre nourriture ? Faut-il rappeler ce qui s'est passé pendant le COVID ? Et même pas besoin de parler de nourriture. La concentration des activités de production des semi-conducteurs par quelques entreprises conduit aujourd'hui à la pénurie de mémoire pour les produits informatiques. Est-il normal de mettre en danger tout un secteur économique parce qu'il y a une nouvelle bulle qui gonfle aux USA ? Ne serions-nous pas dans une meilleure situation si nous produisions nos propres mémoires pour ordinateurs même si elles sont un peu plus chères que le marché mondial ?

 

La question cruciale pour ces prochaines années sera donc celle de l'autosuffisance et non de la signature de traités de libre-échange supplémentaire. Dans le monde qui vient, il faut être relativement autonome pour garantir le remplissage minimal des besoins de la population. Cela va des problèmes énergétiques à ceux de l'industrie, de l'agriculture, etc. On ne peut plus rester en lassant faire le marché dans un monde où seule l'Europe continue à laisser faire le marché. Dans ce contexte tout projet visant à l'autonomie du pays sur n'importe quel secteur est bon à prendre. Dans ce cadre, la proposition du sénateur guyanais Georges Patient qui vise à réautoriser l'exploration et l'exploitation des ressources en Guyane est une très bonne chose. Si nous avons du pétrole en quantité intéressante dans le secteur, nous devons l'exploiter. Tout comme la France doit valoriser ces ressources nombreuses au lieu de tout importer comme une idiote. Les comportements d'imbéciles pseudoécologiques comme les gens qui ont empêché la création d'une ferme à Saumon en Girond devront être poursuivis. S'ils ne veulent pas de ça qu'ils arrêtent de consommer du Saumon, nous importons 80% du poisson que nous consommons alors que nous avons l'un des plus grands domaines maritimes au monde, c'est absurde. La France doit produire à nouveau ce qu'elle consomme sinon c'est la France qui finira par être consommée par d'autres.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
Je me méfie désormais des motivations discursives qui animeraient les gens qui dirigent l'UE actuellement et pour lesquels le dos du libéralisme apparaît aussi large que celui du communisme. La piraterie n'était pas plus un problème idéologique que la politique économique européenne aujourd'hui si ce n'est pour servir d'alibi permettant de botter les faits en touche. <br /> Nous avons plutôt affaire à une maffia stato-financière qui a réussi et qui ne peut avoir d' autre projet que de faire place nette de tout autre pouvoir que le sien de façon à persévérer dans son être, soit prospérer sur le dos de la bête assoupie du monde ancien. Dans ce genre d'histoire le débat d'idées ne sert jamais à autre chose qu'à créer une opportunité intellectuelle pour que s'imposent de purs rapports de force, où il n'est plus possible de raisonner autrement qu'en terme de guerre opposant des amis et des ennemis, des traîtres et des collabos.<br /> En France et à ce titre, on pourrait autant disqualifier le républicanisme que le libéralisme ou le communisme, puisque l'on assiste à un découplage de la république et de la nation, la première ayant pour mission d'annihiler la seconde, en plus en récupérant tous ses symboles (c'est uniquement pour cette raison que je récuse son patriotisme de cocu).<br /> Au final, le républicanisme ne devient plus que le principe de subsidiarité appliqué à la France par la maffia européiste, avec pour récompense aux plus zélés la promesse de rallier le saint Graal de Bruxelles, c'est ainsi que s'opère le recyclage des élites politiques nationales sur le principe "c'est le plus traître qui monte". <br /> Ne pas oublier non plus que ce vaste système ne peut tenir que tant que la caste dominante à les moyens de soudoyer "l'état régalien" cher aux libéraux, soit leurs policiers abrutis, leurs magistrats.tes véreux.ses et leurs journalistes au bavardage inepte, ce qui permet de contrôler et corrompre le panel d'électeurs nécessaires à la reconduction perpétuelle des mêmes. <br /> C'est ainsi que se perpétue le surmoi républicain, mortelle camisole qui n'épargne pas les plus lucides, tel Todd qui disait encore récemment (chez Aude Lancelin) qu'en cas de retour d'Hitler, il irait chercher refuge non pas chez les gens du RN mais chez ceux de la LFI. Son copain Berruyer devrait lui refaire relire le livre de Simon Epstein évoquant les grandes heures de la bureaucratie vichyste, truffée d'anciens dreyfusards de gauche bon teint et lui rappeler en revanche le constat de De Gaulle sur la vraie nature de la résistance historique ; "la synagogue" certes, mais tout autant l'extrême droite cagoularde.<br /> Si Todd a raison de se méfier de la nouvelle obsession amourachée du RN pour Israël, pourquoi ne pas identifier une vérité beaucoup plus simple, à savoir que certains aux RN cherchent de manière tordue à se débarrasser des vestiges d'un passé antisémite en louant leurs "bons Juifs" soit la faction la plus authentiquement fasciste du pouvoir israélien actuel, dont les racines remontent au Bétar, allié de Mussolini dans l'Italie des années trente, un marigot dans lequel naviguait déjà le propre père de Nétanyahu.<br /> En voulant d'avance sauver les juifs (de quoi au fait ?) on dirait que Todd cherche à oublier qu'il y en a eu de mauvais qui s'activent encore en haïssant les gens comme lui.
Répondre