Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
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Nous vivons vraiment une époque curieuse. Et l'Union européenne est vraiment une curieuse organisation. Elle prend systématiquement les plus mauvaises mesures pour le continent. L'on pourrait y voir le résultat de la corruption générale du système en particulier par l'influence des USA qui ont toujours étrangement soutenu cette organisation. Et il est vrai que loin d'avoir libéré les Européens de l’influence américaine l'UE l'a au contraire accru de façon considérable. La situation en Ukraine, la non-réponse au protectionnisme américain et la forte obsession pour l'inaction macroéconomique pourraient faire clairement penser que Bruxelles prend ses ordres uniquement à Washington. Mais ce serait un peu oublier la période présidentielle américaine précédente où au contraire notre club de grabataires économiques était vent debout contre Trump.
Alors je l'ai moi-même dit, l'UE semble être l'équivalent économique de l'OTAN. Et il est vrai qu'en ce moment c'est exactement le sentiment que cela donne. Les mesures contre la Russie ont surtout fait des dégâts en Europe et en Allemagne en particulier. Les USA rigolent bien en voyant les effets de ces mesures. Ils ont même eu ce culot de faire des mesures protectionnistes de subvention qui auront un effet surtout sur les entreprises européenne encouragées à s'installer chez eux. Et bien évidemment nous ne parlerons même pas de l'affaire de l'explosion de Nord Stream qui n'aura comme par hasard jamais d'enquête sérieuse parce qu'il ne faut surtout pas trouver le coupable . Nous en saurons probablement beaucoup plus le jour où l'Empire américain aura cessé d'exister. Donc effectivement l'UE semble être une organisation visant à maintenir la discipline des vassaux de l'Empire américain et rien d'autre.
Mais comme je l'ai dit, l'UE a tout de même sa propre dynamique, on l'a vu avec Trump. Tant que le suzerain va dans le sens des croyances des hurluberlus qui gèrent l'UE tout va bien, en cas contraire c'est la guerre. On notera d'ailleurs que les aspects économiques semblent en fait secondaires. Biden vient de violer ouvertement les principes libéraux du non-interventionnisme économique avec ses 400 milliards de subventions pour les entreprises américaines et pourtant cela n'a guère motivé l'UE pour réagir. Par contre on peut parier sur une réaction immédiate si par exemple Biden interdisait le mariage gay. La haine contre Trump n'a jamais vraiment porté sur ces orientations économiques, mais bien plutôt sur son orientation conservatrice sur le plan des mœurs. On pourrait d'ailleurs se demander si au fond la vraie haine contre la Russie de Poutine ne vient pas uniquement de ça. Une divergence de vues sur ce qui doit ou non être la norme de la vie en société.
Il s'agit là tout de même de quelque chose de très curieux. Comme Emmanuel Todd l'avait lui-même tristement remarqué, il est très inquiétant de voir des sujets aussi secondaires que le mariage gay ou les transsexuels devenir à ce point des fondamentaux de la relation entre les nations. Les nations peuvent négocier lorsqu'il s'agit de choses concrètes, géopolitique, frontières, accords commerciaux, etc. Lorsque l'on entre dans le domaine des mœurs, on sort complètement de l'esprit qui a géré les affaires humaines en occident puis dans le reste du monde depuis le traité de la paix de Westphalie. On revient en réalité à la période précédente en Europe où la religion et les affaires de mœurs pouvaient être considérées comme un casus belli sérieux. Non qu'il n'y ait plus eu de guerre religieuse après la fin de la guerre de Trente Ans. Mais pour les grandes puissances d'alors ce n'était plus une priorité ni même un sujet de discussion. L'Europe avait payé un prix bien trop lourd aux délires mystico-religieux des conflits entre protestants et catholiques.
Or nous le voyons aujourd'hui, cet esprit de Westphalie a disparu en occident et particulièrement en Europe qui l'avait pourtant vu naître. Depuis la fameuse guerre de Yougoslavie et du Kosovo en particulier les bons sentiments apparents et les croyances redeviennent des justifications à la guerre. Il n'y a rien de plus dangereux que ça, mais peu importe le passé, nous nous croyons plus malins et moraux aujourd'hui. Cependant lorsqu'il s'agit de croyance la paix n'est plus possible, car il est impossible de trouver un terrain d'entente sur des questions qui sont par définition des croyances sans fondement rationnel.
L'UE contre le nucléaire et la voiture thermique
Et cette question du retour des croyances et même de nouvelles formes de religions dans les affaires publiques ne prend pas seulement le chemin de la géopolitique. En effet nous pourrions dire aujourd'hui qu'il y a plusieurs types de croyances indiscutables qui gouvernent aujourd'hui l'Europe de Maastricht. On pourrait définir en quelque sorte la religion qui gouverne l'Europe comme un nouveau paganisme formé de plusieurs divinités . La divinité la plus importante c'est celle de l'Union européenne elle-même, fondé sur l'idée qu'ensemble nous sommes plus fort. Peu importe que les faits disent leur contraire, il s'agit d'une croyance par définition insensible au discours rationnel. La seconde divinité est Gaïa, notre mère la terre n'est-ce pas ? Il est assez facile de voir le côté religieux de l'écologie actuelle. Et je ne parlerai même pas du véganisme extrémiste, des animalistes, ou encore des mouvements plus ou moins sérieux sur des méthodes agricoles alternatives. Elle a même ses apôtres comme la sainte Gréta Thunberg. Pour sauver Gaïa tout est bon, même jeter à la poubelle des millions de travailleurs et faire exploser l'inflation en conduisant des millions de gens à la famine. Tout ce qui concerne Gaïa est indiscutable et ses représentants sont ornés d'une auréole d’infaillibilité. En fin, la dernière divinité pourrait être un équivalent moderne de Dionysos, la liberté sexuelle absolue, l'hubris et l'incapacité à accepter l'état de nature. Il s'agit là bien sûr des délires woke concernant les transsexuels, les mariages gay et toutes ces formes de courses contre les contraintes que la nature nous a imposées. Vous n'êtes plus un homme ou une femme, vous devez être ce que vous voulez. Symbole même de l'hubris qui caractérisait le culte de Dionysos ainsi que l'obsession pour les questions concernant la sexualité.
Si l'on admet que l'UE n'est pas un ensemble politique conduit par des motivations rationnelles, mais par des dogmes religieux, son comportement devient tout de suite plus cohérent et plus compréhensible, même si complètement irrationnel par nature. L'Europe a pris des mesures contre la Russie certes pour la punir de l'attaque en Ukraine, mais surtout parce que Poutine c'est le mal . C'est un païen qui refuse la bonne parole de la modernité wokiste, qui ne veut pas du mariage gay et qui n'aime pas les transsexuels. Quand Trump était au pouvoir, il fallait le combattre pour les mêmes raisons et aussi au nom de Gaïa parce qu'il osait remettre en doute le réchauffement climatique d'origine anthropocentrique. Et pour le Brexit, même chose, la Grande-Bretagne a fauté en mettant en question les dogmes sur la nécessité de l'unicité de l'Europe face à un monde plein d'ennemis et de païens. Après comme toutes religions, cette version moderne du paganisme a aussi ses contradictions. L'un des piliers de l'UE qui est la libre circulation des personnes et une forte appétence pour l'immigration pose problème. En effet, l’essentiel des migrants est musulman en Europe . Or ils n'adhèrent guère aux delirium sociétaux européens. Ce n’est pas grave, on va simplement les ignorer, après tout la religion c'est l’opium du peuple, ce qui compte vraiment c'est l'intérêt des rentiers et des bourgeois. C'est ainsi que l'UE wokiste peut se retrouver à financer des associations extrémistes d'obédience musulmane alors même qu'elles sont le contraire de ce que prônent par ailleurs les « valeurs » de l'UE. N'y voyait pas de contradiction, les voies de dieu sont impénétrables.
On en vient au dernier point, les questions industrielles et techniques. Alors qu'il est évident aujourd'hui pour l'ensemble de l'humanité que le nucléaire est la seule énergie de masse capable de compenser en partie l'épuisement des énergies fossiles, l'UE se lance en guerre contre celle-ci. Elle vient d'envoyer paître l'alliance de pays que la France avait assemblé pour défendre le nucléaire comme énergie décarbonée, ce qu'elle est pourtant objectivement. En effet, l'UE a décidé grâce à son infinie sagesse que le nucléaire n'était pas une énergie renouvelable. On rappellera au passage que les énergies renouvelables n'ont pas de sens scientifique. Et qu'il est impossible intellectuellement d'accepter que les panneaux solaires et des éoliennes soient considérés comme renouvelables alors que leur durée de vie est courte et qu'ils sont en grande partie non recyclables. Sans parler du fait qu'ils consomment d'énormes quantités de matière première, dont beaucoup de matériaux rares, bien plus que les centrales nucléaires pour produire la même quantité d'énergie. Donc pour réduire les émissions de CO2 l'UE va faire des panneaux solaires et des éoliennes chinoises et comme ces énergies sont intermittentes elles seront complétées par du gaz que nous n'avons pas et du charbon. Tout ceci est absurde.
Et le plus drôle c'est que dans le même temps l'Union européenne vient de décider de faire interdire les véhicules thermiques pour 2035 . Montrant ainsi que l'Allemagne ne dirige pas totalement ce club de cinglé. Ils prennent cette décision alors que le continent n'a ni les capacités de production pour ces véhicules. C'est la Chine qui produit l'essentiel des batteries et des véhicules électriques sur terre. Ni les moyens de les faire tourner. Rappelons que rien qu'en France qui est une exception énergétique en Europe grâce à son parc nucléaire, il faudrait au minimum doubler notre production d'électricité pour pouvoir faire rouler tout le parc de voiture à l'électrique. Ce n'est pas le maigre plan de Macron visant à construire six EPR qui pourra combler le trou. Il ne pourra d'ailleurs même pas compenser les fermetures des centrales déjà en activité. Comme vous le voyez, il est impossible de parler de rationalité dans les décisions prises par l'UE. On ne peut même pas parler de corruption extérieure. Les USA ne sont pas intervenus dans ces décisions énergétiques absurdes. On a affaire à des croyances, une accumulation de petites idées reçues devenue un énorme flot de connerie. Je deviens vulgaire, car il s'agit là de quelque chose d'extrêmement grave. Il en va véritablement de l'avenir de nos peuples. Et une fois n'est pas coutume, je fais appel à la sagesse des Français et à leurs cervelles. Nous devons quitter cet asile de fou qu'est devenue la construction européenne, c'est une question de vie ou de mort maintenant.