Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
Depuis les années 70 et la prise de conscience de l'explosion démographique mondiale l'humanité et ses élites vivent dans la crainte d'une expansion mondiale infinie de la population. Des réflexions à caractères malthusiennes reviennent régulièrement hanter les plateaux de télévision, les journaux et les partis politiques. Parmi les néomalthusiens on pourrait longuement parler des verts et des pseudo-écologistes comme Yves Cochet dont mon collègue blogueur, momentanément retraité, Malakine avait ouvertement critiqué les approximations dans ce texte. Ces thèses viennent régulièrement se répéter comme allant de soit, comme une évidence, le monde est surpeuplé nous sommes tous condamnés à vivre dans des bidons villes dixit Serge Latouche célèbre décroissant, alimentant ainsi d'autres fantasmes comme la France bientôt musulmanes. Il n'est d'ailleurs de secret pour personne que le débat actuel sur l'identité nationale est en grande partie lié aux déséquilibres certes grand, mais non durable, entre le la natalité du nord et celle du sud.
Mais les peurs peuvent parfois être justifié, il est vrai que si la natalité mondiale était resté au niveau du début des années 80, quelques décennies de plus à ce rythme et l'humanité aurait effectivement sombré dans un chaos indescriptible. Mais c'est oublier la loi des contraires qui finalement régente notre monde, les humains mettent eux mêmes fin à une croissance que l'on pensait à tort infinie. Des pays comme le Brésil ont pratiqué un planning familiale violent, la Chine a eu l'enfant unique, l'élévation du niveau scolaire mondiale des femmes et l'expansion des pratiques de limitation des naissances ont mis fin en réalité à l'expansion. Seule une partie de l'Afrique sub-saharienne continue d'avoir des naissances fortes.
C'est d'ailleurs pour signaler le fait, passé quasiment inaperçue dans nos médias, que la majorité des pays du monde ont franchi la transition démographique que Pierre Chaunu, décédé malheureusement en 2009, a sorti en 2006 un livre intitulé « Essai de prospective démographique ». Ce dernier rejoignant le plus médiatique des démographes Emmanuel Todd sur le fait que l'humanité connaitrait d'ici peu une espèce union dans la faiblesse de la natalité. Todd ayant depuis sortit un autre titre sur la question « Le rendez-vous des civilisations » titre écrit avec Youssef Courbage spécialiste du Maghreb et qui était plus spécialement concentré sur l'évolution démographique du monde musulman. Leur conclusions sont simple plus ont avance dans le temps plus la natalité décrois aucune société humaine n'échappe à la transition démographique c'est un des rare domaine des sciences humaines où les prévisions sur des périodes longue se produisent. Autre fait marquant la natalité baisse toujours plus vite que ce que les spécialistes, notamment ceux de l'ONU ne l'on prévu.
Il faut à ce propos corriger une certaine croyance, ou plutôt une erreur de raisonnement communément admise par la majorité de nos concitoyens. La natalité humaine n'a fait que baisser depuis deux siècles, si la population mondiale a augmenté c'est que la mortalité infantile a baissé beaucoup plus rapidement que la natalité. Il est important de corriger les erreurs d'interprétations, la natalité africaine par exemple n'augmente pas et n'a pas augmenté. Le tiers-monde actuel a d'ailleurs connu une baisse de la natalité beaucoup plus rapide que celle de l'occident, cependant la baisse de sa mortalité y a été encore plus rapide, ce qui a donné cet expansion momentanément exponentielle qui effraie tant les écologistes. Ce que nos pays ont réalisé en plusieurs siècles les pays d'Asie,d'Amériques du Sud ou d'Afrique l'ont fait en quelques génération.
Estimation natalité mondiale pour 2010:
AFRIQUE : 4.45 enfants par femme
AMÉRIQUE LATINE ET CARAÏBES : 2.17 enfants par femme
AMÉRIQUE SEPTENTRIONALE : 2.02 enfants par femme
ASIE : 2.30 enfants par femme
EUROPE : 1.52 enfants par femme
OCÉANIE : 2.42 enfants par femme
MONDE : 2.52 enfants par femme
On voit bien sur ces chiffres que la natalité mondiale se rapproche des 2.1 enfants par femme qui permet le renouvellement des générations à un pour un, c'est à dire à une démographie stable. Ces chiffres proviennent du site de l'INED, et sont tirés des statistiques de l'ONU connues pour leurs surestimations constantes. Les évaluations de la démographie mondiale vue par l'ONU sont systématiquement revue à la baisse quelques années plus tard, c'est du moins ce qu'affirmait Pierre Chaunu. Ce dernier préférait se fier aux chiffres américains du Census Bureau, ce dernier est d'ailleurs une mine d'or pour toutes sortes de statistiques. Ainsi apprend on que l'Algérie est à 1.9 enfants par femme et que le Maroc est à 2.4, or en 1990 ils étaient encore respectivement à 4.33 et 4.38 soit une chute de 2.43 et
1.98 enfants par femme sur une seule génération soit 20 ans.
Cette réalité de la baisse de la fécondité qui n'est pas l'exclusivité de l'occident, mais le résultat d'une évolution globale dont l'Europe a été à l'origine, ne semble pourtant pas titiller l'esprit de nos concitoyens. L'expérience montre que plus un pays connait une baisse rapide plus ils tombe bas en terme de naissance, l'Espagne et l'Italie sont descendues beaucoup plus rapidement que la France et connaissent aujourd'hui une natalité largement inférieure. Pareillement il faut s'attendre à une natalité trés faible sur tout le pourtour méditerranéen, la mer qui a bordé les plus anciennes civilisations pourrait bien devenir une mer morte d'ici quelques décennies.
Le plus inquiétant dans l'évolution actuelle c'est qu'aucun pays ayant passé la transition ne se renouvelle démographiquement parlant. Chez les pays développés la France et les USA arrivent en tête mais avec des natalités de 1.9 et 1.8, le taux de natalité US souvent présenté comme étant de 2 enfants par femme est faussé par la surnatalité des migrants mexicains. Ces derniers ôtés, la fécondité US passe de 2 à 1.8, dans le cas de la France les calcules sans les immigrés sont plus difficiles à cause des statistiques non ethnique et du droit du sol, mais les immigrés sont en proportion largement moins nombreux que les latinos aux USA, l'effet global sur le taux est donc faible, celle-ci étant autour de 1.8-1.9. Quoiqu'il en soit dans les deux cas nous sommes largement en dessous de la natalité de reproduction et il s'agit des pays les mieux lotis post-transition.
L'immigration une fausse solution de court terme.
On peut donc se poser la question fatale que se passera-t-il quand tout les pays du monde auront passé la transition aux alentour de 2030-2040? C'est le genre de question que les immigrationnistes compulsifs devraient se poser plutôt que de se lancer dans des calculs stupides visant à savoir combien il faudrait d'immigrés pour compenser la baisse démographique en Europe. Ce texte récemment présenté dans le journal suisse Le temps qui résume un essai à paraitre de monsieur Jack A. Goldstone montre que les croyances de ce type sont encore largement répandues. Ce monsieur si l'on suit le résumé du journaliste dit de grosses bêtise ainsi : " Pour l’Europe, il devient impératif d’imaginer une immigration des pays qui bordent la Méditerranée et d’inclure la Turquie qui pourrait servir de trait d’union avec le monde musulman". On voit derrière ce type de raisonnement trés simpliste l'idéologie américaine et ses intérêts qui pointent. En aucun cas se monsieur ne se demande si finalement les européens ne devraient pas avoir à réagir face à l'effondrement démographique en relançant leurs natalité.
Il n'a d'ailleurs pas réalisé que la Turquie elle même voit sa natalité baisser(3.1enfants par femme en 1990, 2.072 en 2009), tout comme il n'a pas vue l'effondrement de la natalité du pourtour méditerranéen. Et surtout en bon américain, qu'il est, il pense que que ce que l'on a pas sur place il faut le chercher ailleurs. Quand la Chine n'aura plus suffisamment de travailleurs il faudra qu'elle fasse de l'immigration, pareil pour l'Europe, pour les USA, pour l'Amérique du Sud etc... Mais d'où viendront ils ces immigres, de Mars?
Il est de bon ton de parler fréquemment de la raréfaction des ressources de la planète le pétrole, le gaz ou l'uranium vont effectivement nous manquer dans les décennies qui viennent. On parle donc de faire du développement durable pour l'énergie, mais les êtres humains aussi vont venir à manquer et les déplorables effets qui se font voir sur le Japon ou l'Allemagne vont rapidement s'étendre à travers le globe.
L'équilibre démographique à long un objectif obligatoire.
Le contrôle démographique est un facteur essentiel du développement humain.
Si la croissance démographique est trop forte il est impossible de voir le niveau de vie s'élever comme malheureusement l'Afrique l'a appris a ses dépends. L'économiste Paul Bairoch est l'un des seuls économistes à avoir fortement analysé l'impact de la démographie sur le développement et il a conclu de ses nombreux travaux que la croissance démographique naturelle ne devait pas être trop supérieure à 1% par an. Au delà l'accumulation de capital par tête devient problématique, le cout de l'éducation et de la masse d'inactifs rendant impossible l'amélioration des capacités productives du pays. Il n'est d'ailleurs pas étonnant de voir la croissance fulgurante de la chine, la transition démographique y bas son plein ce qui facilite les choses la population active étant largement supérieur aux inactifs (jeunes et vieux) la croissance du capital par tête y est facilité. Bien sure la démographie ne peut pas tout loin de là mais elle peut empêcher le développement ou le facilité suivant la situation.
Dernier point important il ne faut pas confondre la densité d'habitant d'une nation et sa croissance démographique. Un pays peut avoir dans l'absolue une démographie faible et une faible densité d'habitant tout en ayant une croissance démographique déraisonnable. Ainsi si le continent Africain a une croissance démographique trop rapide,ce continent ayant multiplié sa population par dix en un siècle, l'Afrique n'est pas pour autant surpeuplée la densité étant de seulement 36 habitants au km². Dans l'absolue l'Afrique pourrait certainement nourrir 2 ou 3 milliards d'habitant, le problème n'est pas dans le nombre, mais dans la trop grande rapidité de l'expansion démographique, tripler sa population en un siècle c'est plus facilement gérable qu'en 50 ans.
Pour la première fois de son histoire l'humanité maîtrise parfaitement sa démographie, les humains peuvent planifier les naissances avec la précision d'un métronome. Le dernier contrôle que la nature avait sur l'homme a disparu, nous sommes désormais entièrement le fruit d'une construction volontaire, on a plus des enfants par hasard, enfin de moins en moins. Nos sociétés n'ont pas encore réalisé le risque quel court à négliger ce facteur autrefois externe aux politiques. Les crises économiques et le pessimisme civilisationnel en général, ont désormais un impact important sur la démographie, l'exemple de la Russie dont la natalité a été divisé par deux, après la chute de l'URSS est pourtant parlant. Il faut impérativement que les nations touché le plus brutalement par la faible natalité fassent entrer la natalité au cœur de leurs politiques pour le long terme.Nos pays ne pourront plus se cacher longtemps derrière le mirage migratoire comme fausse solution et ce d'autant plus que nos nations ne feront bientôt plus partie des pays les plus riches.
Pour en terminer avec le sujet de la démographie j'ai mis en ligne un texte de J.M. Keynes où il parle longuement de l'impact de la natalité et de son influence à long terme sur la prospérité générale d'un pays (voir le texte précédent du blog). On s'aperçoit que contrairement à la croyance populaire Malthus n'était pas pour la réduction des populations Keynes nous apprenant qu'il y avait eu deux Malthus, l'un s'inquiétant d'une trop grande natalité, l'autre se préoccupant du vieillissement excessif.